Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à LCI le 26 octobre 2020, sur le protocole sanitaire en entreprise et l'appel à encourager le télétravail.

Prononcé le

Texte intégral

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ministre du Travail, c'est votre fonction aujourd'hui. On va parler d'un rendez-vous qui aura lieu à Matignon à 9h00 avec les partenaires sociaux mais peut-être avant 52 000 cas de contamination hier, un record et vous l'entendez comme nous, tout le monde se dit, le confinement est inévitable. Est-ce que vous partagez ce sentiment Elisabeth BORNE ?

ELISABETH BORNE
D'abord c'est vrai que la situation est préoccupante et qu'il faut absolument tout faire pour casser la dynamique de cette épidémie, c'est bien pour ça qu'on a mis en place un couvre-feu, qu'on a étendu la semaine dernière. Il faudra aussi que chacun soit attentif au rôle qu'il peut jouer pour éviter la propagation de l'épidémie. Ensuite on n'exclut rien mais vous avez compris qu'on souhaite éviter un reconfinement général et qu'en tout cas on veut trouver un bonnet équilibre entre la protection de la santé des Français et puis la poursuite de l'activité économique, éducative, culturelle. Et moi je voudrais rappeler qu'en entreprise on a mis en place des protocoles sanitaires très strictes depuis le 1er septembre, on a non seulement tous les gestes barrières qui existaient déjà mais en plus le port du masque systématique quand on est dans des espaces de travail partagés. Ce protocole il est efficace, toutes les entreprises qui l'appliquent nous disent qu'il n'y a pas de chaîne de contamination et non seulement elles nous le disent mais on le voit. Et puis par ailleurs il est très bien appliqué puisque sur les près de 55000 interventions de l'inspection du travail depuis le déconfinement, on a eu un peu plus de  300 mises en demeure d'entreprises qui ne le respectaient pas.

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que le problème, ça n'est pas puisque les gens vont au travail, les transports en commun, et est-ce que du coup dans la période très difficile que nous connaissons aujourd'hui, 52 000 contaminations de tout de même, un chiffre record et c'est sans doute un chiffre, un record qui sera battu, est-ce que le télétravail ne doit pas être aujourd'hui encouragé encore davantage qu'il ne l'est ?

ELISABETH BORNE
Alors le télétravail il est encouragé, vous savez que depuis lundi dernier le protocole a été modifié en demandant à chaque entreprise de définir un nombre minimum de jours de télétravail par semaine pour tous les postes qui lui permettent. Moi je pense qu'il faut être, enfin il faut savoir que les entreprises ont beaucoup bougé sur ce sujet, on était à moins de 5 % de salariés en télétravail en 2019, on vient d'avoir les chiffres sur le mois de septembre, donc ça date un peu, mais au mois de septembre on avait 12 % des heures de travail qui étaient télétravaillées, ce qui représente à peu près de 30 % des salariés sur la base de 2 jours par semaine. Et puis ça confirme l'enquête que moi, enfin que mon ministère mené la semaine dernière qui montre que près de 50 %, plus de 50 % des salariés dans les zones où le virus circule beaucoup donc celles qui sont maintenant en couvre-feu avaient télétravaillé la semaine précédente, pour près de 60 %, 2 à 3 jours par semaine. Donc vraiment on encourage les entreprises dans le dialogue social de proximité, en entreprise donc, à développer autant que possible le télétravail.

JEAN-MICHEL APHATIE
12% de télétravail.

ELISABETH BORNE
12 % des heures, ça veut dire 30 % des salariés, ça c'était en septembre.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il faut aller plus loin, il faut en faire plus ?

ELISABETH BORNE
Vraiment les messages qu'on passe et sur octobre à peu près 50 % des salariés dans les zones où le virus circule activement étaient en télétravail, il faut effectivement soutenir le télétravail. Il faut aussi être attentif à l'équilibre qu'il faut avoir parce qu'il faut aussi garder le collectif de travail et puis faire attention à ce qu'il n'y ait pas des salariés qui aient des problèmes psychologiques liés à l'isolement. Mais en tout cas c'est effectivement une réponse notamment pour éviter des contacts autour des lieux de travail, on sait que c'est aussi au café, au restaurant.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les transports en commun, non ? On entend beaucoup de gens dire, transports en commun vraiment les gens entassés les uns sur les autres.

ELISABETH BORNE
Vous savez moi je prends les transports en commun et je vois que les gens…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous les prenez ces jours-ci ?

ELISABETH BORNE
Que les gens, pas ce matin, je les prends ce week-end par exemple et je vois que les gens portent très bien le masque, mais en tout cas si on peut réduire les interactions, je pense que c'est effectivement important et il faut le faire et le travail, le télétravail peut le permettre.

JEAN-MICHEL APHATIE
On peut vous croiser dans le métro ou le bus alors.

ELISABETH BORNE
Ça peut arriver.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça peut arriver donc avec le masque, peut-être qu'on ne vous reconnait pas. Vous avez chargé d'application « Tous contre le Covid » ?

ELISABETH BORNE
Absolument je vous confirme.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y a des bons élèves au gouvernement.

ELISABETH BORNE
Voilà moi je l'ai déchargé, il y a beaucoup d'informations intéressantes au-delà du rôle que ça peut jouer pour savoir si on a été en contact avec une personne qui est effectivement un cas confirmé.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous recevez à 9h00 à l'hôtel Matignon, avec vous aussi à Bruno LE MAIRE notamment ministre de l'Economie et donc Jean CASTEX présidera une réunion à Matignon à partir de 9h00, une conférence sur le dialogue social, c'est la 2e réunion. Quand il était arrivé à Matignon début juillet Jean CASTEX avait tenu à réunir les partenaires sociaux, c'était le 17 juillet, au fond c'était une période optimiste lui et les partenaires sociaux, le gouvernement et les partenaires sociaux pensaient qu'il y aurait beaucoup de choses à discuter, là aujourd'hui le climat est un peu changé, on ne comprend pas bien à quoi ça sert cette réunion aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
Alors écoutez cette conférence de dialogue social, c'est un rendez-vous régulier que le Premier ministre a voulu effectivement dès sa nomination avec les organisations syndicales et les organisations patronales, d'abord ça montre l'importance que le gouvernement accorde au dialogue social dans les circonstances mais a fortiori dans la situation actuelle.

JEAN-MICHEL APHATIE
On ne voit pas bien ce qu'il y a à discuter, là on est dans une crise épouvantable.

ELISABETH BORNE
Ecoutez, je pense que c'est important que les Français voient que dans la crise inédite que l'on traverse, on peut se mettre tous autour de la table, pour trouver les meilleures réponses et on pourra notamment partager ce qui a avancé depuis juillet, par exemple le plan « un jeune une solution » pour qu'aucun jeune ne reste sur le bord de la route. C'est un plan massif, 6,7 milliards d'euros pour accompagner tous les jeunes qui arrivent sur le marché du travail pour qu'ils aient une formation, un accompagnement ou un emploi.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça représente 700 000 jeune à peu près chaque année.

ELISABETH BORNE
Et ça marche, ce plan il marche, oui c'est 700 000 jeunes. Vous savez que sur le mois d'août et septembre alors qu'on aurait pu penser qu'on allait avoir un effondrement des embauches de jeunes, on voit au contraire qu'on est en légère hausse, c'est modeste 1,3 % mais c'est près de 700 000 embauches de jeunes en CDD de plus de 3 mois ou en CDI. Et moi vous voyez, je pense que c'est important dans le contexte qu'on a actuellement et avec en plus les semaines qui viennent qui s'annoncent compliquées, d'être rassuré sur le fait que 700 000 jeunes ont un CDD de plus de 3 mois ou un CDI.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce que vous décrivez là, Elisabeth BORNE, c'est l'action des pouvoirs publics vis-à-vis d'une catégorie de population, mais là il n'y a pas de débat, tout le monde est d'accord, ce n'est pas de cela que vous allez discuter autour de la table ce matin.

ELISABETH BORNE
Non mais ce plan jeune, on l'a mis au point avec les partenaires sociaux, on pourra aussi discuter de l'activité partielle de longue durée, vous savez c'est que le dispositif qu'on met en place pour protéger les emplois dans les entreprises quand l'activité baisse pour permettre de garder le maximum de salariés en partageant l'activité, en formant les salariés, là aussi c'est un dispositif dont les branches et les entreprises se saisissent. On a plus de 3500 entreprises qui ont des accords d'activité partielle, ça représente 200 000 emplois protégés, c'est des dispositifs qui ont été élaborées avec les partenaires sociaux ou encore je pourrais parler du dispositif dont on a discuté ces dernières semaines pour les reconversions de salariés, on sait qu'on a des secteurs qui sont en baisse d'activité, qui vont l'être durablement et on a au contraire d'autres secteurs qui recrutent. On souhaite pouvoir accompagner les salariés qui le veulent pour passer de l'entreprise qui est en difficulté vers l'entreprise qui recrute et l'Etat pourra prendre en charge la rémunération du salarié qui veut faire une formation pour aller vers un nouveau métier, donc prendre en charge la rémunération et la formation des salariés avec les entreprises.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous aidez là les salariés et on imagine que ça, ça fait consensus auprès des partenaires sociaux. Il y a d'autres questions qui ne font pas consensus ?

ELISABETH BORNE
Oui je vous confirme. On pourra évoquer l'assurance chômage.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors on va en parler, les 5 syndicats CGT, CFDT, CFTC, CGC, Force Ouvrière ont écrit le 14 octobre une lettre tous ensemble, c'est inédit parce que en général ils ne sont d'accord sur rien, là il était d'accord sur plusieurs choses. Alors trois petits problèmes rapidement évoqués, d'abord ils demandent une revalorisation salariale, qu'est-ce que vous allez leur répondre ce matin, des salariés de 2e ligne, c'est-à-dire les caissières et les chauffeurs routiers, les éboueurs enfin tous ces gens dont on constate dans la crise que eux ne peuvent pas s'arrêter , que s'il y a des au confinement ça ne les concerne pas et ils demandent une revalorisation salariale, ce sont souvent des salariés du secteur privé, parfois des salariés de municipalités, qu'est-ce que vous pouvez répondre aux syndicats ?

ELISABETH BORNE
Ils nous demandent nous occuper des salariés de la 2e ligne et on aura l'occasion d'échanger avec eux sur la méthode qu'on va pouvoir retenir pour justement identifier les situations.

JEAN-MICHEL APHATIE
On les connaît les situations, les caissières de supermarché on en parle depuis des mois.

ELISABETH BORNE
Oui écoutez, je pense que c'est important déjà qu'on se mette d'accord sur le diagnostic et on pourra partager avec eux la méthode qu'on leur propose pour répondre à ces salariés de la 2e ligne.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc pas d'annonce aujourd'hui.

ELISABETH BORNE
On lance le travail sur ce sujet.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous lancez le travail parce que l'identification des personnels concernés, je pense qu'elle est faite depuis un petit moment.

ELISABETH BORNE
Je pense que ça peut faire débat et donc on aura l'occasion de partager la méthode avec les organisations syndicales et patronales.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les syndicats vous demandent d'annuler, d'abandonner la réforme sur l'assurance-chômage.

ELISABETH BORNE
Ecoutez le gouvernement souhaite mener à bien cette réforme parce que ces objectifs, ils restent tout à fait pertinents. Il s'agit d'encourager les entreprises à avoir des contrats de meilleure qualité…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais… il y a une unanimité là.

ELISABETH BORNE
Moi je vous dis que le gouvernement reste convaincu que les objectifs sont bons, encourager à avoir des emplois de meilleure qualité, alors qu'on est les champions d'Europe des contrats de courte durée et que c'est très pénalisant dans la crise actuelle et s'assurer qu'on a toujours intérêt, on est toujours mieux rémunérés quand on est en activité que quand on est demandeur d'emploi. Mais on doit évidemment tenir compte du contexte et on aura l'occasion de se parler aussi de ce chantier avec les partenaires sociaux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Tenir compte du contexte, ça veut dire que la réforme pourrait être repoussée ?

ELISABETH BORNE
On aura l'occasion d'en parler avec les partenaires sociaux tout à l'heure.

JEAN-MICHEL APHATIE
Moi j'en déduis que tenir compte du contexte, ça veut dire qu'on regardera. Et puis la réforme des retraites, alors là même dans la presse ce matin, même des organisations patronales le disent, non ça il faut arrêter, c'est vraiment pas le moment, voilà on n'a pas la tête à ça. Il faut abandonner la réforme des retraites ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez là aussi c'est une réforme à laquelle le gouvernement et le président de la République restent attachés, dans notre agenda on devait s'en parler à partir de la fin de cette année. On a des sujets importants qu'on peut ouvrir avant notamment la question du travail des seniors, vous savez qu'il y a beaucoup de personnes qui à la fin de leur activité ne sont plus en situation de travailler et c'est effectivement quelque chose auquel il faut s'attaquer, en tout cas on a ce chantier du travail des seniors sur lequel on souhaite avancer avec les partenaires sociaux.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les régimes spéciaux, tout ça, il y a beaucoup de choses dans la réforme des retraites.

ELISABETH BORNE
Voilà.

JEAN-MICHEL APHATIE
La réforme des retraites, vous allez la faire l'année prochaine.

ELISABETH BORNE
Ce que je suis en train de vous dire, c'est qu'on s'était dit qu'on voulait d'ici la fin de l'année reprendre les discussions, donc c'est pas un sujet immédiat, dans l'immédiat on a déjà beaucoup de chantiers, ceux que j'ai mentionnés, la reconversion des salariés, l'emploi des jeunes, protéger des entreprises avec l'activité partielle de longue durée, ouvrir ce dossier des salariés de la 2e ligne, parler aussi du partage de la valeur et donc c'est tous ces sujets qu'on pourra évoquer tout à l'heure.

JEAN-MICHEL APHATIE
Enfin dans la crise actuelle on a l'impression que pas grand-chose va avancer.

ELISABETH BORNE
Il faut qu'il y ait des choses qui avancent.

JEAN-MICHEL APHATIE
On s'interroge sur l'utilité de telles rencontres et de l'image que quelque chose qui peut apporter des solutions…

ELISABETH BORNE
Franchement je pense que c'est très important quand on est dans une crise comme celle qu'on traverse au contraire d'échanger avec les partenaires sociaux et de construire les réponses à la crise avec eux et c'est un des objectifs de la conférence sociale qui s'ouvre tout à l'heure.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les crises s'additionnent, nous sommes aussi en face de violences insupportables dénoncées par le président de la République mercredi à la Sorbonne, dans ce contexte un débat se noue autour de l'immigration, vous ministre du Travail, Elisabeth BORNE, qu'est-ce que vous pensez du regroupement familial, est-ce qu'il faut le poursuivre tel qu'il existe ou est-ce qu'il faut réfléchir puisque le regroupement familial est lié pour partie au travail des étrangers qui viennent en France ou est-ce qu'il faut modifier ses législations pour faire face aux problèmes que nous connaissons ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez je pense qu'il ne faut pas mélanger tous les débats, je pense qu'on souhaite mener le combat contre l'islamisme radical, contre le terrorisme et il faut quand même se garder de tous ces amalgames, on est vraiment déterminés à, voilà à s'attaquer à cet islamisme radical et c'est le sujet du moment.

JEAN-MICHEL APHATIE
L'islamisme radical c'est une chose, le regroupement familial…

ELISABETH BORNE
Oui je pense qu'il faut leur éviter de le confondre avec d'autres sujets.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui est mis en question par beaucoup d'acteurs aujourd'hui…

ELISABETH BORNE
Oui mais je pense qu'on peut vouloir aussi faire de la confusion.

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que vous avez une opinion vous sur la question ?

ELISABETH BORNE
Vous savez la plupart des actes terroristes qui ont été commis ces dernières années l'ont été par des gens qui avaient la nationalité française Et le terroriste qui a tué de façon effroyable ce professeur était en France depuis longtemps, depuis 13 ans je crois, donc je pense qu'il ne faut pas mélanger non plus tous les débats.

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, il ne s'agit pas de les mélanger, il s'agit de répondre aux questions qui se posent.

ELISABETH BORNE
Les questions qui se posent, c'est de lutter contre l'islamisme radical et de prévenir encore plus fortement le terrorisme.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc le regroupement familial qui est lié aux situations de travailleurs étrangers qui régulièrement viennent travailler en France ne doit pas être révisé à votre avis ?

ELISABETH BORNE
Vous savez qu'il n'y a plus d'immigration pour venir travailler en France, donc je pense que c'est des sujets.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y a des étrangers qui rentrent chaque année pour travailler en France.

ELISABETH BORNE
Il y a des étrangers notamment des demandeurs d'asile qui rentrent en France.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et les demandeurs d'asile en plus.

ELISABETH BORNE
Mais je pense qu'il faut éviter de mélanger tous les sujets ? En tout cas l'objectif du gouvernement c'est bien de lutter encore plus fortement contre l'islamisme radical et puis de défendre nos valeurs et c'est bien ce qu'on est déterminé à faire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un autre débat montre l'interdiction du voile dans l'espace public, quelle est votre opinion, Elisabeth BORNE ?

ELISABETH BORNE
Je pense qu'on est une République laïque, une République laïque ça veut dire une République dans laquelle on est libre de croire ou de ne pas croire, là encore il ne faut pas faire, voilà des assimilations qui n'ont rien à voir entre la laïcité qui impose un principe de neutralité pour les agents publics et puis la liberté aussi d'avoir sa religion. Vous voyez on peut aussi dire qu'il y a plus de prêtres en soutane dans l'espace public, je pense qu'on voit bien qu'on est sur des débats qui n'ont rien à voir et qu'il faut garder l'équilibre de notre République laïque telle qu'elle est prévue par la loi.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc vous n'êtes pas favorable à l'interdiction du voile.

ELISABETH BORNE
Non mais Je vous confirme que je ne suis pas favorable, comme je pense que ça n'est pas la loi, la loi c'est effectivement la neutralité des agents du service public et c'est la liberté de croire ou de ne pas croire pour tout le monde.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais la loi ça se garde ou ça se modifie.

ELISABETH BORNE
Ce sont des équilibres vous savez qui sont construit dans la durée et qu'on ne peut pas bouger comme ça, voilà sur une impulsion du moment.

JEAN-MICHEL APHATIE
Merci Elisabeth BORNE, ministre du Travail d'avoir accepté l'invitation de LCI et donc vous allez maintenant à Matignon pour cette rencontre avec les partenaires sociaux. Bonne journée.

ELISABETH BORNE
Je confirme, merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 octobre 2020