Déclaration de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur les relations avec la Turquie, à l'Assemblée nationale le 13 avril 2021.

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Circonstance : Question au gouvernement à l'Assemblée nationale

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Député,


Vous nous posez une question importante sur la position française à l'égard de la Turquie. Je veux être très clair : c'est une position de fermeté, sur laquelle nous avons progressivement fait bouger l'Europe.

C'est la France et c'est le Président de la République qui, au début de l'année 2020, ont dénoncé les pressions exercées sur la Grèce à la frontière, à notre frontière, exercées et organisées par le Président Erdogan.

C'est le Président de la République qui a pris l'initiative, cet été, avec trois de nos partenaires européens, d'organiser un exercice naval en Méditerranée orientale, pour démontrer notre présence et notre fermeté.

Vous le savez, des négociations européennes se sont engagées, à partir d'une position, d'un consensus, qui n'était pas celui de la fermeté au départ, à l'automne dernier, et nous avons amené l'Europe vers cette ligne de lucidité, d'unité et de fermeté à l'égard de la Turquie, au Conseil européen du mois de décembre 2020, en donnant une alternative extrêmement claire à Ankara : nous ne cherchons pas l'escalade, mais nous défendons nos intérêts.

C'est à la Turquie de nous dire si elle est prête à donner des signaux d'apaisement et de désescalade. Vous avez cité un certain nombre de sujets ou de théâtres dans lesquels cette influence se manifeste, la Méditerranée orientale, la Lybie, la Syrie, et nous l'avons vu, dans d'autres opérations, autour du Caucase, ces dernières semaines ; choisir cette désescalade et donner des signaux d'apaisement clairs, ou choisir de rester dans cette posture agressive et l'Europe sera prête à y répondre. Nous avons préparé un certain nombre de mesures, y compris de sanctions, qui sont activables si besoin.

Depuis que ce Conseil européen s'est réuni, et notamment sous cette pression, il y a eu, il faut le dire, aussi quelques signaux positifs de la part de la Turquie, le retrait des bateaux des eaux territoriales grecques et chypriotes, la reprise des pourparlers avec Athènes, pour la première fois depuis cinq ans, et dans quelques jours, des discussions sur Chypre.

Prenons ces signaux comme des signaux positifs et voyons aussi ce qui s'est dégradé, car il faut être lucide, vous avez cité le retrait de la Convention d'Istanbul que nous avons condamné, vous avez cité la pression politique exercée sur un parti d'opposition. Ce sont évidemment des décisions ou des comportements qui vont dans la mauvaise direction.

C'est la raison pour laquelle nous avons maintenu cette pression et que le Président de la République a demandé qu'au Conseil du 15 juin, nous évaluions la situation de nouveau.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 avril 2021
 

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