Interview de Mme Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, à Public Sénat le 14 février 2019, sur le conflit social et les revendications.

Prononcé le

Intervenant(s) :

  • Marlène Schiappa - Secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discrimination

Thématique(s) :

Texte intégral

CYRIL VIGUIER
Deuxième partie de notre émission « Territoires d'infos » avec la presse quotidienne régionale, les télés locales de France, le réseau Vià télévision. D'ailleurs, vous allez voir avec moi maintenant qu'ils sont tous présents et en direct, dans le Nord, Jean-Michel LOBRY, pour WEO, la chaîne de La Voix du Nord, Nouvelle Aquitaine, Bastien LAUQUE, pour TV7, c'est du groupe Sud-ouest, et en Occitanie, Ludovic BRIMBEUF, pour ViàOccitanie, la grande chaîne TNT d'Occitanie. Ils sont là pour co-interviewer avec nous ce matin Marlène SCHIAPPA. Bonjour.

MARLENE SCHIAPPA
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes la secrétaire d'Etat – nul ne l'ignore – chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations. Voilà. Et c'est Oriane MANCINI qui vous interviewera ce matin ainsi que Fabrice VEYSSEYRE-REDON, Oriane MANCINI, Public Sénat, et Fabrice VEYSSEYRE-REDON, du groupe EBRA, voilà, de l'Est Républicain ce matin. On démarre avec ce sondage, 56 % des Français estiment que la mobilisation des gilets jaunes doit s'arrêter, Marlène SCHIAPPA, est-ce qu'on n'est pas, là, à un tournant par rapport à ce mouvement maintenant, est-ce qu'il ne va pas y avoir un après sondage de ce type ?

MARLENE SCHIAPPA
J'ai l'impression, ce serait souhaitable. On voit qu'il y a eu plusieurs, on a appelé ça des actes, mais il y a eu plusieurs moments en réalité, il y a eu le début avec une mobilisation qui était vraiment sociale, avec une demande qui était relative d'abord à la taxe carbone, et puis, à des mesures sur le pouvoir d'achat. Le président de la République a répondu en retirant la taxe carbone et puis en annonçant un certain nombre de mesures sur le pouvoir d'achat, ensuite, il y a eu un deuxième volet de mobilisation sur les questions démocratiques, et puis, là, on voit qu'avec, d'abord, le grand débat, le grand débat national, il y a une possibilité d'être entendu autrement qu'en étant dans la rue, et puis, je crois aussi qu'il y a peut-être… peut-être que les gens en ont marre aussi de voir des violences, de voir qu'ils sont entravés dans leur liberté de circuler, qu'il y a des conséquences économiques sur les commerces dans différentes régions. Je crois qu'il y a effectivement un basculement, oui…

CYRIL VIGUIER
On l'a vu, beaucoup de commerçants…

ORIANE MANCINI
Edouard PHILIPPE, hier, faisait face à dix Français sur LCI, pour le préciser, on a senti dans cette émission de la tension, voire de l'agressivité des citoyens envers le Premier ministre, est-ce que, finalement, c'est l'illustration de cette fracture entre les élus, le gouvernement et les Français ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je crois qu'il est urgent de renouer avec deux choses, d'abord, le respect, la façon dont on s'adresse les uns aux autres avec respect, vous savez que pendant la campagne présidentielle, on avait voulu promouvoir la bienveillance dans les rapports, nous étions En Marche, les seuls meetings dans lesquels il était interdit de siffler nos concurrents, de les huer, c'est quelque chose de nouveau, et je crois que le respect, eh bien, se perd en fait, et on le voit avec les réseaux sociaux et la façon dont on s'invective…

ORIANE MANCINI
Mais le respect entre les politiques ou entre les Français et les politiques ?

MARLENE SCHIAPPA
Le respect entre tout le monde, de façon générale. Il y a une augmentation des violences gratuites et des actes de haine de l'autre extrêmement préoccupante, plus de74 % des actes antisémites, plus de 60 % des actes homophobes, d'une part, et d'autre part, effectivement, un clivage entre les élus et les citoyens de plus en plus fort, oui…

ORIANE MANCINI
Vous, vous participez à des débats dans toute la France, est-ce que vous la sentez, vous, cette agressivité ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je dirais qu'il y a des tentatives d'agressivité, mais lorsque je prends toutes les questions lorsqu'elles sont posées avec respect, mais dès lors que je vois qu'on manque de respect, surtout aux autres participants, je renvoie les gens dans les cordes. Hier, avant-hier, j'étais en Dordogne, et il y a trois femmes qui témoignaient de leur situation de mères isolées, et un monsieur s'en est pris à elles et les a invectivées en étant très méprisant, je lui ai dit que s'il voulait s'en prendre à quelqu'un, il s'en prenait à moi, mais pas à ces femmes qui étaient venues témoigner.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Se pose une question maintenant, c'est qu'est-ce qu'il va ressortir de ce grand débat, beaucoup de discussions, d'échanges plus ou moins tendus d'ailleurs, est-ce que vous, vous, êtes favorable à la tenue d'un référendum à l'issue de ce grand débat ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je pense que tout doit être sur la table et qu'il ne doit pas y avoir de tabou, nous, on est en train de mener des auditions, je m'occupe du groupe Démocratie Citoyenneté pour la République En Marche, et nous menons des auditions d'experts, de fondations politiques, hier, nous étions au Collège de France pour auditionner Pierre ROSANVALLON, et justement, faire nos propositions, donc pour l'instant, il n'y a pas de ligne qui soit établie sur cette question, mais je pense qu'il y a un moment où effectivement, on va devoir passer par les urnes d'une manière ou d'une autre, il y a les élections européennes le 26 mai, je ne souhaite pas que les élections européennes soient le référendum et qu'elles deviennent un référendum, ça veut dire qu'il y a un moment où il faudra consulter les Français d'une manière ou d'une autre.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Ça veut dire que vous y seriez favorable à un référendum, mais pas forcément en même temps que les européennes ?

MARLENE SCHIAPPA
Tout est sur la table, il peut être en même temps que les européennes, moi, ce que je voudrais vraiment éviter, c'est que ces élections européennes soient le référendum, que les gens se disent : on n'a pas d'autre moyen de s'exprimer par les urnes que cela, et donc nous allons voter pour ou contre le gouvernement, je crois que ça ne doit pas être ça l'enjeu des élections européennes, il y a des enjeux très fort au niveau de l'Europe qui sont en train de se dessiner, quelle est la politique européenne que nous voulons, comment on transformera pour en faire une Europe qui protège réellement les citoyennes et les citoyens, ce qui n'est pas assez le cas aujourd'hui, et c'est ça qui doit être la question des européennes et pas un référendum sur le gouvernement.

ORIANE MANCINI
On est à mi-parcours maintenant de ce grand débat, vous qui en êtes l'une des chevilles ouvrières, est-ce que vous pouvez nous tirer un premier bilan ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, je dirais d'abord qu'il y a une véritable participation, je suis frappée à chaque fois que je vais quelque part, dans n'importe quelle région, de voir qu'il y a plusieurs centaines de personnes qui se déplacent et qui prennent de leur temps pour venir, et certains même m'ont dit qu'ils avaient posé des demi-journées de RTT, qu'ils se sont organisés, qui se sont fait remplacer, qu'ils ont fait garder leurs enfants pour participer au débat démocratique. Et ça, moi, je trouve ça formidable. Et ça me donne vraiment confiance. La pire chose qui pouvait arriver à ce grand débat, c'était l'indifférence, c'était d'être boudé, là, on voit qu'il n'y a pas d'indifférence, il suscite lui-même des débats sur le débat, hier, on était avec Christine KELLY pour un grand débat avec les mères isolées dans une salle de l'Assemblée nationale, il y avait encore plusieurs centaines de personnes…

ORIANE MANCINI
On va en reparler avec les journalistes de la PQR, qui vont vous interroger dans quelques instants…

CYRIL VIGUIER
Absolument. Non, des télés locales de France…

ORIANE MANCINI
Des télés locales de France ! Merci Cyril !

CYRIL VIGUIER
Oriane MANCINI, la politique.

ORIANE MANCINI
Juste, on va parler de la politique, une tribune a été publiée hier dans le Figaro, tribune signée par 86 députés de plusieurs groupes, mais des députés de la majorité, de La République En Marche, du MoDem, qui plaident pour une fiscalité carbone juste socialement. En gros, le retour de la taxe carbone, même si ce n'est pas dit clairement, est-ce qu'en plein grand débat, cette tribune était opportune pour vous ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, moi, je n'ai pas de jugement de valeur à porter sur l'expression de tel ou tel député, chacun est totalement libre de faire ses tribunes, et je n'ai pas de jugement de valeur sur le fait d'apporter des choses au débat public, après, sur le fond, à titre personnel, moi, je ne suis pas du tout favorable au rétablissement de la taxe carbone, et je pense que ce serait une forme de trahison de le mettre de surcroît maintenant, à ce moment-là, sur la table, en termes de propositions.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Vous êtes quand même un petit peu contrariée par votre, je dirais votre frange parlementaire, on a vu, il y avait aussi débat entre le gouvernement et les parlementaires sur la notion de parent 1 et parent 2, notamment dans les livrets scolaires, vous n'êtes pas un peu débordé, le gouvernement, finalement, par cette énergie parlementaire ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, tant mieux, enfin, je veux dire, on a reproché pendant des mois aux députés d'être des gens qui levaient la main et qui votaient sur commande, là, on voit qu'en fait, ce n'est pas le cas, et qu'on a beaucoup d'individualités, de parcours de gens qui ont des convictions très fortes et qui portent leurs convictions, et tant mieux, moi, je suis très satisfaite qu'il y ait cette énergie, nous sommes dans une démocratie parlementaire, c'est important que les parlementaires s'expriment.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Sur ce sujet…

ORIANE MANCINI
Alors, là, oui, sur la taxe carbone, il n'y a pas que des parlementaires, il y a aussi des ministres qui se sont favorables au retour de la taxe carbone, Brune POIRSON, Emmanuelle WARGON. Est-ce que, finalement, la question ne va pas se poser, même si, hier, Emmanuel MACRON et Edouard PHILIPPE ont fermé la porte, est-ce que ce n'est pas une question qui va revenir sur le débat ?

MARLENE SCHIAPPA
La question il y a deux questions là-dedans, sur la taxe carbone, d'abord, il y a la question de la justice fiscale et de comment faire en sorte qu'il y ait des gens qui n'aient pas le sentiment que ce sont toujours les mêmes qui paient, que ce sont toujours eux, etc, c'est la première question. La deuxième question, c'est comment on fait en sorte d'aborder la transition écologique et de changer des habitudes de consommation, est-ce que ces deux questions doivent être corrélées, et donc qu'on doive forcément passer par une fiscalité écologique, je ne sais pas, les débats du grand débat vont nous amener à ces réponses-là.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations est notre invitée politique ce matin en direct sur ce plateau. On reste dans la politique, Alain JUPPE quitte la mairie de Bordeaux, vous l'avez vu, alors vous qui prenez le renouvellement, est-ce que vous trouvez que c'est une bonne chose qu'il quitte la scène politique ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, moi, je ne prône pas le renouvellement comme un dogme ou une religion…

CYRIL VIGUIER
On vous a beaucoup entendue sur ces sujets quand même…

MARLENE SCHIAPPA
Alors, ce que j'ai dit, si on m'écoute bien, sur la question du renouvellement, c'est justement qu'il ne faut pas renvoyer tous les hommes, tous les vieux, tous les blancs pour mettre à la place que des femmes, que des jeunes, etc., mais ce qui fait la performance d'une équipe, c'est la mixité, et donc, ce qui doit faire la performance des représentants de la nation, c'est le fait d'avoir des femmes et des hommes des jeunes et des vieux, des gens de toutes les origines sociales, de toutes les origines, de toutes les couleurs, de toutes les religions…

CYRIL VIGUIER
En l'occurrence, là, un ancien ministre d'Emmanuel MACRON, Jacques MEZARD, nommé au Conseil constitutionnel, donc Alain JUPPE, qui s'était rapproché d'Emmanuel MACRON, qui y est nommé, est-ce que ce n'est pas un peu un coup politique au fond, est-ce que ce n'est pas la manifestation d'un coup politique de la part président de la République, du président de l'Assemblée ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, je ne dirais pas ça comme ça, moi, j'ai le sentiment qu'Alain JUPPE est un homme d'Etat, personne ne conteste le fait qu'il soit véritablement engagé pour son pays, il a des années d'expérience derrière lui comme Premier ministre, comme maire d'une grande ville, Bordeaux, qu'il a considérablement transformée. Et c'est quelqu'un qui est aussi engagé sur les questions écologiques, sur les questions de la transition digitale à l'époque où c'était encore un sujet peu à la mode, il s'en était emparé, donc je trouve que c'est plutôt une bonne nouvelle.

ORIANE MANCINI
Et est-ce qu'à trois mois des Européennes, Emmanuel MACRON ne se pas d'un allié de poids pour cette campagne quand même ?

MARLENE SCHIAPPA
Ecoutez, nous verrons, moi, je crois que le courant Juppéiste est représenté au gouvernement, et je pense que ce n'est pas une question de Conseil constitutionnel…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Alors, les européennes arrivent, Alain JUPPE, du coup, sera moins présent, c'est sûr, parce que le Conseil constitutionnel va le priver de cette liberté de parole, est-ce que la République En Marche, ce parti d'ailleurs pour lequel on avait parlé de vous pour la présidence à un moment donné, enfin, la direction, est-ce que La République En Marche est prête ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, moi, je crois que nous faisons tout en tout cas pour être prêt. Il y a un délégué général, un nouveau délégué général, Stanislas GUERINI, qui fait un gros travail collectif avec Pierre PERSON et d'autres pour faire en sorte d'avoir des liens, des relais partout dans les territoires, et nous sommes en train de travailler sur le programme. Et je crois que ce grand débat, il doit nous permettre aussi de nourrir les propositions, les débats qui seront formulés pendant la campagne européenne.

ORIANE MANCINI
On avait parlé de vous pour la présidence, on avait aussi parlé de vous pour la tête de liste pour les européennes, on vous l'avait vraiment proposée ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais d'abord, ce ne sont pas des choses comme ça, ensuite, moi, je suis… je suis venue à la politique par un sénateur-maire, qui était sénateur-maire du Mans, Jean-Claude BOULARD, qui nous a quittés l'année dernière, et qui nous disait tout le temps : on ne prête qu'aux riches, et on prête des candidatures que… voilà, donc, il faut bien le prendre le fait qu'on nous prête des candidatures, même quand ça n'est pas le cas…

ORIANE MANCINI
Vous l'avez trouvée, la tête de liste ?

MARLENE SCHIAPPA
Pas encore, enfin, à ma connaissance, et je crois qu'elle sera annoncée en mars, mais ça n'est pas une responsabilité qui me revient, c'est Stéphane SEJOURNE qui est le directeur de campagne, et le bureau exécutif autour de Stanislas GUERINI qui sait… qui a cette responsabilité.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Hier soir, Ingrid LEVAVASSEUR, gilet jaune très identifiée, a annoncé qu'elle ne serait pas… elle ne porterait pas de liste aux européennes au nom des gilets jaunes, ce n'est pas une mauvaise nouvelle finalement pour vous, République En Marche ?

MARLENE SCHIAPPA
Moi, j'essaie de ne pas voir les choses avec l'intérêt forcément partisan de La République En Marche, j'essaie de voir les choses…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Enfin, c'est une élection importante pour vous quand même les européennes, c'est un peu votre élection…

MARLENE SCHIAPPA
Bien sûr. Complètement. L'Europe, c'est vraiment l'ADN de La République En Marche, et si on a bien un sujet qui nous rassemble, c'est cette volonté de faire mieux et plus d'Europe et de transformer surtout les institutions européennes. La République En Marche, on n'est pas non plus euro-béat, on ne dit pas amen à tout ce qui vient de l'Europe, au contraire, on a envie de la transformer et de faire en sorte qu'elle soit plus concrète et qu'elle ait plus d'impacts visibles dans la vie quotidienne des citoyens.
Pour vous répondre sur Ingrid LEVAVASSEUR, moi, je suis très attachée à la démocratie, au fait que chacune et chacun puissent se présenter, elle ne conduira pas de liste, peut-être qu'il y aura une autre liste gilets jaunes, je ne sais pas, ça, c'est à eux de savoir, on ne peut pas non plus organiser pour eux leur propre liste.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, dans votre portefeuille ministériel, vous avez donc la lutte contre les discriminations, je le disais, là, c'est bien pire, Oriane MANCINI, l'antisémitisme.

ORIANE MANCINI
Oui, puisque vous l'avez dit, augmentation de 74 % des actes antisémites en 2018 des portraits de Simone VEIL tagués d'une croix gammée, des arbres en mémoire d'Ilan HALIMI profanés, mais aussi des églises attaquées qu'est-ce que ça dit aujourd'hui de notre société ?

MARLENE SCHIAPPA
D'abord, ça rappelle qu'on est dans une société qui véhicule ce qu'on évoquait tout à l'heure, c'est-à-dire une forme de haine de l'autre extrêmement forte de tout ce qui n'est pas soi, mais je crois que ça dit quelque chose de plus grave Delphine HORVILLEUR, que vous connaissez, qui est rabbin, a produit un certain nombre de sujets, de textes et de recherche sur la question de l'antisémitisme, et elle dit que la haine des juifs est toujours un signe avant-coureur de danger dans la société, et je crois qu'on en est là, et la dernière fois qu'on a vu des actes antisémites à ce point, avec cette violence et avec cette quantité, ça remonte aux années 30, si on fait à un aller-retour historique. Donc c'est extrêmement préoccupant, c'est pour ça qu'il faut être très ferme, le Premier ministre Edouard PHILIPPE a remis pour la première fois des prix Ilan HALIMI, en présence de madame HALIMI à Matignon, il y a deux jours de cela, et c'était assez enthousiasmant de voir des jeunes générations, des collégiens des lycéens, qui portent des projets contre l'antisémitisme et qui ont envie de s'emparer de cette question.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Cinq églises vandalisées en l'espace de quelques jours, on va au-delà de l'antisémitisme.

MARLENE SCHIAPPA
Ah oui, complètement, mais c'est ce que je vous disais tout à l'heure, et moi, je fais toujours un parallèle entre la hausse des actes antisémites d'une part et la hausse des violences homophobes je crois qu'il y a aussi des actes antimusulmans des actes de profanation des églises, et qui sont tous inacceptables et qui doivent tous être condamnés, on est là, vraiment, dans la manifestation de l'agressivité et de la détestation de l'autre, qui est insupportable dans notre République qui doit être indivisible.

ORIANE MANCINI
Autre sujet qui vous concerne, Marlène SCHIAPPA, c'est le cyber-harcèlement, on a découvert il y a quelques jours à l'existence de la Ligue du lol, du nom d'un groupe créé sur Facebook, qui pratiquait le cyber-harcèlement. Dimanche, vous avez publié un tweet disant que vous alliez aborder avec Nicole BELLOUBET la question de l'allongement des délais de prescription concernant le cyber-harcèlement, est-ce que vous en avez parlé avec elle, est-ce qu'elle est d'accord ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, on n'en a pas encore parlé ensemble, parce que j'étais en déplacement de 48 heures, et puis, elle, ensuite, mais nous avons un rendez-vous prochain me semble-t-il pour aborder tous ces sujets, vous savez que nous avons porté ensemble une loi contre les violences sexistes et sexuelles, dont nous allons devoir dresser un premier bilan. Je crois que ce qui est important, c'est de dire que les réseaux sociaux, c'est une matière mouvante, nouvelle, le cyber-harcèlement, il n'a que quelques années, et pourquoi ce sujet de la Ligue du lol a mis autant de temps à sortir, c'est qu'à l'époque, un certain nombre de personnes considérait que ce n'était pas vraiment du harcèlement, que c'était « trolling », que c'était des pratiques courantes sur les réseaux sociaux, donc je crois que le droit doit s'adapter aux nouveautés et aux nouvelles pratiques…

ORIANE MANCINI
C'est-à-dire qu'il faut sanctionner plus fermement les réseaux sociaux ?

MARLENE SCHIAPPA
Absolument, cet été, d'ailleurs, j'ai fait voter donc une loi qui condamne le cyber-harcèlement en meute et la participation de chacun à ces raids. Et avec Mounir MAHJOUBI, nous recevons tout à l'heure un certain nombre de parties prenantes et notamment il faut faire en sorte que Twitter soit davantage engagé, Facebook a le mérite de la bonne volonté, ils viennent de débloquer des fonds très importants outre le cyber-harcèlement, on teste des régulateurs en partenariat avec Facebook, mais Twitter n'est vraiment pas à la hauteur, en terme de lutte contre le cyber-harcèlement, Twitter est en dessous…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Vous marchez sur des oeufs quand même par rapport à la liberté d'expression, vous le sentez ?

MARLENE SCHIAPPA
Non, moi, je ne crois pas, parce que la liberté d'expression, elle n'est jamais absolue et totale, nous n'avons pas le droit de sortir dans la rue et de dire à quelqu'un que nous allons l'égorger, de crier des injures antisémites, c'est caractérisé dans la loi depuis très longtemps, les propos antisémites, les menaces de mort, les injures publiques sont interdites, ça n'est pas de la liberté d'expression, ce sont des injures.

ORIANE MANCINI
Un mot, puisque les réseaux sociaux, ce sont aussi les fake news, la campagne des européennes arrive, et il se murmure que La République En Marche va prendre des initiatives fortes, et que, par exemple, des médias comme RT, comme SPUTNIK pourraient être interdits de suivi de campagne, est-ce que vous nous le confirmez ?

MARLENE SCHIAPPA
Je n'ai aucune information à cet égard, moi, je crois que ce qui est important effectivement, c'est de lutter contre les fausses informations, mais surtout, de savoir qui les finance, et c'est ça le programme de la loi contre les fake news qui est porté par le gouvernement, c'est de faire en sorte que quand une fausse information se diffuse massivement sur les réseaux sociaux, en période électorale, on puisse savoir s'il y a ou s'il n'y a pas de manipulation de la part de puissances étrangères.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, je vous propose dans cette formule d'émission maintenant de vous tourner vers les télévisions locales de France…

MARLENE SCHIAPPA
Avec plaisir…

CYRIL VIGUIER
On a trois télévisions en duplex et en direct ce matin, dans le Nord, c'est Jean-Michel LOBRY, en Nouvelle-Aquitaine, c'est Bastien LAUQUE, et en Occitanie, c'est Ludovic BRIMBEUF. On commence par le Nord. Bonjour Jean-Michel LOBRY, re-bonjour. Vous étiez présent dans la première partie de cette émission pour WEO, la chaîne du groupe de La Voix du Nord, et vous avez une question à poser à Marlène SCHIAPPA. On vous écoute Jean-Michel.

JEAN-MICHEL LOBRY
Oui, bonjour Madame. Je reviens sur les grands débats, j'en ai animé cinq depuis trois semaines, et ce que je sens, c'est qu'on est passé d'une phase de discussion où on débat, où on échange, à une phase de construction, hier soir, à Denain, j'ai enregistré une cinquantaine de propositions concrètes, et là, eh bien, c'est le moment du grand rendez-vous, vous allez devoir assurer, apporter des réponses précises, et notamment vis-à-vis des jeunes. Hier soir, à Denain, je donnais la parole à une jeune femme, mère isolée, elle exprimait ses difficultés financières, et surtout, elle a eu une belle expression autour de la rupture du lien de confiance, je ne sais plus où on va, quel est mon avenir, et je voulais vous entendre sur quelle réponse on va apporter à ce public des jeunes qui commence à être présent d'ailleurs dans les débats, pour essayer de retisser des relations, des liens de confiance, des perspectives, une confiance en l'avenir, finalement, la tâche est énorme, mais je constate dans ces débats que c'est vraiment un sujet majeur.

MARLENE SCHIAPPA
Oui, absolument, je crois que c'est une question qui est très importante, et derrière cette question, c'est aussi comment on fait en sorte que tout le monde se sente partie prenante du grand débat, on sait très bien qu'en termes de démocratie dite participative, quand on regarde les conseils de quartier, les conseils citoyens, etc, et moi, je suis élue locale depuis quelques années, je l'observe, on a très souvent des personnes peut-être plus âgées, et très souvent d'ailleurs, des hommes, et ce sont souvent les mêmes personnes qu'on voit dans toutes les instances de démocratie participative, donc c'est important que dans ce grand débat, on puisse s'adresser aux jeunes, avec Gabriel ATTAL, mon collègue, qui est secrétaire d'Etat notamment en charge de la Jeunesse, nous allons faire un débat prochainement avec 1.000 jeunes, qui sera, je crois, d'ailleurs retransmis sur vos antennes, me semble-t-il. Et on va essayer de s'adresser à l'ensemble de la population.
La question des mères isolées que vous abordez, pour moi, elle est primordiale, et c'est ma priorité dans le grand débat, c'est de faire en sorte que toutes ces mères qui sont tout seules et souvent qui n'ont pas parlé de leurs problématiques, parce qu'elles ont un sentiment de honte et qu'on leur renvoie un regard, la société leur renvoie un regard un peu méprisant, comme si elles étaient à la marge de la société, l'une d'elles m'a dit : j'ai le sentiment d'être un cas social, donc je ne parle pas de mes difficultés de mère isolée, je crois que là, on doit pouvoir transformer cette crise en opportunité pour leur apporter des réponses concrètes, on ne sortira pas du grand débat sans politiques publiques concrètes qui changent vraiment la vie des gens.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, on va se rendre à Bordeaux maintenant, chaîne du groupe Sud-ouest, TV7, c'est Bastien LAUQUE qui est là, donc après le choc, Bastien LAUQUE, du départ d'Alain JUPPE, vous vouliez également poser une question à Marlène SCHIAPPA. On vous écoute Bastien LAUQUE en direct de Bordeaux.

BASTIEN LAUQUE
Oui, alors, bien évidemment, Alain JUPPE, mais ça a été évoqué il y a quelques instants maintenant, j'aimerais quand même revenir sur le grand débat, un grand débat que des gilets jaunes dits constructifs, une association nationale, mais ici, à Bordeaux, assez fortement représentée, eh bien, cette association a annoncé qu'elle quittait le grand débat, qu'elle ne voulait plus y participer, qu'elle considérait que c'était en fait une sorte d'enfumage, ce sont les propres termes de ces gilets jaunes, et que, justement la question centrale du pouvoir d'achat ne pouvait pas être réellement abordée lors de ces grands débats, parce que justement, ce grand débat est séquencé en questions et en thèmes bien précis, et ces gilets jaunes qui disaient : attention, la tension monte, et il considéraient effectivement que la récente déclaration concernant la taxe carbone et son éventuel retour était une provocation. Est-ce que vous comprenez ce que disent ces gilets jaunes constructifs, ce grand débat, on n'en veut plus ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, deux choses. Bonjour d'abord. Deux choses d'abord sur la taxe carbone, oui, je me suis exprimée tout à l'heure, je comprends qu'il y ait ce sentiment, et je crois qu'il faut justement éviter que cela survienne, ensuite, sur le grand débat en lui-même, moi, je dirais qu'on entend beaucoup les gens qui protestent, etc, mais, pardon, je voudrais rappeler que notre pays n'est pas composé… tous les citoyens ne sont pas des gilets jaunes, et je pense que le rôle du président de la République et le rôle du gouvernement, c'est de s'adresser aux citoyens et aux citoyennes de la République française, sans distinction, qu'ils portent un gilet jaune ou qu'ils n'en portent pas, donc la position de tel ou tel groupe constitué ou non de gilets jaunes ne peut pas être l'alpha et l'oméga de notre position par rapport au grand débat. Je vois qu'il y a beaucoup de gens qui s'y rendent, qui y participent, et c'est ça qu'il faut encourager.

CYRIL VIGUIER
Merci Bastien LAUQUE, en duplex, en direct de Bordeaux. Vous nous tenez au courant si vous avez des informations, donc à partir de 11h, la conférence de presse d'Alain JUPPE qui annonce aux Bordelais qu'il quitte cette ville. Merci, vous étiez en duplex. On part en Occitanie maintenant, c'est Ludovic BRIMBEUF, re-bonjour Ludovic. Vous étiez là, présent, dans cette première partie également chez nous. Vous êtes avec ViàOccitanie en duplex et en direct, vous avez une question à poser à Marlène SCHIAPPA. Allez-y.

LUDOVIC BRIMBEUF
Oui, bonjour Madame. Une question toute simple, on entend souvent dire depuis quelques jours, voire depuis quelques semaines, de la part des commerçants, artisans ou autres représentants des chambres de commerce et d'industrie, que des licenciements sont inévitables ou vont le devenir, alors malgré tous ces millions d'euros alloués, qu'avez-vous à dire à ces personnes et aux maires des différentes villes pour les rassurer avant que leur ville ne devienne complètement exsangue ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, c'est une très bonne question, et je crois que c'est quelque chose qu'on observe dans les villes, en région, mais qu'on observe d'ailleurs aussi à Paris, nous, les commerçants, à qui on parle à Paris, sont extrêmement préoccupés, dès le mois de décembre, souvenez-vous, normalement, et on nous disait : oui, mais on bloque des commerçants, ce sont des gens riches, etc, d'abord, tous les commerçants ne roulent pas sur l'or, c'est une situation extrêmement difficile d'avoir le courage de tenir un commerce et d'équilibrer son affaire tous les jours. Première chose. Et deuxième chose, il y a aussi des gens qui travaillent, et moi, pendant les fêtes de Noël, j'ai parlé avec des vendeuses de grands magasins parisiens qui me disaient : eh bien, nous, on va le payer, parce qu'on n'aura pas nos primes de Noël, on n'aura pas nos bonus du dimanche, parce que le dimanche, on a dû fermer, ou on était ouvert, mais les gens ne venaient pas, parce qu'il y avait des dégradations le samedi. Donc je crois qu'il est temps que les gilets jaunes qui cassent et les franges radicalisées qui continuent à bloquer l'accès aux commerces cessent, et c'est pour ça que le ministre de l'Intérieur est vraiment extrêmement ferme sur le maintien de l'ordre public, pour faire en sorte que chacune et chacun puisse vivre sa vie et minimiser l'impact sur l'économie française.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, merci. Et on quitte Jean-Michel LOBRY qui était dans le Nord, en Nouvelle Aquitaine Bastien LAUQUE, et en Occitanie, Ludovic BRIMBEUF. Merci d'avoir participé en multiplex en duplex et en direct, nos partenaires des télés locales à cette émission. Oriane MANCINI, autre question politique.

ORIANE MANCINI
Oui, peut-être pour revenir sur la question de WEO, sur les mères isolées, il y avait un débat hier à l'Assemblée nationale, auquel vous avez bien sûr participé sur cette question des mères isolées, je crois qu'elles vous ont fait des propositions, ces mères isolées, est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont ces propositions ?

MARLENE SCHIAPPA
Oui, alors, ce n'est pas le premier débat qu'on organise sur les mères isolées, on en a fait plusieurs à notre initiative ou à l'initiative de députés dans différentes régions, hier, c'était à l'association K d'Urgences de Christine KELLY, qui a pris cette initiative, que je trouve formidable, de réunir dans l'Assemblée nationale des mères isolées. Et le 7 mars, on organise partout en France des conférences inversées, avec, sur scène, des mères isolées et des pères isolés, et dans la salle, des banquiers, des employeurs, des assureurs, des élus, des parlementaires…

ORIANE MANCINI
C'est quoi des conférences inversées, pour le préciser…

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, justement, c'est ça, c'est-à-dire que d'habitude, les gens qui sont sur scène, et parlent à des gens qui sont dans la salle, eh bien, là, on inverse, les gens qui d'habitude sont sur scène et parlent sont dans la salle, se taisent et écoutent les parcours courageux de ces mères isolées pour trouver des réponses. Et parmi les pistes d'action, il y a plusieurs sujets qui reviennent sans cesse, la question de la pension alimentaire par exemple, du non-paiement de la pension alimentaire, qui est une question sur laquelle on doit pouvoir aller plus loin, s'inspirer peut-être de ce qui est fait au Québec, j'étais à Montréal, il y a quelques semaines, vous savez que la France préside le G7, après le Canada, l'égalité femme-homme fait partie des grandes priorités, donc nous avons eu des échanges sur la question de la pension alimentaire…

ORIANE MANCINI
Un G7 spécial d'ailleurs sur l'égalité homme/femme…

MARLENE SCHIAPPA
Exactement. Tout à fait. Et puis, l'accès au logement, tout simplement, quand vous avez un seul revenu, la non-discrimination, moi, j'ai lancé une étude il y a quelques mois en partenariat avec l'Observatoire de la parentalité en entreprise, Parole de Mamans et l'association K d'Urgences, pour mesurer les discriminations vécues par les mères isolées. Quand vous cherchez du travail et par exemple qu'on vous demande comment vous faites toute seule avec les enfants, eh bien, vous pouvez parfois être discriminée et ne pas être embauchée, parce que vous êtes une mère isolée, ça, c'est inacceptable.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Oui, Cyril, le tour de France, qu'on vient de France, là, le petit tour de France qu'on vient de faire est intéressant à plusieurs titres, dont un, c'est qu'on voit bien que les attentes sont très fortes avec ce grand débat, que vous avez voulu, que vous avez lancé, les attentes sont très fortes, est-ce que dans ce contexte de tensions internes à la France, mais aussi une montée des populismes en Europe, est-ce que le plus grand danger pour vous, gouvernement, aux commandes de la France aujourd'hui, ce ne serait pas que ce grand débat fasse pschitt au final ?

MARLENE SCHIAPPA
Si, tout à fait, mais c'est ce que je vous disais tout à l'heure, pour moi, la pire chose qui pouvait arriver au grand débat, c'était l'indifférence, et d'ailleurs, au moment où le président de la République annonce qu'il lance un grand débat, souvenez-vous, il y a énormément de gens qui disent : ça ne va pas marcher, personne ne va venir débattre, etc, on voit aujourd'hui que ça n'est pas le cas, qu'il y a des contributions sur le site grand débat.fr tous les jours, nouvelles, importantes, denses, et que, finalement, on s'empare de ce grand débat. Donc pour l'instant, il est très loin de faire pschitt, au contraire…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Et la balle est dans votre camp bientôt, dans quelques heures, je dirais…

MARLENE SCHIAPPA
La balle est dans notre camp, tout à fait. Mais là, on voit qu'il y a encore un grand intérêt, il y a encore beaucoup de monde et beaucoup de participants, il y a des gens qui ont envie de se faire entendre dans le cadre de ce grand débat, et ça, c'est réjouissant.

CYRIL VIGUIER
Marlène SCHIAPPA, Le Trombinoscope, qui est une revue d'information politique, vous a décerné un prix, le prix de la révélation politique de l'année, j'ai envie de vous demander, est-ce que la grande opération médiatique que vous avez conduite avec Cyril HANOUNA a été pour une partie… voilà, une partie de cette reconnaissance ?

MARLENE SCHIAPPA
Alors, pas du tout, parce qu'en fait, le jury s'est réuni avant, ils ont désigné aussi Marc FESNEAU député de l'année, alors qu'il est depuis ministre des Relations au Parlement. Donc le jury s'est réuni et a délibéré avant, on avait eu l'annonce de ce prix avant l'émission avec Cyril HANOUNA, pour vous répondre…

CYRIL VIGUIER
Qu'est-ce que vous ferez de ce prix ?

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien écoutez, je l'ai gardé, pour l'instant, j'en suis très heureuse, parce que c'est une forme…

CYRIL VIGUIER
Je ne parlais pas de la statuette, je parlais de qu'est-ce que vous en ferez politiquement ?

MARLENE SCHIAPPA
Mais justement, c'est-ce que je vais vous répondre là-dessus, je vous disais que le prix de la révélation, c'est aussi une forme d'espoir et de confiance et d'encouragement notamment, moi, je le prends comme un encouragement pour les sujets que je porte, pour toutes les femmes…

CYRIL VIGUIER
Sans transition avec Cyril HANOUNA, c'est la Saint-Valentin, vous lui souhaitez quelque chose ou pas ?

MARLENE SCHIAPPA
Pour la Saint-Valentin ? Je crois que la chose qui est importante pour la Saint-Valentin, c'est de faire en sorte que tous les couples puissent s'exprimer et s'aimer, nous, on lance une campagne sur les réseaux sociaux pour faire en sorte que les couples de même sexe puissent se promener dans la rue main dans la main, en paix et sans être agressés.

CYRIL VIGUIER
J'ai aimé votre silence à un moment donné, là…

MARLENE SCHIAPPA
Vous m'avez perturbée…

CYRIL VIGUIER
Merci. C'est un autre Cyril qui vous interviewait ce matin…

MARLENE SCHIAPPA
Eh bien, c'est pour ça.

CYRIL VIGUIER
Merci Marlène SCHIAPPA.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 février 2019