Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, à BFMTV le 26 février 2020, sur les mesures pour lutter contre le séparatisme, le coronavirus et la réforme des retraites.

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité, Gabriel ATTAL. Bonjour.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel ATTAL. On va parler du coronavirus. Pourquoi ? Parce que d'abord des enfants sont confinés, des enfants qui étaient en vacances en Asie pendant les vacances de février ou qui étaient en vacances en Lombardie. Ils sont confinés chez eux pendant quatorze jours, ils ne peuvent pas aller à l'école.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis – et puis – il y a d'autres enfants qui subissent des tests actuellement en France. Combien en tout ?

GABRIEL ATTAL
Je ne saurai pas vous dire au total en France combien d'enfants ont subi des tests, en tout cas ont fait l'objet de tests. En tout cas il y a un cas qui a été communiqué dans la presse, c'est une situation à Courbevoie où il y avait cinq enfants qui ont fait l'objet de tests.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cinq enfants testés à Courbevoie dans un lycée, des lycéens.

GABRIEL ATTAL
Oui. A ce stade, vous avez quatre d'entre eux dont le test est négatif. On attend le cinquième.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On n'a pas le résultat pour le cinquième.

GABRIEL ATTAL
On l'attend mais je crois que c'est dans les prochaines minutes ou les prochaines heures. Je pense que ce qui est important de dire aujourd'hui aux Français…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'autres enfants. Attendez avant de dire ce qui est important de dire, moi j'aimerais avoir des précisions.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'autres enfants ailleurs en France ont fait l'objet de tests ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand et où ?

GABRIEL ATTAL
Je ne vais pas faire la liste ici de tous les départements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, pas la liste mais…

GABRIEL ATTAL
Il ne faut pas inquiéter non plus outre mesure. Je vais vous dire ce qui est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Attendez, attendez ! Je crois en Ardèche, en Ardèche.

GABRIEL ATTAL
Alors je vais vous dire exactement la manière dont les choses fonctionnent. Dès qu'on a une suspicion avec un faisceau d'indices et des critères, on prend les mesures nécessaires en confinant les personnes d'une manière générale et les enfants, en particulier s'agissant du système scolaire, concernés et on fait des tests. Exemple effectivement en Ardèche : dans la nuit de dimanche à lundi, il y a une jeune fille qui avait des symptômes grippaux, qui toussait. On s'est rendu compte en enquêtant auprès de sa famille qu'un membre de sa famille revenait d'une région touchée. Qu'est-ce qu'on a fait ? En pleine nuit, dans la nuit de dimanche à lundi, on a réveillé la jeune fille, on l'a sortie de son internant pour l'isoler et lui faire passer des tests. Tests négatifs. Vous avez des situations comme ça, vous en avez beaucoup parce que forcément il y a des inquiétudes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc aucun enfant scolarisé en France aujourd'hui n'a eu de test positif.

GABRIEL ATTAL
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucun ?

GABRIEL ATTAL
Aucun. Et l'autre chose que je veux vous dire, c'est qu'il y a un enjeu qui est très fort qui est celui de la transparence. Vous savez que le Ministère de la Santé, que ce soit le ministre Olivier VERAN ou le directeur général de la Santé Jérôme SALOMON, communiquent tous les jours. Ils font un point tous les jours. C'est très important la transparence. Ce qui est important aussi, c'est que vous ayez une personne, un acteur qui soit identifié pour faire la transparence et pour communiquer, aussi tiré un peu des enseignements de ce qui s'est passé sur d'autres moments. Je pense par exemple à LUBRIZOL où quand vous avez plusieurs membres du gouvernement qui communiquent en même temps, parfois ça peut parasiter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est sûr.

GABRIEL ATTAL
On en tire les enseignements et aujourd'hui, il y a un ministre de la Santé qui communique sur ces données factuelles. Mais moi le message que je veux faire passer si vous me le permettez, c'est qu'il faut que les Français soient rassurés par notre système. Moi j'ai travaillé au Ministère de la Santé pendant cinq ans avant d'être élu. Et franchement ce que j'ai vu, c'est un système d'alerte sanitaire. Des personnes qui sont chargées de la veille sanitaire pour les Français. Des médecins, des personnes dont c'est la spécialité qui sont d'une excellence incroyable. Qui sont réactifs, qui sont robustes, qui savent faire de la prévention, qui savent capter les signaux faibles. Et donc on a ce système qui est un des meilleurs systèmes au monde, on a la transparence qui est faite avec des données qui sont communiquées régulièrement, et ça je pense que c'est important de le dire, que les Français en soient conscients. On communique dès qu'on le peut.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De toute manière, si jamais un cas était avéré, j'imagine que l'établissement scolaire serait immédiatement fermé.

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr. Et surtout on identifierait, comme pour tous les autres cas confirmés, ce qu'on appelle les cas de contact c'est-à-dire les personnes qui ont croisé la route de ce cas pour les isoler aussi et pour leur faire passer des tests.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que si vous aviez un enfant de treize, quatorze, quinze, est-ce que, Gabriel ATTAL, vous iriez au stade ce soir voir le match Lyon-Juventus Turin sans problème ? Sans crainte, sans peur.

GABRIEL ATTAL
Je suivrais les recommandations sanitaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous iriez sans problème ?

GABRIEL ATTAL
Parce que les recommandations sanitaires, les experts sanitaires disent qu'on peut y aller. Si vous me posez la question de savoir si je comprends que des Français puissent être inquiets et se poser des questions, évidemment. Mais vous savez dans ces situations et dans ces cas-là, précisément quand il y a de l'inquiétude et des questionnements, c'est important de faire confiance et d'écouter les personnes qui sont experts et spécialistes de ces questions-là et qui donnent des recommandations pour protéger les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Fallait-il interdire aux trois mille et quelques - et peut-être plus -supporters de Turin de venir dans le stade ce soir assister au match Lyon-Juventus ?

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui les experts de veille sanitaire et de santé publique disent que ça n'est pas nécessaire. Est-ce que le virus circule activement à Turin ? Non. Est-ce qu'il circule activement dans la région de Turin ? Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a peut-être des supporters de la Juve qui viennent de Milan aussi. Je ne sais pas, vous non plus.

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, le risque est évalué heure par heure et les décisions sont prises en fonction. Cette décision a été prise, moi je n'ai aucune raison de la remettre en question. Je ne suis pas plus spécialiste, loin de là, que les spécialistes et donc je leur fais confiance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai encore deux questions sur le coronavirus. D'abord Marine LE PEN qui affirme que le gouvernement ne dit pas la vérité aux Français. « Ne pas leur dire la vérité, c'est aggraver le sentiment de danger de la population » ajoute-t-elle. Est-ce que vous mentez aux Français ?

GABRIEL ATTAL
Mais je trouve ça gravissime, ces propos. Je veux dire, on voit bien ce qui se passe : c'est une instrumentalisation politique, une nouvelle, de Marine LE PEN qui a pour fonds de commerce la peur et les inquiétudes des Français. Voilà. Ça l'arrange que les Français soient inquiets, qu'ils aient peur parce qu'elle se dit que dans des moments de trouble, d'inquiétude, de peur, les gens peuvent avoir tendance à se réfugier vers les idées, les propositions les plus radicales. Et c'est ce qu'elle essaie d'incarner en faisant des propositions comme fermer les frontières qui n'ont absolument aucun sens aujourd'hui, donc c'est grave. Moi je pense que dans ces moments-là où précisément il y a de l'inquiétude chez des Français et on peut le comprendre, c'est important que l'ensemble des responsables politiques fassent front parce que qui peut imaginer, Jean-Jacques BOURDIN… Est-ce que décemment quelqu'un peut imaginer que notre gouvernement, mais comme je l'espère tout gouvernement, ne fasse pas tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les Français et pour éviter que le virus circule en France ? Qui peut imaginer ça ? Et même pour les esprits les plus cyniques, j'ai envie de dire les plus tordus qui voient parfois des théories du complot de la politique partout. Quel serait l'intérêt pour un gouvernement, pour le nôtre, de ne pas tout faire pour protéger les Français ? Quel serait notre intérêt à laisser courir un risque d'une pandémie ou autre ? Evidemment qu'on fait tout ce qui est en notre pouvoir. Evidemment qu'avec les autorités sanitaires, notre système de veille, les réactions, les anticipations qui sont portées on fait tout ce qui est possible pour protéger les Français. Et ça, il faut que chacun en soit convaincu et que chacun le porte. Marine LE PEN, elle porte aujourd'hui des propositions qu'elle sort de son chapeau qui n'ont aucun sens. Quand elle parle de fermer les frontières, il y a eu hier une réunion en Italie avec les ministres de la Santé des pays frontaliers de l'Italie. Est-ce que la Suisse a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Est-ce que la Slovénie a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Est-ce que l'Autriche a dit qu'ils voulaient fermer les frontières avec l'Italie ? Non. Marine LE PEN est en train d'expliquer qu'elle a raison toute seule contre le monde entier et toutes les autorités sanitaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors intéressons-nous aussi aux recherches et puis nous allons passer à un autre sujet. Intéressons-nous aux recherches. Tous les laboratoires du monde cherchent, et notamment l'institut Pasteur, et puis je vois curieusement - d'ailleurs ça choque les chercheurs de Pasteur - je vois que SANOFI PASTEUR ne travaille pas avec la recherche française mais va travailler avec le gouvernement américain.

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas ces informations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien moi, je vous le dis. Je vous le dis. A passé contrat avec le gouvernement américain.

GABRIEL ATTAL
Je n'ai pas ces informations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce acceptable ? Je vous pose la question.

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, pour les raisons que j'évoquais tout à l'heure, on a un ministre de la Santé qui est en charge de ces sujets. Moi je n'ai pas à faire de déclarations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'espère qu'il va venir répondre rapidement.

GABRIEL ATTAL
Je suis sûr qu'il viendra, il est très disponible, il est très mobilisé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je l'attends.

GABRIEL ATTAL
Il viendra vous répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, je l'attends. La lutte contre le séparatisme et l'islamisme, on en parle. Le président de la République en parle. D'ailleurs pourquoi est-ce que le président de la République ne prononce pas un grand discours pour bien mettre les choses au point ? Bien rappeler les dangers de l'islamisme politique et bien rappeler en quoi le séparatisme peu briser la société française ?

GABRIEL ATTAL
A mon sens sur ce sujet que vous avez évoqué, le risque du séparatisme et de fracture dans la société, il a prononcé plusieurs grands discours. Il en a parlé dans ses voeux aux Français De manière très solennelle. Dans son discours à Mulhouse…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est qu'un grand discours sur ce sujet-là. Il est attendu, non ?

GABRIEL ATTAL
Le discours à Mulhouse la semaine dernière, j'étais avec lui, c'était un grand discours. C'était un grand discours sur ce sujet. Il a dit : dans la République, on ne refuse pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On ne l'a pas beaucoup entendu.

GABRIEL ATTAL
Vous ne l'avez peut-être pas beaucoup relayé sur cette antenne, je le regrette. Mais il a dit : dans la République, on ne refuse pas de serrer la main à une femme parce qu'elle est femme. Dans la République, on ne déscolarise pas ses enfants pour des raisons religieuses. Donc voilà, il a dit ce que c'était que le séparatisme. Maintenant la question c'est comment est-ce qu'on lutte contre ce phénomène de séparatisme ? Et le choix qui a été fait, et moi je le soutiens totalement, c'est d'avoir plusieurs interventions et des mesures qui sont annoncées à plusieurs moments, pourquoi ? Parce qu'on ne parle pas des mêmes sujets. Quand vous parlez de l'influence extérieure, notamment financière sur la France et sur les cultes, c'est un sujet. Quand vous parlez des questions d'associations, qui est mon sujet, dans les territoires, c'est un autre sujet. Donc c'est bien de séparer les choses et de s'attaquer aux vrais problèmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, on est bien d'accord, mais pourquoi ne pas dire clairement les choses ? Y a-t-il une volonté de prise de pouvoir chez certains islamistes ?

GABRIEL ATTAL
Oui, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De prise de pouvoir ?

GABRIEL ATTAL
Mais vous avez une volonté de certains islamistes - certains islamistes, il faut le dire - d'imposer un projet politique qui est celui d'une conception dévoyée de la religion dont les normes prendraient le pas sur celles des lois de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va plus loin que le séparatisme ça, prendre le pouvoir.

GABRIEL ATTAL
C'est se séparer de la République. C'est se séparer de la République. Ça peut être vouloir prendre le pouvoir dans un quartier, dans une rue, parfois même à l'échelle d'un immeuble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ce pouvoir est pris parfois déjà ? Déjà ?

GABRIEL ATTAL
Je ne dirais pas ça aujourd'hui. Vous savez, j'ai vu un chercheur qui s'appelle Hugo MICHERON. Je crois que vous l'aviez invité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, tout à fait.

GABRIEL ATTAL
Qui a écrit un livre très intéressant sur le sujet. On s'est vu très longuement pour en parler. Il fait un diagnostic qui assez grave sur cette situation, mais il dit aussi qu'on peut encore agir, et moi c'est ça aussi que je retiens. C'est ça qu'on essaye de faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut, il faut.

GABRIEL ATTAL
Il faut bien sûr. Mais il n'est pas trop tard pour agir parce que précisément le pouvoir c'est la République qui l'a en France. Et il faut garantir que la République, elle continue à pouvoir faire valoir ses valeurs, faire valoir ses règles et que ces personnes ne puissent faire valoir d'autres règles, d'autres normes supérieures à celles de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors les associations diverses et variées parfois de soutien scolaire ou des cours d'arabe, vous allez si j'ai bien compris beaucoup mieux surveiller cela.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais comment ?

GABRIEL ATTAL
Qu'est-ce que vous avez comme situation aujourd'hui avec les associations ? D'abord il faut le dire, les associations c'est une chance pour la République. L'essentiel des associations font vivre les valeurs de la République et notamment dans ces quartiers où on en a bien besoin. On travaille avec elles, il faut les soutenir davantage ; c'est-ce qu'on fait. Puis vous avez certains, ceux qu'on évoquait, qui ont ce projet politique et qui parfois se servent du statut d'association loi 1901 comme bouclier pour avancer ce projet politique. Je vous donne un exemple : vous avez parlé des associations de soutien scolaire. Parfois le soutien scolaire, c'est un produit d'appel pour ces personnes pour chercher à attirer des enfants et donc derrière embrigader des familles derrière ce projet politique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais quelle capacité avez-vous ? Aller vérifier chaque association, le travail de chaque association, est-ce possible ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr que c'est possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment ? Avec qui ?

GABRIEL ATTAL
Premièrement en encadrant davantage l'ouverture des associations qui sont destinées aux enfants et aux mineurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors qu'est-ce que vous allez décider là ?

GABRIEL ATTAL
On a fait une loi que vous connaissez bien, on en a parlé sur cette antenne à plusieurs reprises pour les écoles hors contrat, la loi Gatel. On peut reprendre un certain nombre de ses principes pour les associations. C'est-à-dire quand vous avez une association, créer une association qui a vocation à accueillir des mineurs, des enfants, on regarde l'identité des personnes qui vont intervenir devant les enfants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas obliger une association qui va accueillir, effectivement qui est créée et qui va accueillir des mineurs, pourquoi ne pas l'obliger à recevoir le feu vert du préfet par exemple ?

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je suis en train de vous dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

GABRIEL ATTAL
C'est ce que je suis en train de vous dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est ce que vous allez faire ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. C'est ce que le président de la République a annoncé hier. C'est ce qu'on va faire. Il faudra déclarer la liste des personnes qui vont intervenir devant les enfants au greffe, en préfecture. La liste des enfants et des personnes qui vont intervenir devant les enfants, ce qui sera apporté aux enfants dans le cadre de cette association, le plan des locaux, un certain nombre d'informations. Deuxième chose, la question des contrôles. Vous savez qu'aujourd'hui quand vous avez une association qui accueille des mineurs en l'occurrence, c'est l'exemple qu'on prend, mais une association d'une manière générale, on a nos services préfectoraux qui peuvent faire des contrôles. Quand vous voulez faire un contrôle, vous prévenez un mois à l'avance avec la date et l'heure du contrôle. Donc c'est assez facile pour s'organiser et pour faire en sorte que tout soit nickel quand le contrôle… Donc contrôle inopiné à partir de maintenant. Ce sera précisé dans le cadre d'une circulaire. Là aussi, ça a été dit. Et puis ensuite, il y a la question des sanctions, la possibilité de dissolution d'une association. Ça existe aujourd'hui dans certains cas qui sont limités. Je pense par exemple aux associations de hooligans, évidemment aux questions d'ordre public, de lutte contre le terrorisme. Là aussi on peut…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, d'autres mesures contre le séparatisme ?

GABRIEL ATTAL
Oui. Alors sur les associations toujours il y a l'idée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les associations, vous allez travailler, renforcer le travail avec les grands réseaux associatifs.

GABRIEL ATTAL
Oui, ce qui est important aussi c'est ce que je disais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On pense à la ligue de l'éducation.

GABRIEL ATTAL
De l'enseignement, Fédération Léo Lagrange, les MJC, le réseau des MJC.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr.

GABRIEL ATTAL
Parce que dans la réunion qu'on a eue hier avec le président de la République et ces associations, on a aussi partagé un constat et on a aussi des grands réseaux associatifs qui représentent des petites associations dans ces quartiers, qui observent et qui sont victimes de cet entrisme de personnes issues des Frères musulmans ou des salafistes qui cherchent à prendre le pouvoir dans leur association. Mais ce sur quoi je veux insister parce que c'est important de le dire, c'est que ces situations il faut évidemment aussi les soutenir. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Cité éducative, cent millions d'euros supplémentaires dans les trois années qui viennent pour ces cités éducatives où très concrètement on va soutenir des associations qui font vivre les valeurs de la République et qui proposent ce qu'on évoquait : du soutien scolaire, des cours de langue etc dans les clous des valeurs de la République. C'est très important. On crée mille postes d'adultes relais pour les associations. Adultes relais, c'est des postes qui sont financés à hauteur de vingt mille euros par an par l'Etat. Donc il y a des mesures très fortes de soutien aux associations. Et je ne rappelle pas, parce que c'est important de le faire aussi parce qu'on sait que l'enjeu majeur sur ce sujet c'est aussi l'éducation, le dédoublement des classes en CP et en CE1, trois cent mille enfants aujourd'hui qui sont dans des classes dédoublées. Et je peux vous dire que dans ces territoires, ça fait la différence. On fait des déplacements dans ces territoires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gabriel ATTAL, il faut aussi encourager les musulmans qui choisissent de s'intégrer à la société, à la République.

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Absolument.

GABRIEL ATTAL
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tous ceux qui se battent contre l'entrisme islamiste.

GABRIEL ATTAL
Oui, contre l'entrisme. Qui ont envie de continuer à scolariser leurs enfants dans la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr.

GABRIEL ATTAL
Vous savez qu'il y a un phénomène aujourd'hui qui est inquiétant, c'est ces enfants qui sont déscolarisés ou qui sont déclarés en instruction à domicile. Il y a la question des écoles hors contrat dont on a parlé mais aussi le nombre d'enfants qui sont déclarés en instruction à domicile qui augmenterait fortement. Augmentation de 20 % depuis l'an dernier ; dans certains territoires, ç'a été multiplié par cinq en quelques années. C'est préoccupant et donc on agit, on prend les mesures nécessaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En ce qui concerne les imams, pourquoi – c'est ce que proposent des députés La République en Marche - ne pas créer un centre de formation indépendant pour les imams ?

GABRIEL ATTAL
Mais ça fait partie des propositions qu'on est en train de regarder. Qu'est-ce qu'il a dit le président de la République ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ou pas ?

GABRIEL ATTAL
Moi je suis favorable à tout ce qui permet d'accomplir l'engagement du président de la République qui a été pris à Mulhouse la semaine dernière, c'est-à-dire qu'on arrête avec ce système d'imams détachés ou on importe, comme on dit, en France - même si je n'aime pas beaucoup le terme - des imams qui ont été formés à l'étranger.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne pas les former ? Pas sur le plan religieux parce que ce n'est pas possible, la loi de 1905 l'interdit, mais les former sur le plan civique ?

GABRIEL ATTAL
Mais c'est exactement ce qui est en train d'être regardé. Le président, il a dit quoi ? Il a dit on met fin ce système d'imams détachés où vous avez des pays étrangers qui forment des imams, qui les envoient en France, parfois ils ne parlent pas français, et on peut avoir des doutes parfois sur un certain nombre de valeurs qu'ils portent. On met fin à ce système. Il y a les derniers imams qui ont été détachés qui vont rester là encore quelques mois ou quelques années. Et dans le même temps, on met en place un système qui permet d'avoir des imams formés en France. Et c'est le travail qu'on est en train de faire évidemment avec les parlementaires, qu'on fait avec le Conseil français du culte musulman, avec les autorités évidemment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il y a d'autres mesures à prendre pour lutter contre le séparatisme ? Au-delà des imams, au-delà du travail auprès des associations ? Par exemple ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il y aura d'autres mesures qui seront annoncées par le président de la République. Je ne vais pas les annoncer ici.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais dans quel domaine ?

GABRIEL ATTAL
Vous pouvez avoir des mesures dans le domaine de la santé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La santé, c'est-à-dire ?

GABRIEL ATTAL
Avec des pratiques qui sont aujourd'hui insupportables dans la République, ce qu'on appelle les tests de virginité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les tests de virginité ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors là, qu'est-ce que vous pourriez faire ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, je ne vais pas moi-même faire des annonces.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les tests de virginité, c'est-à-dire ?

GABRIEL ATTAL
Ce qui est important, c'est aussi de mettre en avance ce qu'on fait déjà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qu'on fait avec les tests de virginité

GABRIEL ATTAL
Aujourd'hui, vous avez cette pratique qui est interdite ou déconseillée par l'Ordre des médecins mais on sait que vous avez des personnes, parfois des pères de famille, qui décident de faire passer des tests de virginité à des jeunes filles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais on interdit cela ?

GABRIEL ATTAL
Encore une fois, il y a des annonces qui vont être faites.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On interdit cela ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment. Mais ce qui est important, c'est de mettre en avant les mesures qui sont prises.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On interdit les tests de virginité.

GABRIEL ATTAL
Parce que vous savez, moi, il y a quelque chose qui me frustre toujours, je commence à m'habituer au système et aux interviews, etc., c'est qu'on vient mettre en avant des mesures qu'on vient de prendre, et puis, tout de suite, parfois, on est dans l'après, dans les prochaines, etc., il faut aussi valoriser ce qu'on fait sur le moment, et ce que j'ai évoqué, les cités éducatives, 100 millions d'euros, le dispositif Tremplin Asso, c'est Julien DENORMANDIE qui a porté ça, 45 millions d'euros sur trois ans pour soutenir ces associations. Et de l'autre côté, les mesures d'entraves que j'ai évoquées, le président de la République a annoncé autre chose, et je n'y suis pas revenu, mais je pense que ça vous intéressera, c'est le fait d'avoir maintenant un contrat républicain avec toutes les associations qui reçoivent un soutien public, notamment un soutien financier, si elles ne respectent pas les valeurs de la République, il n'y a plus de subvention, et voire même, on va chercher la subvention.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, dans le quotidien, il y aura d'autres mesures encore, on a parlé des tests de virginité, pour lutter contre le séparatisme ?

GABRIEL ATTAL
Oui, il y aura d'autres mesures d'entrave…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans quels domaines ?

GABRIEL ATTAL
D'entrave…

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'entrave…

GABRIEL ATTAL
D'entrave dans les quartiers sur ce projet politique. Je vous donne un exemple, on a pris 15 quartiers pilotes depuis 2018 avec Christophe CASTANER, et on a mis en place des mesures assez expérimentales, en tout cas, une mobilisation assez expérimentale, on a fermé plus de 130 débits de boisson, on a fermé une dizaine de lieux de culte, on a fermé des écoles hors contrat, donc on voit que cette action, elle porte ses fruits. Donc il faut en tirer les conclusions, c'est ce qu'on fait, pour aller plus loin, pour essaimer plus loin sur le territoire ; c'est ce que le président de la République aura l'occasion d'annoncer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais terminer avec la réforme des retraites, pour l'instant, pas d'utilisation du 49.3, si j'ai bien compris. On attend, vous attendez ? Vous laissez la discussion se poursuivre à l'Assemblée ? On est bien d'accord. Est-ce qu'il est possible que la discussion se poursuive après les municipales, oui ou non ?

GABRIEL ATTAL
Ecoutez, par définition, par définition, on est en République, on a des institutions, tout est possible, on ne va pas, nous, commencer à dire qu'il y a des choses qui sont impossibles. Ce qu'il faut, ce qui pour moi ne serait pas possible…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de 49.3 avant les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Non, ce n'est pas du tout ce que je vous ai dit…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais moi, c'est ce que je vous demande…

GABRIEL ATTAL
Ce n'est pas moi qui décide…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais d'accord, mais vous savez…

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, ce qui ne serait pas possible, c'est que la réforme n'entre pas en vigueur dans le calendrier qui était prévu, notamment s'agissant – je vous donne un exemple – la mesure qu'on a prise pour les agriculteurs qui aujourd'hui ont des retraites parfois de 700, 800 euros, on la porte à 1.000 euros minimum, elle doit rentrer en vigueur en janvier 2022. Si le texte n'est pas adopté avant l'été, elle ne pourra pas rentrer en vigueur en janvier 2022…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais attendez, est-ce qu'il est possible que la discussion se poursuive après les municipales ?

GABRIEL ATTAL
Mais moi, je vous dis que par principe, tout est possible, que ce n'est pas moi qui décide ni du calendrier parlementaire ni du 49.3…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais je suis bien d'accord, mais…

GABRIEL ATTAL
Donc tout est possible, mais enfin, il faut aussi dire les choses, pourquoi est-ce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ne pas laisser…

GABRIEL ATTAL
Pourquoi est-ce qu'on a la discussion, où on dit, elle se poursuit, etc., c'est que vous avez une opposition, et notamment Les Insoumis, qui cherche à paralyser le Parlement, quand on passe une journée à débattre de l'intitulé du projet de loi, à se demander où est-ce qu'on met la virgule, quand on passe des heures à déposer des amendements, à discuter des amendements pour remplacer « tous les ans » par « chaque année », « équivalent » par « correspondant », je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que ça signifie, dans le Parlement, les Français peuvent se connecter sur Internet et regarder les débats en direct, vous avez des débats qui n'ont ni queue ni tête avec des dizaines de milliers d'amendements qui ont été déposés par Les Insoumis, et c'est assumé par eux pour bloquer le processus législatif, et moi, je trouve ça grave et je trouve ça dangereux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'ai une dernière question à propos de la réforme des retraites, il y a une proposition des Républicains qui me paraît…, je ne sais pas, vous allez me dire ce que vous en pensez : suspendre l'examen du projet de loi jusqu'à la fin des travaux de la conférence de financement, ensuite, on reprend, on remet le texte en discussion, le projet de réforme en discussion, qui pourrait être examiné en temps législatif programmé, afin d'éviter toute nouvelle obstruction…

GABRIEL ATTAL
Jean-Jacques BOURDIN, je viens de vous dire que nous, on veut que les agriculteurs qui ont 700, 800 euros de retraite aujourd'hui puissent avoir les 1.000 euros minimum dès 2022, si on veut que ça soit possible, il faut que le texte soit adopté avant l'été. Les Républicains, quand ils font cette proposition, ils savent très bien que ça revient à dire qu'on n'adopte pas le texte dans les temps, et que donc les mesures positives qu'on a portées, les Français n'en verront pas la couleur dans les années qui viennent, donc évidemment, il faut avancer, moi, j'entends aussi beaucoup de Français, vous savez, je suis sur le terrain, j'étais chez moi à Vanves ce week-end, qui disent : bon, ça fait deux ans maintenant que ça dure ce travail, ce débat sur les retraites, les mêmes, Les Républicains nous ont même parfois dit : vous prenez trop de temps, vous traînez, vous n'allez pas assez vite, vous avez attendu pour annoncer les derniers arbitrages parce que vous avez voulu laisser du temps pour la concertation à l'automne, et là, aujourd'hui, vous dites : il faut attendre davantage.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Gabriel ATTAL d'être venu nous voir ce matin, RMC BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 février 2020