Interview de Mme Amélie de Montchalin, ministre de la transformation et de la fonction publiques, à BFM Business le 22 février 2021, sur la réforme de l'Etat et le télétravail dans la fonction publique.

Texte intégral

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Amélie de MONTCHALIN, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, qui est avec nous sur ce plateau, bonjour Amélie de MONTCHALIN.

AMELIE DE MONTCHALIN
Bonjour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci. Une question, vous êtes ministre de la Transformation, de l'Etat, depuis combien de décennies on cherche à transformer l'Etat sans y parvenir ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Alors déjà, pendant des décennies on va chercher à réformer l'Etat, comme si l'Etat était une chose, voyez, un peu exogène, extérieure, et qui fonctionnait pour lui-même. Moi je suis la ministre, je vous le dis, j'ai un objectif, de l'Etat efficace ici et maintenant, comment en 2021 les Français voient la différence dans les délais de traitement de leurs démarches, dans la qualité de la décision qui est rendue pour eux, et comment on réarme nos territoires. Aujourd'hui si on regarde le diagnostic, où on en est, on a un Etat qui a perdu beaucoup, beaucoup de force, en proximité, là où les choses se passent. C'est pour ça qu'on a pris la décision avec le Premier ministre de ré-envoyer 2500 fonctionnaires sur le terrain, dans les départements, dans les régions. Je pense que les Français attendent de nous de l'efficacité, ils attendent des interlocuteurs, ils attendent de la proximité, et donc moi mon enjeu ce n'est pas de réformer l'Etat et de faire des grands concepts, et des grands discours…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce n'est pas de dégraisser le mammouth.

AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui, face à la crise, on a un objectif, une priorité, remettre les bonnes compétences au bon endroit. On a besoin, dans cette crise, que les choses fonctionnent, et il y a des choses qui n'ont pas fonctionné, on les a corrigées.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Lesquelles par exemple ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On a vu des lourdeurs, on a vu parfois des décisions très lentes, trop lentes, dans ce cas-là le politique, qui est chef de son administration, le Premier ministre, le président de la République, nous remettons les choses d'équerre, et nous avançons.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est vrai, Amélie de MONTCHALIN, qu'on a vu beaucoup d'annonces gouvernementales, qui ont été évidemment extrêmement utiles pendant cette période de crise, mais qui n'étaient pas suivies d'effet immédiatement. On a vu beaucoup de chefs d'entreprise qui nous ont alertés parce que, 15 jours, 3 semaines, 1 mois, 1,5 mois après, il n'y avait toujours pas, dans les actes, ce qui avait été dit en paroles.

AMELIE DE MONTCHALIN
Je pense qu'on a beaucoup progressé dans cette crise, justement c'est cette capacité à être efficace, à devenir concret, à dépasser les annonces, les grands mots, et à mettre les choses en face. Effectivement, parfois, ça a pris un peu plus de temps que ça n'aurait dû, et dans ce cas-là nous, vous savez, responsables politiques, on a un devoir, assumer, piloter, corriger, faire que ça avance, ça c'est ma mission, c'est celle que nous nous sommes fixée. On doit aussi être transparent avec les Français, et on a pris une décision majeure, inédite, du jamais vu depuis la Ve République, c'est de publier début janvier sur le site du gouvernement, sur gouvernement.fr., département par département, nos résultats sur les 25 politiques prioritaires de ce gouvernement depuis 2017. Donc, si vous y allez, sur gouvernement.fr, vous rentrez votre code postal, et à l'échelle de votre département vous savez, sur l'emploi, sur la santé, sur le handicap, sur le logement, où nous en sommes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous savez ce qui manque, Amélie de MONTCHALIN ? ça c'est très bien, d'avoir des indicateurs, mais après derrière il faut avoir des sanctions, ou des changements, c'est-à-dire que quand on voit que dans son département effectivement en matière d'aides sociales, ou en matière d'hôpital, on n'est pas très bien classé, pas très bien servi, ce qu'on attend de vous, qui êtes la ministre de la Fonction publique, c'est que derrière vous preniez des mesures pour corriger le tir.

AMELIE DE MONTCHALIN
Première étape, d'abord, le diagnostic, faire transparence pour rétablir la confiance avec les Français, deuxième étape c'est l'action, et donc, avec le Premier ministre, on a annoncé que les préfets auraient tous une feuille de route interministérielle, où à partir des résultats, on allait définir des priorités, et à partir de ces priorités ils seront évalués, parce qu'aujourd'hui on a, sinon, un système qui crée les questions que vous me posez, c'est qu'est-ce qui se passe quand on détecte un problème.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce que dans une entreprise, quand on détecte un problème, on essaie de le changer, et si ça ne va pas on change les hommes.

AMELIE DE MONTCHALIN
Exactement, eh bien ma responsabilité, c'est d'abord le diagnostic, où on en est, que les Français aient la vision de ce qui a progressé et de ce qui n'a pas assez progressé.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On est d'accord, il faut commencer par faire un diagnostic, comme dans une boîte.

AMELIE DE MONTCHALIN
Ensuite on responsabilité, responsabilité, confiance, responsabilisation des préfets, qui vont avoir une feuille de route de l'ensemble des politiques publiques, avec les priorités clairement établies, et ensuite on évalue, et cette évaluation sera, pour les préfets, c'est une grande nouveauté vous savez ce que je vous dis là, ça aura des conséquences sur leur carrière, sur leur rémunération, on va aussi leur donner des moyens…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est-à-dire que vous allez sanctionner les préfets qui n'auront pas les résultats attendus ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On va leur donner à la fois des moyens à la fois humains et budgétaires pour qu'ils puissent réorganiser leurs équipes et agir différemment, parce qu'on ne gère pas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc vous mettez la pression sur les préfets ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Evidemment qu'on met la pression, les Français ils nous la mettent sur nous, les Français ils mettent la pression sur les responsables politiques et ils demandent aux responsables politiques de piloter… cette transformation-là, je peux vous dire que c'est une transformation concrète, qui peut avoir des résultats très rapidement, d'ailleurs on l'a vu sur un certain nombre de sujets, en quelques mois, au cours de l'année 2020, malgré la crise sanitaire, on a fait des grands progrès, mais ma méthode c'est toujours la même, ce n'est pas à des oukases, des grandes circulaires, des grands discours, c'est cibler les choses, territoire par territoire, équipe par équipe, sujet par sujet, et c'est de redonner les moyens à ceux qui sont sur le terrain d'agir, et ensuite d'évaluer les progrès.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Evaluer et ensuite corriger le tir, c'est très concret Amélie de MONTCHALIN. Pour corriger le tir il y a deux solutions, enfin, pour faire en sorte que les gens soient, à la hauteur de leurs résultats, il y a deux manières, soit vous les encourager avec des primes, vous les rémunérez davantage, ou des promotions, soit vous les sanctionnez, vous les faites partir.

AMELIE DE MONTCHALIN
Avec le président de la République, dans quelques jours, dans quelques semaines, d'ici au mois de juin, nous allons annoncer une réforme très profonde sur la manière de gérer cette gouvernance des politiques publiques, sur la manière de gérer les carrières des hauts fonctionnaires. Il y a deux problèmes dans notre pays, qui sont connus depuis longtemps, il y a le sujet du corporatisme, comment l'esprit de corps à un moment donné…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
De l'entre-soi.

AMELIE DE MONTCHALIN
L'entre-soi peut prendre le dessus sur la décision publique, sur la défense de l'intérêt général, et donc ça il faut qu'on y mette fin résolument, et puis il y a le sujet de ce qu'on appelle des rentes à vie, c'est-à-dire que vous avez des gens aujourd'hui dans le système, qui parce qu'ils appartiennent à un corps, progressent dans leur carrière indépendamment de leurs résultats, avec le président de la République ce sujet-là, dans quelques semaines, on le prend à bras-le-corps et on fera des annonces très profondes.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça veut dire quoi concrètement, que vous pourriez virer des fonctionnaires ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Concrètement ça veut dire que tout le système qui entretient le corporatisme, les grands corps, et tout le système de nominations, de progressions, de promotions, d'avancements, qui entretient les rentes à vie, ce sont deux choses que nous allons profondément modifier, ce qu'on a commencé à faire avec les préfets en est le début. Cette réforme-là elle fait suite à deux autres réformes très profondes…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que vous pourrez licencier un fonctionnaire pour insuffisance par exemple ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui on a des mécanismes, qu'on a introduits, de rupture conventionnelle, on doit aussi beaucoup mieux individualiser les parcours, ce n'est pas normal que parce que vous avez passé le même concours à 24 ans, que vous ayez les mêmes carrières, indépendamment de vos résultats, donc on fera les annonces avec le Président, c'est un travail très profond, ça fait des décennies, vous savez, que beaucoup de gouvernements ont fait des grands discours sur le sujet, tout comme ils avaient fait des grands discours sur l'ouverture. Moi, mon enjeu c'est quoi ? C'est qu'on ait une nouvelle génération de fonctionnaires qui représentent davantage la France, que la jeunesse d'aujourd'hui…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça vous le ferez notamment avec les concours dans la Fonction publique, que vous voulez ouvrir avec un peu de discrimination positive.

AMELIE DE MONTCHALIN
Ce n'est pas de la discrimination positive.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Un peu, mais tant mieux.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est la méritocratie républicaine, mise à jour, du XXIème siècle.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, mais pour ça vous savez que parfois il faut un peu forcer le trait et ouvrir davantage les portes à ceux qui en sont exclus.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est exactement ce qu'on fait, on ouvre les portes, on met des moyens, on crée des classes préparatoires partout en France, on s'assure que ceux qui viennent des zones plus rurales, ou des quartiers populaires, où des Outre-mer, aient des moyens concrets, républicains, efficaces, de préparer ces concours, et ensuite de les passer, et ils passeront les mêmes concours, les mêmes épreuves, mais on leur a donné des classes pour que, à la fin de leur prépa ils puissent passer ces concours. Pourquoi ? Parce qu'on veut une nouvelle génération de fonctionnaires, on veut qu'ils soient formés différemment, avec une culture commune, commune aux magistrats, aux policiers, aux pompiers, aux préfets, à l'ensemble de cette haute fonction publique qui doit réapprendre à travailler ensemble, et la crise nous l'a montré, et ensuite qu'on gère différemment les carrières. Ce plan-là….

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Je repose ma question, est-ce que vous n'excluez pas de licencier un fonctionnaire ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Mais, d'abord, il y a des fonctionnaires qui sont, parfois, quand il y a des fautes, évidemment licenciés, sanctionnés, mon sujet aujourd'hui c'est comment la mobilité, l'avancement, la progression dans la haute fonction publique, se fait sur la base des résultats, de la performance, et qu'on mette fin à cet esprit de corps, qui parfois prend le dessus sur l'intérêt général, et à ces rentes à vie qui, je crois, ne correspondent ni à l'efficacité qu'on doit aux Français, ni à cette promesse républicaine qu'on a aussi faite, qui est que c'est le mérite qui gère la carrière, depuis la jeunesse aujourd'hui, qui pense qu'elle peut être sacrifiée, qui pense que parfois les séparatismes et les illusions lui répondent plus que la promesse républicaine, ça c'est-ce qu'on a fait avec le président la semaine dernière, c'est très important.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que cet état d'esprit on pourrait aussi l'avoir dans l'Education nationale, est-ce qu'on pourrait mesurer une école, un lycée, à ses performances, à sa capacité justement à ce que tous les Français, tous les jeunes Français, soient inclus dans le système éducatif ?

AMELIE DE MONTCHALIN
Jean-Michel BLANQUER, depuis 2017, mène, là aussi un exercice inédit, année par année, tous les élèves de CP sont évalués, puis ils sont à nouveau évalués en CE1, puis ils sont à nouveau évalués à la fin du primaire, puis au collège. Pourquoi ? Parce qu'on a besoin aussi de nous donner des repères, on ne peut pas faire des réformes en l'air, on n'est pas là pour se payer de mots…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais vous savez que la France a le triste record, parmi les pays de l'OCDE, du pays qui produit le plus d'étudiants non qualifiés.

AMELIE DE MONTCHALIN
Et on est aussi le pays, et c'est contre ça qu'on se bat, on est aussi surtout le pays où la pauvreté, la reproduction des inégalités, est le plus fort, il faut six générations dans notre pays pour, quand on est né dans une famille pauvre, atteindre la classe moyenne.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ça s'est aggravé depuis 20, 30 ans.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est pour ça qu'avec le président on a fait les choses avec méthode, on s'est occupé de l'école maternelle, et c'est toute la réforme de Jean-Michel BLANQUER, du dédoublement des classes, de la réforme du collège, de la réforme du lycée. Aujourd'hui ma responsabilité c'est que le premier employeur de ce pays c'est la fonction publique, chaque année nous recrutons 450.000 personnes pour renouveler…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce n'est pas trop ? On a parlé de la qualité, là c'est bien, est-ce que quantitativement l'Etat et sa machine n'est pas trop pléthorique dans ce pays ?

AMELIE DE MONTCHALIN
La première chose c'est d'abord ce que les Français veulent faire faire à la collectivité, c'est un choix politique, ensuite mon enjeu c'est de mettre les bonnes compétences au bon endroit, ça veut dire qu'il faut qu'on recrute différemment, et mon enjeu aussi, c'est que face à ce pays, qui reproduit les inégalités, nous devons remettre le mérite, le talent, au coeur de nos recrutements, et donc permettre à tous les jeunes, quels qu'ils soient, quel que soit le lieu où ils sont nés, la famille où ils grandi, de devenir des hauts fonctionnaires, de devenir les cadres de demain, de peser sur l'avenir de leur pays, c'est pour ça qu'on investit, qu'on met des moyens, des moyens inédits. vous savez ce qui va se passer à la rentrée 2021, en septembre, c'est qu'il y a 1700 jeunes, qui vont être dans des classes préparatoires, très encadrés, très soutenus, avec 4000 euros de bourse, avec du tutorat, pour que cette génération, qui aujourd'hui a envie de servir son pays, puisse le faire concrètement, et je crois que c'est vraiment une étape importante, mais qui n'est que le début, comme je vous l'ai montré, d'une réforme profonde de la haute fonction publique.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Allez, on va prendre un exemple d'exemplarité de la fonction publique. Le gouvernement demande aux entreprises que tous les salariés qui peuvent être en télétravail le soient, quel est le pourcentage de fonctionnaires en télétravail aujourd'hui ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On avait défini une cible, 50 % des agents de l'Etat peuvent télétravailler, peuvent le faire parce qu'ils ne sont pas enseignants, ils ne sont pas policiers, ils ne sont pas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Pas derrière un guichet.

AMELIE DE MONTCHALIN
Derrière un guichet, on a aussi l'engagement de tenir la continuité des services publics, on a dépassé ces 50 % la semaine dernière, avec une méthode là aussi très simple…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc à combien là… ?

AMELIE DE MONTCHALIN
On est à 50,3%.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc 50% de fonctionnaires sont en télétravail ?

AMELIE DE MONTCHALIN
D'agents de l'Etat, sont en télétravail, ça veut dire qu'on prend toute notre part, à la fois en augmentant le nombre de jours, en équipant les agents, c'est aussi…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui, en ordinateur, mais ce n'est pas toujours le cas.

AMELIE DE MONTCHALIN
C'est aussi, derrière, un enjeu de culture managériale, c'est aussi ce que je vous disais sur la confiance, la responsabilité, donc on va aussi, nous, avoir un accord, comme on a eu dans le secteur privé, sur le télétravail, dans l'année, c'est un engagement que j'ai pris, très fort, et puis derrière tout ça on réforme aussi notre dialogue social. La semaine dernière on a présenté notamment des avancées sociales majeures, sur la protection sociale complémentaire, tout ça, ça se fait dans cette période parce qu'on met au coeur, le pragmatisme, le dialogue, la confiance et la responsabilité. Donc, le télétravail, on le fait bien sûr pour l'épidémie, mais ça nous permet aussi d'enclencher une réforme profonde de l'organisation, de la confiance dans les organisations publiques. Moi je tiens à vous dire juste, quand même, que dans cette crise, les agents publics, ils sont en télétravail, ils assurent la continuité des services publics, ils assurent le soutien, ils assurent le soutien aux entreprises, et je pense qu'on voit qu'on a un pays qui tient et qui tient parce qu'on redonne des marges de manoeuvre aux acteurs de terrain, c'est mon ambition, les agents publics l'attendent, et ils sont souvent, vous savez, eux-mêmes les premières victimes, des lourdeurs, des lenteurs, de la sur-bureaucratie, donc c'est aussi avec eux qu'on doit changer, et si pour eux ça change, ça changera pour les Français.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Allez, Amélie de MONTCHALIN, ministre de la Fonction publique, et donc de la Transformation, on compte sur vous pour ça, merci d'avoir été avec nous ce matin.

AMELIE DE MONTCHALIN
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 février 2021