Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de l'industrie, à Radio Classique le 2 avril 2021, sur les nouvelles mesures de freinage de l'épidémie de Covid-19 et les vaccins contre le coronavirus.

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Texte intégral

DIMITRI PAVLENKO
Bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Bonjour Dimitri PAVLENKO.

DIMITRI PAVLENKO
Vous vous occupez beaucoup des vaccins en ce moment, évidemment on va en parler, mais d'abord peut-être les nouvelles mesures de freinage. Question que beaucoup de gens se posent - on ne va pas toutes les repasser en détail - mais en substance, c'est un élargissement de ce que vivent déjà les gens dans les 19 départements notamment d'Ile-de-France, des Hauts-de-France, mesures qui sont étendues à l'ensemble du territoire. Question que beaucoup de gens se posent ce matin : est-ce qu'on ne pouvait pas anticiper davantage ? Parce que là, c'est vraiment le casse-tête pour de nombreuses familles. La réorganisation par rapport aux vacances scolaires qui sont décalées, la question est-ce que je peux poser des congés, est-ce que je suis en chômage partiel. Et on a l'impression quand même d'une décision prise dans la précipitation, Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je crois que l'enjeu, et ç'a toujours été le cas depuis le début de la crise, c'est de s'adapter à l'évolution de la circulation du virus. Donc la conséquence immédiate, c'est que les décisions sont prises au plus près des données dont nous disposons, et aujourd'hui on constate une accélération de la circulation du virus, une montée du variant et il faut prendre des décisions. Mais je comprends très bien l'attente des Français d'avoir de la clarté. Nous sommes en train d'y travailler. Typiquement, oui, on peut discuter avec le dirigeant, l'équipe dirigeante de son entreprise pour recaler les vacances scolaires dans la nouvelle période, puisqu'aujourd'hui les vacances scolaires vont être les mêmes pour toutes les zones et cela peut très bien se faire. C'est même plus facile d'organiser le travail en ayant cette homogénéité des vacances scolaires, ç'a été discuté par les organisations syndicales et les organisations professionnelles hier. Oui, si on a des problèmes de garde d'enfant on peut bénéficier du chômage partiel.

DIMITRI PAVLENKO
Pour la semaine prochaine uniquement puisqu'ensuite la période des vacances, des vacances recalées. Là le message du ministère du Travail, c'est de dire : posez plus tôt vos congés, déplacez vos congés. Il y a de plein de gens, des témoignages de gens qui disent : moi on m'a dit que je ne pourrai pas avoir le chômage partiel dans ces semaines-là, ou tout le monde n'a pas forcément des solutions de garde pour les enfants.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Tout à fait, mais c'est pour ça que nous allons faire preuve d'agilité côté administration, et encore une fois c'est aussi un sujet des organisations syndicales et des organisations professionnelles et, pour le coup, il y avait beaucoup d'envie de construire et de co-construire des solutions hier soir dans cette réunion autour d'Elisabeth BORNE, ministre du Travail et de l'emploi.

DIMITRI PAVLENKO
Alors cette question du chômage partiel d'ailleurs qui est un point d'interrogation en ce qui concerne les quinze jours de vacances, est-ce qu'il faut y voir une première limite posée au ?quoi qu'il en coûte? ? On a eu ce chiffre donné par Bercy dès mercredi soir : ça va coûter 11 milliards, ce mois de mesures de freinage généralisé, c'est-à-dire pas plus que le mois de novembre. 11 milliards, c'est un plafond ; on ne veut pas que ça dépasse ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Non, c'est une estimation. C'est-à-dire que Bercy fait son travail et, pour chaque prise de décision, donne un horizon chiffré de façon à ce qu'on fasse très rigoureusement les choses. Mais ce n'est pas un plafond en tout état de cause et je crois que depuis le début de la crise, nous avons toujours accompagné et les entreprises et les indépendants et les salariés. Et vous pouvez chercher en Europe, il n'y a pas beaucoup d'Etats qui sont allés aussi loin dans des dispositions, dans des dispositifs de sécurisation de l'emploi et des entreprises, aussi loin que la France et aussi rapidement.

DIMITRI PAVLENKO
Alors il y a aussi ce cafouillage hier concernant les assistantes maternelles. 19 heures 41 : Matignon annonce qu'elles ne pourront pas garder les enfants. 23 heures : le contraire, on annonce le contraire. Finalement tout ça va être rediscuté. Précisément, ça donne l'impression – et puis je reviens à la sauce - sur l'idée d'une décision prise dans la précipitation. On n'a pas pensé à tous les cas de figure. Or là, c'est précisément le sujet central, celui de la garde des enfants qui est en jeu.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors c'est un sujet qui ne concerne pas tout le monde puisque toutes les familles n'ont pas d'assistante maternelle. Mais c'est vrai que sur le territoire national, on s'aperçoit qu'il y a certaines régions - je pense notamment à la Bretagne - qui ont cette tradition d'avoir des assistantes maternelles, et cela peut avoir des conséquences importantes sur l'organisation du travail dans ce type de régions. Donc là encore, c'est plutôt le témoignage d'une écoute approfondie des partenaires sociaux, c'est-à-dire à la fois il faut prendre des mesures sanitaires qui soient restrictives pour limiter les contacts sociaux et faire en sorte que le virus circule moins. C'est notre intérêt collectif. Mais également tenir compte des situations de terrain particulières et Adrien TAQUET va mener une concertation aujourd'hui avec les représentants des assistantes maternelles, parce qu'elles-mêmes légitimement peuvent être inquiètes pour leur santé.

DIMITRI PAVLENKO
Oui. Elles ont vu cette fameuse étude qui dit qu'il y a plus de contamination chez les assistantes maternelles qu'à l'école.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Donc le sujet, c'est effectivement…

DIMITRI PAVLENKO
Alors qu'on disait le contraire il y a un an.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Le sujet c'est effectivement de clarifier ce point, de voir s'il y a des mesures sanitaires, des protocoles qui peuvent être appliqués et certaines suggèrent plutôt que ce soit sur la base du volontariat. Donc tout ça doit être travaillé et sera travaillé dans la journée. Adrien TAQUET reçoit les partenaires sociaux autour de cet enjeu avec des réponses précises et rapides.

DIMITRI PAVLENKO
Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre déléguée à l'Industrie, vous vous occupez aussi beaucoup de vaccins. Dans Le Figaro, Alain FISCHER ce matin, donc le Monsieur Vaccin du gouvernement, annonce l'objectif de 400 000 injections parjour pendant le mois d'avril. Alors il y a eu cette alerte émise par l'OMS hier qui trouvait que la campagne vaccinale en Europe était d'une lenteur inacceptable. Voilà les mots qui sont prononcés par l'Organisation mondiale de la santé. Elle appelle à renforcer la production, à réduire les obstacles de l'administration à utiliser le maximum de doses. Vous qui vous en occupez, qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ces trois points-là ? La produ ction, les obstacles administratifs l'utilisation maximum des stocks.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors peut-être un mot sur l'OMS d'abord. Deux commentaires. Premier commentaire : l'OMS parle d'Europe au sens très large puisqu'elle inclut notamment la Russie, elle inclut certains pays d'Asie centrale, donc sa perspective est beaucoup plus large que l'Union européenne. La deuxième chose, c'est qu'il y a un hiatus dans cette communication puisque c'est la même OMS qui dit : s'agissant de l'Union européenne, vous avez trop de doses et il faut en donner aux autres pays. C'est juste pour nuancer un petit peu ce propos. Ensuite les trois objectifs que pointe l'OMS sont parfaitement importants et c'est ceux que nous portons-nous. La production : dans quelques jours, la France va démarrer la production de vaccins. Au passage, un petit commentaire : tous ceux qui pratiquent le nationalisme vaccinal et qui disent qu'il faut fermer les frontières - je pense au Rassemblement national, je pense à madame LE PEN - si ç'avait été le cas, dans un pays comme la France qui aujourd'hui n'a pas encore fabriqué la moindre dose de vaccin, ça veut dire zéro vacciné. Je renvoie ça à tous ceux qui critiquent aujourd'hui l'Union européenne.

DIMITRI PAVLENKO
Ça n'a pas de rapport avec les frontières, les vaccins.

AGNES PANNIER-RUNACHER
On peut certainement faire mieux mais la production de vaccins est évidemment clé dans chaque pays, et nos chaînes de production européennes sont en train de monter en puissance. On le voit. Cent millions de doses livrées au premier trimestre fabriquées en Europe. Trois cents millions de doses livrées au second trimestre fabriquées en Europe. Ça, c'est le premier point, donc les chaînes de production. L'administration, c'est le travail qui est portée par Olivier VERAN d'élargir le nombre de vaccinateurs si je peux employer ce terme. Les vétérinaires, les infirmières, les pharmaciens. Donc avoir plus de personnes déployées sur le terrain, dans un plus grand nombre de points, qui puissent aller au plus près des Français pour les vacciner. Et le troisième enjeu, c'est effectivement la confiance dans la vaccination et le fait d'avoir cette dynamique tous les jours, portée d'ailleurs par Olivier VERAN et vous mentionnez l'objectif du professeur FISCHER. 400 000 vaccinés par jour, c'est quasiment ce que nous avons fait vendredi, et tout l'enjeu c'est effectivement d'arriver à cette cadence qui est un gros travail logistique puisqu'en termes de livraisons, le nombre de doses par semaine arrive. Trois millions de doses ont été livrées cette semaine. Nous sommes vendredi, elles ont été livrées. Encore faut-il que ces doses redescendent dans chaque point de vaccination et qu'il y ait des rendez-vous de vaccination en face. Donc c'est tout l'enjeu et toute la logistique que nous portons pour les prochaines semaines.

DIMITRI PAVLENKO
Alors sur la question des vaccins, j'ai d'autres questions mais je suis un peu surpris quand même du lien que vous établissez entre nationalisme vaccinal, qui est une chose, et la question des frontières. Est-ce qu'au contraire la France n'aurait pas gagné, au moins au début de l'épidémie, à fermer ses frontières ? Ce qui ne préjuge en rien de la politique vaccinale, ce sont deux sujets totalement différents, Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je fais référence… Pardon, je me suis mal exprimée. Je fais référence aux critiques qui sont portées contre l'Union européenne sur le fait qu'elle n'ait pas fermé ses frontières pour la circulation des doses de vaccins. Si effectivement chaque pays avait commandé pour sa pomme, et s'il avait fallu dans chaque pays vacciner des doses de vaccin, la France n'en aurait pas été capable. Parce que…

DIMITRI PAVLENKO
Pourquoi dites-vous ça ? Des pays plus petits que nous, Israël, ont commandé massivement et n'ont aucun problème dans l'acquisition des vaccins.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, parce que nous n'avons pas fermé l'exportation vers ces pays-là. Ce n'est pas eux qui fabriquent.

DIMITRI PAVLENKO
Donc vous dites en termes de production…

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je dis : la production si vous fermez les frontières de votre pays, la France aujourd'hui n'est pas en capacité de produire ces vaccins. Elle va démarrer la semaine prochaine.

DIMITRI PAVLENKO
Bien sûr, bien sûr. Oui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Mais elle n'a pas un seul site d'ARN messager.

DIMITRI PAVLENKO
Ç'a le mérite d'être clair, oui.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Je le dis pour l'Europe. Et pourquoi nous avions besoin d'une Union européenne ? C'est pour avoir des chaînes de production européennes. Vous avez une partie qui est fabriquée en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, en France à partir de la semaine prochaine et c'est ça qui fait la force aussi de ce projet européen. C'est ça qui fait la force aussi de l'Union européenne qui approvisionne d'autres pays, parce que la vaccination elle est mondiale.

DIMITRI PAVLENKO
Bien sûr. L'Europe, premier producteur mondial de vaccins sachant qu'on ne produit pas tous les composants d'un vaccin, y compris dans l'Union européenne, Agnès PANNIER-RUNACHER.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Exactement. Alors toutes les composantes d'un vaccin sont produites en Europe. Ce sont les composantes qui interviennent dans des matières premières – flacons, etc - donc qui viennent autour du vaccin qui, en revanche, peuvent venir du monde entier.

DIMITRI PAVLENKO
Agnès PANNIER-RUNACHER, est-ce que la France pourrait éventuellement se passer d'ASTRAZENECA dans les mois qui viennent ? Le docteur FAUCI aux Etats-Unis – alors statut un peu particulier pour ASTRAZENECA là-bas, ils ne sont pas encore approuvés – mais dit : on a les doses, ils vont sans doute être approuvés, a priori on n'aura pas besoin d'eux. Vu les misères que l'on rencontre avec ASTRAZENECA, vous avez vu l'histoire de cette femme à Toulouse qui porte plainte contre X, la famille de cette femme décédée d'une thrombose après une vaccination AstraZeneca. Est-ce qu'il ne serait pas plus judicieux de nous passer d'eux aujourd'hui, Agnès PANNIER-RUNACHER ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors c'est les mêmes qui nous disent que c'est formidable ce qui se passe au Royaume-Uni où la vaccination est essentiellement portée par ASTRAZENECA, qui nous disent : mais en même temps, il faut se passer d'ASTRAZENECA. Je crois que le propos là aussi doit être plus nuancé.

DIMITRI PAVLENKO
Eux ont été massivement fournis aussi par ASTRAZENECA, ce qui est moins le cas pour l'Europe.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Ils ont été massivement vaccinés surtout, massivement vaccinés, et je dirais que la situation sanitaire a l'air plutôt positive et qu'on enregistre des cas de thrombose, mais dans un nombre relativement réduit. Il faut être évidemment extrêmement vigilant mais attention là aussi aux propos. ASTRAZENECA, on en a besoin jusqu'à la fin du premier semestre probablement, parce que c'est un appui important : 1,4 million 4 de doses AstraZeneca cette semaine. C'est en plus un vaccin qui a un mérite : c'est que sa chaîne du froid est relativement simple. C'est une chaîne du froid réfrigérée, donc vous conservez les doses au réfrigérateur. A partir du deuxième semestre, les livraisons vont devenir très importantes en Europe et, effectivement, il n'est pas impossible qu'on n'ait pas besoin de ce recours à ASTRAZENECA. En tout état de cause, ce qu'a fait l'Union européenne c'est avoir un portefeuille de vaccins varié.

DIMITRI PAVLENKO
Mais vous conservez votre confiance en ASTRAZENECA. C'est quand même un message important.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Oui, tout à fait. Moi, je ne suis pas médecin donc je fais confiance à l'Agence du médicament européen. L'Agence du médicament européen, elle a la réputation d'être particulièrement dure dans ses évaluations. On a pu lui reprocher d'ailleurs certaines fois. Moi je crois qu'on doit la sécurité et l'efficacité aux Européens et aux Français. Et l'Agence du médicament européen a été très claire sur le vaccin AstraZeneca en disant que le bénéfice de ce vaccin par rapport aux risques encourus est suffisamment important pour justifier de l'utiliser, et effectivement en émettant des points de vigilance parce qu'il faut suivre après chaque médicament que vous prenez. Vous devez être vigilant sur les effets secondaires éventuels. Mais aujourd'hui, vous avez des millions de personnes, plus de 10 millions de personnes dans le monde – plus que ça - qui sont vaccinées à l'AstraZeneca et vous le voyez : ça se passe très bien et je pense que nous sommes très satisfaits de ce vaccin malgré tout.

DIMITRI PAVLENKO
Agnès PANNIER-RUNACHER, le calendrier vaccinal en substance va s'élargir dans les jours qui viennent pour les personnes de plus de 60 ans, puis plus de 50 ans à un horizon du 15 mai. Est-ce qu'on peut imaginer une divine surprise ? Que finalement on ait plus de doses que prévu et que l'élargissement de la vaccination à tous les adultes qui finalement sera peut-être - c'est la condition à un retour à une vie à peu près normale - puisse intervenir au mieux au début de l'été ? Parce qu'on a cet horizon de l'été mais qui va jusqu'au 21 septembre. Est-ce qu'on a de l'espoir, vous conservez l'espoir que le calendrier vaccinal puisse être accéléré ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Alors 30 millions d'adultes vaccinés d'ici la fin du mois de juin, c'est deux tiers des adultes vaccinés. Donc ça donne une espérance effectivement de réduction de la circulation du virus massive dans les jours qui suivront cette vaccination. Et comme je vous l'ai indiqué, le calendrier de livraison ne cesse d'augmenter puisqu'en fait les chaînes de production se mettent les unes derrière les autres en route. Encore une fois, c'est une prouesse industrielle extraordinaire. C'est long à faire un vaccin.

DIMITRI PAVLENKO
Oui, oui. On est dans l'impatience des derniers instants en fait.

AGNES PANNIER-RUNACHER
On a des transferts technologiques qui prennent du temps. Il faut avoir les experts pour le faire, c'est pour ça que l'enjeu aujourd'hui ce n'est pas un problème de propriété intellectuelle comme on l'entend beaucoup, c'est un enjeu d'avoir les bras et les hommes et les cerveaux pour faire ces transferts et ces démarrages de production. En juin, en juillet, en août, on va recevoir énormément de doses de vaccin et on sera évidemment en capacité de vacciner et je suis très confortable sur l'objectif de vaccination des adultes qui le souhaitent d'ici la fin de l'été. Oui, tout à fait.

DIMITRI PAVLENKO
En résumé, il y a 15 jours à tenir avant que vraiment on soit dans une campagne de vaccination massive. C'est ça le message qu'il faut comprendre ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
On est aujourd'hui dans une campagne…

DIMITRI PAVLENKO
Dès cette semaine ? Dès la semaine prochaine ?

AGNES PANNIER-RUNACHER
Où vous pouvez faire jusqu'à 400 000 doses. On a fait vendredi 400 000 vaccinés par jour. Pour un pays qui a cinq fois moins de populations que les Etats-Unis ça correspond aux 2 millions de vaccinés américains. Donc ce rythme-là, il est en train d'être pris. La difficulté, et je le dis très simplement, c'est qu'aujourd'hui les livraisons sont tendues, et vous imaginez bien qu'une livraison de 500 000 doses de moins - ce qui n'est pas considérable - peut entraîner des grains de sable dans la campagne de vaccination, et après on les récupère. Donc les laboratoires font leur maximum, les livraisons arrivent, mais un jour qui glisse sur une livraison ça ne paraît rien du tout et c'est désorganisant pour la campagne vaccinale, et c'est pour ça que nous suivons ça comme le lait sur le feu. Nous sommes à la manoeuvre et aujourd'hui, 3 millions de doses livrées cette semaine. Voilà, ça arrive et ces doses redescendent pour la vaccination dans tous les centres de vaccination.

DIMITRI PAVLENKO
Merci Agnès PANNIER-RUNACHER. La ministre déléguée à l'Industrie invitée ce matin de Radio Classique. Merci à vous, bonne journée.

AGNES PANNIER-RUNACHER
Merci beaucoup.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 avril 2021