Interview de Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, à CNews le 15 avril 2021, sur le maintien du télétravail et du dispositif de chômage partiel, la vaccination notamment en entreprise et la réforme de l'assurance chômage.

Texte intégral

LAURENCE FERRARI
Bonjour Madame BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

LAURENCE FERRARI
Bienvenue dans « La matinale » de CNews. Le président met la pression pour la réouverture progressive à partir de la mi-mai, est-ce qu'il faut y croire ? Vous allez participer à la réunion ce soir, évidemment puisque vous êtes concernée au premier chef pour les entreprises.

ELISABETH BORNE
Absolument, je pense que c'est important, et c'est ce que le président de la République souhaite faire, de donner des perspectives aux Français et aux entreprises sur la réouverture des établissements qui sont fermés, par exemple les bars, les restaurants. Moi je suis particulièrement concernée par les règles qu'on a mis en place dans les entreprises pour protéger les salariés au sein des entreprises, c'est les règles qui sont dans le protocole sanitaire en entreprise, c'est par exemple le télétravail systématique dès que c'est possible, c'est aussi la suspension, si on peut dire, des moments de convivialité, des pots en entreprise, le fait qu'on doit manger tout seul à sa table à 2 mètres de ses collègues quand on va dans les restaurants d'entreprise, évidemment on n'a pas envie de vivre durablement avec ce type de règles, et donc l'objectif c'est que dès que la situation sanitaire le permettra, on puisse alléger ces règles, par exemple celles sur le télétravail, où on sait qu'il y a beaucoup de salariés qui nous disent que le télétravail cinq jours sur cinq…

LAURENCE FERRARI
Oui, qui souffrent de ce télétravail.

ELISABETH BORNE
C'est très difficile à vivre, il y a de l'angoisse, il y a un sentiment d'isolement, donc moi mon objectif c'est qu'on puisse progressivement redonner la main aux discussions au sein des entreprises, comme le prévoit le protocole national qui a été signé entre les organisations patronales et syndicales sur le télétravail.

LAURENCE FERRARI
Mais à partir de la mi-mai, vous y croyez, les voyants sont encore au rouge, explosion des contaminations, services de réa saturés, variant brésilien, est-ce que le président MACRON peut tenir sa promesse d'ouverture à la fois dans les entreprises, mais les bars et les restaurants, et tous les lieux qui sont fermés aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, c'est dans un mois, on va espérer que les mesures qu'on a mis en place vont porter leurs effets, et puis, voilà, il faut arriver à se projeter, on a tous aussi envie de retrouver une vie la plus normale et d'avoir ces perspectives pour la suite.

LAURENCE FERRARI
Mais est-ce que ce n'est qu'une hypothèse, Bruno LE MAIRE dit « c'est une hypothèse la mi-mai », est-ce qu'on va encore nous faire attendre 15 jours, voire 1 mois ?

ELISABETH BORNE
Evidemment on ne va pas prendre de risques, il faut absolument arriver à casser la dynamique de l'épidémie, réduire le nombre de cas, protéger aussi nos services hospitaliers, en fonction de l'évolution de la situation on pourra caler la date effective de sortie de cette crise.

LAURENCE FERRARI
Il y a un allégement des dettes des entreprises qui est à l'étude à Bercy, ce n'est pas complètement votre dossier, mais est-ce que vous y êtes favorable, afin que la reprise puisse se faire ?

ELISABETH BORNE
Enfin moi je suis favorable à ce qu'on trouve la bonne façon d'accompagner les entreprises dans la sortie de crise, comme on le fait depuis le début de la crise, en protégeant massivement les entreprises, les emplois, et évidemment on va continuer à assurer cette protection des Français.

LAURENCE FERRARI
Néanmoins la fin des aides se profile pour tous ceux qui étaient effectivement aidés, à partir de quand, quelles catégories seront concernées en premier par la baisse des aides qui sont allouées pour l'instant ?

ELISABETH BORNE
Vous savez, depuis le début de la crise, on a un seul mot d'ordre, c'est de protéger les Français, en particulier les plus fragiles, quoi qu'il en coûte, et on a mis en place des aides massives, voyez, par exemple, ça fait plus d'un an que c'est l'Etat qui assure la rémunération de millions de Français chaque mois avec l'activité partielle, au cours de ce mois ils seront plus de 3 millions à bénéficier de l'activité partielle, et moi je vous annonce ce matin qu'on a décidé de maintenir les règles de l'activité partielle tout au long du mois de mai, c'est des règles qui sont très protectrices pour les salariés et pour les entreprises, donc on est vraiment très attentif à ne pas retirer trop vite ces aides. Et puis on protège aussi les demandeurs d'emploi, depuis la fin octobre on a prolongé les allocations de tous ceux qui avaient épuisé leurs droits, c'est plus de 500.000 demandeurs d'emploi qui sont concernés, on a mis en place des aides exceptionnelles pour les travailleurs précaires qui enchaînent habituellement des contrats courts et des périodes de chômage qui n'ont pas pu travailler en 2020, vous savez, il y a une aide qui permet de leur assurer un revenu minimum de 900 euros par mois, là encore c'est près de 600.000 demandeurs d'emploi qui en bénéficient. Et puis j'ai annoncé, en début de semaine, qu'on allait aussi ouvrir l'activité partielle pour les saisonniers, qui travaillent habituellement pendant la saison touristique, pour que les entreprises n'hésitent pas à les embaucher, et là aussi on veut donner des perspectives, c'est aussi un message d'optimisme, on a tous envie de souffler, tous envie de profiter de l'été, des bars, des restaurants, et on veut permettre aux professionnels et aux saisonniers de préparer au mieux ces réouvertures.

LAURENCE FERRARI
Alors, vous aviez déjà dit ça pour les stations de ski, vous avez engagé à embaucher les saisonniers, le bilan est quand même assez désastreux pour les professionnels de la montagne.

ELISABETH BORNE
Ah bah vous savez, c'est près de 30.000 saisonniers qui ont pu être embauchés, pendant l'hiver, pour la plupart d'entre eux ils ont été placés en activité partielle, donc je pense que ça a été très utile, et c'est pour ça qu'on renouvelle cette mesure, pour les saisonniers qui travaillent pendant la saison d'été, pour à la fois sécuriser les contrats de ces saisonniers, et puis je vous dis, en même temps, permettre aux entreprises de se projeter, de préparer la saison, dont on souhaite tous profiter.

LAURENCE FERRARI
Alors, comment on motive des employeurs à embaucher alors qu'ils n'ont pas de visibilité, ne serait-ce que sur le prochain mois ?

ELISABETH BORNE
Eh bien on leur dit vous embauchez des salariés, et jusqu'à ce que l'activité reparte, donc c'est prévu jusqu'à fin juin, on prendra en charge la rémunération de ces saisonniers au travers de l'activité partielle, et moi je sais qu'il y a beaucoup, effectivement de professionnels, qui pouvaient craindre de perdre leurs saisonniers, que celui qui n'a pas de nouvelles, qui n'a pas d'assurance d'avoir son contrat, fasse autre chose, et qu'au moment où on veut rouvrir les restaurants ils ne soient pas là, donc là on leur dit non, non, vous pouvez les embaucher et puis vous les placez en activité partielle, et comme ça ils peuvent se préparer pour la prochaine saison, dont on veut tous profiter.

LAURENCE FERRARI
Mais si ces saisonniers n'ont pas trouvé d'autres emplois ailleurs, dans d'autres formations, donc il va y avoir peut-être un problème de recrutement de ces saisonniers. Il faudra aller taper chez les jeunes, les étudiants ?

ELISABETH BORNE
Je vous dis, on y est vraiment attentif, d'abord il y a des gens qui sont prêts à se mobiliser pour effectivement cette réouverture des bars, des restaurants, et là on crée toutes les conditions pour que les employeurs puissent embaucher et que tout le monde soit prêt pour la prochaine saison estivale.

LAURENCE FERRARI
Le télétravail, évidemment ça c'est l'un de vos dossiers, quel pourcentage de télétravail en France, est-ce qu'on est arrivé à l'objectif que vous vous étiez fixé ou pas du tout ?

ELISABETH BORNE
On est quasiment revenu au niveau du confinement en novembre, c'est-à-dire qu'il y a 67 %, pour être très précis, de ceux qui peuvent facilement télétravailler, qui télétravaillent, et on a eu une très forte augmentation ces dernières semaines, dans nos dernières enquêtes, de ceux qui sont à 100 % en télétravail, donc moi je voudrais le dire, les entreprises, très massivement, les entreprises et les salariés, jouent le jeu, je pense qu'ils ont bien compris que, être en télétravail ça réduit les risques de contamination de 30 %, et que c'est donc très important si on veut casser la dynamique de l'épidémie.

LAURENCE FERRARI
Mais est-ce qu'on peut faire encore mieux ? On parle de diverses entreprises qui ne jouent pas le jeu.

ELISABETH BORNE
Voilà, sur les prochaines semaines, il faut vraiment mettre le paquet, on est un peu dans la dernière ligne droite, là, pour profiter à fond du télétravail, il y a effectivement certaines entreprises qui ne jouent pas le jeu, vous savez, il y a eu près de 30.000 interventions de l'Inspection du travail en entreprises, évidemment quand on est sur une entreprise qui a besoin de conseils, c'est d'abord ce qu'on fait, mais ceux qui ne jouent pas le jeu, qui ne respectent pas les consignes du gouvernement, elles s'exposent à des sanctions, et on a eu plusieurs dizaines de mises en demeure pour ces entreprises qui ne jouaient pas le jeu.

LAURENCE FERRARI
La vaccination en entreprise, évidemment elle n'est toujours pas au rendez-vous, il n'y a pas de doses déjà dans les centres de vaccination, donc il n'y en n'a pas dans les entreprises, est-ce qu'il y a un plan prévu, d'approvisionnement de ces entreprises ?

ELISABETH BORNE
Alors, moi je souhaite que les entreprises prennent toute leur part dans la vaccination contre la Covid-19, comme elles le font tous les ans dans la vaccination contre la grippe, c'est pour ça que dès le mois dernier, alors qu'on est encore sur une population très ciblée, qui peut bénéficier de la vaccination, on a permis aux entreprises de commencer à se mobiliser, on a un tiers des médecins du travail qui ont déjà vaccinés des salariés, et puis évidemment, au fur et à mesure qu'on élargit la population qui peut être vaccinée, on va s'assurer que les entreprises peuvent se mobiliser et jouer vraiment tout leur rôle dans cette vaccination.

LAURENCE FERRARI
Un tiers des médecins du travail qui a vacciné, ça représente combien de personnes vaccinées ?

ELISABETH BORNE
Alors, c'est quelques dizaines de milliers, donc on n'est pas encore au niveau que moi je souhaite qu'on puisse atteindre, mais, vraiment, les entreprises sont très motivées, les salariés aussi, c'est vraiment leur simplifier la vie de pouvoir être vacciné dans l'entreprise, et on y travaille avec le ministère de la Santé.

LAURENCE FERRARI
Les soignants sont prioritaires évidemment sur la vaccination…

ELISABETH BORNE
Bien sûr.

LAURENCE FERRARI
On espère que les enseignants le seront aussi un jour, mais les autres, caissiers, livreurs, employés de première ligne, est-ce qu'ils seront prioritaires ?

ELISABETH BORNE
Oui, oui, absolument, ça fait vraiment partie des sujets dont on discute en Conseil de défense, d'être attentif aux populations, et le président de la République l'avait bien dit, à ceux qui sont les plus exposés, qui l'ont été depuis le début de la crise, et on va, enfin l'objectif c'est de permettre rapidement à ces populations, qui sont plus exposées face au virus, de pouvoir bénéficier de cette vaccination.

LAURENCE FERRARI
Il y a aussi à la réforme de l'Assurance chômage qui fait débat, une partie de la réforme voulue par le gouvernement est entrée partiellement en vigueur au mois de novembre 2019, mais certains des volets ont été reportés, j'aimerais juste qu'on parle de l'UNEDIC qui a effectué des simulations, qui a montré que deux salariés, avec des périodes de travail identiques, à rémunération égale, ne toucheront pas la même chose s'ils ont été placés ou non en activité partielle. Comment est-ce que vous allez y remédier ?

ELISABETH BORNE
Alors, écoutez, c'est très simple, moi dès que j'ai eu connaissance de cette étude de l'UNEDIC, qu'on a reçue un petit peu tard, j'ai demandé à mes services…

LAURENCE FERRARI
C'est-à-dire, tard ?

ELISABETH BORNE
Enfin quelques jours avant la publication du décret, j'ai demandé à mes services de prendre contact avec l'UNEDIC pour qu'on règle ce problème, et c'est ce qu'on va faire.

LAURENCE FERRARI
Parce que ce n'était pas normal qu'on ne touche pas la même chose si on a été placé en…

ELISABETH BORNE
Non, non, mais ce n'était pas du tout l'objectif, en activité partielle ou pas, on n'a pas choisi d'être en activité partielle, et donc vraiment l'objectif c'est qu'on ne soit pas pénalisé, on va travailler dans les prochains jours avec l'UNEDIC pour trouver une solution.

LAURENCE FERRARI
Est-ce que vous voulez, oui ou non, baisser l'allocation du congé maternité ?

ELISABETH BORNE
Ah mais pas du tout, non, non, mais ce n'est vraiment pas…

LAURENCE FERRARI
C'est ce que disent les syndicats.

ELISABETH BORNE
Non, non, ce n'est absolument pas l'objectif. Vous savez, la réglementation de l'Assurance chômage c'est quelque chose de compliqué, c'est 400 pages, donc là il y a un effet qui ne correspond pas à ce qu'on souhaite faire, et donc on va le corriger.

LAURENCE FERRARI
Avec la même chose pour les femmes enceintes, qui toucheront la même chose…

ELISABETH BORNE
On n'a aucune raison d'être pénalisé dans son allocation chômage si on a été en congé maternité ou si on a été placé en activité partielle, donc on va adapter les règles pour que l'allocation soit la même, y compris quand on a été placé en activité partielle.

LAURENCE FERRARI
Un mot de la santé mentale des Français, le président MACRON a annoncé, lors de sa visite à Reims hier, la mise en place d'un forfait de 10 séances chez les psys pour les enfants, les jeunes, qui ont été affectés, vous vous occupez aussi des jeunes, avec le plan « 1jeune, 1 solution », où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
Ecoutez, c'est vraiment une des priorités du président de la République, la jeunesse, avec l'objectif que nos jeunes ne soient pas les victimes de la crise, c'est pour ça que dès…

LAURENCE FERRARI
C'est comme ça qu'ils se ressentent !

ELISABETH BORNE
Bien sûr, mais il faut les accompagner. Dès le mois de juillet on a lancé le plan « 1jeune, 1solution », c'est 9 milliards d'euros pour aider les jeunes à trouver un emploi, un apprentissage, une formation, et puis pour accompagner aussi ceux qui ont plus de difficultés pour accéder à l'emploi, moi je vous annonce par exemple ce matin que 200.000 jeunes ont déjà pu s'engager, depuis le début de l'année, dans des parcours d'insertion vers l'emploi, notre objectif c'est qu'il y en ait 1 million sur l'année 2021, et vraiment de ne laisser aucun jeune sur le bord de la route. C'est pour ça que, pour aller plus loin, le président de la République et le Premier ministre m'ont demandé de travailler sur ce qu'on peut appeler une « garantie jeune universelle », l'idée c'est que chaque jeune qui a des difficultés pour accéder à un emploi doit pouvoir avoir un accompagnement personnalisé et bénéficier, s'il en a besoin, d'une aide financière de l'ordre de 500 euros par mois.

LAURENCE FERRARI
Il y a un enjeu autour des jeunes, a priori ils auraient fait leur choix pour 2022, on a deux études, IPSOS et IFOP, qui montrent que les 25-34 ans ont fait du Rassemblement national leur choix numéro 1, c'est une classe d'âge qui est touchée par la désillusion, c'est la « start-up Nation » qui tourne le dos à Emmanuel MACRON ?

ELISABETH BORNE
Vous savez, moi je suis très consciente que quand on est un jeune, a fortiori dans la période actuelle, ça peut être compliqué de trouver son chemin, de trouver sa place dans la société, mais je dis aux jeunes, regardez bien, Marine LE PEN elle ne propose rien pour la jeunesse, et je le redis, la jeunesse c'est la priorité du président de la République, on fera tout pour qu'aucun jeune ne reste sur le bord de la route.

LAURENCE FERRARI
Marine LE PEN est votre adversaire principale pour la présidentielle, il n'y en n'a pas d'autre, il n'y aura que ce duo, duel, MACRON-LE PEN ?

ELISABETH BORNE
Tous ceux qui veulent porter des propositions, évidemment sont les bienvenus, moi je vous dis simplement que, sur ces sujets, l'accompagnement économique de notre pays, l'accompagnement des gens qui sont en difficulté, l'accompagnement des jeunes, Marine LE PEN elle n'a aucune proposition.

LAURENCE FERRARI
Un mot sur votre état de santé, comment allez-vous, vous avez été hospitalisée pour le Covid, on est à quelques semaines après, est-ce que vous allez mieux, est-ce que les forces reviennent ?

ELISABETH BORNE
Je vais nettement mieux, je récupère, mais je crois qu'il faut que chacun soit conscient que ce virus c'est grave et que chacun d'entre nous, et moi je suis sportive, donc je n'imaginais pas que ça pouvait secouer à ce point, peut effectivement être très affecté par cette maladie, et qu'ensuite il faut du temps pour récupérer.

LAURENCE FERRARI
Du temps pour retrouver une activité…

ELISABETH BORNE
Pour retrouver son souffle, pour…

LAURENCE FERRARI
Ses capacités pulmonaires.

ELISABETH BORNE
Voilà, absolument, absolument, mais enfin en tout cas, moi je pense vraiment, parce que je crois que, vraiment, c'est un peu derrière moi maintenant, même s'il faut du temps, à tous les Français qui sont aujourd'hui en train de se battre contre ce virus, je pense vraiment à eux.

LAURENCE FERRARI
On va malheureusement passer le cap des 100.000 morts dans les prochaines heures, des centaines de milliers de familles qui sont endeuillées, il y a des morgues qui sont saturées, les délais sont parfois de 20 jours pour pouvoir inhumer les défunts, comment est-ce que, encore une fois, on peut aider ces personnes dans la souffrance, qui parfois aussi n'ont pas pu accompagner leurs mourants à l'hôpital en raison des mesures très strictes concernant le Covid ?

ELISABETH BORNE
Moi j'ai vraiment une pensée pour toutes ces familles qui ont été endeuillées, ça montre que cette épidémie c'est beaucoup de drames personnels, et puis, comme vous le dites, de familles qui n'ont pas pu avoir l'accompagnement qu'elles auraient souhaité de leurs proches, et c'est des sujets dont on parle souvent autour du président de la République, on cherche la façon dont on pourra prendre un moment pour rendre hommage à toutes ces victimes, et aussi à leurs familles qui sont dans la souffrance.

LAURENCE FERRARI
Ça serait quoi, un temps de commémoration, un mémorial qui serait érigé pour les victimes du Covid ?

ELISABETH BORNE
Il faut qu'on y travaille et qu'on y réfléchisse, mais, vraiment, je pense que c'est important qu'on garde cette mémoire, ce souvenir, de toutes ces personnes qui sont décédées depuis le début de la crise, et qu'on puisse vraiment envoyer un message de soutien, de solidarité, à ces familles.

LAURENCE FERRARI
100.000 morts c'est absolument monstrueux, vous avez imaginé à un moment, il y a un an, qu'on pouvait en arriver à ce bilan désastreux ?

ELISABETH BORNE
Je crois, vous savez, que cette épidémie elle s'est prolongée au-delà de ce que tous les pays avaient pu imaginer, et c'est pour ça que la vaccination c'est vraiment fondamental, pour qu'on puisse sortir de cette crise et reprendre la vie la plus normale possible.

LAURENCE FERRARI
Merci beaucoup Elisabeth BORNE d'être venue ce matin sur Cnews.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 avril 2021