Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à BFMTV le 17 novembre 2020, sur le point de situation sur la lutte contre le COVID-19.

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Intervenant(s) :

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité exceptionnel ce matin, Olivier VERAN, ministre de la Santé et de la solidarité. Olivier VERAN, bonjour.

OLIVIER VERAN
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je donne la date, parce qu'elle est importante, nous sommes le 17 novembre, Covid-19, faisons le point, deuxième vague de l'épidémie, où est-on ce matin ?

OLIVIER VERAN
Où en est-on, eh bien, écoutez, il y avait, il y a encore dans notre pays environ 30.000 nouvelles contaminations par jour, en moyenne, ça veut dire que le virus circule, et qu'il circule activement. Il y a en moyenne 2.000 admissions à l'hôpital par jour, du fait des formes graves de Covid…

JEAN-JACQUES BOURDIN
2.065, le dernier chiffre…

OLIVIER VERAN
Oui, plusieurs centaines de malades encore admis en réanimation chaque jour dans nos hôpitaux et plusieurs centaines de morts. Donc le constat, il est que nous sommes toujours en phase de circulation très active du virus dans l'ensemble du pays. Le deuxième constat, c'est que malgré cette circulation très active du virus, elle est un petit peu moins rapide que les jours qui ont précédé la mise en place du couvre-feu et du confinement, c'est-à-dire que ce qui a changé depuis 15 jours, c'est que nous étions en phase de croissance de l'épidémie, et qu'aujourd'hui, nous sommes en phase de décroissance de l'épidémie, mais à un niveau de circulation…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous avons commencé la décroissance ?

OLIVIER VERAN
Nous avons commencé la décroissance de l'épidémie, cela fait bientôt deux semaines qu'il y a moins de nouvelles contaminations chaque jour que les jours précédents, ce qui est une bonne chose, ce que nous avons connu au printemps, mais je le dis tout de suite, ça ne veut pas dire que nous avons vaincu le virus ou que l'épidémie serait terminée. Ça veut dire que nous sommes toujours en phase de circulation active importante du virus, mais que nous sommes, mais que nous sommes en train de reprendre le contrôle sur la dynamique de l'épidémie, ça veut dire que les mesures qui ont été actées par le gouvernement fonctionnent, ça veut dire que la solidarité et le courage, l'abnégation, j'allais dire, dont font preuve les Français depuis plusieurs semaines, est en train de payer, et qu'il est urgent de poursuivre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire, Olivier VERAN, que le pic épidémique est passé ?

OLIVIER VERAN
Ça veut dire que, un pic épidémique, en tout cas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un pic…

OLIVIER VERAN
Vous savez, je reste prudent, parce que si nous relâchions nos efforts par exemple trop tôt, ce que le gouvernement ne souhaite pas et ce que les Français ne souhaitent pas, mais imaginez qu'il y ait un relâchement collectif des efforts, un moindre respect du confinement, eh bien, alors, nous ne serions pas à l'abri d'une nouvelle flambée épidémique qui emporterait tous les efforts que les Français ont réalisés depuis plusieurs semaines.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le 28 octobre, dernier Emmanuel MACRON disait : mi-novembre, il y aura 9.000 patients en réanimation, on est à 4.903 aujourd'hui, vous avez dit : le 5 novembre, il y aura 7.000 patients en réanimation. Est-ce que vous aviez exagéré les chiffres pour faire avaler, si je puis dire, passez-moi l'expression, les mesures aux Français, les mesures de confinement ?

OLIVIER VERAN
Permettez-moi de corriger vos chiffres…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ou non ? Bon, allez-y !

OLIVIER VERAN
Bien, il y a 3.500 patients atteints de Covid en réanimation, 3.300 patients admis en réanimation pour d'autres motifs que le Covid, et près de 2.000 patients atteints de Covid dans les soins intensifs qui ont été transformés en réanimation. Si vous faites le calcul avec moi, nous sommes à date à environ 8.300, 8.400 malades en réanimation, 8.300 à 8.400 malades en réanimation, c'est-à-dire plus de 140 % de nos capacités initiales de réanimation. Donc les prévisions et les modalisations, vous vous souvenez, j'avais présenté des courbes déjà, il y a deux mois, aux Français, en leur disant : voilà ce qui va se passer si nous ne prenons pas le contrôle sur le virus. Et notre objectif, c'est de faire mentir ces modèles, c'est de faire mentir ces courbes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, je me souviens…

OLIVIER VERAN
En l'occurrence, la charge sanitaire est extrêmement élevée dans notre pays, extrêmement élevée, il y a plus de malades à l'hôpital pour Covid que lors de la première vague, il y a un peu moins de réanimations, mais on y reviendra si vous le souhaitez, parce que nous avons transformé les prises en charge, transformé le fonctionnement hospitalier, nous nous appuyons davantage sur la médecine de ville, et parce que les effets du couvre-feu ont aussi été perceptibles dans la dynamique épidémique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, on va parler des traitements, on va parler des vaccins évidemment, la politique vaccinale de la France, quelle sera cette politique, le confinement va-t-il durer jusqu'à la fin de l'année 2020 ?

OLIVIER VERAN
Je ne peux pas vous donner de date de fin du confinement, ce que je peux vous dire, c'est que nous souhaitons, 1°) : retrouver un niveau de circulation du virus compatible avec une pleine reprise en main de la gestion de l'épidémie, c'est-à-dire que nous soyons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
5.000 contaminations par jour, disait Emmanuel MACRON, je me souviens…

OLIVIER VERAN
Nous sommes en train de développer des nouvelles capacités de contacts tracing pour faire en sorte d'être capables de casser les chaînes de contamination. De quoi on parle finalement, si le virus circule beaucoup et que vous avez des milliers et des milliers et des milliers de Français qui sont contaminés aux quatre coins du pays tous les jours, vous avez beau faire des appels à ces Français, essayer de trouver tous les contacts qu'ils ont pu avoir pour essayer d'isoler tout le monde et d'éviter que la contamination ne s'étende, c'est très difficile, plus vous avez un niveau de contamination au quotidien qui est faible, plus vous arrivez, plus vous êtes efficace dans votre capacité à casser des chaînes de contamination avant qu'elles ne s'étendent. Ça, c'est le premier paramètre. Et le deuxième paramètre, qui est aussi important, qui est aussi important, c'est la charge sanitaire pour nos hôpitaux, c'est-à-dire que quand on a plus de 8.000 malades qui sont entre la réa et les soins intensifs transformés, comme c'est le cas aujourd'hui dans notre pays, ça veut dire que vous êtes obligé d'avoir des soins qui sont déprogrammées, vous êtes obligé de rappeler des patients qui devaient être opérés pour une prothèse de hanche, qui souffrent le martyre pour leur dire : on ne peut pas vous opérer maintenant, on vous rappellera dans quelques semaines, ça veut dire que vous mettez en tension toute la filière de soins hospitalière, que vous utilisez toutes les ressources humaines, que vous empêchez les départs en vacances pour des soignants, et que vous êtes en permanence sur le fil. Aujourd'hui, elle est là, la réalité dans notre pays, elle est là, et les hôpitaux font face avec encore une fois énormément de courage, énormément de force et d'efficacité. Donc nous devons faire baisser cette pression sanitaire, et nous devons reprendre pleinement le contrôle sur les chaînes de contamination du virus. Là, nous aurons, dans ce cas-là, gagné, nous aurons gagné sur cette deuxième vague, nous n'aurons pas encore gagné l'épidémie, puisque, vous le savez, le virus continuera de circuler, même à bas bruit.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc le confinement, nous ne savons pas, vous ne savez pas jusqu'à quand va durer ce confinement, on est bien d'accord, est-ce qu'il pourrait durer jusqu'à Noël ?

OLIVIER VERAN
Ce que nous voulons très clairement, c'est permettre évidemment aux Français de passer des fêtes de Noël, des fêtes du Nouvel An, des vacances…

JEAN-JACQUES BOURDIN
En famille ?

OLIVIER VERAN
Evidemment, c'est important la famille.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En famille, ça veut dire quoi en famille, ça veut dire des déplacements possibles ?

OLIVIER VERAN
Je vais vous dire, Jean-Jacques BOURDIN, mes parents m'ont appelé, parce que mes parents sont des Français et ils se posent la même question que les Français, et ils ont parfaitement raison, et ils m'ont dit : mon petit, est-ce qu'on a une chance de te voir à Noël, et comment est-ce qu'on commence à s'organiser, donc les questions que se posent les Français, toutes les familles françaises se les posent, et la mienne y compris, je leur ai dit, et je leur fais la même réponse que celle que je fais aux Français aujourd'hui devant vous, évidemment, je souhaite de tout coeur pouvoir être avec vous à Noël, voir rassemblés les frères et soeurs autour de la table, je ne peux pas vous promettre, je ne peux pas vous promettre aujourd'hui que nous pourrons être rassemblés tous ensemble à n'importe quel endroit du pays, mais je le souhaite ardemment, et ensuite, je peux vous promettre une chose, c'est que, forcément, nous devrons faire très attention, quelles que soient les conditions dans lesquelles nous nous réunirons, nous devrons faire attention, ça ne veut pas dire nécessairement ne pas partager un repas, mais ça veut dire que nous garderons les gestes barrières, que nous ferons attention les uns aux autres, et que nous serons vigilants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire qu'il est possible que le certificat de circulation dure jusqu'à la fin de l'année 2020, qu'on soit obligé de montrer un certificat de circulation, une autorisation, jusqu'à la fin de l'année 2020 ?

OLIVIER VERAN
Ça veut dire que si j'avais la réponse à la question que vous posez, bien qu'elle soit parfaitement légitime, c'est que je serais doté de capacités de voir dans l'avenir, or, je crois que toutes celles et ceux qui se sont succédé sur votre plateau prétendant être capables de voir dans l'avenir se sont plantés, donc moi, je préfère donner des réponses fermes aux Français, ma réponse ferme aujourd'hui, c'est : c'est en train d'aller mieux, vos efforts sont en train de payer, il ne faut surtout pas les arrêter, il ne faut surtout pas changer de cap, nous l'avons fait au printemps, oui, c'est long, oui, c'est pénible mais c'est à ce prix-là que nous retrouverons une vie normale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce qui veut dire que ces certificats, ces autorisations de circuler ne seront pas supprimés le 1er décembre…

OLIVIER VERAN
Ça veut dire que les autorisations de circulation ne seront pas supprimées le 1er décembre, le Premier ministre l'a dit lui-même jeudi dernier, là, je ne prends pas grand risque en vous répondant.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, un confinement pour les seules personnes vulnérables, les plus âgés, les plus vulnérables ?

OLIVIER VERAN
Moi, je n'y suis toujours pas favorable…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Toujours pas…

OLIVIER VERAN
Pour les raisons que j'ai déjà évoquées, il y a des gens qui peuvent s'isoler et qui ont la chance d'avoir un pavillon, une maison, un appartement dans lequel ils peuvent vivre seuls ou à deux âgés, et puis, il y a beaucoup de familles, c'est la réalité des familles françaises, qui partagent des appartements entre générations, qu'est-ce que vous faites de ces personnes, qu'est-ce que vous leur dites, à quel âge vous mettez le cut, à partir de quand, la moyenne d'âge en réanimation, c'est 62 ans, ça veut dire que l'âge moyen des malades en réa est de 62 ans, la médiane est de 70 ans, ça veut dire que la moitié des patients en réanimation a moins de 70 ans. Donc il faudrait aussi choisir un âge, les conditions de respect de cet isolement, et puis, la solidarité entre les générations, je veux dire, je n'ai pas vu un modèle qui fonctionne mieux qu'un autre, de façon générale, mais je n'ai pas vu un modèle dans lequel on privilégierait l'isolement des personnes vulnérables, qui ait fait preuve de son efficacité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, le retour des messes en public, dans les églises, des cultes dans les temples, des cérémonies dans les synagogues et les mosquées, pas avant la réouverture des commerces, c'est bien cela, c'est bien ce qui a été décidé par le ministre de l'Intérieur et par le Premier ministre ?

OLIVIER VERAN
Les offices religieux, les offices religieux qui rassemblent des gens, il y a une étude américaine, vous l'avez sans doute vue, Jean-Jacques BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je l'ai vue…

OLIVIER VERAN
Parce que vous êtes extrêmement attentif, qui montre que dans les lieux publics de contamination, en un, il y a les restaurants, en deux, il y a les salles de sport, comme quoi, en trois il y a les bars, et en quatre, il y a les offices religieux, ce qui n'est pas incompréhensible, puisque que les gens se retrouvent dans une salle fermée, il va y avoir souvent des chants, en tout cas, de l'expression verbale, et donc, on sait que c'est un endroit à contamination, ce n'est pas pour empêcher les gens de pratiquer leur culte, il n'a jamais été dans l'ambition du gouvernement d'empêcher toute façon les gens de vivre ce qu'ils ont à vivre par principe, mais c'est une mesure de protection qui est encore nécessaire ; je note d'ailleurs que certains pays, pardon, comme la Corée du Sud, je voyais ce matin, la Corée du Sud qui enregistre une reprise de l'épidémie depuis trois jours sur son territoire, parmi les premières mesures qu'elle vient de prendre, il y a réinstauration de jauges dans les endroits où il y a des offices religieux, ils ont diagnostiqué 250 malades hier. Donc encore une fois, si on veut être pleinement efficace dans notre politique de lutte contre le virus, nous devons prendre des mesures fortes au bon moment et les tenir dans la durée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN, les commerces non essentiels, je déteste…

OLIVIER VERAN
Oui, le mot n'est pas bien…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous aussi ?

OLIVIER VERAN
Oui, oui, c'est première nécessité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'aimez pas !

OLIVIER VERAN
Première nécessité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi, qui est allé inventer cette… quelle technocratie…

OLIVIER VERAN
Je ne sais pas, c'est peut-être un terme juridique consacré, mais il n'y a pas de commerce qui ne soit pas essentiel par définition, puisque si on va chercher quelque chose, c'est qu'on en a besoin ou envie, et l'envie est essentielle elle aussi…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Evidemment, alors, les commerces pourront-ils rouvrir avant le 1er décembre ?

OLIVIER VERAN
Moi, je souhaite encore une fois que nous soyons efficaces dans la durée et que nous soyons constants dans les mesures que nous prenons pour freiner le virus, la politique du stop and go, Jean-Jacques BOURDIN, ne serait pas bonne pour notre pays, et le plus grand risque que nous prendrions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les commerces ne rouvriront pas avant le 1er décembre ?

OLIVIER VERAN
Je ne suis pas ni Premier ministre ni président de la République, vous me demandez comme ministre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais est-ce que vous, vous souhaitez qu'ils rouvrent avant le 1er décembre ?

OLIVIER VERAN
Vous me demandez comme ministre de la Santé, je souhaite que les commerces puissent rouvrir, 1°) : le plus tôt possible…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais ça, oui, ça…

OLIVIER VERAN
2°) : dans des conditions sanitaires qui permettent d'assurer la sécurité des Français, 3°) : au moment où nous aurons déjà suffisamment fait baisser la pression épidémie pour être sûrs que nous ne serions pas obligés de les refermer quelques jours après en catastrophe…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc aujourd'hui, vous dites compte tenu de la situation aujourd'hui…

OLIVIER VERAN
Je vous dis qu'aujourd'hui, je n'ai pas d'éléments qui me permettent de penser que nous pourrions les rouvrir le 27, si la situation devait évoluer dans…

JEAN-JACQUES BOURDIN
27, je parle, moi, je parlais du 1er décembre…

OLIVIER VERAN
Ah, du 1er décembre, pardon, parce que j'ai vu que c'était le 27 qui était abordé dans la presse ce matin, oui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous comprenez pourquoi le 27 demandé par tout le monde, 27, 28 décembre, c'est un week-end très fort…

OLIVIER VERAN
Novembre !

JEAN-JACQUES BOURDIN
27, 28 novembre, c'est un week-end très fort, c'est l'un des week-ends les plus forts commercialement de l'année.

OLIVIER VERAN
J'entends ça, Jean-Jacques BOURDIN. J'entends parfaitement ça, j'entends la détresse des commerçants, j'entends l'envie des commerçants de rouvrir, j'entends aussi la nécessité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un Black Friday aussi annoncé le 27…

OLIVIER VERAN
J'entends la nécessité absolue de rouvrir dans des conditions sanitaires qui évitent le stop and go, rien ne serait pire que d'ouvrir les commerces, de se dire une semaine plus tard : oh, mince, ça repart, on a ouvert trop tôt, il faut refermer, parce que là, plus personne n'y comprendrait rien. Donc moi, je préfère un choix difficile, mais le choix de la constance et de la sécurité, tout en continuant d'accompagner les commerçants, et…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'êtes pas favorable…

OLIVIER VERAN
Vous savez, être ministre de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aujourd'hui, Olivier VERAN, vous n'êtes pas favorable à l'ouverture des commerces le 27 ?

OLIVIER VERAN
Etre ministre des Solidarités et de la santé, ça veut dire prôner une stratégie qui permette de protéger la santé des Français, qui soit cohérente dans la durée, mais ça ne veut pas dire ne pas avoir aussi dans l'arrière-pensée que les commerçants sont en grande difficulté dans notre pays aujourd'hui et qu'ils attendent de nous qu'on leur permette de rouvrir dans des bonnes conditions, dans les meilleures conditions possibles et le plus tôt possible, on le fera au bon moment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et Olivier VERAN, dans l'étude américaine, on ne parle pas des commerces, on parle des bars, on parle des restaurants, on parle effectivement des réunions publiques, et notamment dans les lieux de culte, mais on ne parle pas des commerces.

OLIVIER VERAN
Si, il est question des commerces, il est question de systèmes de jauges qui peuvent être efficaces, il est question de systèmes de rendez-vous qui doivent être…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien, oui, amplitudes horaires, des rendez-vous, eh bien, pourquoi ne pas ouvrir en mettant en place toutes ces…

OLIVIER VERAN
Je vais vous rappeler quelque chose, Jean-Jacques BOURDIN, vous vous souvenez la dernière fois que je suis venu sur votre plateau, c‘était l'été…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c‘était au mois de juillet, début juillet…

OLIVIER VERAN
C'était l'été. Moi, je me souviens très bien qu'à l'extérieur de votre studio, avant que j'entre, il y avait un cortège d'une trentaine de personnes avec une banderole qui m'attendait, qui m'attendait, c'était les représentants du monde de la nuit, des discothèques et des bars de nuit, vous vous en souvenez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je m'en souviens.

OLIVIER VERAN
Et vous m'aviez posé la question, mais écoutez, le virus circule moins, Olivier VERAN, pourquoi est-ce que vous empêchez les discothèques de rouvrir, ils ont une activité commerciale, c'est important, je vous ai dit : mon rôle n'est pas simple, il n'est pas de nier la difficulté dans laquelle se trouvent aujourd'hui ces gens-là, et évidemment qu'il faut les accompagner, et c'est ce que fait très bien le ministre de l'Economie et des finances, mais mon rôle, c'est de vous dire que si nous trouverons trop tôt des structures qui présentent un risque sanitaire, alors, nous nous en voudrons. Est-ce que vous considérez, Jean-Jacques BOURDIN, aujourd'hui, que j'ai eu raison de ne pas rouvrir les discothèques la dernière fois que je suis venu sur notre plateau ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Olivier VERAN…

OLIVIER VERAN
Non, mais je vous pose la question…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais, moi, je ne réponds jamais aux questions qu'on me pose…

OLIVIER VERAN
Oui, mais je suis sûr que vous avez la réponse, parce qu'elle a été démontrée par les faits. Donc on essaie, pas « on essaie », on se fixe une ligne de cohérence qui est aussi la ligne que se fixe la plupart des pays voisins, et certains pays autour de nous qui ont fait le choix de ne pas tout fermer et d'y aller progressivement, un certain nombre d'entre eux sont en train de tout fermer, c'est le cas notamment de l'Autriche qui n'y arrive pas, l'Italie, vous avez vu la courbe italienne, qu'on me citait en exemple il y a un mois et demi, les pauvres, hélas, ils font face à une telle résurgence épidémique qu'ils sont obligés à nouveau de fermer, l'Allemagne va aussi augmenter les fermetures…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je lis et j'écoute aussi Bruno LE MAIRE, que dit-il, le gouvernement et les organisations professionnelles travaillent sur un nouveau protocole sanitaire qui sera opérationnel lundi prochain si l'épidémie continue de refluer avec ce protocole sanitaire, les conditions de réouverture seront réunies, ce n'est pas moi qui le dis, c'est Bruno LE MAIRE, le ministre de l'Economie, vous êtes d'accord avec lui ?

OLIVIER VERAN
Mais je suis d'accord sur le fait que je travaille avec Bruno LE MAIRE, que nous rencontrons les acteurs, et que nous partageons deux nécessités absolues…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais aujourd'hui, aujourd'hui, vous dites : pas question d'ouvrir le 27…

OLIVIER VERAN
Jean-Jacques BOURDIN, laissez-moi finir juste cette phrase. Nous partageons avec Bruno LE MAIRE deux nécessités absolues, 1°) : protéger la sécurité des Français et la santé des Français, 2°) : faire en sorte de pouvoir rouvrir le moment venu les commerces dans les bonnes conditions pour ne pas avoir à les refermer. Donc ce de ce dialogue singulier entre le ministre de la Santé et le ministre de l'Economie et des finances, sous évidemment la responsabilité du Premier ministre, nous permet toujours de prendre des décisions qui vont dans le sens du sanitaire, en accompagnant les acteurs économiques, ce que nous continuerons de faire le temps nécessaire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aujourd'hui, on ne rouvrira pas, compte tenu de la situation, aujourd'hui, pas question de rouvrir le 27, que ce soit clair…

OLIVIER VERAN
Je ne vous donne pas de date, ni dans un sens ni dans l'autre, je vous dis que cette décision appartient au gouvernement, qu'elle sera partagée bientôt avec les Français, mais que ça ne se fera pas sous la pression, ni dans un sens ni dans l'autre, la seule pression qui est la nôtre aujourd'hui dans l'urgence, c'est de faire en sorte que notre stratégie pour lutter contre l'épidémie et protéger les Français paye dans la durée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, alors, des commerçants refusent de fermer, que faire, Olivier VERAN, des commerçants continuent à ouvrir, vous le savez, que faire ?

OLIVIER VERAN
D'abord, rappeler qu'un commerçant qui est obligé de fermer pour raisons administratives est accompagné financièrement comme jamais et comme dans le nul autre pays, ce dont il est important de rappeler la teneur, parce qu'il est hors de question de laisser un commerçant fermé en raison de la crise sanitaire définitivement, donc il faut les accompagner, ce que nous faisons dans la durée et aussi longtemps que nécessaire. Bruno LE MAIRE a présenté des cas types qui montraient que lorsqu'un responsable de salon de coiffure fermait par exemple, entre le fonds de solidarité, entre la prise en charge des loyers, entre le chômage partiel, qu'il pouvait mettre en place, il ne perdait quasiment rien, il ne perdait quasiment rien. Ça ne veut pas dire que la situation soit idyllique, et les commerçants, ils ont envie de vivre de leur profession, et souvent, il y a une logique patrimoniale, souvent, c'est ce qu'ils ont, parfois c'est ce qui leur a été transmis, ils l'ont au corps, et ils ne demandent pas à ce qu'on leur donne de l'argent pour ne pas fonctionner, ils demandent à gagner leur argent par eux-mêmes, et nous le comprenons, et moi, ministre des Solidarités et de la santé, je le comprends plus que nul autre. Mais encore une fois, prenez l'exemple du Canada, le Canada qui fait face à une épidémie qui avait mis en place des mesures pour freiner l'épidémie, ils ont dit : c'est Thanksgiving, les amis, Thanksgiving, c'est quand même important, Thanksgiving en Amérique du Nord, c'est extrêmement important, eh bien, résurgence de l'épidémie, croissance des cas derrière, ils sont obligés de refermer. Donc on ne veut pas de cela. Et les Français nous en voudraient et ils auraient raison. Donc nous ferons les choses au bon moment, pardon, je me répète, mais c'est important…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais, les restaurateurs, les restaurateurs les gérants de bars, les gérants de boîtes de nuit, de clubs de sport, peuvent-ils espérer rouvrir avant début janvier, franchement ?

OLIVIER VERAN
La question des restaurateurs et des bars est encore plus complexe que pour l'ensemble des commerces…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais je vous pose la question, est-ce qu'ils peuvent espérer rouvrir avant début janvier ?

OLIVIER VERAN
Je ne peux pas vous répondre de façon formelle à cette question, je peux vous dire qu'ils ne rouvriront pas début décembre, ça, c'est un fait, parce que c'est un lieu de fort risque de contamination…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, et ils ne rouvriront pas début janvier…

OLIVIER VERAN
Nous verrons pour début janvier, nous donnerons de la visibilité aux acteurs économiques, qu'ils soient dans la restauration ou dans les commerces au moment venu, Jean-Jacques BOURDIN, je ne fait pas de prévisions, ce que je veux, c'est que nous ayons retrouvé un niveau de circulation bas du virus et que nous protégions nos hôpitaux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, les tests antigéniques, alors ces tests antigéniques, l'Etat a commandé combien, 20 millions de tests, c'est bien cela ?

OLIVIER VERAN
Nous avons commandé 5 millions, puis, 5 millions, puis précommandé 20 millions supplémentaires, ça, c'est pour le stock d'Etat, et tous les acteurs de santé qui le souhaitent peuvent également acheter des tests antigéniques par leurs propres moyens…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelle répartition ?

OLIVIER VERAN
Et nous les couvrons en prenant en charge à 100 %.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous prenez en charge à 100 %, c'est gratuit.

OLIVIER VERAN
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon…

OLIVIER VERAN
Enfin, ce n'est pas gratuit, parce que c'est l'Etat qui paie, donc c'est vous, Jean-Jacques BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est l'Etat qui paie, oui, c'est gratuit…

OLIVIER VERAN
C'est vos impôts qui les paient.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est vrai. Quelle répartition, ces tests ?

OLIVIER VERAN
C'est-à-dire, quelle répartition ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, eh bien, eh bien, ce sont les pharmaciens qui vont les recevoir, c'est quelle répartition ?

OLIVIER VERAN
Alors, dans les tests qui ont été réalisés, vous savez que nous avons commencé par des expérimentations grandeur nature avant même d'avoir les autorisations par la Haute autorité de santé, des expérimentations, on a le droit, par exemple, il y a près de 200.000 tests qui ont été réalisés dans nos EHPAD la semaine dernière, c'est beaucoup, ça ne se voit pas, mais c'est fait, et c'est grâce à l'action déterminée de tous les acteurs sur le terrain. Désormais, les pharmaciens peuvent en faire, les médecins libéraux peuvent en faire, les infirmiers peuvent en faire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc je vais chez un pharmacien, je demande à être testé, je suis testé.

OLIVIER VERAN
Alors, si votre pharmacien réalise des tests, il pourra vous proposer des tests, en priorité, votre pharmacien vous testera si vous êtes symptomatique, il ne vous testera pas si vous êtes cas contact, parce que là, vous relevez d'un test PCR en laboratoire, les tests PCR sont plus sensibles, donc on ne risque pas de passer… on risque moins de passer à côté de quelqu'un de positif. Si vous êtes symptomatique et que votre pharmacien, votre médecin, votre infirmier, et demain, votre dentiste, votre masseur kinésithérapeute, pourra aussi le faire, j'ai signé l'arrêté cette nuit, qui permet d'élargir davantage, et on consulte les professions pour que tout le monde puisse en faire demain…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les masseurs et kinésithérapeutes peuvent faire des tests…

OLIVIER VERAN
Et si vous êtes asymptomatique et que vous vous posez la question avant d'aller voir je ne sais qui, et que vous vous posez la question, peut-être votre professionnel de santé, votre pharmacien pourra éventuellement accepter de vous le faire, mais il ne sera pas obligé. Ce que nous lui demandons, c'est vraiment de prioriser les patients qui sont symptomatiques. Pourquoi Jean-Jacques BOURDIN ? Un test antigénique, il a un atout formidable par rapport au test PCR, c'est qu'il est rapide, vous avez vu déjà fonctionner, ça prend 15, 20 minutes pour avoir le résultat, un test PCR, c'est plus long, même si les labos font un boulot remarquable sur tout le territoire, et merci à eux, et on aura évidemment toujours besoin d'eux, en masse et en quantité, ça restera le moyen principal de tester. Par contre, le test antigénique, eh bien, vous risquez d'être faussement négatif, et donc faussement rassuré, donc il faut faire très attention à ça, quand vous êtes symptomatique, le risque est moindre, et en définitive, si vous avez vraiment les symptômes de Covid et que votre test antigénique est négatif, on vous enverra au labo pour compléter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Hier, je recevais Valérie PECRESSE, hier matin, à votre place, qui demandait à ce que des tests antigéniques soient pratiqués dans les lycées, dans les lycées d'Ile-de-France, est-ce que ça va être le cas, est-ce que dans les lycées, d'abord, en Ile-de-France, et peut-être dans toute la France, on va tester ?

OLIVIER VERAN
Alors, ce que nous faisons d'ores et déjà, c'est que nous testons, c'est Jean-Michel BLANQUER qui s'en occupe, qui a cette responsabilité-là, avec les pompiers, avec la médecine scolaire, les infirmiers scolaires, pour pouvoir tester massivement les enseignants qui le souhaitent, et régulièrement, ça, c'est un point important. Deuxièmement, nous allons initier prochainement une expérimentation auprès des lycéens volontaires pour justement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Où ?

OLIVIER VERAN
C'est en train, c'est expérimentations qui sont montées, vous demanderez au ministre de l'Education nationale où est-ce qu'il en est, mais il travaille d'arrache-pied là-dessus, pour pouvoir commencer à développer des programmes de tests là où ça fait sens. Encore une fois, ce qu'il faut vraiment comprendre, tester massivement, oui, tester pour le plaisir de tester, non, tester, ça veut dire que si vous êtes positif, il faut qu'on soit capable de faire du contact tracing et de vous mettre à l'abri derrière, c'est-à-dire de réaliser l'isolement. L'idée, c'est de casser les chaînes de contamination et pas de vous répondre oui ou non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais si je vous parle des tests, parce que vous avez vu ce qu'a fait la Slovaquie, qui a testé toute sa population…

OLIVIER VERAN
Oui, le mass testing.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le mass testing, 5,5 millions de personnes, en Slovaquie, 70 % de la population a été testée, le résultat, un peu plus de 1 % de personnes positives.

OLIVIER VERAN
Probablement ce qu'on trouverait en France, 1, 1,5 % de personnes positives.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On trouverait la même chose en France ?

OLIVIER VERAN
Probablement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai vu que la région Auvergne-Rhône-Alpes allait faire la même chose.

OLIVIER VERAN
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ? Pas tout à fait ?

OLIVIER VERAN
Le président de la région a annoncé qu'il avait précommandé des tests, dans le but de lancer une opération à échelle régionale, pour l'instant, j'ai vérifié avec le directeur général de l'ARS, il n'a pas été informé, ni au courant, ni le préfet, donc attention à l'effet d'annonce. Par contre, ce qui est intéressant…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un effet d'annonce de Laurent WAUQUIEZ ?

OLIVIER VERAN
Ça vous surprend Jean-Jacques BOURDIN, je vous vois rire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah non, non…

OLIVIER VERAN
Ce n'est pas du tout son genre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ne me mettez pas dans un camp Olivier VERAN, je n'ai aucun camp.

OLIVIER VERAN
Néanmoins Jean-Jacques BOURDIN, ce qui est intéressant c'est d'être capable de mener, encore une fois des opérations de mass testing, c'est-à-dire des testings de masse à l'échelle de populations, pourquoi pas, on y travaille d'ailleurs avec un certain nombre d'acteurs de santé, pour voir la faisabilité d'un tel projet, mais ce qui est important ce n'est pas de tester les gens, c'est d'être sûr qu'une fois qu'on les a testés on est capable de les mettre à l'abri, de les mettre à l'abri, pour éviter les contaminations, et faire du contact tracing, c'est pour ça que quand il y a des opérations collectives, et on va en mener, en entreprises, en collectivités, on accompagnera, il faut qu'elles soient menées en concertation avec les autorités de santé, parce que sinon vous allez faire quoi, vous allez tester des gens et puis après vous leur dites appelez votre médecin, débrouillez-vous, ça ce n'est pas possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais celle et celui, qui se retrouve positif doit rester à l'isolement, on est bien d'accord ?

OLIVIER VERAN
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que, en France, on va instaurer des amendes, punir ceux qui sortent, alors qu'ils sont positifs ?

OLIVIER VERAN
Aujourd'hui le droit ne le permet pas. Alors, je n'aime pas le terme de punir un malade, pardon, ça c'est le côté médecin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pardon.

OLIVIER VERAN
On oublie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'enlève le mot punir.

OLIVIER VERAN
Protéger.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Protéger, mais dans d'autres pays d'Europe vous avez le montant des amendes, en Allemagne, enfin dans d'autres pays, partout en Europe ? Et même en Espagne c'est de la prison.

OLIVIER VERAN
Alors, première question, Jean-Jacques BOURDIN, puisque vous êtes observateur et fin connaisseur, est-ce que vous avez vu une différence d'évolution de l'épidémie selon qu'on mette des amendes ou non aux gens quand ils sont censés être isolés ? Moi je peux vous citer au moins cinq pays, autour de nous, qui ont mis en place des systèmes contraignants à l'isolement et qui sont à un niveau d'épidémie au moins similaire au nôtre, premier point. Deuxième point, est-ce que c'est un débat qu'il faut refuser par principe ? La réponse est non, la réponse est non. Dans notre droit nous n'avons aucun outil, et ça n'a jamais été fait, y compris pour la tuberculose qui est une maladie hautement contagieuse, et en France nous avons fait, depuis le début, le choix la responsabilité et de la confiance. Maintenant, c'est un débat démocratique, moi j'ai été parlementaire, et j'entends l'ensemble des groupes parlementaires, notamment des oppositions, dire « on ne trouve pas notre place dans votre affaire, vous ne nous consulter pas suffisamment », on pourrait en débattre pendant des heures, j'ai passé 400 heures au Parlement depuis le début de la crise. Mais pourquoi les groupes parlementaires ne s'empareraient-ils pas de ce sujet pour qu'on ait un débat démocratique ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous le souhaitez, vous souhaitez qu'un débat s'ouvre sur la possibilité de mettre des amendes à celles et ceux qui ne restent pas isolés alors qu'ils sont contaminés ?

OLIVIER VERAN
Je ne souhaite jamais écarter un débat par principe, un parce que je crois au débat, deux, parce que je n'ai pas la réponse à cette question, trois, parce que c'est une demande qui commence à monter dans la population de dire « protégez-nous davantage. » Ça ne veut pas dire qu'on va nécessairement y aller, ça ne veut pas dire que si on y va ce sera nécessairement plus efficace, mais ça vaut le coup de se poser la question.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, Olivier VERAN, parlons des vaccins, c'est important, il est 8h43. Quand les premiers Français seront-ils vaccinés ?

OLIVIER VERAN
Alors, la date précise, si je vous répondais, à nouveau je prendrai…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'allez pas me dire le 12 janvier, bien sûr, mais…

OLIVIER VERAN
Un certain nombre de risques. Ce que je peux vous dire, exactement là où nous en sommes, il y a un laboratoire qui a communiqué des données intermédiaires suite à son étude clinique en population générale, ce qu'on appelle l'étude de phase 3, auprès de 40.000 personnes, aux agences américaines et européennes du médicament, on espère que d'ici trois semaines le laboratoire, PFIZER en question, aura donné la totalité de ses données scientifiques qui permettront à ces deux agences, notamment, il y en aura d'autres, de faire une analyse des données rapide et de nous dire si oui ou non on peut commencer à instruire les dossiers à l'échelle des pays en vue de vacciner. A ce moment-là j'aurai, comme ministre de la Santé, accès aux données scientifiques, chez qui le vaccin est-il efficace, est-ce que c'est plutôt les âgés, est-ce que c'est les jeunes, est-ce qu'il y a des effets indésirables, est-ce qu'ils sont graves, est-ce qu'ils sont nombreux ou est-ce qu'ils sont modérés et maîtrisés, qu'est-ce qui se passe pour les gens qui ont été vaccinées mais qui attrapent quand même la maladie, est-ce que c'est une forme plus bénigne ou est-ce que c'est une forme plus grave, au bout de combien de temps l'immunité conférée par le vaccin disparaît-elle, est-ce que c'est 2 mois, est-ce que c'est 2 ans, donc ce que je veux vous dire c'est que j'ai besoin de savoir si le vaccin est efficace et sûr, et si il est efficace et sûr, et que nous avons des autorisations, nous travaillons évidemment en temps masqué, en termes de logistique, qui est un travail monstrueux, croyez-moi, pour pouvoir commencer la vaccination au début de l'année 2021, mais si nous n'avons pas toutes les certitudes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La vaccination, si nous avons toutes ces certitudes, la vaccination commencera début de l'année 2021 ?

OLIVIER VERAN
En tout cas nous ne serons pas freinés par des questions logistiques, et nous avons fait en sorte, avec la Commission européenne, d'avoir un approvisionnement de l'ensemble des pays européens, progressivement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien de doses avons-nous préachetées, nous les Français ?

OLIVIER VERAN
Alors nous les Français, c'est nous les Européens, Jean-Jacques BOURDIN, et nous prenons au prorata du marché européen, donc nous avons, par exemple sur le PFIZER, sur le vaccin PFIZER, nous avons précommandé l'équivalent de 30 millions de doses, il faut deux doses pour vacciner une personne, et nous avons la possibilité, si nous le souhaitons, de compléter. Il y a d'autres types de vaccins, par d'autres laboratoires…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Lesquels ? MODERNA.

OLIVIER VERAN
MODERNA, qui a communiqué, il y a ASTRAZENECA avec la recherche qui est développée par l'université publique d'Oxford, qui devrait communiquer bientôt, il y a SANOFI qui devrait communiquer aux alentours du printemps…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, au printemps.

OLIVIER VERAN
Enfin, le printemps, ne croyez pas que c'est tardif, ne croyez pas que c'est tardif, ça prendra du temps à vacciner les Français, ça prendra du temps de vacciner, et donc nous aurons les premières arrivées de vaccins au début de l'année, s'ils sont validés, encore une fois je ne prendrai aucun risque avec la santé des Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai compris, s'ils sont validés, on commencera la vaccination au mois de janvier.

OLIVIER VERAN
On sera en mesure si j'ai toutes les autorisations requises.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, 20 millions…

OLIVIER VERAN
Je mets énormément de si…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais j'ai compris, j'ai compris, mais 20 millions d'Américains pourraient être vaccinés avant la fin de l'année, je ne sais pas si vous avez vu cela, c'est ce qu'annoncent les Américains. Qui sera vacciné en priorité ?

OLIVIER VERAN
J'ai saisi la Haute autorité de santé, qui fait une consultation nationale, j'invite d'ailleurs les Français qui s'intéressent à cette question à y participer, et la Haute autorité de santé devra déterminer, quand elle aura accès aux données scientifiques, Jean-Jacques BOURDIN, on parle dans le vide, elle nous dira est-ce que c'est plutôt les soignants, est-ce que c'est plutôt les personnes âgées, est-ce que c'est plutôt les gens malades, est-ce qu'au contraire c'est plutôt les jeunes bien-portants qui doivent être vaccinés en priorité. J'ai également saisi le Conseil consultatif national d'éthique, parce que la question de la vaccination elle va soulever énormément de questions éthiques. Vous allez me poser dans 2 minutes la question de faut-il rendre obligatoire la vaccination, vous allez me dire faut-il vacciner les soignants, est-ce qu'on vaccine les jeunes femmes, etc., donc on aura…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il faut rendre obligatoire la vaccination ?

OLIVIER VERAN
Moi j'admire, enfin j'admire, c'est de l'ironie, j'essaye d'arrêter l'ironie, mais je trouve assez incroyable, que des gens, des experts, ou des politiques, puissent déjà avoir un avis sur cette question, parce que moi je n'en ai pas, et ce n'est pas que je n'en ai pas parce que je ne maîtrise pas le sujet ou parce que je m'en désintéresse, c'est que avant même de me poser la question de l'obligation vaccinale, je me pose la question de, allons-nous avoir déjà un vaccin, quelles sont ses caractéristiques, tout est question de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous allons avoir un vaccin, Olivier VERAN, nous allons avoir un vaccin.

OLIVIER VERAN
J'espère que nous aurons un vaccin sûr et efficace, je reste prudent, Jean-Jacques BOURDIN, je reste prudent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous restez prudent, j'ai compris.

OLIVIER VERAN
Tout est question de balance bénéfice/risque.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vaccin gratuit ?

OLIVIER VERAN
Ça je peux vous répondre. Oui, les tests sont gratuits, toute la prise en charge de la maladie Covid est gratuite depuis le début, j'envisage mal qu'on fasse payer les Français pour une vaccination contre un virus aussi…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous ferez vacciner le jour où le vaccin sera fiable 
?
OLIVIER VERAN
Mais je vais même aller au-delà de ça. Vous savez, le jour où j'aurai un arrêté…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ainsi que vos enfants ?

OLIVIER VERAN
Le jour où j'aurai un arrêté à signer, avec une autorisation d'une agence de santé qui me dit « vous pouvez proposer le vaccin en confiance à la France et aux Français », c'est que je serai non seulement en état de me vacciner, mais aussi en état de vacciner mes parents et mes enfants, s'ils répondent aux indications, s'ils répondent aux indications. Il est évident que je ne ferai pas courir un risque aux Français que je ne ferai pas courir à moi-même ou à ma famille, donc là-dessus il faut qu'on soit très clair. Mais ça ne veut pas dire que c'est un débat qui va être tranché comme ça, d'un claquement de doigts.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, j'imagine.

OLIVIER VERAN
Surtout dans un pays comme la France où les gens sont assez réservés sur la question de la vaccination, il faut être prudent et il faut être transparent. Il n'y a rien que je saurai, sur le vaccin, que les Français ne sauront pas, je partagerai la totalité des informations, ce que je viens de faire d'ailleurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que les vaccins seront suffisants pour vaincre la pandémie ?

OLIVIER VERAN
Est-ce qu'un vaccin est suffisant pour vaincre une pandémie ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

OLIVIER VERAN
Dans l'histoire des maladies infectieuses il nous est arrivé de vaincre des maladies infectieuses grâce à la vaccination, il y en a une que les Français ont oubliée, moi je ne l'ai pas connue, ça s'appelait la variole, qui faisait des dégâts considérables, c'est d'ailleurs le père de la vaccination, qui s'appelait JENNER, qui avait inventé la variolisation, qui est devenue l'ancêtre de la vaccination, et qui a permis d'éradiquer la variole, il reste quelques souches virales sous le permafrost, on espère qu'elles ne resurgiront pas avec le temps, mais on a gardé, dans quelques laboratoires dans le monde, des moyens de fabriquer un vaccin s'il devait ressurgir. La vaccination a sauvé l'Humanité de la variole, la vaccination est en train de sauver l'Humanité de la poliomyélite, il reste quelques dizaines, quelques centaines de cas par an dans certains pays, mais la poliomyélite, qui décimait aussi les populations entières, a quasiment disparu. Donc, si vous me posez la question de, est-ce qu'un vaccin peut nous permettre d'éradiquer une maladie infectieuse, c'est sans doute une des plus grandes aventures humaines que d'être capable de se protéger contre un agresseur extérieur à travers une vaccination.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc oui, un vaccin peut éradiquer…

OLIVIER VERAN
La vaccination peut éradiquer une maladie. Est-ce que le vaccin Covid va éradiquer le Covid ? Je n'en sais rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne pouvez pas le savoir, bien. Vous êtes ministre de la Solidarité, il nous reste 4, 5 minutes, je voudrais qu'on parle de la précarité qui est en train de s'étendre en France, c'est un vrai problème, plus qu'un problème même, danger pour notre société, Olivier VERAN. Alors, je vous propose quelques solutions. Le RSA pour les 18-25 ans, oui ou non ?

OLIVIER VERAN
Ce n'est pas la solution que nous privilégions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas la solution.

OLIVIER VERAN
C'est une vraie question, Jean-Jacques BOURDIN, c'est une vraie question, il y a plus de 20 % d'augmentation des Français qui vont fréquenter maintenant les aides alimentaires, j'ai participé à une maraude avec les Restos du coeur, il y a deux semaines à Paris, et j'ai pu constater qu'il y avait un public jeune notamment, un public étudiant qui ne vit plus de ses jobs, Frédérique VIDAL, la ministre de la recherche, travaille pour pouvoir mettre en place des dispositifs d'aide et de soutien par l'insertion, aussi pour ces étudiants. Le choix de ce gouvernement, et j'y crois, Jean-Jacques BOURDIN, c'est le plan de d'Elisabeth BORNE, par exemple aucun jeune sans solution, c'est les 6,5 milliards avec le plan d'investissement pour pouvoir permettre aux jeunes de trouver un boulot, enfin pardon, le modèle de société, auquel je crois profondément, c'est le modèle par lequel on sort de la pauvreté par son travail et son activité, donc nous mettons le paquet là-dessus…

JEAN-JACQUES BOURDIN
…La protection, ce n'est pas le travail et l'activité…

OLIVIER VERAN
Mais pour autant il faut de la protection…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'en ce moment le travail et l'activité, pardon Olivier VERAN, mais il n'y en n'a pas, donc c'est de la protection. Est-ce qu'on sort un pays uniquement par la protection ?

OLIVIER VERAN
On ne sort pas uniquement un pays par la protection, on a besoin de protection.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous rendez compte Olivier VERAN, le nombre d'hommes et de femmes, de jeunes notamment, qui sortent des circuits classiques des aides sociales et qui se retrouvent sans rien du jour au lendemain ?

OLIVIER VERAN
Jean-Jacques BOURDIN, j'en ai pleinement conscience, j'en ai pleinement conscience, ce que je vous dis c'est que nous mettons le paquet pour que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Par exemple des maires qui demandent un soutien financier urgent de l'Etat pour les quartiers populaires, est-ce que vous allez répondre favorablement ?

OLIVIER VERAN
Jean-Jacques BOURDIN, si vous me laissez répondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais allez-y, je vous laisse.

OLIVIER VERAN
Le paquet nous le mettons sur l'accès à l'emploi, la formation professionnelle pour les jeunes, ça fonctionnait en 2019, la crise rebat les cartes, ça fonctionnait en 2019, nous faisions reculer le nombre de demandeurs au RSA, ça faisait longtemps que ce n'était pas arrivé dans notre pays, ça c'est un fait, et j'y crois, la première des solidarités c'est l'emploi. Oui, il faut des protections pour celles et ceux qui sont éloignés de l'emploi, en particulier dans la période que nous connaissons. Il y a des mécanismes qui existent et que nous développons, la garantie jeunes, les aides, 3 milliards d'euros de prestations, Jean-Jacques BOURDIN, 3 milliards d'euros de prestations ont été versés aux jeunes et aux familles pauvres dans notre pays depuis le début du confinement, du premier confinement, avec l'augmentation de l'allocation rentrée scolaire, avec les deux allocations exceptionnelles de solidarité, avec… non mais, ce que je veux dire, nous ne faisons pas rien. Est-ce que ça suffit, est-ce que ça suffit aujourd'hui ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais je ne dis pas que vous ne faites rien, je dis ça ne suffit pas. Est-ce que ça suffit ?

OLIVIER VERAN
Le fait est qu'aujourd'hui la précarité augmente du fait du confinement, et du fait surtout de l'épidémie dans notre pays, et donc c'est pour ça qu'on dit que la vision économique et sanitaire ne doivent pas s'opposer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, est-ce que ça suffit Olivier VERAN ?

OLIVIER VERAN
Non, nous continuons de mettre en place des mécanismes et des dispositifs de soutien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez mettre en place de nouveaux mécanismes ?

OLIVIER VERAN
Nous mettons en permanence Jean-Jacques BOURDIN, nous développons l'apprentissage, nous trouvons des jobs, des stages, nous trouvons des intégrations dans l'emploi, nous avons cette politique vraiment déterminée pour permettre à chacun de s'en sortir. Je ne crois pas que le RSA 18-25 soit une solution, en tout cas pas une solution pérenne…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Allocations familiales étendues jusqu'à 23 ans par exemple, provisoirement.

OLIVIER VERAN
Et pourquoi pas, dans ce cas-là, 25, ou 27, ou 28 ? je veux dire la question n'est pas là Jean-Jacques BOURDIN, la question elle est, un, de reconnaître que la précarité réaugmente dans notre pays alors qu'elle avait diminué depuis, entre 2010 et 2019, elle est de reconnaître que partout où nous le pouvons nous mettons des ressources d'urgence pour permettre à chacun de s'en sortir, elle est de reconnaître que nous mettons le paquet comme jamais nous l'avons mis sur l'insertion par l'emploi, la formation, pour les jeunes et les moins jeunes dans notre pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors…

OLIVIER VERAN
Non mais attendez, attendez, c'est ça les solutions curatives. En médecine, vous savez, on dit qu'il y a le palliatif et le curatif, le palliatif on peut vivre, vivoter longtemps avec, 400 balles par mois, quand on a 24 ans, ce n'est pas une perspective de vie, ce n'est pas une perspective de vie, par contre trouver un boulot et pouvoir s'insérer dans la vie professionnelle ça, ça l'est, tant qu'on n'y arrive pas, il faut être aidé, mais être surtout aidé à le trouver.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Deux questions, réponses très brèves. Le cinquième risque, la prise en charge de la dépendance, projet de loi quand ?

OLIVIER VERAN
Le projet de loi prochainement, vous imaginez bien que ce qui se passe dans notre pays a forcément perturbé un peu la donne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis PPL sécurité à l'Assemblée nationale, l'article 24, punir la diffusion, dans un but malveillant, d'images du visage d'un policier ou d'un gendarme, vous êtes un homme de gauche, vous n'avez aucune réserve ?

OLIVIER VERAN
Je n'ai aucune réserve sur ce point, je le dis très franchement. Ce n'est pas la captation qu'on empêche, la diffusion sur Internet de l'identité de quelqu'un qui est chargé d'assurer notre sécurité, quand on voit qu'il y a des agents de police qui ont du mal à rentrer chez eux, parce qu'ils se font attendre avec des guet-apens, je ne comprends pas - pardon Jean-Jacques BOURDIN, et là ce n'est pas une question de gauche ou de droite, c'est une question d'humanité, pardon, je le considère comme ça - on doit protéger celles et ceux qui prennent soin de nous et qui nous protègent, il en va de la même chose pour les soignants, pour les pompiers, pour les agents de police. Nous sommes dans un pays aujourd'hui où porter un uniforme, ou une combinaison, est quelque chose qui peut vous mettre en danger parce que vous représentez l'Etat et la République, nous devons défendre l'Etat, la République partout, et celles et ceux qui l'incarnent en premier lieu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Olivier VERAN.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 novembre 2020