Déclaration de Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux affaires européennes, en réponse à une question sur la construction européenne, à l'Assemblée nationale le 7 janvier 2020.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Thématique(s) :

Texte intégral

Merci Monsieur le Président,
Monsieur le Député,


Les mots du président au fond, c'est un appel à l'accélération.

L'accélération parce que, depuis deux ans, la France a retrouvé une voix en Europe, parce que nous avons appelé au sursaut, parce que nous avons tenu un langage de vérité, parce que nous avons tenu à dépasser des querelles politiciennes parfois qui ont englué l'Europe, qui l'ont arrêtée, qui l'ont empêchée d'avancer. Alors le bien commun que nous cherchons à défendre pour les Européens, c'est notre souveraineté. C'est notre capacité à avoir une voie propre en termes politique, économique, technologique, de défense, et que nous soyons une puissance.

Nous le voyons le monde se fracture, le monde est dangereux. La Chine et les Etats-Unis cherchent à décider pour nous, et nous devons, pour les Européens et pour nous-mêmes, retrouver la voix d'une puissance. C'est urgent car nous devons prendre les décisions qui sont les nôtres et ne pas nous faire imposer par d'autres ce qui doit être notre avenir. Faire ce choix, c'est protéger les Français, c'est protéger la France de toutes les menaces. Bien sûr de la menace terroriste, mais également de la menace du dumping social.

Cette accélération va bien sûr avec des priorités, je vais y revenir, mais va également avec la transformation des institutions européennes. Parce qu'en 2022, la France a aussi rendez-vous avec l'Europe. Nous prendrons pour six mois la présidence de l'Union. C'est un moment crucial, où notre volonté de résultats, notre volonté d'une Europe concrète pourra trouver là un moment important de conclusion.

En 2020, nous avons trois défis à relever. D'abord le défi des migrations. Il nous faut une solution européenne pérenne. Ensuite le défi écologique, pour arriver à une Europe décarbonée en 2050. Enfin le défi social, pour que nous ayons une vraie convergence, que ce soit sur le travail détaché, la mobilité, et bien sûr les cotisations sociales.

Nous avons les moyens de notre ambition. Nous avons un conseil opérationnel, nous avons une nouvelle Commission, nous avons un nouveau Parlement européen. Jean-Yves Le Drian et le président de la République m'ont confié une mission, c'est de créer des majorités partout en Europe, sujet par sujet, pour que non seulement nous ayons une ambition, mais que nous ayons des alliés et que nous arrivions à servir nos concitoyens.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 janvier 2020