Entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, à France 3 Ile-de-France le 12 février 2021, sur le manque de touristes étrangers en région Ile-de-France à cause de la crise sanitaire et l'éventualité d'un passeport vaccinal.

Texte intégral

Q - Il y a toujours le risque que ces vacances soient stoppées avec un confinement, c'est une épée de Damoclès ?

R - En tous les cas, on fait tout pour lutter contre ce variant, pour éviter d'avoir à reconfiner, et les Français ont fait beaucoup d'efforts ; chapeau ! Donc, prudence, vigilance, pendant ces vacances. C'est ce qui nous permettra pied à pied de garder cette liberté de pouvoir se déplacer entre les régions. Donc il est possible de partir en vacances. Ce soir, de nombreux enfants quitteront l'école pour deux semaines.

Q - Pas à l'étranger, ce n'est pas recommandé tout de même ?

R - Effectivement, nous décourageons les déplacements internationaux. Ils se font d'ailleurs uniquement sur motifs impérieux, parce qu'on est là, dans la lutte contre le variant. Et donc, on a besoin encore une fois de limiter la mobilité.

Mais vous savez, la France est pleine de ressources, avec ses paysages. D'ailleurs on le voit, les gens vont à la fois sur le littoral, à la fois à la montagne, et cela se répartit de façon assez harmonieuse.

Q - Et justement, c'est l'occasion aussi de découvrir notre région, l'Ile-de-France, autrement ?

R - Tout à fait. C'est vrai qu'avec cette crise, finalement, je crois que les Français ont redécouvert les trésors. Et moi j'appelle, depuis ce printemps, à ce que, vraiment, la destination bleu-blanc-rouge soit privilégiée par les Français. Et vous le savez, nous avons cette chance d'avoir des patrimoines, des paysages très différents. Avec nos Outre-mer, même, on peut faire le tour du monde en faisant le tour de France, même si, en ce moment hélas, il n'y a pas cette capacité à se rendre outre-mer.

Q - Et malgré tout, notre région l'Ile-de-France-Paris souffre du manque de touristes étrangers. Comment relancer aujourd'hui l'économie parisienne ? On sait que des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu.

R - Bien sûr. C'est vrai que Paris est très dépendant aussi du tourisme d'affaires. Je vais recevoir d'ailleurs dans les prochains jours avec Alain Griset le secteur de l'événementiel, qui est très important à Paris, pour que l'on travaille sur les conditions de la reprise : comment faire ? Et en attendant, on a mis en place des dispositifs massifs de soutien aux entreprises, aux employés, à travers l'activité partielle. Aujourd'hui, on est à...

Q - C'est de l'argent aussi dont ils ont besoin.

R - Oui c'est ça. On en est aujourd'hui, au niveau national, à 16 milliards d'euros qui ont été décaissés en soutien de ces filières du tourisme.

Q - Alors en novembre, plusieurs pays lancent une réflexion sur un passeport vaccinal, en vue des vacances d'été. Qu'est-ce que vous en pensez ?

R - La notion de passeport peut être trompeuse. Qui dit passeport dit autorisation de voyager, ou pas. Donc, conditionner le déplacement au vaccin, c'est un vrai sujet éthique. Donc, la réflexion est peut-être un peu prématurée sur l'aspect passeport. En revanche, on peut peut-être travailler sur des applications qui permettent de mettre ces tests ou son certificat de vaccination, etc, parce que dans la mobilité, lorsqu'on prend le train ou l'avion etc., on peut être amené à produire ce genre de document ; donc, peut-être qu'un outil informatique peut être intéressant.

Q - Un dernier mot, qu'est-ce que vous prévoyez pour ces vingt touristes français bloqués au Costa Rica après un voyage ? Ils ont été testés positifs au coronavirus. Sept d'entre eux sont hospitalisés. Ils demandent à être rapatriés d'urgence. Qu'est-ce que vous allez faire ?

R - On est en lien permanent avec eux, à travers notre ambassade. Et mon cabinet avec notre ambassade également, nous faisons le lien avec leur agence de voyage. Ce qui est sûr est que, tant qu'ils sont positifs, hélas, il est compliqué de les faire revenir, puisque, justement, nous demandons d'ailleurs aux gens qui arrivent en France pour des motifs impérieux, eux-mêmes d'avoir fait un test PCR qui soit négatif. On est en train de s'assurer, en tous les cas, que sur place leurs conditions soient des meilleures.

Q - Merci beaucoup, Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat chargé du tourisme.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 février 2021