Interview de M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, à Europe 1 le 4 mai 2021, sur la vaccination contre le Covid-19 ouverte à tous, le nombre de doses et la défiance autour du vaccin AstraZeneca.

Texte intégral

SONIA MABROUK
Bienvenue à vous et bonjour Olivier VERAN.

OLIVIER VERAN
Bonjour.

SONIA MABROUK
Depuis samedi la vaccination est donc ouverte à tous les plus de 18 ans avec comorbidité sans ordonnance, ni certificat médical, en réalité mais c'est le ministre la vaccination est désormais ouverte à tous.

OLIVIER VERAN
On a fait le choix du bon sens, j'aurai pu demander à 4 millions de Français adultes, jeunes atteints de maladies chroniques d'aller chez leur médecin, embouteiller les cabinets médicaux en pleine vague épidémique pour leur demander une attestation selon laquelle ils auraient une maladie. Là je fais confiance à la fois aux Français et on a eu raison de leur faire confiance depuis plus d'un an, il y aura peut-être des stratégies de contournement mais ce sera à la marge et en même temps aux équipes médicales dans les centres qui sont capables de faire le point avec les gens qui viennent de se faire vacciner. On veut que ce soit simple, l'urgence c'est de vacciner les plus fragiles.

SONIA MABROUK
Vous dites bon sens et pragmatisme, ça veut dire que les centres de vaccination et c'est bien normal ne vont pas mener l'enquête avant de vacciner.

OLIVIER VERAN
Mais ça veut dire qu'il y a des équipes médicales qui ont un entretien médical avec le patient qui vient, la personne qui vient se faire vacciner et qui fait le point sur sa maladie, ne serait-ce que pour vérifier que la maladie dont il souffre est compatible avec la vaccination et encore une fois le choix du pragmatisme c'est ce qui nous permet de vacciner vite et fort. Nous avons multiplié par quatre le nombre de rendez-vous pris dans les centres en l'espace de deux semaines.

SONIA MABROUK
Mais alors pourquoi ne pas dire ce matin clairement que c'est ouvert à tous.

OLIVIER VERAN
Parce que nous prions horizon toujours les gens qui sont les plus à risque…

SONIA MABROUK
Ce n'est pas le cas dans les centres de vaccination ?

OLIVIER VERAN
Nous avons fait le choix d'abord des populations les plus âgées, c'était le risque majeur, ensuite comme l'a dit le président de la République l'autre facteur de risque, le principal c'est l'obésité, c'est pour ça que le président de la République a appelé les personnes qui souffrent d'obésité à se faire vacciner et nous avons ajouté dans la continuité un certain nombre de Français qui souffrent de maladies chroniques qui les exposent au risque de forme grave. La patience des Français, elle est extraordinaire depuis le début et face aux mesures de freinage du virus et face aux règles qui encadrent la vaccination parce que ce que nous voulons c'est d'éviter des hospitalisations, c'est le seul moyen de retrouver une vie plus normale possible.

SONIA MABROUK
Oui mais pourquoi encore une forme d'hypocrisie, une forme de rigidité, Monsieur le Ministre aujourd'hui un jeune adulte qui arrive à se faire vacciner même s'il n'a pas de comorbidité, mais qui veut se protéger vous diriez que c'est un passe-droit ou qu'il a du bon sens et que c'est un bon citoyen ?

OLIVIER VERAN
Mais non je comprends parfaitement et je me réjouis d'ailleurs que les Français soient très nombreux à vouloir se faire vacciner et d'ailleurs ils le pourront très prochainement, le président a annoncé qu'au 15 juin il n'y aurait plus de limite d'âge pour se faire vacciner, dans l'intervalle encore une fois ce qui fait qu'aujourd'hui nous avons beaucoup moins de morts, que ce que nous aurions eu avec la même vague épidémique il y a quelques mois. C'est parce que nous avons vacciné les plus fragiles. Si les hôpitaux qui sont soumis à une pression extraordinaire et que les Français savent soutenir par leurs applaudissements, par leurs encouragements et par leur comportement citoyen, si les hôpitaux n'ont pas explosé pendant la vague épidémique c'est aussi parce que nous avons pu protéger les plus fragiles d'abord.

SONIA MABROUK
Mais vous savez que ce n'est pas ce qui est en train de se passer dans les centres de vaccination. En ce moment ceux qui vont travailler là en terrasse dès le 19 mai, les artistes par exemple qui vont d'ores et déjà commencer à répéter, pourquoi ne pas les protéger tout de suite, pourquoi attendre encore ?

OLIVIER VERAN
Mais la question de l'attente n'est pas de vouloir…

SONIA MABROUK
Si vous avez les doses.

OLIVIER VERAN
On n'est pas dans le supplice chinois, on est aujourd'hui dans l'utilisation de tous les vaccins dont nous disposons au jour le jour, à flux tendu pour pouvoir protéger en priorité les gens qui sont à risque de forme grave et ensuite le temps viendra pour toute la population de se faire vacciner, je vous le promets.

SONIA MABROUK
Il y a des villes comme Bastia, Nice qui ont déjà ouvert les vaccins à tous les adultes pour un retour à la vie normale, ne devriez-vous pas les féliciter pour leur souplesse et leur réactivité ce matin ?

OLIVIER VERAN
Mais je me félicite que certains territoires aient eu beaucoup plus de vaccins que d'autres territoires parce que c'étaient des territoires qui ont fait face à des vagues épidémiques plus précoces qu'ailleurs et que nous avons fait le choix de protéger les populations là où l'épidémie repartait au moment où elle était très territorialisée. Aujourd'hui nous sommes dans une vague épidémique est nationale, qui décline et c'est tant mieux et nous continuons cette stratégie, encore un peu de patience.

SONIA MABROUK
J'essaie de comprendre ce matin, Monsieur le Ministre, ça veut dire que le problème est encore les doses parce que s'il y a suffisamment de doses pourquoi retarder encore ?

OLIVIER VERAN
Mais je peux vous confirmer que si nous avions 50 millions de vaccins qui arrivaient aujourd'hui dans les frigos dans 10 jours nous n'aurions plus de vaccins et les Français seraient tous protégés. Mais rendez-vous compte encore une fois de l'extraordinaire exploit scientifique industriel…

SONIA MABROUK
Mais on s'en rend compte.

OLIVIER VERAN
L'Europe est le continent qui produit le plus, exporte le plus de vaccins au monde.

SONIA MABROUK
Certes mais s'il y a suffisamment de doses pour cet afflux de personnes nouvelle, vous n'allez quand même pas retarder le calendrier si vous avez encore une fois ces doses ?

OLIVIER VERAN
Nous ne retardons absolument le calendrier, j'ai ouvert la vaccination à 4 millions et demi de Français supplémentaires sachant que nous donnons 2,5 millions de rendez-vous de Primo injections par semaine. Donc ça veut dire que sur les 2 prochaines semaines, nous avons de quoi vacciner les personnes qui ont été appelées à se faire vacciner.

SONIA MABROUK
Il reste actuellement précisément un million de doses d'Astrazeneca à écouler, nous en attendons presque 2 millions cette semaine, est-ce que ces millions de doses vont trouver volontaires malgré la défiance par rapport à ce vaccin ?

OLIVIER VERAN
Elle le trouve au quotidien, le meilleur argument Sonia MABROUK, ce n'est pas le que le ministre appelle les Français à se faire vacciner avec Astra, c'est que les médecins libéraux, les pharmaciens d'officine, les infirmières à domicile ont commandé des centaines de milliers de doses de vaccins Astrazeneca, pourquoi, pour protéger leurs patients, c'est le coeur de leur métier de protéger leurs patients notamment les plus fragiles.

SONIA MABROUK
Mais le ratio d'utilisation de ce vaccin est bien inférieur aux autres, c'est la réalité.

OLIVIER VERAN
Il est inférieur même s'il reste supérieur à 70, à 75 % d'utilisation des doses qui ont été reçues.

SONIA MABROUK
Vous attendez cette semaine Monsieur le Ministre l'avis de la Haute autorité de santé afin de permettre aux personnes qui souhaitent bien sûr se faire vacciner avec Astrazeneca, quel que soit leur âge de le faire en signant une décharge, mais si vous répéter ce matin qu'il est efficace, pourquoi une décharge ?

OLIVIER VERAN
La question n'est pas l'efficacité, la question et la tolérance et le risque d'effets indésirables qui peut apparaître notamment chez des gens qui sont plus jeunes. C'est pourquoi nous avions une alerte des autorités européennes et des alertes des autorités sanitaires françaises, certains pays ont fait d'autres choix, certains pays ont suspendu, d'autres pays très peu, très peu la plupart continuent la vaccination Astrazeneca, ils ont raison. Certains pays comme l'Espagne arrive à avoir un taux d'utilisation de l'Astrazeneca supérieur à 90 %, supérieur à 90 %, nous ne sommes pas foncièrement différente des Espagnols il y a pas de raison qu'on n'y arrive pas. Donc c'est le choix de la confiance et ensuite vous avez d'autres pays comme l'Allemagne qui font signer un consentement à leurs patients, en leur disant si vous êtes d'accord pour vous faire vacciner, allons-y, on n'a pas de raison vous le refuser. Moi j'ai saisi l'ensemble des autorités sanitaires qui devront me rendre un avis sur cette question et ensuite nous arbitrerons.

SONIA MABROUK
Oui mais vous gérez quand même le risque judiciaire avec cette décharge.

OLIVIER VERAN
Moi je ne gère pas un risque judiciaire, moi ministre en charge de la santé et de la gestion de la crise sanitaire je gère une épidémie qui a mis la France et le monde à l'arrêt pendant des mois, qui a fait de d'innombrables victimes, qui a rempli nos hôpitaux, mon seul objectif c'est fait en sorte que ça s'arrête.

SONIA MABROUK
Alors pourquoi ne pas dire ce matin clairement que l'Astrazeneca au-delà de l'efficacité est aussi un vaccin sûr et pas de seconde zone ?

OLIVIER VERAN
Le vaccin Astrazeneca est un vaccin efficace sûr chez les personnes chez qui il est recommandé de l'utiliser parce qu'au-delà de cela chez certaines catégories de population notamment des plus jeunes, les autorités sanitaires nous disent on a besoin d'un tout petit peu de temps, s'ils nous disent on peut y aller, c'est bon on y va, moi je serais le plus heureux des ministres.

SONIA MABROUK
Oui mais vous vous rendez compte, Monsieur le Ministre, ce matin un auditeur qui nous écoute et vous allez lui dire donc qu'il va prochainement signer une décharge s'il veut se faire vacciner avec l'Astrazeneca, est-ce le meilleur moyen d'insuffler cette confiance dont vous parlez depuis des mois ?

OLIVIER VERAN
On va remettre un petit peu d'ordre, pour tout Français âgés de 55 ans et plus toutes les autorités sanitaires nous disent qu'ils peuvent et qu'ils doivent parce que c'est dans leur intérêt se faire vacciner avec n'importe lequel des vaccins existants et notamment le vaccin Astrazeneca. La question qui se pose c'est est-ce que pour des gens qui sont plus jeunes chez qui on a pu identifier à travers le monde quelques dizaines de cas de ce qu'on appelle les thromboses veineuses, est-ce que chez ces personnes-là on interdit le recours au vaccin ou est-ce qu'on l'autorise en informant les gens ? C'est ça la question dont on est en train de parler, mais pour la cible vaccinale qui est actuellement invitée à se faire vacciner en Astrazeneca, il n'y a pas de sujet.

SONIA MABROUK
Alors est-ce que vous avez le même pragmatisme avec un autre vaccin puisqu'on a appris que le Danemark qui a abandonné l'Astrazeneca vient d'annoncer le retrait aussi du vaccin Johnson and Johnson dont il a commandé 8 millions de doses quand même, affirmant, je cite, que les avantages ne l'emportent pas sur les risques d'effets indésirables. Est-ce que c'est de nature à vous faire reconsidérer l'efficacité et puis la protection de ce vaccin Johnson and Johnson ?

OLIVIER VERAN
Je ne partage pas les conclusions des Danois et ce n'est pas le ministre qui vous le dis, ce sont les autorités sanitaires, les agences européennes, américaines, nationales qui nous disent que le vaccin Johnson and Johnson en une seule injection vous protège avec une très bonne efficacité.

SONIA MABROUK
Donc il n'y aura pas de changement de pied sur ce vaccin.

OLIVIER VERAN
Il n'y a rien qui justifie qu'on change de pied sur ce VACCIN.

SONIA MABROUK
Pas dans les prochains jours, ni les prochaines semaines ?

OLIVIER VERAN
Je vous dis qu'en l'état des connaissances scientifiques et nous vaccinons beaucoup avec des vaccins Janssen à travers le monde, il y a rien qui justifie qu'on change cela.

SONIA MABROUK
Les Etats-Unis, on fait un tour du monde, sont sur le point d'autoriser le vaccin Pfizer BioNtech à partir de l'âge de 12 ans, Monsieur le Ministre, pour limiter la propagation notamment à l'école, pourquoi ne pas dire clairement également ce matin que les enfants, peut-être les adolescents seront les prochains vaccinés ?

OLIVIER VERAN
Je dis clairement que c'est une question qui est sur la table, j'ai déjà eu l'occasion de le dire.

SONIA MABROUK
Ce n'est pas d'une grande clarté que ce soit sur la table.

OLIVIER VERAN
Un, il ne vous aura pas échappé qu'aujourd'hui on vaccine les gens qui sont âgés de 60 ans et plus, donc on est assez loin des enfants de 12 ans, donc il n'y a pas d'urgence et ce temps qui nous permet de vacciner les gens plus fragiles et les adultes, c'est un temps que nous mettons à profit pour continuer d'avoir des données scientifiques sur l'efficacité et la sûreté du vaccin chez les enfants. Donc on a le temps de vous répondre à cette question.

SONIA MABROUK
Alors le temps ce sont aussi les échéances, tout le monde s'organise pour les Etats du déconfinement, prochaine étape importante le 19 mai, la maîtrise de l'épidémie, elle se poursuit, est-ce qu'elle s'accélère Olivier VERAN ?

OLIVIER VERAN
Elle a tendance à s'accélérer discrètement, on est aux alentours d'une baisse de 20 %, peut-être un petit peu plus de 20 % d'une semaine sur l'autre du nombre de nouveaux cas, donc on devrait bientôt franchir la barre des 20000 cas par jour, ce qui reste à un niveau élevé de contamination. Donc les Français qui nous écoutent ne doivent pas considérer qu'ils sont hors de danger et que l'épidémie est terminée.

SONIA MABROUK
Pourquoi dites-vous ça, il y a des signes qui semblent vous inquiéter de relâchement ?

OLIVIER VERAN
Non mais les causes produisant les mêmes effets produisant les mêmes conséquences, on sait très bien que si on devait relâcher trop vite par rapport au calendrier de déconfinement notamment, qui est un bon calendrier de déconfinement, qui va à un rythme progressif et qui tient compte de la dynamique épidémique et qui nous permettra de réussir et de répondre aux objectifs pour les Français, de leur redonner de la vie dans les meilleurs délais.

SONIA MABROUK
C'est intéressant ce que vous dites, les mêmes effets produisant les mêmes conséquences, mais les mêmes chiffres ne produisent pas les mêmes conséquences puisque vous allez rouvrir sur la base de chiffres sur lesquels vous avez fermé il y a quelques mois.

OLIVIER VERAN
Non. Ce qui est important…

SONIA MABROUK
Factuellement si.

OLIVIER VERAN
Oui, factuellement oui mais ce qui compte ce n'est pas le niveau de contamination…

SONIA MABROUK
Maintenant non.

OLIVIER VERAN
Ce qui compte c'est la dynamique épidémique. Si vous êtes à 20 000 cas par jour et que vous êtes à plus 20 % d'une semaine sur l'autre, vous savez que vous êtes parti, pardon pour l'expression, vous êtes parti pour la gloire et que si vous ne faites rien le virus ne va pas s'arrêter de lui-même. Lorsque vous êtes dans une dynamique de réduction du nombre de cas à moins 20 % par semaine vous savez qu'en l'état actuel des choses le virus a continué à décliner et nous savons aussi que dans 3 semaines, le nombre de réanimation sera plus faible que ce qu'il est aujourd'hui, puisque nous avons 3 semaines de recul. Ce qui veut dire que la charge sanitaire va pouvoir se réduire et donc si vous voulez nous sommes avec deux conditions nouvelles par rapport auparavant, c'est un la vaccination massive des publics les plus vulnérables, qui protège les gens des risques d'hospitalisation et deux, notre capacité bientôt à reprendre les soins programmés de manière à ce qu'il n'y ait pas de perte de chance pour les Français. C'est deux conditions, la vaccination de masse des plus fragiles et la reprise des soins programmés, plus la dynamique baissière de l'épidémie, nous permet d'envisager cette réouverture progressive.

SONIA MABROUK
C'est pour quand la reprise des soins programmés, c'est très important pour ceux qui nous écoutent ?

OLIVIER VERAN
Alors tous les soins programmés n'ont pas été arrêtés, il y a des territoires dans lesquels nous sommes à 30 % de déprogrammation, d'autres dans lesquels nous sommes à 80, aujourd'hui il y a beaucoup trop de malades en réanimation pour pouvoir reprendre les soins de la bonne manière et en sécurité, mais nous savons que dans les semaines qui viennent le nombre de réa va baisser et donc à mesure que les places se libèreront nous pourrons à nouveau réopérer des malades.

SONIA MABROUK
C'est important.

OLIVIER VERAN
C'est très important pour les Français qui n'ont pas le Covid et qui attendent aussi de leur système de soin qu'il les protège.

SONIA MABROUK
Olivier VERAN, à partir de quel moment puisque nous sommes dans les calendriers et les dates, on va retirer le masque, alors que de plus en plus de spécialistes et vous serez d'accord s'accordent à dire qu'il n'y a quasiment aucun risque à l'extérieur. Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin un objectif de contrôle de l'épidémie à partir duquel vous diriez c'est fini le masque à l'extérieur ?

OLIVIER VERAN
Ce que nous savons assurément c'est que la vaccination protège les formes graves. Ce que nous pensons très fortement, ce n'est pas tout à fait pareil mais nous pensons très fortement, c'est que la vaccination protège bien du risque de contamination et donc de diffusion du virus et donc du risque d'épidémie. Ainsi ça veut dire que quand vous avez suffisamment de Français qui seraient vaccinés, nous pourrions alors baisser la garde entre guillemets.

SONIA MABROUK
Oui mais…

OLIVIER VERAN
Ce que je peux vous promettre, Sonia MABROUK, je ne peux pas vous donner de date aujourd'hui ça ne serait pas honnête de ma part et je peux vous promettre que quand la date qui nous permettra d'envisager sereinement la fin des gestes barrières, de nous retrouver, d'arrêter la distanciation sociale, d'enlever le masque sera arrivée, nous n'attendrons pas 24 heures, nous le dirons immédiatement.

SONIA MABROUK
Ça risque d'être…

OLIVIER VERAN
J'espère que ça sera cet été, j'espère sincèrement que ce sera cet été.

SONIA MABROUK
Voilà une date.

OLIVIER VERAN
Vous savez que je ne me suis jamais livré même si cela peut paraître frustrant, je peux le comprendre, au jeu des prédictions parce que rien n'est pire que de dire aux Français quelque chose dont on n'est pas sûr que ça arrive, en tout cas ce n'est pas ma façon de concevoir la politique.

SONIA MABROUK
Justement vous parlez de politique, une question un peu plus politique à présent, Renaud MUSELIER qui a fait cet accord dès le 1er tour avec La République En Marche, ce n'était pas évident à deviner Monsieur le Ministre une telle proximité quand on l'écoutait parler de vous notamment et c'était il y a quelques semaines à votre place, je vous propose de l'écoutez.

RENAUD MUSELIER
Avec le Ministre de la Santé, nous n'avons jamais aucune réponse. Ils ont l'arrogance et la prétention de savoir qu'ils ont raison.

SONIA MABROUK
Arrogance, prétention, dites donc ce n'était pas une alliance très cohérente à l'entendre.

OLIVIER VERAN
Une réponse en deux temps si vous me permettez, rapide sur la forme et le fond. Sur la forme, ce n'est pas à un ancien député socialiste que je suis, qui va vous apprendre qu'on peut ne pas s'entendre parfaitement sur le plan personnel et travailler ensemble. Et puis sur le fond beaucoup plus important c'est le dépassement qui continue, c'est le dépassement qui en 2017 a vu un grand nombre d'élus de droite et de gauche appeler à voter pour Emmanuel MACRON. C'est un dépassement qui se fait aujourd'hui par la droite dans une région donnée et je souhaite qu'elle se fasse à gauche dans d'autres territoires.

SONIA MABROUK
Dépassement, c'est l'effacement de la gauche et d'ailleurs celle que vous incarnez vous, l'aile gauche, elle est où Monsieur le Ministre, elle est inodore, incolore, inexistante ?

OLIVIER VERAN
Ce n'est absolument pas l'effacement, Sonia MABROUK, la gauche que j'incarne au gouvernement, alors je ne personnalise pas, enfin excusez-moi c'est ce gouvernement qui a fait le quoiqu'il il en coûte, il y a quoi comme mesure sociale plus forte que le quoiqu'il en coûte, qui consiste à prendre en charge les salaires de millions de Français qui ne peuvent pas travailler, qui consiste à prolonger la trêve hivernale jusqu'au coeur de l'été, qui consiste à mettre en même temps en place le plus grand plan d'investissement de 19 milliards d'euros pour nos hôpitaux, d'augmenter les salaires de 9 milliards d'euros pour un million et demi de soignants qui en avaient bien besoin et pour 85 % d'entre eux des femmes, qui dans le même mouvement met en place le reste à charge zéro, qui fait qu'on ne paye plus pour ses lunettes, pour bien entendre, pour bien manger, qui fait le plus grand plan de soutien de toute l'histoire …

SONIA MABROUK
Si vous avez besoin de le dire, c'est que vous savez que beaucoup ne le perçoivent pas.

OLIVIER VERAN
Non, ce que je vais vous dire par là, Sonia MABROUK, c'est que la gauche, la social-démocratie qui a vocation à ce que ses idées perdurent dans le débat politique, sa chance de les voir perdurer est d'être entre guillemets au pouvoir en 2022, c'est Emmanuel MACRON, c'est pas dans une alliance avec la gauche… qui n'a rien en commun avec la social-démocratie. Et ça je peux vous dire que c'est un travail aussi de conviction que nous faisons mais nous le faisons par le combat des idées et nous le faisons par les actions concrètes. Et notre bilan social j'en suis très fier.

SONIA MABROUK
Et on comprend que vous allez peser aussi sur le plan politique, Monsieur le Ministre de la Santé.

OLIVIER VERAN
Ce n'est pas une question de peser, c'est une question de faire, Sonia MABROUK.

SONIA MABROUK
Eh bien on verra tout ça à l'épreuve des faits. Merci Olivier VERAN d'avoir été notre invité ce matin, bonne journée à vous.

OLIVIER VERAN
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 mai 2021