Texte intégral
Question : Quelle est la position de la France après cette rencontre au sujet des exportations de papier ?
Le ministre : Ne prenons pas le problème par le petit bout. Je voudrais d'abord dire que je suis très heureux de recevoir le ministre des affaires étrangères de Finlande. Je lui ai renouvelé tout le soutien que la France apporte à la candidature de la Finlande à la Communauté européenne, et nous avons formé le vœu que les discussions actuellement en cours puissent aboutir le plus vite possible, de sorte que l'objectif fixé à Copenhague, c'est-à-dire l'entrée de la Finlande dans la Communauté en 1995, puisse être tenu.
C'est vrai que nous avons quelques difficultés dans la discussion, dans le domaine agricole, dans le domaine de la politique régionale. Bien sûr, il faut trouver des solutions, et puis de façon plus conjoncturelle, il y a ce problème des importations de bois et de papier qui pose beaucoup de difficultés à notre industrie. Nous en avons très franchement parlé. Il faut que l'on se mette autour de la table pour trouver une solution. Une commission mixte doit se réunir mercredi prochain à Bruxelles, je crois, pour en parler. J'espère qu'avec un peu de bonne volonté réciproque on trouvera une formule.
Question : Pensez-vous que cette plainte, que la France a déposée, peut ralentir les négociations d'adhésion ?
Le ministre : Non, c'est indépendant des négociations d'adhésion, mais cela pose un vrai problème de fond qui dépasse celui des relations entre la Finlande et la Communauté. Ce problème est celui de la stabilité monétaire en Europe. Nous ne pourrons pas continuer à avoir un marché unique si le système monétaire européen n'est pas renforcé et stabilisé. Lorsqu'une monnaie perd 35 % de sa valeur, cela veut dire que les prix des produits vendus à l'étranger baissent de 35 % du jour au lendemain. Alors, cela fausse la concurrence.
Question : Qu'attendez-vous de la commission mixte de mercredi prochain à Bruxelles ?
Le ministre : Une solution, et je n'entrerai pas dans le détail technique : c'est aux experts d'en discuter.
Question : Pour revenir à l'adhésion de la Finlande dans la Communauté, que pense la France, comme grand pays agricole, des subventions régionales demandées par la Finlande ?
Le ministre : Des subventions régionales accordées par la Finlande, déjà. Nous comprenons que la Finlande ait des problèmes spécifiques. C'est vrai que son territoire est très étendu vers des régions très nordiques, et cela lui impose des contraintes particulières. Le principe de l'adhésion, c'est qu'on accepte l'acquis communautaire, qu'il n'est pas envisageable d'avoir une dérogation générale et permanente dans le domaine de la politique régionale. En revanche, on peut trouver des régimes transitoires et des dérogations ponctuelles. C'est l'objet de la négociation. Ce n'est pas moi qui négocie. Il faut faire confiance aux négociateurs.
Question : Encore une question sur les institutions. La France, en même temps qu'on négocie l'adhésion, souhaite aussi qu'il y ait une discussion sur les institutions. Jusqu'où voulez-vous aller ? Voulez-vous qu'on arrive à une solution sur ce qu'on appelle la pondération des votes ?
Le ministre : Non, il n'est pas du tout question pour la France de provoquer un grand chambardement institutionnel avant l'adhésion des nouveaux membres. On verra après quelles sont les réformes de fond à apporter. Cela dit, nous soulevons simplement une question. Ne risquons-nous pas un blocage dans le fonctionnement de la Communauté lorsque nous serons seize, alors que c'est déjà tellement difficile à douze, alors, nous posons simplement la question : ne pourrions-vous pas en discuter, en accord naturellement avec les pays candidats ? Il ne s'agit pas de leur imposer une formule toute faite, il s'agit de voir si très pragmatiquement un certain nombre de questions comme la pondération des votes, vous avez raison de l'évoquer, ne pourraient pas trouver une solution.