Extraits d'un entretien de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État au tourisme, aux Français de l'étranger et à la francophonie, à France Info le 7 juillet 2021, sur les destinations de vacances en France et à l'étranger et l'accueil des touristes étrangers notamment Britanniques et Américains suite à l'épidémie de Covid-19.

Texte intégral

Q - Bonjour Jean-Baptiste Lemoyne.

R - Bonjour.

Q - La Catalogne vient de décider de fermer ses discothèques. Elles rouvrent, d'ailleurs, je précise, après-demain, en France. On va en reparler. Est-ce qu'il faut renoncer d'abord quand on est français de prendre ses vacances en Catalogne ou au Portugal ou au Royaume-Uni ? Tous nos voisins chez qui l'épidémie est en train de flamber à nouveau ?

R - Tout simplement, moi, je fais la promotion d'abord de l'été bleu-blanc-rouge et j'incite les Français, déjà, à redécouvrir la France, à faire le choix de la France. Mais naturellement, s'ils veulent se déplacer à l'étranger, je pense qu'il est très important d'être bien informé. Et donc, nous avons mis en place, en fait, une carte du monde qui cartographie les pays en trois couleurs. Les pays en couleur verte sont des pays dans lesquels on peut aller, qui sont sûrs. Il y a les pays oranges et les pays rouges qui sont, là, décommandés naturellement, sauf motif impérieux.

Q - Dont fait partie par exemple le Royaume-Uni qui est en rouge sur votre carte.

R - Le Royaume-Uni est en orange sur notre carte. Cela veut dire que, par exemple, nous n'accueillons du Royaume-Uni que les personnes vaccinées pour les vacances. Donc, on fait un choix très fort de sécurité sanitaire en disant : vous êtes britannique, vous n'êtes pas vacciné, vous ne pouvez pas venir en vacances en France. A ce stade, on est sur ce type de dispositif. Et tout ça pour dire à vos auditeurs que c'est très important de se renseigner, s'informer.

Les conseils aux voyageurs sur le site du Quai d'Orsay, très utiles. Cette carte. Et puis aussi ce sont des moments où justement on se rend compte aussi de combien les agences de voyages sont utiles, parce que voyager en ce moment, c'est complexe ; la mobilité, ce n'est pas facile, même si on a mis en place le certificat numérique européen - on pourra y revenir -. Et donc, n'hésitez pas aussi à faire confiance à ces agences de voyages.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, est-ce que d'autres mesures sont à venir, type fermeture de frontières y compris avec nos voisins européens ?

R - On essaye de travailler dans un cadre qui soit coordonné entre Européens.

Q - Vous y pensez apparemment.

R - On est en France déjà sur la mise en place du tester-tracer dans les endroits où on détecte des clusters.

Q - Ça, ça fait deux ans que c'est mis en place.

R - Dans les Landes, un des premiers départements qui était touché, on a mis en place plus de vaccins, plus de testing et ça reflue. Voilà.

Q - Si ça explose en Espagne, là demain, vous fermez la frontière ?

R - Il faut regarder. On a un Conseil de défense tout à l'heure, donc, je veux dire, on regarde la situation de l'ensemble des pays dans le monde. Peut-être faudra-t-il intensifier les tests aléatoires. Je ne peux pas vous donner les mesures qui ne sont pas encore prises.

Q - Ce n'est pas exclu alors ?

R - Non, non.

Q - Cela fait partie des choses qui seront discutées tout à l'heure à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron ?

R - Attention ! Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Ce que je veux dire, c'est qu'on regarde attentivement la situation dans chacun des pays et en fonction, on adapte. On a toujours été pragmatique. Peut-être faut-il intensifier les tests aléatoires, cela peut être une piste. Mais encore une fois, je ne pourrai pas me prononcer avant que le Conseil de défense se réunisse, que le Président envisage les différentes options.

Ce qui est sûr, c'est qu'encore une fois il y a un seul remède : c'est la vaccination et c'est aussi cette course entre la vaccination et le variant Delta, parce que c'est crucial de continuer. On a vu qu'à un moment il y a eu un pas qui a été franchi. Là, Olivier Véran l'a signalé : on repart sur une dynamique meilleure en termes de prise de rendez-vous.

Q - 40 % de rendez-vous en plus.

R - Et donc, je le dis aussi à votre micro, à vos auditeurs, franchement, le virus peut tuer. Le vaccin, il est là pour vous sauver. Donc, allez-y, n'hésitez pas.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, vous dites "vive les vacances tricolores". Ceci étant, le variant Delta court aussi dans nos régions. Est-ce que vous avez donc des préconisations concernant les régions qui sont plus particulièrement frappées par le variant ? Provence-Alpes-Côte d'Azur ?

Q - Je précise que le variant est désormais à plus de 50% des contaminations en Ile-de-France, plus de 60% dans la région PACA.

R - Maintenant, on a tous le recul de 18 mois de pandémie et on voit bien qu'au fur et à mesure, un variant prend le pas sur le précédent ou sur la souche. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a d'un côté forcément une sorte de marche irrémédiable du variant pour devenir dominant semble-t-il. Ce qui compte, c'est de faire en sorte que cela ne se traduise pas par plus d'hospitalisations, etc...

C'est pour cela que la vaccination est clef. Et on le voit au Royaume-Uni : ils en sont à 25.000 cas par jour, ils anticipent les 50.000 d'ici quinze jours. Pour l'instant heureusement, il n'y a pas la même traduction en termes d'augmentation des hospitalisations.

Q - Les hospitalisations commencent à augmenter assez sérieusement. Et il y a la crainte également d'une hausse exponentielle sur les hospitalisations au Royaume-Uni.

R - C'est pour cela que d'une part, 1/ la vaccination. Et puis 2/ vacances, ça rime aussi avec prudence et vigilance. On a souvent le réflexe effectivement de la crème solaire, il faut garder le réflexe des gestes barrières. Je crois que c'est très important.

Certes, c'est l'été, certes on a tous envie, je pense, de s'aérer, de s'oxygéner, de décompresser, mais restons encore prudents. Et d'ailleurs, pour le rappeler aux Français, on déploie deux mille médiateurs, justement, Anti-Covid, qui vont sillonner les plages, les littoraux, les sites touristiques pour faire de la prévention, pour inciter aussi les Français à se vacciner.

Q - Ils vont servir à quoi ces médiateurs ? Ils vont dire aux Français de s'écarter un peu sur les plages ou ils vont leur dire d'aller se faire vacciner ?

R - Bien sûr. Non, non, un médiateur est là pour, quand il voit une situation qui n'est pas optimale, dire de prendre des précautions, d'inciter à aller se vacciner parce qu'on met en place aussi... On va vers les gens, on va vers les touristes.

Q - Et le vaccin va vers les gens ? Est-ce que le vaccin arrive sur la plage ?

R - Oui, parce qu'on met en place un certain nombre de sites dans les destinations touristiques pour permettre aux gens de faire leur première dose ou leur deuxième dose. On a en plus réduit le délai à trois semaines entre les deux doses. Donc, on fait tout pour aller vers les gens, faciliter ce processus parce que c'est la clef de tout.

Q - Ça veut dire, je schématise un peu, on pourra se faire vacciner en allant à la plage sans rendez-vous ? Il y aura des barnums, des centres de vaccination dans des lieux touristiques ?

R - Oui, oui, oui. Ce ne sera pas forcément à côté de la plage. Ce que je veux dire, c'est qu'on s'est organisé pour déployer plus de doses dans les destinations touristiques, pour mettre en place ces médiateurs. Donc, il y a tout un dispositif qui est incitatif.

Q - Mais c'est quoi ? C'est marchand de glaces et à côté distribution de doses, c'est ça ? Facile ?

R - Non, mais je vois l'image est raccourcie. Ce que je veux dire, c'est qu'on met plus de doses. On met des sites parfois d'ailleurs itinérants. Certains territoires mettent en place des vaccinobus. Bref, chaque territoire s'adapte. Les ARS s'adaptent mais la logique, c'est : on va vers les gens et donc on va aussi vers les touristes.

Q - Et tout ça, c'est dès maintenant, Jean-Baptiste Lemoyne ?

R - Eh bien ça y est. La saison estivale, elle est partie : donc c'est parti.

Q - Encore une précision, vous parliez de la Grande-Bretagne : Boris Johnson rouvre tout le 19 juillet. Qu'est-ce que vous nous dites ce matin ? "N'allez plus à Londres, c'est risqué" ?

R - Ecoutez, pour l'instant le territoire britannique est placé en orange. Ce que je veux dire, c'est qu'il faut toujours prendre des précautions et quand on est territoire orange, c'est la vaccination qui est la clé, notamment, pour voyager.

(...)

Q - Beaucoup de liens entre notre pays par exemple, et les Etats-Unis. Les Etats-Unis sont en vert du côté de la France, c'est bien, ça...

R - Tout à fait, nous accueillons les voyageurs américains.

Q - Sur cette fameuse carte qu'on peut retrouver sur le site du Quai d'Orsay, en revanche nous, nous sommes en orange du point de vue américain. Où en sont les négociations entre nos deux pays pour que nous basculions en vert, nous aussi ?

R - Alors effectivement, il y a une asymétrie parce que, voilà, nous on dit "bienvenue"...

Q - Aux Américains.

R - "Welcome back". Hélas la réciproque...

Q - Mais nous, nous ne sommes pas les bienvenus là-bas.

R - La réciproque n'est pas encore vraie, donc je peux vous dire que c'est naturellement un sujet qui était porté auprès d'Antony Blinken, qui était de passage à Paris il y a quelques jours...

Q - Le chef de la diplomatie américaine.

R - Jean-Yves Le Drian sera, lui-même, aux Etats-Unis, la semaine prochaine, et donc il continuera d'inciter les autorités américaines à évoluer parce que les faits sont là. Il faut se baser sur des faits rationnels, c'est ce que disait Antony Blinken. Et rationnellement nous sommes aujourd'hui avec des taux d'incidence qui sont autour de 20. Donc, on est quand même dans une situation qui s'est largement améliorée et qui, à mon avis, peut permettre la reprise des déplacements, y compris de la France vers les Etats-Unis.

J'ajoute que cette situation est très pénalisante pour les Français établis aux Etats-Unis, dont certains ont des permis qui peut-être ne leur permettraient pas de revenir aux Etats-Unis s'ils revenaient en France pour une période de vacances. Et donc, c'est très pesant pour la vie de famille, pour la vie de ces Français établis aux Etats-Unis.

Q - Il n'y a pas de calendrier ?

R - Ecoutez... Antony Blinken évoquait une décision dans les prochaines semaines. Donc, j'espère que les prochaines semaines, ça se compte sur les doigts de la main et pas des deux mains.

Q - Et surtout si le variant Delta continue de progresser en France et que nos taux d'incidence remontent, ça aussi, ça pourrait faire capoter les discussions entre nos deux pays ?

R - Ce qui est sûr, c'est que les autorités, où qu'elles soient dans le monde, prennent leurs décisions sur la base d'éléments rationnels, liés aux taux d'incidence, etc., etc. Donc, forcément, ce combat contre le variant est là. C'est pour ça que je suis relativement optimiste - parce qu'on est armé, on a le vaccin -, mais un optimisme combatif parce qu'il faut continuer à lutter contre ce variant.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, c'est à partir d'aujourd'hui que les tests deviennent payants pour les touristes étrangers ?

R - Tout à fait, il s'agit là d'une mesure de réciprocité parce qu'en fait la France était une exception européenne, voire mondiale, avec ses tests gratuits...

Q - Donc, nous nous alignons ?

R - Et donc, partout dans le monde les tests sont payants. On a mis des tarifs qui restent très accessibles...

Q - 49 euros le test PCR...

R - 29 euros le test antigénique et 49 le PCR. Il se trouve que là je fais un tour d'Europe pour faire la promotion de la destination France. J'ai pu voir que les tests chez nos voisins sont plutôt à 100, 110, 120, 130 euros. Donc, c'est pour ça que je dis qu'on reste concurrentiel de ce point de vue-là.

Q - Mais pour rester attractif vis-à-vis des touristes étrangers, c'est ça l'idée ?

R - En tous les cas c'est, on met un tarif parce que...

Q - Venez chez nous c'est moins cher, c'est ce que vous dites.

R - Oui, avant c'était "venez chez nous c'est gratuit ", maintenant c'est "venez chez nous c'est moins cher", voilà.

Q - Je précise que ce sont pour les touristes étrangers en France, et toujours gratuit pour les Français...

R - Tout à fait, pour les Français, ou pour les Français établis hors de France qui reviennent en France.

Q - Olivier Véran consulte aujourd'hui les organisations de personnels de santé, demain ce sera au tour de Jean Castex avec les associations d'élus, sur un projet de loi visant à rendre obligatoire la vaccination pour les soignants. Vous avez l'impression que cette vaccination-là fait consensus, aujourd'hui ?

R - On a entendu les prises de parole, dans le journal, d'un certain nombre de mouvements politiques. Je pense que s'agissant des soignants, cette idée chemine dans un certain nombre de forces politiques ou de forces économiques et sociales. Hier, cela a été évoqué lors de conférence sociale que le Président de la République accueillait...

Q - Parce que la décision est prise, Jean-Baptiste Lemoyne, c'est fait, c'est pris.

R - Il y a de la concertation encore cet après-midi, donc dès lors que cela concerte, on ne peut pas dire...

Q - Mais il y a un consensus qui se dessine... C'est pour l'assentiment, là... C'est fait.

R - A un moment, quand on est soignant, on dédie sa vie à sauver celle des autres, donc par définition, d'un point de vue éthique, l'idée c'est de ne pas les mettre en risque. Donc, je crois que beaucoup, dans la communauté médicale, souscrivent à cette idée.

Q - Et le calendrier, c'est la raison d'ailleurs pour laquelle il faut un consensus, c'est qu'il faut un consensus entre le Parlement, dominé par la République en marche, et le Sénat dominé par la droite, pour qu'il y ait un texte commun qui soit validé très vite, c'est ça ? Avant les vacances parlementaires ?

R - Voilà, encore une fois, la concertation se poursuit, cet après-midi, donc...

Q - C'est quoi, c'est texte en Conseil des ministres ce mercredi, puis session extraordinaire, à la fin ? Le texte est voté pour que cela aille vite parce qu'il y a le variant ?

R - Ce n'est pas à l'ordre du jour du Conseil des ministres de ce jour, me semble-t-il...

Q - La semaine prochaine ?

R - Mais donc la concertation se poursuit cet après-midi, et à l'issue, j'imagine qu'Olivier Véran pourra faire des annonces.

Q - Olivier Véran qui met en garde contre une quatrième vague dès la fin de ce mois. C'est vraiment cela, on est dans une course contre la montre.

R - Oui, on l'a vu, parce que, d'ailleurs, les courbes pour les publics, entre vingt et quarante ans, sont en train de repartir à la hausse, en termes de nouveaux cas. Donc, on voit bien que les effets de ce variant, qui se caractérise par une plus grande contagiosité, se font sentir dès maintenant. C'est pour cela que, au risque d'être un peu lourd, je le dis, il n'y a pas 36 façons de s'en sortir et de reprendre une vie normale, parce qu'on a tous repris goût, avec les étapes successives de réouverture, à une vie normale. Si on veut garder cela, il n'y a pas de mystère, il faut qu'on soit très massivement vacciné.

Q - Mais est-ce que c'est tout de même bien prudent, Jean-Baptiste Lemoyne, de rouvrir les discothèques, je rappelle qu'elle ferme en Catalogne, dans deux jours seulement, en France ?

R - Alors, je précise qu'on a également un protocole sanitaire très strict, avec le pass sanitaire. Cela veut dire que pour accéder à la discothèque, vous devez prouver que, soit vous êtes vacciné, deux doses, quinze jours, soit que vous avez un test négatif, soit que vous êtes immunisé. Donc, vous êtes là avec un public qui, grâce au pass sanitaire, certifie qu'il n'est pas porteur du virus. Donc, c'est une précaution extrêmement forte, qui fait d'ailleurs aussi qu'un certain nombre d'établissements, la majorité des établissements, de ce que j'ai cru comprendre, a fait le choix de ne pas rouvrir...

Q - ...vont rester fermés.

R - Voilà, donc cela se fait dans des conditions très encadrées...

Q - Parce que le pass sanitaire est d'habitude obligatoire pour les lieux d'accueil de plus de mille personnes, mais ce n'est pas le cas pour les discothèques, là il n'y a pas de limite de taille.

R - Tout à fait. Depuis le début, on fait ce choix de réouverture avec beaucoup de précautions sanitaires. Je me suis rendu, la semaine dernière, les croisières rouvraient, je peux vous dire qu'ils ont mis en place, également, des protocoles très sérieux, béton, et puis...

Q - Pour le coup, pour les croisières, puisque vous en parlez, pardon de vous couper, mais à Marseille, des milliers de personnes ont embarqué, pas de vaccin obligatoire à bord, un test négatif suffit.

R - Oui, c'est le principe du pass sanitaire. Si vous avez un test négatif, vous êtes négatif, donc vous êtes une personne sûre.

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, dans quel état, aujourd'hui, se trouve le secteur du tourisme ? De mémoire, il y avait 18 milliards annoncés, l'année dernière, pour ce plan tourisme...

R - Et depuis, le compteur a beaucoup tourné. On en est à 30 milliards aujourd'hui, de mesures de soutien au secteur du tourisme. Il faut dire que l'année dernière, nous avons perdu 50% de nos recettes internationales. Donc, c'est un manque à gagner qui est considérable pour le secteur du tourisme...

Q - Mais il reprend là le secteur, il va mal ?

R - Non, il reprend. Un certain nombre de secteurs, soit de destinations, soit par exemple, les gîtes, les meublés, l'hôtellerie, dans le littoral, connaissent de très forts taux de réservations. Dans les campings c'est pareil, les résidences de tourisme, c'est pareil. Avec souvent, d'ailleurs, des réservations qui sont supérieures à celles de 2019, et 2019 était une année déjà, elle-même, record. Donc, les clignotants sont plutôt au vert. Maintenant, on a une clientèle internationale qui revient, grâce aux Européens ; et avec Atout France, on a lancé une campagne de promotion de la destination France, autour de l'idée de ce qui compte vraiment après le virus, c'est se retrouver entre amis, en famille, en France, et cela fonctionne bien. Par exemple, on profite, quelque part, de nouvelles envies. Après le virus, on se rend compte qu'il y a une envie de tourisme en circuit court, et ça, ça profite à la France, compte tenu de notre situation géographique, plus de Belges, plus de Suisses, qu'auparavant, par exemple.

Q - Et plus de Chinois, bientôt ?

R - Alors, les clientèles asiatiques, soyons clairs, il faudra attendre 2022. On voit bien que, pour l'instant, ce n'est pas l'ambiance, parce que les conditions de retour, dans leur propre pays, sont assez draconiennes. Donc, je pense qu'avant le Nouvel An chinois 2022, on n'aura pas encore ces clientèles.

Q - Parce que vous doutez aussi de certains vaccins, du côté de la Chine, du côté de la Russie, ou pas ?

R - Alors, il est vrai que, à ce stade, nous ne reconnaissons que les vaccins homologués par l'EMA, qui est l'instance européenne, et cela veut dire que certains vaccins ne sont pas reconnus, le vaccin russe, le vaccin chinois, parce que nous n'avons pas encore d'éléments scientifiques qui ont été partagés par ces nations, sur l'efficacité de ce vaccin. Certains territoires qui ont été massivement vaccinés, par exemple, avec des vaccins chinois, manifestement, font face à des vagues très violentes de variant Delta, ce qui conduit parfois, par exemple, à les placer en rouge. Donc, il faut regarder les faits, scientifiquement, et d'ailleurs, on demande à ce que les nations qui produisent ces vaccins partagent cela avec la communauté scientifique mondiale.

Q - Une dernière question sur le secteur du tourisme. On parlait tout à l'heure de ces trente milliards d'euros d'argent public injectés dans le secteur. Ce "quoi qu'il en coûte", il va durer jusqu'à quand ? Vous allez enlever la perfusion ?

R - Ces dispositifs, on les a rechargés pour faire face aux prochaines semaines et aux prochains mois. Le Parlement vient d'adopter une loi de finances rectificative. Quinze milliards d'euros sont prévus pour l'ensemble des secteurs économiques qui demeurent plus affectés, et parmi eux, notoirement le tourisme. Cela permet de prolonger le fonds de solidarité. On a d'ailleurs élargi les acteurs qui peuvent y prétendre. Désormais, dès que vous perdez 10% de chiffre d'affaires, vous pouvez y prétendre. Egalement, continuer un certain nombre de dispositifs, ce qu'on appelle les coûts fixes, etc. Parce qu'en fait, je vais vous dire, depuis le début de la crise, le Président a une obsession, avec le Premier ministre : c'est maintenir les emplois, les talents, les entreprises. C'est cela qui nous permettra de rebondir vite et fort. Et d'ailleurs, on le voit, le rebond est là, il est à portée de main, donc je pense qu'on a bien fait. Ce n'est pas de l'argent perdu...

Q - Les aides, jusqu'à quand donc ?

R - C'est de l'investissement pour l'avenir, donc pour l'instant, ça se poursuit selon les dispositifs. C'est variable d'un dispositif à l'autre mais jusqu'à la fin de l'été, et après, il faudra faire un point pour regarder où on en est, naturellement.

(...)

Q - Jean-Baptiste Lemoyne, merci beaucoup, secrétaire d'Etat chargé du tourisme et des Français de l'étranger. Bonne journée à vous.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 juillet 2021