Interview de M. Gabriel Attal, secrétaire d'État, porte-parole du gouvernement, à France Info le 20 novembre 2020, sur la situation des jeunes au temps du Covid, les perspectives de déconfinement et la proposition de loi sur la sécurité globale.

Texte intégral

MARC FAUVELLE
Bonjour Gabriel ATTAL.

GABRIEL ATTAL
Bonjour.

MARC FAUVELLE
Avoir 20 ans au temps du Covid, c'est une journée spéciale sur France Info, consacrée à la jeunesse, comment vit-elle ces confinements à répétition, comment voit-elle l'avenir également, et puis comment l'aider à franchir cette vague. Voici, pour commencer, un témoignage qui résume peut-être, peut-être, le sentiment d'une partie de la jeunesse aujourd'hui en France, elle s'appelle Lyudmila, elle est étudiante, elle a 20 ans, voici ce qu'elle a à vous dire.

LYUDMILA, ETUDIANTE DE 20 ANS
En fait, avoir 20 ans en 2020 c'est compliqué parce qu'on a l'impression d'être en même temps les victimes et en même temps les coupables, et d'être responsables de beaucoup de choses, qu'on choisit ou qu'on ne choisit pas, et je crois que je plains plus les gens qui ont 23, 24 ans, et qui se sont habitués à cette liberté que d'avoir 20 ans, et à qui on a tout pris du jour au lendemain, et vraiment la seule chose que j'espère c'est que tout ça, ça ne durera pas assez longtemps pour qu'on s'y habitue.

MARC FAUVELLE
On est victime et coupable de cette situation, elle a raison de dire ça, et de le penser ?

GABRIEL ATTAL
Vous savez, c'est le président qui a prononcé cette phrase, "c'est dur d'avoir 20 ans en 2020", parce qu'on est parfaitement conscient que les jeunes, aujourd'hui, ils en ont énormément sur les épaules, et c'est vrai que depuis le début de cette crise, sans doute on a parfois laissé le sentiment qu'ils étaient les coupables, qu'ils étaient des vecteurs absolus du virus, sans se préoccuper…

MARC FAUVELLE
Quand vous dites "on", c'est nous aussi les médias, vous aussi au gouvernement ?

GABRIEL ATTAL
Les scientifiques, les médias, le gouvernement, probablement, il n'y avait évidemment nulle part une intention de les culpabiliser, mais je pense que ce bruit-là a pu s'installer, et c'est vrai que c'est culpabilisant. Et, en plus de ça, on le voit dans les études, et moi je m'en rends compte quand je discute avec les jeunes, il y a une forme de culpabilité aussi, du coup, de se dire est-ce que j'ai contaminé quelqu'un de ma famille, est-ce que je risque de contaminer quelqu'un de ma famille, il y a une inquiétude. Evidemment il y a aussi les inquiétudes autour de l'emploi, de l'insertion, et de la possibilité ensuite de s'insérer dans la société, donc oui c'est dur. Et, le sens de notre action, tout ce qu'on fait depuis maintenant plusieurs mois, vise à faire baisser cette pression sur les épaules et à leur donner confiance dans l'avenir, ce qui est évidemment difficile dans ce contexte.

SALHIA BRAKHLIA
Alors, vous, vous avez 31 ans, vous êtes porte-parole du gouvernement…

MARC FAUVELLE
Ce que veut dire Salhia c'est que vous n'êtes plus tout à fait un jeune.

GABRIEL ATTAL
Je dis souvent que la jeunesse est un état d'esprit, donc on est tous jeunes sur ce plateau.

SALHIA BRAKHLIA
Mais à 20 ans est-ce que vous, vous auriez respecté strictement les règles du confinement ?

GABRIEL ATTAL
Je crois, oui, mais avec difficulté évidemment, mais vous savez, j'ai beau avoir 31 ans, et je pense que des personnes qui nous écoutent qui ont, 40, 50, 60 ans, c'est aussi difficile pour eux cette période, parce qu'on a tous envie de créer du lien, on a tous envie de retrouver nos proches, on a tous envie de retrouver nos amis, de faire la fête, et on en est empêché, c'est ça qui est terrible avec ce virus, c'est qu'il s'attaque à tout ce qui fait le sel de la vie et à tout ce qui donne un peu de joie de vivre dans le quotidien. Mais, moi ce que je constate c'est que, vous le disiez, les jeunes vivent une période difficile, sont inquiets, souffrent, on peut le dire, mais en même temps ils sont très responsables, dans la grande majorité. Alors, il y a évidemment des resquilleurs, certains, on a vu des informations sur des soirées clandestines, etc., mais il ne faut pas que ce soit l'arbre qui cache la forêt, la réalité c'est que les jeunes, dans leur très grande majorité…

MARC FAUVELLE
On a aussi vu des fêtes dans des écoles de police…

GABRIEL ATTAL
Evidemment, mais les jeunes, dans leur très grande majorité, ils sont responsables, ils respectent les règles, et d'ailleurs on voit dans l'étude que vous avez diffusée ce matin, que j'ai écoutée, qu'en majorité ils soutiennent le confinement, et ils considèrent que ces mesures…

MARC FAUVELLE
Les deux tiers considèrent que le confinement est nécessaire et la moitié pensent…

GABRIEL ATTAL
Oui, et efficace.

MARC FAUVELLE
Qu'il faudra même peut-être, ou qu'il faudrait même peut-être le prolonger. Est-ce que le gouvernement arrive à parler à cette classe d'âge aujourd'hui ou est-ce qu'il faut revoir entièrement les moyens de communiquer, les médias au travers desquels vous vous adressez à cette jeunesse de France ?

GABRIEL ATTAL
Moi c'est ce que j'essaye de faire en tant que porte-parole du gouvernement, je considère que je dois parler à tout le monde et que c'est vrai que, quand je veux m'adresser, échanger, répondre aux questions des jeunes, ça ne passe pas forcément par les mêmes canaux que ceux que j'utilise pour parler…

SALHIA BRAKHLIA
Vous allez sur les réseaux sociaux, vous vous servez des influenceurs.

GABRIEL ATTAL
Oui, mais au-delà de ça, c'est vrai que j'ai un compte Instagram que je gère moi-même, que je réponds, je fais des séances de questions-réponses, je fais des lives pour répondre, j'essaye d'aller dans des émissions et sur des antennes qui sont plus écoutées par les jeunes, j'étais chez vos confrères, ou frères on va dire, puisque c'est Radio France, du Mouv, hier soir pour une heure de débat avec des jeunes, voilà, j'essaye d'aller aussi sur ce terrain-là parce que c'est important d'aller échanger…

SALHIA BRAKHLIA
Mais est-ce que vous avez l'impression que ça marche quand vous passez par les influenceurs, quand ils créent un #TousAntiCovid challenge pour que les jeunes puissent télécharger l'appli justement, est-ce que vous avez l'impression que ça marche ?

GABRIEL ATTAL
C'est deux choses différentes, il y a effectivement ce challenge qui a été lancé à l'initiative de plusieurs influenceurs, moi quand je vais devant des influenceurs échanger avec eux, globalement des jeunes qui parlent aux jeunes, parce que le terme influenceurs il est un peu connoté, je trouve qu'il donne le sentiment qu'on veut justement influencer, non, moi ce que je fais c'est que je fais des séances de questions-réponses, et je laisse des jeunes qui parlent aux jeunes remonter des questions, et j'essaye d'y répondre le plus clairement possible, moi j'ai l'impression que c'est utile, après, évidemment, on n'en fera jamais assez et il faut toujours faire plus.

MARC FAUVELLE
Sur le chômage des jeunes, Gabriel ATTAL, comment éviter la vague qui arrive ?

GABRIEL ATTAL
En mettant les moyens, et c'est-ce qu'on fait depuis cet été, on a mis en place un plan de 7 milliards d'euros, alors ça c'est toujours assez abstrait, mais derrière ça il y a des dispositifs extrêmement puissants, et je crois, qui commencent à montrer leur efficacité. Je vous donne deux exemples. On avait une première inquiétude cette année, c'était de voir le nombre de jeunes en apprentissage s'effondrer…

MARC FAUVELLE
Et pour l'instant ça tient.

GABRIEL ATTAL
Pour l'instant ça tient, et a priori on aura autant de jeunes en apprentissage en 2020 qu'en 2019, ce qui n'était pas gagné puisque, l'an dernier, en 2019, on avait une hausse historique, de près de 20%, on a eu, je crois, autour de 500 000 jeunes en apprentissage durant l'année, ce qui était historique, et on croit à l'apprentissage, parce que c'est une manière de s'insérer dans l'emploi, c'est une manière de développer des compétences, d'avoir une expérience, et on voit que ça marche ensuite pour trouver un boulot. Et on a mis une prime qui va jusqu'à 8 000 euros pour une entreprise qui recrute un apprenti, la première année, ça veut dire que ça coûte quasiment zéro pour l'entreprise de recruter en apprenti, on voit que ça marche. Deuxième chose, pour trouver un boulot, on a mis en place une aide aux entreprises de 4 000 euros quand elles recrutent un jeune de moins de 26 ans, et qu'est-ce qu'on a vu, qu'en cette rentrée 2020 il y a plus de jeunes qui ont été recrutés dans des entreprises, qu'à la rentrée 2019, en août, septembre, octobre, donc là aussi on voit que ça marche. Mais, évidemment, il faut continuer, il y a des enjeux sur la formation, il y a des enjeux sur l'insertion pour des jeunes qui sont non diplômés, qui sont éloignés, qui avaient décroché, donc là c'est tout le travail avec les missions locales, la garantie jeunes, il y a le service civique, qu'on renforce, on va doubler le nombre de jeunes en service civique, parce que c'est aussi inexpérience très importante, c'est une palette de solutions.

MARC FAUVELLE
Vous avez peut-être entendu tout à l'heure sur l'antenne de France Info radio un reportage à l'université Saint-Charles de Marseille, 1 000 colis alimentaires distribués hier à des étudiants, 1 000 en une journée, à ceux-là vous dites quoi, puisque le RSA jeune c'est non, le gouvernement ne reviendra pas sur cette décision, quelles aides peuvent-ils demander, quelles aides peuvent-ils avoir, pour remplir le frigo tout simplement ?

GABRIEL ATTAL
C'est un enjeu qu'on a identifié dès le premier confinement. On sait que la précarité chez les jeunes c'est une réalité, ça l'était avant la crise du coronavirus, et que la crise du coronavirus elle amplifie ce phénomène-là, et notamment au premier confinement, où je crois que les restaurants universitaires, dans mon souvenir, étaient fermés, donc pour des jeunes qui ont l'habitude de se nourrir au restaurant universitaire, qui doivent du coup aller au supermarché, où ça coûte plus cher…

MARC FAUVELLE
Qui ont parfois perdu aussi les petits boulots en cours de route.

GABRIEL ATTAL
Qui ont perdu les petits boulots aussi, et donc on avait mis en place une prime exceptionnelle à l'époque, de 200 euros, pour les jeunes qui galéraient, et à l'époque c'était prévu de manière exceptionnelle…

SALHIA BRAKHLIA
Mais est-ce que ça suffi, le RSA jeune c'est vraiment non ?

GABRIEL ATTAL
On a décidé d'abord de rééditer cette prime, donc là, dans quelques jours tous les étudiants boursiers, c'est-à-dire 42% des étudiants en France, vont recevoir automatiquement une prime de 150 euros pour les aider à traverser…

MARC FAUVELLE
Mais une seule fois.

GABRIEL ATTAL
Oui, mais ce que je veux dire c'est que je crois qu'on a montré, depuis le début de cette crise, c'est ce que j'essaye de vous démontrer, qu'on s'adapte à la situation, et que si les difficultés se prolongent, on est au rendez-vous pour y compris rééditer des dispositifs.

MARC FAUVELLE
De quoi avez-vous peur avec le RSA jeune ?

GABRIEL ATTAL
Moi, je vais vous dire, j'ai été en charge de la jeunesse, donc j'ai regardé ce sujet. Le RSA, aujourd'hui, démarre à 25 ans, moi, ce que je vois, c'est qu'on a des dispositifs qui existent aujourd'hui, notamment la Garantie jeunes, la Garantie jeunes c'est quoi ? c'est un dispositif qui permet de donner à des jeunes, qui galèrent, qui ont décroché, une aide financière qui est grosso modo la même que le RSA, qui est autour de 500 euros, en contrepartie de laquelle ils ont un accompagnement, des obligations, y compris d'assiduité dans les missions locales, pour se former, pour avoir des modules de formation, et que c'est un dispositif qui a fait ses preuves et qui fonctionne, et moi je préfère qu'on investisse sur ce dispositif qui a fait ses preuves en matière d'insertion, plutôt que sur un RSA qui n'aurait sans doute pas les mêmes résultats. Pour moi la question n'est pas de savoir…

SALHIA BRAKHLIA
Vous avez peur de l'assistanat, c'est ça ?

GABRIEL ATTAL
Non, moi je n'emploie pas ce terme, je n'ai jamais employé ce terme et je ne l'emploierai pas, mais ce que je veux dire c'est que, il n'y a pas de débat sur le fait de savoir s'il faut accompagner financièrement ou pas les jeunes qui en ont besoin, évidemment qu'il le faut, la question c'est comment est-ce qu'on le fait, et moi je crois que la garantie jeunes c'est un dispositif qui fonctionne. Le service civique aussi, un jeune qui est en service civique il a 580 euros d'indemnité par mois, et en contrepartie il fait une mission d'intérêt général, dans une association, auprès d'un service public, c'est aussi une ligne en plus sur le CV, et donc voilà, moi je crois à ces dispositifs.

MARC FAUVELLE
Il est 8h42, le fil info et on poursuit juste après avec vous Gabriel ATTAL.

(…)

MARC FAUVELLE
Toujours avec le porte-parole du gouvernement, Gabriel ATTAL. Je peux vous poser une question indiscrète ?

GABRIEL ATTAL
Vous pouvez la poser et si elle est trop indiscrète je n'y répondrai pas.

MARC FAUVELLE
Vous connaissez Harry Potter ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

MARC FAUVELLE
Vous savez que le méchant, dans Harry Potter, Voldemort, on n'a pas le droit de prononcer son nom, en ce moment, au sein du gouvernement on a l'impression qu'il y a un mot qu'on n'a pas le droit de prononcer, ce mot c'est déconfinement. Est-ce que vous le prononcerez ce matin ou est-ce qu'on vous a demandé très clairement de ne plus l'utiliser parce qu'on ne va pas vers un déconfinement ?

GABRIEL ATTAL
Il n'y a absolument aucun mot tabou et je n'ai pas de problème à prononcer le mot de déconfinement pour dire qu'on n'y est pas, on n'y est pas. Là, on a, depuis deux semaines…

MARC FAUVELLE
On n'y est pas ou on n'y va pas ?

GABRIEL ATTAL
On n'y est pas.

MARC FAUVELLE
Ça, on n'y est pas, on est tous d'accord, on est confiné…

SALHIA BRAKHLIA
On y sera le 1er décembre ou pas ?

MARC FAUVELLE
Le 1er décembre ça ne sera pas un déconfinement ?

GABRIEL ATTAL
On a, depuis deux semaines, une diminution progressive du rythme de l'épidémie, c'est-à-dire qu'il continue à y avoir des nouveaux cas chaque jour, mais d'une semaine sur l'autre ça diminue de l'ordre de 15 à 20%, mais ça reste à un niveau élevé, à un niveau qui est celui qui existait au moment où on a mis en place le couvre-feu dans les grandes métropoles et on commençait à s'interroger sur le confinement, donc c'est vous dire que, on n'a pas refait en arrière tout le chemin "négatif" qui a été parcouru, mais qu'il y a une amélioration, et je pense que c'est important de le dire parce que c'est aussi important de dire aux Français qu'ils ne font pas des efforts pour rien, et que quand on se mobilise ça porte ses fruits. Et je rappelle que, y compris au début…

SALHIA BRAKHLIA
Mais alors, qu'est-ce qui va se passer le 1er décembre ?

GABRIEL ATTAL
Quand on a annoncé le confinement, on entendait des gens nous expliquer dans l'opposition que ça n'allait servir à rien, qu'il n'y aurait aucun effet, eh bien voilà, ça montre aux Français, que quand on fait des efforts, ça paye. Et donc, la question qui est posée en ce moment, le travail qui est fait, c'est de savoir si cette amélioration elle peut nous permettre, autour du 1er décembre, comme l'avait annoncé le président de la République, d'avoir une adaptation du confinement pour permettre à des secteurs économiques de travailler…

SALHIA BRAKHLIA
Autour du 1er décembre, ça veut dire que ce n'est pas forcément le 1er décembre ?

GABRIEL ATTAL
Eh bien oui, ça veut dire que c'est autour, donc ça peut être…

SALHIA BRAKHLIA
Ça peut être avant ?

GABRIEL ATTAL
Ça peut, puisque autour du 1er décembre ça veut dire ce que ça veut dire.

MARC FAUVELLE
Et attention, ça peut être après donc !

GABRIEL ATTAL
Oui, par principe, mais, bon, vous voyez bien que notre objectif c'est de permettre à ceux qui ont envie de pouvoir travailler, qui en sont empêchés aujourd'hui, de le faire dès que ce sera possible, pour des raisons sanitaires, et avec la conscience que les derniers jours de novembre sont importants pour eux, etc. Je ne fais pas d'annonce ici, pas plus que ce que j'ai dit jusqu'à maintenant…

SALHIA BRAKHLIA
Donc là vous parlez des commerces de proximité.

GABRIEL ATTAL
Oui, mais l'objectif c'est ça, et donc notre objectif c'est que la situation continue à s'améliorer, et pour ça il ne faut pas baisser la garde. Renoncer à faire des efforts aujourd'hui, ça serait avoir fait des efforts pour rien jusqu'à maintenant.

MARC FAUVELLE
Donc, très clairement, par exemple, après le 1er décembre, enfin aux alentours de cette date-là, l'attestation pour se déplacer il faut s'habituer à la garder en poche, ou en tout cas la conserver sur son téléphone, très probablement ?

GABRIEL ATTAL
Oui, le Premier ministre l'avait dit, ce n'est pas une nouvelle que je fais ici, il l'avait dit dans sa conférence de presse il y a deux semaines je crois, l'attestation va se poursuivre…

MARC FAUVELLE
La règle du kilomètre aussi donc forcément ?

GABRIEL ATTAL
Mais, ça, ça fait partie des choses qui peuvent être travaillées, qui peuvent être discutées. Vous savez qu'on a ce soir, avec le premier Ministre on reçoit les chefs de partis, de groupes politiques, on va aussi avoir un échange avec eux, entendre les propositions éventuellement qu'ils voudraient faire, et discuter de tout ça.

MARC FAUVELLE
Alors, parmi les chefs de partis que vous allez recevoir, il y en a un qui était à votre place hier Gabriel ATTAL, c'est le président des Républicains Christian JACOB, voici probablement ce qu'il vous dira tout à l'heure.

CHRISTIAN JACOB, PRESIDENT DE LR REPUBLICAINS, DEPUTE DE SEINE-ET-MARNE
Le gouvernement a fait une faute grave, majeure, sur le petit commerce, c'est n'importe quoi ce qui a été fait. Il faut sortir de cette mascarade. On est en train de mettre toute l'économie à plat, tout simplement parce que le gouvernement s'est complètement planté.

SALHIA BRAKHLIA
Gabriel ATTAL, quand vous voyez la mobilisation, quand vous entendez Christian JACOB, est-ce que vous vous dites que la fermeture des commerces de proximité c'était une erreur, ou alors vous l'assumez, mais vous allez la corriger assez vite ?

GABRIEL ATTAL
D'abord, si vous me permettez une petite incise. J'écoutais Christian JACOB hier dans ma voiture, en allant au travail, et je fulminais, parce qu'il a raconté n'importe quoi, notamment sur le sujet des réanimations, d'ailleurs j'ai vu que BFM TV hier avait fait un sujet pour montrer qu'il avait raconté n'importe quoi. J'ai fulminé aussi parce que, sur cette question des commerces, vous avez vu que Bruno LE MAIRE, mercredi, a annoncé qu'on souhaitait, dans l'optique d'essayer de réouvrir les petits commerces un peu plus tôt que prévu, demander le report du Black Friday à la grande distribution et au commerce en ligne, et j'ai vu Christian JACOB, patron des Républicains, comme Bruno RETAILLEAU, le président du groupe LR au Sénat, se précipiter dans les médias pour expliquer que c'était impossible, qu'on n'allait pas y arriver, j'ai même noté les phrases, Christian JACOB, "expliquer qu'on va décaler le Black Friday, autant expliquer qu'on va reporter Noël au 14 juillet", Bruno RETAILLEAU, "tout ça c'est de la foutaise, ils n'en ont aucun pouvoir, Bruno LE MAIRE, pas plus qu'aucun membre du gouvernement n'a la possibilité de pouvoir annuler cette journée", etc., ils se sont précipités…

MARC FAUVELLE
Vous l'avez fait, en tout cas vous avez convaincu les plateformes de le faire.

GABRIEL ATTAL
Eh bien oui ! et moi ce que je veux dire c'est que, franchement, il y en a marre des gens qui sont dans la capitulation permanente, voilà, qui nous expliquent que ça ne sert à rien de prendre des mesures, qu'on doit capituler face au virus, qui nous expliquent que ça ne sert à rien d'essayer de faire bouger la grande distribution et le commerce en ligne, je crois que cette séquence, et cette période, elle montre que, un gouvernement, que des responsables politiques, ils ont justement un pouvoir de protéger les Français et de changer les choses, et pas d'être dans la capitulation en permanence.

MARC FAUVELLE
Vous dites "un gouvernement" Gabriel ATTAL, mais très clairement, depuis plusieurs jours, peut-être depuis plusieurs semaines d'ailleurs, il y a plusieurs lignes qui semblent s'opposer sur cette question de la réouverture des commerces, on a un Bruno LE MAIRE, à Bercy, qui dit "le plus tôt possible", et à Olivier VERAN qui dit, un peu comme vous aujourd'hui, "attendons que l'épidémie recule vraiment." On a le sentiment qu'entre ces deux lignes il n'y a pas de patron au-dessus pour trancher et que ça tire des deux côtés de la corde.

GABRIEL ATTAL
Non mais, un gouvernement c'est quoi ? C'est des membres du gouvernement, des ministres, qui ont chacun un périmètre ministériel, c'est normal que le ministre de l'Economie, dont les contacts réguliers sont les commerçants, les acteurs économiques, ait à coeur de leur permettre de travailler, et c'est normal que le ministre de la Santé, dont le rôle est de protéger la santé des Français…

MARC FAUVELLE
Mais ces débats-là, est-ce qu'ils ne doivent pas se tenir dans un cercle fermé et, à la fin, il y a un président ou un Premier ministre qui tranche ? Là, les débats se font quasiment sur la place publique.

GABRIEL ATTAL
Non, je ne suis pas d'accord avec ça, et par ailleurs je veux vraiment lutter contre cette idée que, Bruno, enfin que des ministres en charge…

MARC FAUVELLE
Vous l'avez cité, c'est trop tard.

GABRIEL ATTAL
Non, mais que des ministres en charge de l'Economie, en gros, ne se préoccuperaient pas de la santé, et inversement. Je veux dire, Olivier VERAN…

MARC FAUVELLE
On n'a pas dit ça.

GABRIEL ATTAL
Non, mais Olivier VERAN, il est élu sur un territoire, il connaît des commerçants, il a envie qu'ils puissent travailler, et Bruno LE MAIRE il a eu le Covid, et il l'a eu de manière très difficile, donc il n'est pas là à se dire c'est un petit sujet, ce n'est pas grave…

MARC FAUVELLE
Personne ne soupçonne Bruno LE MAIRE de sous-estimer l'épidémie…

GABRIEL ATTAL
Parfois c'est un peu ce que j'entends.

MARC FAUVELLE
Simplement l'urgence économique est importante aussi.

GABRIEL ATTAL
Il y a des débats, je vous le confirme, et c'est normal, et ensuite il y a une décision qui est prise et tout le monde est solidaire de la décision, et moi je ne vois pas de débat sur la place publique.

SALHIA BRAKHLIA
Mais alors, il y a un débat sur la réouverture des commerces, mais il y a aussi un débat sur Noël, parce qu'on a le ministre des Transports qui nous dit "c'est bon, vous pouvez réserver vos trains", et on a le ministre du Tourisme qui dit "non, non, non, attendez encore." Là, qu'est-ce qu'il faut faire ?

GABRIEL ATTAL
Sur la question de Noël, Jean CASTEX, qui avait été interrogé il y a deux semaines dans sa conférence de presse, a dit que notre souhait, et ce qu'on allait faire, c'était donner de la visibilité, il a dit que la SNCF nous avait dit qu'elle avait encore la possibilité, début décembre, d'adapter son offre de transport, notamment de mettre plus de trains s'il y a des possibilités importantes de circuler au moment de Noël, et que donc les Français auraient le temps à ce moment-là de se positionner et de faire des choix, et donc moi ce que je vous dis c'est que, le président de la République va s'exprimer la semaine prochaine…

MARC FAUVELLE
Donc on attend.

GABRIEL ATTAL
Qu'il va faire un point, qui va donner des perspectives pour la suite, pour les vacances de Noël, pour les fêtes…

SALHIA BRAKHLIA
Mais vous, aujourd'hui, vous ne savez pas encore si on peut réserver notre billet de train ?

GABRIEL ATTAL
Je crois que c'est possible de réserver, je veux dire aujourd'hui il y a des trains…

MARC FAUVELLE
Non, s'il faut le faire, on sait qu'on peut se faire rembourser, mais…

GABRIEL ATTAL
Il y a des remboursements qui sont possibles je veux dire, voilà…

MARC FAUVELLE
Vous dites aux Français attendez la prise de parole…

GABRIEL ATTAL
Moi je pense que les Français ils ont envie d'être fixés le plus rapidement possible, et je les comprends.

SALHIA BRAKHLIA
Justement, c'est pour ça qu'on vous pose la question.

GABRIEL ATTAL
Eh bien oui, je les comprends, et je pense qu'ils peuvent comprendre aussi qu'il vaut mieux attendre début décembre, c'est-à-dire la semaine prochaine, donner, à ce moment-là, de la visibilité sur les vacances, plutôt que de se précipiter et devoir après changer de pied parce qu'on constate que la dynamique épidémique n'est pas celle qu'on attendait.

SALHIA BRAKHLIA
Le président de la République il devrait s'exprimer quand, la semaine prochaine ?

GABRIEL ATTAL
La semaine prochaine, je n'ai pas de date à vous annoncer.

SALHIA BRAKHLIA
Vous n'avez pas de jour ?

GABRIEL ATTAL
Non, je n'ai pas de jour à vous annoncer, je crois que c'est encore en discussion.

MARC FAUVELLE
Moi j'ai un horaire à vous donner, et vraiment je suis formel, il est 8h51, c'est le fil info, Diane FERCHIT, et on poursuit juste après avec vous Gabriel ATTAL.

(…)

MARC FAUVELLE
Gabriel ATTAL, depuis plusieurs mois les centaines d'hôtels qui sont mis à disposition des Français qui voudraient se placer à l'isolement ou en quarantaine sont vides, on le voit très régulièrement, seules quelques poignées de malades ont accepté sur la base du volontariat d'aller y passer quelques jours en isolement. Le journal Le Monde croyait savoir hier que le gouvernement réfléchit à une forme d'isolement obligatoire pour ces patients, à l'avenir, est-ce que c'est le cas ?

GABRIEL ATTAL
C'est en tout cas une piste qui existe, qui est sur la table par principe, puisque d'abord c'est un modèle qu'un certain nombre de pays, et pas uniquement en Asie mais y compris chez nos voisins à des degrés différents, ont retenu. Ensuite parce qu'il y a aujourd'hui des parlementaires qui font cette proposition, qui disent : finalement, dans cette nouvelle étape qui s'ouvre dans la lutte contre l'épidémie, est-ce qu'il ne faudrait pas adapter nos dispositifs, notamment sur l'isolement, et avoir un isolement des cas positifs et des cas contacts avec des contrôles, voire des sanctions, s'il n'est pas respecté, comme c'est le cas dans certains pays.

MARC FAUVELLE
Pour les arrêts maladie par exemple, comme c'est le cas aujourd'hui, avec une obligation de rester à un endroit, chez soi ou dans une chambre d'hôtel.

GABRIEL ATTAL
C'est une proposition qui est faite par des parlementaires, je le constate. Et qu'est-ce qu'on dit là-dessus ? Il faut être très clair sur ce sujet-là. On dit que ça nécessite une discussion et un débat démocratique. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, dans la loi française, vous ne pouvez pas imposer à un malade de rester isolé parce qu'il est malade. Ça n'existe pas. Par ailleurs ça n'a jamais été dans "les valeurs" de la France, y compris pour des maladies comme la tuberculose, ça n'avait pas été utilisé, et pour l'instant dans le cadre de cette épidémie, nous on a fait, on a parié sur la confiance et la responsabilisation. Mais ça mérite un débat démocratique. Et je disais tout à l'heure, que ce soit…

MARC FAUVELLE
Donc c'est bien une piste qui est en cours d'examen en ce moment au sein du gouvernement, et sur laquelle Emmanuel MACRON pourrait trancher ?

GABRIEL ATTAL
Mais, par principe, on examine toutes les pistes. Emmanuel MACRON, il s'est exprimé sur ce sujet-là dans son allocution, au moment du confinement…

MARC FAUVELLE
Pour l'instant il n'avait écarté.

GABRIEL ATTAL
Non, il avait dit que ça méritait un débat. Je ne sais plus le terme exact qu'il avait employé.

MARC FAUVELLE
Il avait dit, je crois, "Nous l'écartons pour l'instant".

GABRIEL ATTAL
Il faudra un débat sur ce sujet-là. 

SALHIA BRAKHLIA
Comment ça va se passer concrètement ? Quand vous dites : "Il va falloir un débat", le Premier ministre va en parler aux chefs de parti qu'il va recevoir ?

GABRIEL ATTAL
Oui, cet après-midi on va recevoir des chefs de parti de groupes politiques. Ce n'est pas une réunion sur ce sujet-là, mais ça fait partie des sujets qu'on va mettre dans le débat et sur lesquels "on va attendre qu'ils puissent se positionner", nous dire ce qu'ils en pensent. Puisque l'idée au départ et la piste a été poussée par des parlementaires à l'Assemblée nationale.

MARC FAUVELLE 
Salhia BRAKHLIA, question sur la loi sur la sécurité globale qui est en cours d'examen en ce moment à l'Assemblée nationale. 

SALHIA BRAKHLIA
Oui, parce que le gouvernement va amender l'article 24 qui fait polémique, il va l'amender en garantissant la liberté d'informer. Les journalistes, donc, pourront donc continuer à faire leur travail, à filmer tout ce qu'ils veulent. C'est ça ?

GABRIEL ATTAL
Oui, c'est un amendement qui est bienvenu, puisque j'ai vu ces derniers jours qu'il y avait des questionnements, des inquiétudes, des doutes chez des journalistes mais pas seulement. 

SALHIA BRAKHLIA
Ils étaient justifiés ces doutes ?

GABRIEL ATTAL
Par principe, quand il y a des toutes et des questionnements c'est que les choses ne sont pas claires et qu'il faut y répondre.

MARC FAUVELLE
Il y avait bien, contrairement à ce que disait Gérald DARMANIN depuis des semaines, matière à s'inquiéter, donc.

GABRIEL ATTAL
Non, je ne dis pas ça, je dis qu'il y avait des questions qui étaient posées et qu'à l'évidence les choses n'étaient pas suffisamment claires.

MARC FAUVELLE
Le ministre a expliqué de plateau en plateau, qu'il n'y avait aucune raison de s'inquiéter de cet article 24, qui vise à encadrer donc la diffusion des images, et vous l'amendez aujourd'hui.

GABRIEL ATTAL
Mais je n'ai pas de doute sur les intentions qui sont celles des parlementaires qui ont rédigé cette proposition de loi et du gouvernement qui la défend. Maintenant, le fait est qu'il fallait clarifier les choses et que ça va être fait. Vous savez, moi je suis porte-parole du gouvernement… 

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce que c'est un recadrage ?

GABRIEL ATTAL
Mon travail c'est d'être en lien avec les, notamment en lien avec les journalistes pour leur répondre, et moi j'ai à cœur qu'ils puissent travailler… 

SALHIA BRAKHLIA
Est-ce que c'est un recadrage pour Gérald DARMANIN qui est allé trop loin ?

GABRIEL ATTAL
Non, pas du tout, d'ailleurs c'est Gérald DARMANIN qui a proposé… 

SALHIA BRAKHLIA
En demandant le floutage par exemple.

GABRIEL ATTAL
C'est Gérald DARMANIN qui a proposé un amendement pour clarifier les choses. Il a clarifié les choses dès le début de semaine quand la discussion du texte de loi a commencé à l'Assemblée nationale et il a proposé lui-même que pour aller encore plus loin et vraiment clarifier absolument les choses dans le texte de la loi, on fasse un amendement, d'abord pour dire qu'évidemment la liberté de la Presse était garantie, et ensuite pour dire que seraient poursuivis ceux qui utilisent une image de forces de l'ordre manifestement pour porter atteinte à leur intégrité physique ou psychique. Le rajout du mot manifestement est important, ça veut dire très concrètement que ce qui pourra être poursuivi éventuellement par le juge, c'est s'il y a clairement un appel à la violence, un appel au meurtre qui accompagne des images.

MARC FAUVELLE
Ça veut dire Gabriel ATTAL qu'un citoyen non journaliste qui filmerait ce qui lui semble être aujourd'hui des violences policières, ne pourra pas se faire retirer son téléphone portable par exemple par des forces de l'ordre ?

GABRIEL ATTAL
Non.

MARC FAUVELLE
Il pourra continuer à filmer ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

MARC FAUVELLE
Et il pourra diffuser ? 

SALHIA BRAKHLIA
Il pourra diffuser cette vidéo sur les réseaux sociaux ?

GABRIEL ATTAL
Oui.

MARC FAUVELLE
En direct ou plus tard ?

GABRIEL ATTAL
Oui. C'est ça que ça veut dire.

MARC FAUVELLE
Et que si ensuite cette vidéo est assortie sur les réseaux sociaux de commentaires, par exemple d'une autre personne, dans ce cas-là c'est la justice qui fera retirer la vidéo ?

GABRIEL ATTAL
Bien sûr. Non, enfin, c'est la justice qui analysera qui sont ceux qui font des appels au meurtre et qui utilisent une image pour s'en prendre à quelqu'un, qui éventuellement poursuivra. Ce n'est pas l'État ou la police qui va retirer des vidéos. Tout ça se fait sous le contrôle du juge, c'est important de le rappeler. Et je veux rappeler aussi pourquoi on le fait. Je veux rappeler qu'aujourd'hui vous avez des policiers qui sont agressés, dont l'image est utilisée, véhiculée, et qui parfois sont pourchassés jusqu'à leur supermarché où on les reconnaît et où ils sont victimes d'agressions. C'est important de lutter contre ce phénomène. Et je veux rappeler, deuxième chose, que ce texte de loi ne se résume pas à cet article, mais qu'il vise à renforcer la sécurité des Français, en investissant dans le lien avec nos polices municipales…

MARC FAUVELLE
On en a parlé très longuement, Gabriel ATTAL, rassurez-vous, avec le ministre de l'Intérieur.

GABRIEL ATTAL
… c'est toujours important de le rappeler. 

SALHIA BRAKHLIA
Une dernière question, rapide, puisque Gérald DARMANIN a dit dans la semaine qu'il fallait une autorisation pour les journalistes pour qu'ils puissent couvrir un événement dans l'espace public, une autorisation délivrée par la préfecture, est-ce que ce sera le cas, ou alors c'était une mauvaise idée et il est allé encore une fois trop loin ?

GABRIEL ATTAL
Non mais là aussi les choses ont été clarifiées. Il y a une possibilité qui est donnée aux journalistes, dans le cadre de manifestations, de se "signaler" auprès des forces de l'ordre, pour être identifié.

MARC FAUVELLE
Possibilité ou obligation ?

GABRIEL ATTAL
Une possibilité, il n'y a pas d'obligation.

MARC FAUVELLE
D'accord. La Presse pourra continuer à aller sur toutes les manifestations sans appeler la préfecture avant ?

GABRIEL ATTAL
Evidemment…

MARC FAUVELLE
C'est très clair là-dessus, il n'y a pas débat.

GABRIEL ATTAL
Il n'y a pas de régime d'autorisation pour la Presse à couvrir des manifestations, et heureusement.

MARC FAUVELLE
Pour le coup, Gérald DARMANIN s'est avancé trop loin lorsqu'il l'a dit ?

GABRIEL ATTAL
Non, mais il a tout de suite dit que c'était une possibilité… 

SALHIA BRAKHLIA

GABRIEL ATTAL
Eh bien j'ai vu dans une dépêche AFP que tout de suite ça avait dit. Non mais moi je peux comprendre qu'il y ait des questions etc., je peux comprendre qu'il y ait des débats, et d'ailleurs je suis là pour y répondre, mais pour moi l'important c'est qu'une fois que les choses sont clarifiées, on le dise aussi et que ça puisse permettre de rassurer, parce que c'est des sujets, je sais, auxquels les journalistes sont sensibles, mais auxquels les Français aussi, la liberté de la Presse…

MARC FAUVELLE
Peut-être pas uniquement les journalistes.

GABRIEL ATTAL
Oui, les Français aussi, c'est ce que je dis, la liberté de la presse c'est une valeur fondamentale et évidemment qu'elle doit être protégée.

MARC FAUVELLE
Merci beaucoup Gabriel ATTAL, très bonne journée à vous.

GABRIEL ATTAL
Au revoir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 novembre 2020