Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à RTL le 14 avril 2020, sur les stratégies de déconfinement (ports du masque, tests de dépistage...) dans le cadre de l'épidémie de covid-19.

Prononcé le

Intervenant(s) :

Texte intégral

BENJAMIN SPORTOUCH 
Bonjour Olivier VERAN. 

OLIVIER VERAN 
Bonjour. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Merci d'être avec nous ce matin en direct sur RTL. Alors, Olivier VERAN, finalement, le chef de l'Etat nous a dit hier soir que les maques étaient utiles, et que chaque Français en aurait un le 11 mai. Où trouvera-t-on ce masque grand public, et sera-t-il gratuit, Olivier VERAN ? 

OLIVIER VERAN 
Ces masques grand public sont en cours de fabrication dans un très grand nombre d'entreprises françaises depuis maintenant plusieurs semaines. Le Premier ministre a eu plusieurs fois l'occasion d'aborder ce sujet, d'aborder le fait que nous avons demandé aux entreprises qui produisent du papier, du textile de réorienter leur production vers la fabrication de masques dont les normes assurent un certain niveau de filtration qui permet d'avoir une efficacité pour se protéger vis-à-vis du virus ; ce n'est pas la même efficacité que les masques destinés aux soignants, les fameux masques FFP2 ou chirurgicaux, mais c'est une efficacité qui est nettement supérieure à celle qu'on pourrait avoir en utilisant un torchon ou une écharpe évidemment. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Donc ce seront des masques en tissu qu'on trouvera en mairie par exemple ?

 OLIVIER VERAN 
Ce sont des masques qui seront probablement disponibles, on est en train de regarder pour les questions logistiques, les clés de répartition, les modalités d'attribution, et comment se fournir en masques grand public. L'hypothèse de procéder à partir des collectivités locales, des mairies, est effectivement une des hypothèses que nous envisageons. Et ces masques auront aussi la capacité d'être lavables et donc être utilisables plusieurs fois. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Et ils seront gratuits ? 

OLIVIER VERAN 
Ecoutez, je n'ai pas la réponse à cette question, j'imagine qu'ils seront donnés à la population, oui. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Alors le port de ce masque sera-t-il obligatoire, par exemple dans les transports, dans le métro notamment ? 

OLIVIER VERAN 
Nous ne l'avons pas rendu obligatoire à l'application des gestes barrières, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de sanction pour les personnes qui auraient continué à se serrer la main alors que nous appelions à la distanciation sociale, en revanche, le président de la République hier a évoqué une forme de systématisation du port du masque dans certaines situations, il a abordé la question des transports en commun et de certaines situations particulières… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Mais systématique, obligatoire, Monsieur le Ministre, on ne comprend pas trop la différence en fait ? 

OLIVIER VERAN 
Eh bien écoutez, ce que j'ai aussi compris, comme vous, c'est que, il a donné, le président de la République, 15 jours, 15 jours au gouvernement pour élaborer un plan de confinement, un plan global, une stratégie générale pour notre pays, et ces éléments feront partie intégrante de cette stratégie. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Ça veut dire, Olivier VERAN, que les 12 millions d'écoliers et les 800.000 enseignants auront bien un masque le 11 mai prochain ? 

OLIVIER VERAN 
Je viens de vous répondre que nous avons 2 semaines pour élaborer une stratégie d'ensemble, c'est une stratégie qui n'est appliquée aujourd'hui nulle part, puisque le déconfinement est quelque chose de fondamentalement nouveau ; d'ailleurs, ce n'est pas encore d'actualité dans notre pays, ça ne vous aura pas échappé, il reste encore 4 semaines de confinement dans les conditions actuelles, et il nous faut pouvoir envisager toutes les situations, y compris leur faisabilité, je ne suis pas certain qu'on puisse systématiser le port du masque pour un enfant à l'école qui joue dans la cour de récré, de la même manière, le président de la République a abordé la question de l'école en disant qu'il y aurait probablement des adaptations, je ne peux pas vous dire à date quelles sont ces modalités pratiques, d'adaptation pour une reprise de l'école. Encore une fois, le message général, c'est un message d'abord de poursuivre les efforts collectifs et civiques à travers un confinement jusqu'au 11 mai, qu'ensuite, nous faisons tout pour que les conditions soient réunies, qui nous permettent de rouvrir les écoles, de permettre à une large partie de la population de pouvoir reprendre une activité qui s'approche de la norme, même si la norme ne sera pas avant un long moment, la norme qui était celle pour les Français hier, et puis, dans le même temps, nous préparons la stratégie de déconfinement sur les tests, les masques et d'autres mesures d'adaptation. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Alors, on va y venir, Olivier VERAN, sur les tests notamment, parce qu'il arrive – il y a beaucoup d'interrogations sur les écoles – il arrive que les enfants, les adultes soient asymptomatiques, c'est-à-dire des porteurs sains du virus, ils ne seront donc pas testés, ils vont retourner à l'école en étant potentiellement porteurs du virus, il y a une inquiétude de la part des enseignants notamment ? 

OLIVIER VERAN 
Mais pas que de la part des enseignants, j'entendais hier des réactions qui disaient : mais finalement, que va-t-il se passer pour les personnes asymptomatiques ? D'abord, il faut savoir que nous sommes plus de 60 millions dans ce pays, qu'aucun pays au monde, aucun pays au monde, n'a jamais et ne sera jamais capable de tester tout le monde ou plusieurs fois par jour tout le monde, ça, c'est absolument impensable. Ce que, en revanche, font un certain nombre de pays, c'est qu'ils prennent l'engagement de pouvoir tester toute personne qui présente des symptômes, toute personne dont on se dit qu'elle peut être potentiellement malade, de manière à isoler ces personnes et éviter qu'elles en contaminent d'autres. Je vous rappelle que pendant le stade 1 et pendant le stade 2, nous avons non seulement dépisté toute personne qui était symptomatique, mais également toutes les personnes contacts, contacts rapprochés, avant, ensuite, de procéder à la mise en quatorzaine systématique, nous savons le faire. Nous savons le faire. Cela impose un effort logistique conséquent, et il ne vous aura pas échappé que la logistique n'est pas le moindre des problèmes en période d'épidémie et de pandémie. Et ça va nous obliger également à mobiliser, ce que nous faisons semaine après semaine, l'ensemble des laboratoires, tout le statut de notre pays, ça va nous inciter de continuer de commander des millions de tests… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Alors, des millions de tests, est-ce que vous savez combien de Français ont contracté le virus à ce jour, Olivier VERAN ? 

OLIVIER VERAN 
Aucun pays au monde n'est capable de dire avec précision quel est le pourcentage de sa population et quel est le nombre d'habitants, qui composent son pays, qui a contracté la maladie. Et deuxième élément de réponse, aucun pays n'est capable à date de dire quelle est la part de sa population qui est immunisée, nous disposons de simulations qui sont réalisées par des instituts sur la base à la fois de tests sérologiques qui sont réalisés en population réelle, parfois de données sérologiques qui sont réalisées sur banque de donneurs de sang. Le président de la République a dit hier qu'il y avait une petite minorité de la population qui était immunisée, nous estimons, en tout cas, les scientifiques estiment qu'il y aurait environ 10 % de la population qui présenteraient à date une immunité face au coronavirus, ce qui correspond… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Donc environ 6 millions de Français… 

OLIVIER VERAN 
Ce qui correspond au pourcentage d'ailleurs d'immunisations d'un certain nombre de pays basées sur des simulations. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Alors sur les tests, Olivier VERAN, vous en parlez, il y aura à partir du 11 mai, a dit donc dit le président, une capacité de tester toute personne présentant des symptômes, ça veut dire combien de tests par semaine et où auront-ils lieu ces tests, chez le médecin, à la médecine du travail ? 

OLIVIER VERAN 
Moi je souhaite qu'on innove, moi, je souhaite qu'on mobilise toutes les bonnes volontés, toutes les forces vives de la Nation, qu'on puisse pratiquer ces tests évidemment dans les hôpitaux, évidemment dans les laboratoires, vous savez que j'ai autorisé tous les laboratoires, quels que soient leur statut, à participer à l'effort de la campagne de dépistage, y compris les laboratoires de recherche, mais également qu'on puisse s'appuyer sur les collectivités, qu'on puisse mettre en place des équipes mobiles, qu'on puisse mettre en place des drives tests, qu'on puisse également procéder à partir des pharmacies d'officine volontaires, je crois que nous avons… la multiplication des points de dépistage n'est pas l'enjeu central, et nous saurons faire. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Mais pour ce qui est, justement, une fois qu'on sera testé, eh bien, positif au Covid-19, vous souhaitez, le président de la République a parlé d'un placement en isolement, en quarantaine, comment ça va se passer, est-ce qu'on sera à l'hôpital, dans des hôtels que vous allez réquisitionner, comment ça va se passer ? 

OLIVIER VERAN 
Là aussi, tout est sur la table, toutes les possibilités sont à l'étude, il y a des situations dans lesquelles l'isolement à l'hôpital est nécessaire, d'ailleurs, c'est ce que nous avons fait, c'est ce que nous avons fait au mois de janvier, c'est ce que nous avons fait au mois de février, c'est ce que nous avons fait pour part au mois de mars, jusqu'à ce que l'épidémie soit tellement importante que nous avons déclenché le stade 3, et qu'un certain nombre de malades peu graves ont pu rentrer à la maison. Mais toutes les semaines qui ont précédé, il y avait des quatorzaines qui étaient organisées à l'hôpital le plus souvent, mais également parfois dans des hôtels, souvenez-vous y compris dans des centres de vacances, ça avait été le cas pour les rapatriés de Wuhan. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Donc vous n'excluez pas de réquisitionner des hôtels, tous sont fermés aujourd'hui… 

OLIVIER VERAN 
Nous n'excluons rien… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Et pourquoi ne l'avoir pas fait plus tôt justement cette réquisition, puisqu'il y a beaucoup de gens qui se retrouvent malades chez eux aujourd'hui et qui craignent de contaminer leurs proches ? 

OLIVIER VERAN 
Vous savez, parmi les pays qui ont été amenés à réquisitionner des hôtels pour admettre un certain nombre de malades, c'était généralement des pays qui n'avaient plus de places d'hôpitaux, des pays qui n'avaient plus de places d'hôpitaux, ce n'est pas la maison ou l'hôtel, c'était l'hôpital ou l'hôtel, en France, nous avons 32.000 malades hospitalisés aujourd'hui pour infection à coronavirus dans nos hôpitaux, c'est énorme, mais nos hôpitaux ont été capables d'admettre tous les patients dont l'état de santé le justifiait. Pour les autres, ceux qui étaient très peu symptomatiques, voire ceux qui étaient asymptomatiques, mais qui avaient été cas contact de personnes malades, la quatorzaine en période de confinement généralisée a été jugée un moyen suffisant pour pouvoir protéger le reste de la population. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Olivier VERAN, vous nous certifiez aujourd'hui que toutes les personnes âgées malades ont été hospitalisées, quel que fût leur âge et leur condition, c'est une question aujourd'hui que les Français se posent ? 

OLIVIER VERAN 
Mais c'est une question que je comprends, vous n'avez pas vu de témoignage de réanimateur vous disant qu'il est obligé de débrancher un malade ou d'ex-tuber un malade, vous n'avez pas vu des réanimateurs dire qu'ils ne pouvaient pas admettre de patients dont ils pourraient sauver la vie faute de places en réanimation. Je dis ça pour que chacun se rende compte de l'effort incroyable qui a été mobilisé dans les hôpitaux français, notamment en Grand-Est, en Ile-de-France, en Haut-de-France, en Bourgogne-Franche-Comté, je dis ça pour que chacun se rende compte aussi que nous avons réalisé 650 évacuations sanitaires par hélicoptère, par avion, par bateau, par train… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Donc vous me certifiez qu'il n'y a pas eu de tri, ce mot terrible… 

OLIVIER VERAN 
Si vous lisiez la presse étrangère en fin de semaine, notamment, la presse italienne, elle titrait sur le génie français, le génie hospitalier français, cette capacité des hôpitaux à se mobiliser pour être capables de faire face à toutes les situations, même les situations les plus difficiles… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Mais certains directeurs d'EHPAD nous disent le contraire, Olivier VERAN, et vous comprenez bien qu'ils se posent la question, et justement, on se dit que de savoir aujourd'hui si, eh bien, toutes les personnes âgées et vulnérables, le président de la République a dit : elles devront rester confinées chez elles, mais jusqu'à quand, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von DER LEYEN, a évoqué la fin de l'année dans l'attente d'un vaccin ; est-ce que c'est possible, est-ce que c'est une possibilité ? 

OLIVIER VERAN 
Hier encore, vous l'avez vu, nous disons tout ce que nous savons, mais nous disons aussi que nous ne savons pas tout, la date qui a été donnée, la date du 11 mai est la date à partir de laquelle nous anticipons la possibilité de commencer un déconfinement progressif de notre pays. Il faut, encore une fois, de l'humilité, quand le vaccin sera-t-il disponible, aurons-nous la possibilité d'identifier mondialement un traitement efficace contre le coronavirus dans les prochains mois, quelle sera l'évolution de cette épidémie à l'heure estivale, quelle est la véritable proportion de la population mondiale qui est aujourd'hui concernée par le virus, mais pardon, je voulais apporter un élément supplémentaire de réponse à votre question précédente, pour ne pas donner le sentiment de l'évacuer, il arrive qu'un médecin puisse discuter avec un réanimateur de l'intérêt pour le malade d'hospitaliser en réanimation quelqu'un qui est extrêmement fragile et dont l'état de santé fait qu'il a très peu de chances de survivre à la réanimation, ça m'arrive comme médecin, je suis neurologue vasculaire, il m'est arrivé plus d'une fois de discuter avec des réanimateurs pour savoir si un monsieur de 85 ans avec un hématome cérébral, hémiplégique qui a perdu le langage, et qui s'aggrave  et qui hélas a très, très peu de chances de survivre, doit aller ou non en réanimation, et si on doit lui mettre un tube dans les poumons ou le mettre en coma pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines pour l'aider, pour l'aider éventuellement à passer le cap. Ce sont des situations réelles qui se posent au quotidien, et qui se posent de façon encore plus aiguë en épidémie quand les places de réanimation sont rares, ça c'est vrai, ça, c'est vrai. Ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas eu vent de situations au cours desquelles quelqu'un dont on sait que la réanimation va lui sauver la vie ne pourrait aller en réanimation faute de place, je fais vraiment la différence entre les deux, et c'est ce que j'entends des témoignages des médecins. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Alors, puisque l'on parle aussi des personnes âgées, toujours dans les EHPAD, combien de nos aînés ont été testés à ce jour, Olivier VERAN ? 

OLIVIER VERAN 
Combien de malades dans les EHPAD ont été testés à ce jour, je ne peux pas vous donner ce chiffre, vous savez… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Puisque vous avez lancé une grande campagne de tests… 

OLIVIER VERAN 
Bien sûr. Et je sais qu'il y a des EHPAD qui ont déjà été nombreux à être testés, parfois même avant même que nous ayons lancé ce plan national, je pense à Bordeaux par exemple, l'hôpital de Bordeaux, depuis plusieurs semaines, lançait des campagnes de dépistage, je pense à la maire de Paris qui quand je l'ai appelée pour lui faire part de ma volonté de lancer ce dépistage systématique dans les EHPAD, non seulement, on m'a dit : banco, on y va, mais m'a dit : je commence ce matin avec deux premiers EHPAD à Paris donc. Je pense à Dominique BUSSEREAU pour les départements qui me fait part régulièrement de la dynamique qui est lancée sur le territoire, chaque territoire a ses particularités, chaque territoire a ses capacités de laboratoire, et chaque territoire a la capacité de mobiliser les troupes, la réserve sanitaire, les transports pour pouvoir réaliser ces campagnes. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Et globalement, d'ici le 11 mai, combien de tests vont être réalisés par jour pour toute la population, beaucoup de choses ont circulé, on n'y voit plus très clair… 

OLIVIER VERAN 
Eh bien oui, et pour cause, nous avons fait, et nous sommes le seul pays, encore une fois, à le faire, le choix de donner toutes les informations dont nous disposons, y compris lorsque ces informations sont incomplètes, le cas des tests est emblématique, sur le site de Santé Publique France est publié chaque jour le nombre de tests qui a été réalisé à l'hôpital et en ville, et si vous lisez bien, sur les tests réalisés en ville, il est inscrit que c'est à partir d'un échantillon de 3 laboratoires, de 3 grands laboratoires, mais de 3 laboratoires, il y a beaucoup plus de laboratoires qui réalisent des tests, de sorte qu'en réalité, nous sommes bien au-delà des chiffres que nous-mêmes annonçons en termes de tests réalisés, nous faisons le maximum pour savoir de façon plus fine…. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Donc à peu près ? 

OLIVIER VERAN 
On fait à peu près aujourd'hui entre 150.000, et au-delà, tests par semaine. L'Allemagne qui est le pays qui teste le plus est un peu en dessous des 300.000 tests par semaine, nous sommes en train d'aller vers les 200.000 tests par semaine, donc vous voyez que l'écart, qui est souvent relayé et montré du doigt, en réalité, n'est pas si énorme que cela, et encore une fois, l'objectif, c'est d'être capable de tester, tester, tester, aujourd'hui dans les EHPAD, les publics les plus fragiles, les malades hospitalisés, les soignants, et demain, dans tout le pays, d'être capable de tester systématiquement toute personne qui présente des symptômes, qui pense être malade. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Alors, le président de la République a également dit que, à l'adresse des soignants, les distinctions sociales ne peuvent être fondées sur l'utilité commune, il a cité la Déclaration des Droits de L'Homme et des citoyens, est-ce qu'il y aura une augmentation substantielle des soignants, je rappelle qu'à l'hôpital, une infirmière débute à 1.700 euros bruts par mois, allez-vous considérablement augmenter le budget de la santé ? 

OLIVIER VERAN 
Le budget de la santé, il augmente de fait, à cause de l'épidémie évidemment, vous savez, je ne sais pas si ça parlera beaucoup aux auditeurs, mais il y a ce qu'on appelle l'ONDAM, qui est l'objectif national des dépenses d'assurance-maladie, dont on parlait beaucoup avant l'épidémie, en disant qu'il était faible, parce qu'il était à 2,3 ou 2,4 %, nous sommes en train d'ores et déjà de le porter à 6,5 %, ce qui veut dire qu'il y a 7 milliards de plus, et c'est tout-à-fait normal, et il y aura encore plus qui sera mis sur ce budget de la Sécurité sociale… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Et il y aura une prime pour les soignants, une augmentation de salaire, Olivier VERAN ? 

OLIVIER VERAN 
Oui, il y aura une augmentation, une revalorisation, le président de la République a parlé de prime de feu, c'est-à-dire d'avoir une meilleure reconnaissance des heures supplémentaires… 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Ça sera quand, juste très rapidement, vous dialoguerez avec les auditeurs… 

OLIVIER VERAN 
On est en train de concerter très largement, les représentations syndicales, pour voir quelles sont les meilleures méthodes possibles, et le président de la République à Mulhouse, le 23 mars, a parlé d'une revalorisation conséquente et d'un réinvestissement dans la santé, d'ailleurs, il l'a redit hier soir, ça fait partie, c'est même le secteur, et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre, qui fera l'objet de plus d'attention de la part des pouvoirs publics dans les semaines, les mois et les années à venir. 

BENJAMIN SPORTOUCH 
Merci Olivier VERAN, on vous retrouve tout à l'heure avec les auditeurs.  


Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 avril 2020