Déclaration de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, en réponse à une question sur la Turquie, à l'Assemblée nationale le 23 mars 2021.

Intervenant(s) :

  • Jean-Baptiste Lemoyne - Secrétaire d'Etat au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie

Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Prononcé le

Texte intégral

Merci beaucoup, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, Madame la Députée,

Vous évoquez la détermination ; la détermination, elle est là, naturellement. La France est très vigilante, face au comportement turc, qui est ambigu, il faut le dire ; ambigu, parce que, d'un côté, il y a eu quelques avancées, des déclarations positives, vis-à-vis de l'Europe, parfois vis-à-vis de la France, la Turquie a repris langue avec la Grèce également, dans le cadre, vous le savez, d'un travail sur la délimitation maritime, des pourparlers inter-chypriotes sont en train d'être réenclenchés. Donc, tout cela semble attester d'une volonté de bouger. Mais, dans le même temps, et vous y avez fait allusion, référence, très clairement, nous sommes très préoccupés par la situation des droits de l'Homme, du système politique, judiciaire, en Turquie.

Il y a cette décision de se retirer de la Convention d'Istanbul du Conseil de l'Europe, et se retirer de la Convention d'Istanbul, pour la Turquie, c'est quand même quelque chose ! Ce fut le premier pays à ratifier cette Convention en 2011. Elisabeth Moreno a pu s'exprimer sur ce sujet conjointement avec Jean-Yves Le Drian.

Et puis, ces pressions renouvelées qui ciblent le parti HDP qui sont inquiétantes. Très clairement, donc, il ne peut pas y avoir simultanément de rapprochements entre la Turquie et les Etats européens et d'éloignements sur le plan de l'Etat de droit. Et donc, les chefs d'Etat et de gouvernement aborderont le sujet de la Turquie lors du Conseil européen qui aura lieu les 25 et 26 mars. Cela a d'ores et déjà été évoqué lors du Conseil affaires étrangères, lundi.

Il appartient donc à la Turquie de se déterminer sur le sens qu'elle souhaite donner à cette relation. L'ouverture ne peut être que progressive, proportionnée et réversible à des coopérations, parce qu'encore une fois, la vigilance s'impose à tout moment et la détermination restera, je vous rassure.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 mars 2021

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