Interview de M. François d'Aubert, secrétaire d'Etat chargé de la recherche, dans "Valeurs actuelles" du 5 avril 1997, sur les dangers de la consommation de cannabis.

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Circonstance : Publication d'un rapport de l'Académie des sciences sur les dangers du cannabis, en mars 1997

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Texte intégral

Valeurs Actuelles : Pourquoi aviez-vous commandé ce rapport ?

François d’Aubert : D’abord, j’étais alarmé par l’augmentation de la consommation de cannabis, notamment chez les plus jeunes, et par la banalisation du phénomène. Ensuite, je souhaitais élargir le débat. Jusqu’à présent, les seuls scientifiques interrogés sur le sujet étaient des sociologues ou des psychologues. Il convenait de tenir compte des éléments apportés par les sciences « dures », comme la biologie, la physique, les neurosciences. D’où l’intitulé du rapport : « Les aspects moléculaires cellulaires et physiologiques des effets du cannabis ».

Valeurs Actuelles : Quelles en sont les principales conclusions ?

François d’Aubert : Le rapport démontre avec précision les effets toxiques du cannabis sur la mémoire, sur l’apprentissage, sur les défenses immunitaires. Et les publications sur lesquelles reposent ces conclusions sont récentes. Ce rapport vient à point nommé pour corriger les effets d’une campagne insidieuse venue de Californie qui présente le haschich comme un médicament, une sorte d’analgésique. Assez de mensonges ! Le haschich est un danger pour la santé publique. N’oublions pas que ceux qui ont sombré dans la drogue dure ont commencé par le cannabis.

Valeurs Actuelles : Les adeptes de la dépénalisation ont essayé de contester la valeur scientifique du rapport…

François d’Aubert : Ces travaux sont irréfutables. Ils démontrent notamment que le cannabis produit aujourd’hui a des teneurs en THC (l’élément psychotrope de la plante) six fois supérieures à celles enregistrées il y a quelques années !

Valeurs Actuelles : Richard Dell’Agnola, député RPR du Val-de-Marne, propose la création d’un délit de « conduite sous l’emprise de produit stupéfiant ». Le soutenez-vous ?

François d’Aubert : J’y suis évidemment favorable.

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