Interview de Mme Sarah El Haïry, chargée de la jeunesse et de l'engagement, à Sud Radio le 29 septembre 2020, sur les lieux de transmission du Covid-19 chez les jeunes (fêtes étudiantes, bars, universités...), le communautarisme et l'appel au lancement d'une convention citoyenne pour la jeunesse.

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Texte intégral

PATRICK ROGER 
Bonjour Sarah EL HAIRY. 

SARAH EL HAIRY
Bonjour.

PATRICK ROGER
Votre poste à la Jeunesse n'a sans doute jamais été autant au coeur de l'actualité avec cette recrudescence de l'épidémie dont les causes ciblent notamment les jeunes avec les fêtes étudiantes, les rencontres entre copains, copines dans les bars. Quel message vous faites passer aux jeunes ?

 SARAH EL HAIRY
Moi, notre jeunesse, je la vois comme elle est, et dans toute sa diversité, notre jeunesse, la jeunesse de France, ces visages, ils se sont mobilisés pendant le confinement, pendant le Covid, ils ont aidé nos grands-parents, ils ont été amener les repas, ils ont appelé, ils ont passé des coups de téléphone pour ne laisser personne tout seul, et lutter contre la solitude. Ça, c'est la jeunesse de France. Après, est-ce qu'il y a de temps en temps un peu de relâchement ? Oui, c'est vrai, mais comme pour tout le monde, ce sont des êtres humains, des êtres sociaux. Mais maintenant, en eux, en fait, ils ont cette énergie pour faire qu'on va passer le cap. La réponse de notre avenir, notre avenir dépend de leur capacité à eux à se mobiliser. Pour qui on fait tout ça, pour qui on se lève le matin, pour qui on fait tenir notre économie ? Eh bien, c'est pour notre jeunesse, et donc ce n'est pas juste des déclarations d'amour, ce sont des preuves d'amour. Et donc je dis à notre jeunesse : gardez le cap, gardez l'énergie, gardez…

PATRICK ROGER
Oui, mais est-ce que vous les appelez aussi à la responsabilité quand même, parce que certains disent : oui, ils ont des comportements parfois irresponsables, ils ne portent pas les masques dans les fêtes, un peu clandestines ou même dans les bars, etc, d'où la fermeture d'ailleurs de beaucoup… 

SARAH EL HAIRY
Ce n'est pas à cause d'eux, on ne va pas dire que…

PATRICK ROGER
Non, non, mais… 

SARAH EL HAIRY
Après, est-ce qu'il y a ici ou là un peu de relâchement pour certains ? Oui, mais comme pour tout le monde, comme pour tout le monde, est-ce que vivre avec ce virus, c'est quelque chose de naturel ? Eh bien, non. Est-ce que ça nous fait plaisir ? Eh bien, non. Ce n'est pas facile. Sauf que c'est notre seule solution, c'est notre seul outil pour continuer à vivre à peu près normalement. Et donc vivre avec ce virus, c'est finalement se dire : eh oui, ce matin, c'est plus compliqué, j'en ai un petit peu marre d'avoir ce masque, sauf que c'est la seule manière que j'ai pour me protéger moi, pour protéger les autres, pour continuer à aller à la fac, pour continuer à aller au travail, eh bien, finalement, c'est notre solution. Donc moi, je leur dis : allez, on garde le cap, on garde cette énergie, notre quotidien dépend vraiment de vous, donc les maintient…

PATRICK ROGER
Oui, mais alors, la fac, justement, il y a des amphis bondés, la rentrée universitaire pour certains peut être considérée comme une forme de bombe à retardement, est-ce qu'il n'aurait pas fallu privilégier, là, l'enseignement à distance, mettre des choses en place ? 

SARAH EL HAIRY
Vous savez, Frédérique VIDAL, la ministre en charge de l'Enseignement supérieur et de la recherche, a reçu juste la semaine dernière les présidents d'associations, les présidents d'universités pour faire évoluer la manière d'étudier et la manière de se déplacer dans l'université. Aujourd'hui, le plus important, c'est quoi, c'est que l'éducation, l'enseignement, ce n'est pas une variable, ce n'est pas une jauge, parce que là, on aurait dit quoi, on aurait dit : eh bien, cette jeunesse, c'est quoi cette génération qui ne peut pas apprendre, qui ne peut pas finalement se saisir de son destin, le plus dur, mais collectivement, je ne dis pas que c'est facile, pour vous, pour nous, pour les étudiants, pour nos jeunes, et même pour les moins jeunes, c'est de vivre avec ce virus, juste le cap nécessaire, dès qu'on l'aura dépassé, je pense qu'on retrouvera une vie beaucoup plus sympa, et là, on pourra profiter et relâcher tous les efforts.

PATRICK ROGER
Vous avez l'impression qu'il y en a certains qui veulent sacrifier la jeunesse pour sanctuariser les plus âgés, comme le disent certaines personnalités, Vincent LINDON en a parlé, bien sûr, mais beaucoup d'autres.

 SARAH EL HAIRY
Moi, je ne vois pas du tout ça, moi, je vois, au contraire, la capacité à dépasser cette période, c'est en étant uni, et finalement pourquoi on fait ça, parce qu'on aime nos grands-parents, parce qu'on aime nos arrières- grands-parents, parce qu'on n'a pas envie qu'il leur arrive quoi que ce soit. Et donc la seule manière de s'en sortir, c'est d'être uni, uni sur nos territoires, uni entre les générations, et c'est pour ça que j'ai gardé en tête cette image de jeunes qui ne connaissent pas en fait des personnes âgées et qui passent des coups de téléphone juste pour savoir si elles vont bien, eh bien, ça, c'est la beauté du visage de notre pays. Il n'y a pas de guerre de générations, loin de là.

PATRICK ROGER
Oui. Est-ce que vous seriez favorable, comme le réclame un collectif, à une Convention citoyenne pour la jeunesse sur le modèle de la Convention citoyenne pour le climat, pour réfléchir au monde de demain, au monde même d'aujourd'hui ? 

SARAH EL HAIRY
Ah, mais vous savez, tout ce qui permet de l'émulsion, de l'intelligence collective sont des sujets bienvenus, c'est des méthodes bienvenues, aujourd'hui, vous imaginez bien que se réunir, c'est un peu compliqué, mais dès le moment qu'on pourra retrouver ce poumon démocratique, ce visage de France qui fait qu'on débat, on imagine, on écrit, et en plus, le monde de demain, il est en train d'être inventé par notre jeunesse. Comment on mange, comment on s'habille, comment on consomme, tout ça…

PATRICK ROGER
Donc vous êtes favorable à une Convention citoyenne, vous allez l'organiser ou pas ? 

SARAH EL HAIRY
Ah, mais vous savez, moi, tout ce qui permet à notre jeunesse de se réunir, je vais donner un exemple très simple, la semaine dernière, il y avait le texte sur le CESE, eh bien, nous avons ouvert le droit pétitionner dès l'âge de 16 ans, parce que c'est finalement la manière qu'a notre jeunesse aussi de participer au débat démocratique, moi, je crois en cette capacité à créer, alors, oui…

PATRICK ROGER
Pétition à partir de l'âge de 16 ans, pas forcément droit de vote, est-ce que vous êtes favorable, vous, au droit de vote ?

 SARAH EL HAIRY
Tout à fait. Non, pas forcément, il se trouve qu'il va y avoir un débat…

PATRICK ROGER
Il y a une proposition… 

SARAH EL HAIRY
C'est pour ça, moi, personnellement, je pense que le sujet aujourd'hui, il est sur l'abstention entre 18 et 25 ans, vous savez, c'est 70 % de nos jeunes qui ne vont pas voter…

PATRICK ROGER
Donc vous êtes contre le droit de vote à 16 ans… 

SARAH EL HAIRY
Moi, je dis, vous savez, j'étais parlementaire…

PATRICK ROGER
Oui, oui… 

SARAH EL HAIRY
… le débat parlementaire va s'ouvrir…

PATRICK ROGER
Non, mais vous êtes ministre en charge de la Jeunesse et de l'engagement, et donc à titre personnel ? 

SARAH EL HAIRY
A titre personnel, je crois que le vrai combat, il est de lutter contre l'abstention entre 18 et 25 ans, je ne pense pas que la réponse, elle est au vote à 16 ans, cependant, il va y avoir un débat parlementaire, ce débat va être riche, et j'invite tout le monde à y participer, mais c'est bien les parlementaires qui décideront, je l'ai été et je tiens beaucoup trop à cette Assemblée, à cette Chambre pour donner un avis définitif, alors que le débat va s'ouvrir.

PATRICK ROGER
Est-ce que le service national universel a du plomb dans l'aile avec l'épidémie ? 

SARAH EL HAIRY
Eh bien, il ne s'organise pas comme on aurait voulu, ça, c'est clair, puisque notre séjour de cohésion d'octobre ne peut pas avoir lieu, sauf que le service national universel, c'est une de ces réponses qui va permettre à nos sociétés de faire nation, de retrouver ce sentiment d'appartenance, ce creuset républicain, et donc, parce que l'importance de ce projet est grande qu'on mettra toute l'énergie nécessaire, et en plus, c'est moi qui en suis la garante, donc je peux vous dire que j'y mets toute l'énergie.

PATRICK ROGER
Mais là, pour l'instant, il est suspendu ? 

SARAH EL HAIRY
Il n'est pas en stand-by, pas du tout, parce qu'il se trouve que dans quelques jours, va se tenir un séjour de cohésion en Nouvelle-Calédonie, il se trouve que chez eux, ce n'est pas rouge, et que la situation sanitaire le permet…

PATRICK ROGER
Oui, oui, mais non, sur le territoire, ici, de la métropole, c'est difficile pour l'instant ? 

SARAH EL HAIRY
Ah, mais vous savez que notre France est pleine de tous ses territoires. Donc sur la métropole, non, il y a eu des missions d'intérêt général, pas de séjour de cohésion, sauf que le séjour de cohésion est juste reporté.

PATRICK ROGER
Est-ce que ça peut être un outil dans le cadre de la lutte contre le séparatisme, Emmanuel MACRON doit se prononcer à la fin de la semaine ? 

SARAH EL HAIRY
Ah, mais j'en suis convaincue, plus qu'un outil, ça va être une sorte de colonne vertébrale, pourquoi, parce que c'est permettre à chaque jeune à l'âge de 16 ans de se rendre compte que notre pays, c'est une chance, notre pays, c'est un idéal, mais qu'il faut l'aimer, et pour l'aimer, il faut le comprendre et il faut participer, il faut trouver sa place. Et le séjour de cohésion du service national universel, ce n'est que la première étape, ensuite, il y a l'étape 2, où les jeunes s'engagent dans des associations, et après, l'objectif, il est où ? Eh bien, que chacun trouve son engagement, une société engagée, c'est une société résiliente, c'est une société qui est vivante, c'est une société qui ne subit pas, et donc, c'est une société qui peut être heureuse.

PATRICK ROGER
Alors deux mots sur les associations, justement, pour certains, c'est une porte d'entrée aussi pour le communautarisme, est-ce que vous avez les moyens de contrôler aujourd'hui ces associations, et est-ce que vous reconnaissez que ça existe bien ? 

SARAH EL HAIRY
Ah, mais moi, je fais partie de ceux qui disent : il ne faut pas mettre de poussière sous le tapis, oui, on a des problèmes, oui…

PATRICK ROGER
La ministre des Sports, elle, elle a minimisé en fait les choses… 

SARAH EL HAIRY
Bien sûr qu'on a des problèmes. Oui, on a des problèmes, et on a des problèmes dans toute notre société, est-ce qu'aujourd'hui, notre République, elle est grignotée, elle est en danger ? La réponse est oui, est-ce qu'on a des dérives communautaristes ? La réponse est oui. Par contre, il faut lutter…

PATRICK ROGER
Comment ? 

SARAH EL HAIRY
Voilà, comment, et si on est très honnête, plus que jamais, il y a des réponses qui sont fermes, aujourd'hui, il y a un projet de loi qui est en cours de préparation, il y a des enquêtes qui sont en cours, mais il y a aussi et surtout un projet de société sur lequel il faut se ressaisir, ne plus accepter, mais surtout dire, dénoncer, se saisir ; typiquement, ma collègue, ministre des Sports, hier, sur le club, qui était cité en particulier, a diligenté une enquête, je crois qu'il faut être intransigeant. Il y a une seule loi, la loi de la République, et partout…

PATRICK ROGER
Le projet de loi, c'est-à-dire, qu'est-ce qu'il pourrait y avoir comme propositions ? 

SARAH EL HAIRY
Ah, vous savez, le secret des discussions et de l'écriture et des projections…

PATRICK ROGER
Non, mais bon, vous, comme mesures fortes ? 

SARAH EL HAIRY
Aujourd'hui, il est trop tôt, la présentation du texte aura lieu en fin de semaine normalement, ou dans les semaines qui arrivent, en tout cas, il y aura une expression…

PATRICK ROGER
Vous avez été consultée, vous avez travaillé sur le sujet ? 

SARAH EL HAIRY
Nous avons tous travaillé, c'est une priorité du président de la République et du Premier ministre, nous avons tous travaillé et participé à…

PATRICK ROGER
Donc il y aura des mesures fortes qui vont concerner les associations et le contrôle, c'est ça, sur le communautarisme ? 

SARAH EL HAIRY
Vous savez, il y aura une réponse, puisque, aujourd'hui, il faut lutter contre les séparatismes, mais, moi, je suis attachée encore à un autre point, il y a : lutter contre les séparatismes et recréer de l'unité dans notre pays. Et c'est bien en allant sur les deux jambes qu'on réussira à retrouver un sentiment, oui, un sentiment d'appartenance, un sentiment de force, un sentiment d'unité, et là, on arrêtera de se diviser, et quand on n'est pas divisé, quand on est uni, notre pays, il est invincible, et je pèse mes mots. Mais pour ça, il ne faut pas avoir peur de lever le tapis, de regarder et de traiter tous les problèmes qu'on a dans notre société…

PATRICK ROGER
Pas de tabous en fait, c'est ce que vous dites ? 

SARAH EL HAIRY
Non, pas de tabous, je pense qu'il ne faut pas en avoir, au contraire, il faut nommer les choses.

PATRICK ROGER 
Sarah EL HAIRY, vous êtes en charge donc de la Jeunesse et de l'engagement, dans le cadre de vos attributions, vous avez aussi donc la vie associative justement, les associations, là aujourd'hui, elles sont mises à mal évidemment par la crise du Covid, vous avez obtenu 100 millions d'euros, comment vous allez les utiliser ? 

SARAH EL HAIRY
100 millions d'euros en plus des 100 milliards du plan de relance. Les associations, elles ont été…

PATRICK ROGER
On se demande d'ailleurs d'où vient l'argent, mais enfin, bon… 

SARAH EL HAIRY
Ah, mais je peux vous le dire, vous savez, il y a…

PATRICK ROGER
Oui, oui, les 100 millions d'euros, là… 

SARAH EL HAIRY
Moi, je considère qu'il y a un seul argent, c'est notre argent, c'est l'argent des Français, quel que soit… d'où il vient, quel qui soit, qui signe le chèque en bas du chéquier, peu importe, c'est l'argent des Français, c'est l'argent de notre pays. Aujourd'hui, concrètement, nos associations, elles ont été bousculées financièrement et humainement pendant la crise, mais elles ont été à la hauteur, moi, je salue l'énergie de nos bénévoles, notre pays, il n'aurait même pas…

PATRICK ROGER
Mais là, aujourd'hui, elles sont vraiment en danger… 

SARAH EL HAIRY
Oui, oui, bien sûr…

PATRICK ROGER
Dans cette reprise, parce que beaucoup de gens ne viennent pas… 

SARAH EL HAIRY
Et c'est pour ça qu'il faut se saisisse, mais il y a deux réponses, elles sont en danger, parce qu'il y a une partie de nos bénévoles qui sont plutôt âgés, et donc du coup, ils ne peuvent pas participer à l'effort, et là, il faut des réponses humaines, ça veut dire, c'est 100.000 services civiques, c'est-à-dire 100.000 missions, c'est-à-dire 100.000 jeunes, ça veut dire 100.000 énergies supplémentaires, c'est aussi ce qu'on appelle, de manière un peu barbare, des emplois FONJEP, en fait, c'est des emplois associatifs où pendant 3 ans, en fait, l'Etat met 7.000 euros par an, c'est pour soutenir l'emploi associatif, ça, c'est de l'apport humain. Et ensuite, il y a aussi des besoins en apport financier, là, ça va être les 100 millions, c'est quoi, c'est des prêts à taux zéro, parce que, moi, j'ai eu à demander des fois des prêts pour mon association, je suis militante associative à la base, eh bien, des fois, les banques, elles ne vous regardent pas d'un regard toujours hyper bienveillant ou hyper…

PATRICK ROGER
Elles ne sont pas prioritaires aujourd'hui… 

SARAH EL HAIRY
Non, et puis, aujourd'hui, une partie du monde bancaire ne connaît pas le milieu associatif, eh bien, moi, je réponds très simplement, aujourd'hui, France Active va mettre en place 40 millions d'euros d'argent disponible pour que nos associations aient des prêts jusqu'à 30.000 euros à taux zéro, voilà la réponse concrète que je voulais, parce que des fois, il faut juste payer un mois de loyer en retard, il faut payer un peu de charges, mais il faut de la trésorerie, et cette trésorerie, elle est nécessaire, ensuite, juste un dernier point qui est sur plutôt les 45 millions d'euros, donc c'est des grandes sommes, pourquoi, c'est du titre associatif, c'est pour permettre des grandes transformations, et ça veut dire quoi concrètement, ça veut dire que demain, on peut créer un titre associatif, c'est comme une action, mais ça s'appelle une obligation, et c'est la CAISSE DES DEPOTS ET DES CONSIGNATIONS qui le rachète, et ça vous permet d'avoir des fonds propres pour que quand vous avez des fonds propres, vous pouvez prendre un prêt, parce que la banque, elle voit que vous avez de l'argent de côté.


PATRICK ROGER
Une ouverture des minima sociaux aux moins de 25 ans, comme le réclame la gauche, c'est jouable ou pas ? 

SARAH EL HAIRY
Eh bien, en fait, moi, j'ai juste envie de dire : ça existe déjà, et j'ai même mieux que ça, mieux que le RSA, moi, j'ai la Garantie Jeunes, la Garantie Jeunes, c'est 150.000 jeunes accompagnés aujourd'hui, ça a été augmenté, et en plus, par rapport au RSA, vous savez c'est quoi la différence ? C'est que le jeune, il est accompagné, c'est que quand il arrive, eh bien, il n'est pas tout seul, c'est la même somme, c'est 490 euros pour un jeune, sauf qu'il s'engage…

PATRICK ROGER
A partir de quel âge ? 

SARAH EL HAIRY
16 ans, c'est même plus tôt, c'est entre 16 et 25 ans. Donc on ne laisse personne sur le bas-côté de la route, mais on n'abandonne pas notre jeune, parce que quand vous êtes en Garantie Jeunes, eh bien, il y a des gens qui se préoccupent de vous, vous avez des ateliers collectifs avec d'autres jeunes, on lutte contre la solitude, et surtout, on vous dit : votre avenir, il dépend vous, vous n'êtes pas tout seul, vous pouvez reprendre des études, il y a plein de choses, et donc, moi, je leur dis, s'il y a des jeunes qui ont besoin, s'ils sont dans la dans la galère, et ça peut exister, allez voir vos Missions locales, il y a des choses pour vous. 

PATRICK ROGER 
Sarah EL HAIRY, question avec Cécile de MENIBUS. Cécile.

CECILE DE MENIBUS
Eh bien, justement, puisque vous vous occupez de la jeunesse, pour lutter contre la délinquance juvénile, est-ce qu'il faut penser à un couvre-feu pour protéger justement les adolescents ?

 SARAH EL HAIRY
Moi, je crois que pour lutter contre les délinquances ou les violences, non, ce n'est pas aussi radical, je crois qu'il faut revenir aux essentiels, revenir à des… vous savez, quand on casse, on répare, quand on détruit, eh bien, on paye, mais on s'engage, moi, je suis plutôt pour cette lecture des travaux d'intérêt général, je suis pour le retour d'une éducation au civisme plus forte…

CECILE DE MENIBUS
Oui, mais il y a des parents qui n'arrivent plus à gérer leurs enfants, et des enfants de 14 ans, de 7 ans, de 8 ans dans la rue après 22h. 

SARAH EL HAIRY
Quand un enfant est dans la rue après 22h, il faut se poser des questions quand même quand il a 7 ans, parce qu'il y a un vrai sujet, et donc à ce moment-là, c'est la responsabilité des parents, moi je ne déresponsabilise personne, quand vous avez un enfant de 7 ans, c'est les parents qui en ont la responsabilité et la charge. Les expressions de violences, elles doivent être punies, mais pour que la punition, elle soit claire et explicite pour le jeune, il y a l'éducation et il y a les travaux d'intérêts généraux…

CECILE DE MENIBUS
Donc ça veut dire, il faut punir les parents ? 
SARAH EL HAIRY
Non, ce que je dis, de manière très claire, c'est que les parents ont une responsabilité, si les parents ne sont pas en capacité d'accompagner leur enfant, alors c'est la responsabilité de la société, mais comment on accompagne cet enfant, on l'accompagne avec des punitions claires, et là, je parle quand il est condamné, de travaux d'intérêts généraux, parce que je trouve que c'est concret, c'est efficace et c'est immédiat, à côté de ça, il y a des centres, quand les parents sont défaillants, à ce moment-là, c'est la société qui prend en charge les enfants. Mais les deux vont de pair. Ensuite, il y a tout l'apprentissage de la citoyenneté, du civisme qui se fait à l'école, qui se fait dans nos associations et qui se fait dans notre société.

PATRICK ROGER 
Merci Sarah EL HAIRY, secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'engagement, était l'invitée ce matin de Sud Radio.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 octobre 2020