Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, avec "La Provence" le 13 octobre 2020, sur le tourisme confronté à l'épidémie de Covid-19.

Prononcé le

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Texte intégral

Q - Les acteurs du tourisme sont au bord du précipice, quel message leur adressez-vous ?

R - On a été à vos côtés, on l'est toujours et on le sera tant que la crise n'est pas résolue. On a conscience qu'il y a un besoin d'accompagnement. On a quasiment nationalisé les salaires jusqu'au 31 décembre avec l'activité partielle prise en charge à 100%. Ce que l'on souhaite, c'est préserver les entreprises, les emplois, car c'est ce savoir-faire et ces talents qui ont fait que la France est la destination numéro 1 en termes d'attractivité internationale. C'est vrai que ce sont des moments compliqués. Et après une saison estivale qui a été globalement réussie, il faut qu'on continue à se serrer les coudes.

Q - Le classement de la région Sud en zone rouge puis écarlate conjugué aux décisions de pays tels l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique et la Suisse a été un véritable coup de massue.

R - Je ne nie pas que la situation est difficile. On a eu un été qui a permis de sauver les meubles grâce à une fréquentation tricolore en hausse et notamment dans la région Sud, de l'ordre de 23%. Cela n'a pas compensé la perte de la clientèle internationale, mais les Français ont entendu la campagne "OnaTousBesoinduSud" et "Cet été, je visite la France". Maintenant, ce que l'on souhaite est que pour la Toussaint et les vacances de Noël, les Français continuent à redécouvrir leur territoire.

Q - Quelles actions sont prévues ?

R - Nous allons faire une campagne comme celle de cet été qui a porté ses fruits comme témoignent les 21 millions de vues, avec un hashtag "Je redécouvre la France". On l'a fait cet été et je crois que ça peut désormais être une nouvelle empreinte pour le tourisme national. Jusqu'à maintenant, il y avait presque 10 millions de Français qui partaient à l'étranger. Ils se sont rendu compte qu'on pouvait faire le tour du monde en faisant le tour de France. Et nul doute que c'est valable aussi pour la saison d'hiver, avec des massifs qui ont chacun leur typicité, leur charme.

Dans ce domaine, la région Sud a des atouts à faire valoir. La montagne a très bien fonctionné cet été et je veux croire que ce sera vrai aussi à Noël. En espérant, que les étrangers puissent venir dans nos stations.

Q - Peut-on imaginer prochainement des mesures européennes communes ?

R - La France fait un gros travail au niveau de l'Europe pour harmoniser les process, les seuils épidémiologiques... Vendredi dernier, à Bruxelles, un accord a été trouvé pour mettre en place des documents similaires. C'est un progrès important pour favoriser la venue des Européens en France. Et je vais d'ailleurs aller aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne pour dire à cette clientèle-là : "Bienvenue en France. Et on vous déroule le tapis rouge."

Q - Quid des croisières à Marseille ?

R - Ce point a été soulevé par François de Canson qui a souligné le risque de fuite de la clientèle vers l'Italie. Il a retenu l'attention du Premier ministre et nous allons y travailler. D'ores et déjà des croisières sur des bateaux à petite jauge ont pu reprendre. On va regarder ce qui se fait chez nos voisins et imaginer avec les acteurs du secteur maritime comment avancer rapidement. Notre détermination est entière. Il faut être confiant. La France est un grand pays qui a toujours surmonté les épreuves. Et celle-là, on va la vaincre ensemble.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 octobre 2020