Interview de Mme Roxana Maracineanu, ministre des sports, à France Inter le 13 août 2020, sur les décès par noyade en France et les violences sexuelles dans le patinage.

Texte intégral

CARINE BECARD

L'invitée du Grand entretien ce matin Roxana MARACINEANU, la ministre des Sports, des sports qui sont bien malmenés depuis cinq mois, depuis le début de l'épidémie du coronavirus. Dernier exemple en date le marathon de Paris déjà deux fois reporté, il vient d'être définitivement annulé pour cette année. Et en réalité les professionnels du sport comme les amateurs tout le monde est percuté, est-ce que les championnats vont pouvoir recommencer ? Est-ce qu'on pourra s'inscrire à son club de sport et reprendre ses activités ? Vos questions, vos témoignages, vos réactions au 01.45.24.7000, vous pouvez nous appeler dès maintenant. Roxana MARACINEANU, bonjour !

ROXANA MARACINEANU
Bonjour !

CARINE BECARD
Merci d'avoir accepté notre invitation. Un petit mot quand même pour commencer sur le match d'hier soir, le PSG, avec cette victoire certes à l'arrachée face aux Italiens de Bergame, ça fait du bien, non, de voir un club français gagner dans ce contexte sacrément morose !

ROXANA MARACINEANU
Oui, ça fait beaucoup de bien et je voulais adresser toutes mes félicitations à l'équipe, au staff et aux dirigeants qui se sont vraiment beaucoup bougés pour que leurs équipes que ce soit le PSG hier soir ou Lyon encore il y a quelques jours accède aujourd'hui en demi-finale et puis on espère pour Lyon samedi dans cette étape majeure de la Champions League. C'est vrai que beaucoup de supporters, beaucoup de Français vont suivre la fin de cette saison un peu inédite avec vraiment de grands espoirs pour les équipes françaises qui ont dû arrêter le championnat contrairement à d'autres équipes en Europe.

CARINE BECARD
J'ai l'impression que vous êtes plus supportrice de Lyon que du PSG, je me trompe ? Vous n'avez pas le droit de répondre à cette question…

ROXANA MARACINEANU
Ah moi je suis supportrice de toutes les équipes qui sont aujourd'hui dans ces phases finales que ce soit les garçons mais aussi les filles puisqu'il faut rappeler que les filles sont aussi en Champions League dans les quarts de finale, donc peut-être qu'on aura la chance et le bonheur de voir en demi-finale quatre équipes, deux masculines et deux féminines, la semaine prochaine.

CARINE BECARD
Je reviens sur le match d'hier soir entre le PSG et les Italiens de Bergame, c'est un match qui s'est joué à huis clos pour protéger les footballeurs, pour protéger les supporters, on a appris hier que le premier match de Ligue 1 de la saison se jouera à huis clos également, est-ce que le huis clos est en train de devenir la norme, Roxana MARACINEANU ?

ROXANA MARACINEANU
C'est vrai qu'en France on a repoussé aussi la limite des 5000 personnes présentes dans un stade, dans une enceinte sportive jusqu'au 30 octobre. Maintenant chaque club va faire son choix en fonction du coût aussi que cela représente d'ouvrir un stade, une enceinte sportive pour j'allais dire seulement 5000 personnes présentes. Mais on voulait que le sport reprenne de manière populaire avec quelques supporters présents, quelques abonnés présents, quelques annonceurs aussi présents dans les stades pour que le sport puisse reprendre de manière peut-être dégradée mais en tout cas populaire avec tous les acteurs importants du sport présents et aux côtés des joueurs et des équipes.

CARINE BECARD
Mais vous vous dites quoi, vous dites le huis clos quand même c'est mieux, c'est plus prudent ?

ROXANA MARACINEANU
Si on a fait le choix d'autoriser la présence de 5000 personnes on l'a fait en conscience et donner aussi la possibilité aux préfets d'aller parfois au-delà, parfois en deçà de cette limite puisque c'est au plus près des territoires qu'on sait quelle est la transmission du virus, quelle est la situation sanitaire et c'est les préfets qui vont être à même de prendre les décisions. Sachant que nous au ministère on a beaucoup travaillé en interministériel d'ailleurs sur les protocoles sanitaires qui ont été proposés par toutes les instances sportives qu'elles soient professionnelles ou amateurs. Ca concerne le sport professionnel aujourd'hui mais ça concernera surtout la reprise du sport amateur, des associations comme vous l'avez dit tout à l'heure qui est un point d'inquiétude pour le sport français évidemment dès septembre. Parce que c'est vrai que pendant l'été tout s'est quasiment arrêté mais c'est en septembre qu'on risque de souffrir le plus dans le monde sportif surtout amateur.

CARINE BECARD
Alors un point important encore, vous le disiez tout à l'heure, on peut toujours mettre 5000 supporters dans un stade, est-ce que cette règle pourrait maintenant, très vite, changer, compte tenu des derniers indicateurs épidémiques rappelés hier soir par Olivier VERAN, le ministre de la Santé, qu'est-ce qui a été dit, sur quel chemin est-ce que vous êtes en ce moment avec le gouvernement sur cette question-là, est-ce qu'on va revenir sur cette jauge des 5000 supporters présents dans des stades ?

ROXANA MARACINEANU
Eh bien écoutez, en début de l'été on était quand même assez confiant sur la baisse de l'épidémie, aujourd'hui ça reprend, donc il faut sans cesse qu'on adapte, mais c'est ce qui était prévu déjà lorsqu'Edouard PHILIPPE était Premier ministre et qu'il avait dit il faut qu'on puisse revenir en arrière le cas échéant s'il le faut, il faut qu'on arrive à resserrer, c'est qu'on fait aujourd'hui en proposant cette limite à 5000 et en ayant la possibilité de resserrer, ou de desserrer, selon les territoires. C'est aussi, voilà, vraiment une adaptation selon les régions, selon la circulation du virus dans ces régions, et le sport, évidemment, doit prendre sa part et doit s'adapter à toutes ces précautions sanitaires et cette responsabilisation de tout à chacun qu'on doit… voilà, que chaque citoyen doit avoir dans sa vie de tous les jours, y compris dans sa vie de passion et de loisirs, lorsqu'il se consacre à ses activités sportives.

CARINE BECARD
Il y a quand même des choses qui paraissent illogiques. Dans un stade de 20 000 places par exemple, pourquoi est-ce qu'on ne peut pas remplir un fauteuil sur deux comme on le fait au cinéma, par exemple ?

ROXANA MARACINEANU
Pour le moment c'est effectivement un fauteuil sur deux qui doit être rempli parce qu'il faut respecter la distanciation sociale, néanmoins on ne peut pas aller au-delà d'un certain nombre, qu'on soit debout dans un festival, un concert, ou un rassemblement populaire, ou dans un stade, parce que ce qui compte c'est aussi le flux de personnes qu'il y a autour du stade, le nombre de personnes qui va monter dans les transports en commun au même moment pour se rendre dans un stade, et pas seulement une fois que les gens sont assis, faire le décompte. Donc, effectivement, c'est un flux, un mélange de population, auquel il faut qu'on veille aujourd'hui, et c'est comme ça que cette règle des 5000 personnes peut être expliquée, et non pas, effectivement, une fois que les personnes sont assises, qu'elles respectent la distanciation et qu'elles portent le masque, puisqu'en sport, y compris à l'extérieur, et à l'intérieur bien sûr, le port du masque sera et est désormais obligatoire.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 août 2020