Interview de Mme Nathalie Élimas, secrétaire d'État à l'éducation prioritaire, sur LCI le 9 août 2021, sur la mise en place du passe sanitaire, la crainte des restaurateurs, le 4e week-end de manifestations et le protocole sanitaire de rentrée dans les écoles et les établissements scolaires.

Texte intégral

JULIE HAMMETT
On accueille notre invitée, ce matin c'est Nathalie ELIMAS, secrétaire d'État chargée de l'éducation prioritaire. Merci beaucoup d'être avec nous, face à vous Bastien AUGEY du service politique de LCI. On va revenir bien sûr sur le pass sanitaire puisqu'aujourd'hui, à partir d'aujourd'hui il est obligatoire dans les restaurants, dans les bars, dans les cafés, dans les trains, et les avions. Alors on imagine qu'au sein du gouvernement il y a une forme de satisfaction, est-ce qu'il n'y a pas aussi un petit peu d'inquiétude là avec toutes les tensions, les interrogations que ça suscite ?

NATHALIE ELIMAS
D'abord bonjour à toutes et à tous, effectivement le pass sanitaire élargi va entrer en vigueur ce matin, c'est important de rappeler, pass sanitaire élargi parce que finalement ça n'est pas d'une première aujourd'hui, on a déjà une expérience puisqu'il était déjà en place dans certains lieux. Donc bien sûr on entend l'inquiétude notamment des commerçants, des restaurateurs, les cafetiers qui vont devoir le mettre en place mais globalement nous sommes confiants puisque c'est un outil qui encore une fois est déjà en vigueur, il est simple et finalement c'est assez rapide et facile d'utilisation.

JULIE HAMMETT
Alors juste un mot quand même sur la période de rodage puisqu'il doit y avoir une période de rodage, de tolérance, c'est ce que dit le gouvernement là pendant une semaine, ça veut dire quoi concrètement il n'y aura pas de sanctions cette semaine ?

NATHALIE ELIMAS
Non ce qui prévaut c'est cette semaine, c'est la souplesse et vous le dites très justement, vous l'avez dit très justement, toute cette période-là, toute cette semaine est une semaine de rodage qui va permettre aux utilisateurs eh bien à la fois de le mettre en place pratiquement, de voir comment ils peuvent s'ajuster au mieux pour que cela soit vite opérationnel et puis pour mettre en place également les contrôles. Donc il y aura, oui de la tolérance et de la souplesse tout au long de la semaine pour que tout se passe bien. Vous savez l'idée, c'est pas de mettre de la sanction absolument, je rappelle quand même que ce pass sanitaire, c'est un outil supplémentaire comme on a eu les tests antigéniques, les tests salivaires, comme on a le vaccin, eh bien aujourd'hui on a ce pass. rappelons-le, il a une seule vocation c'est de protéger la santé des Français et donc il faut absolument tendre collectivement vers cet objectif et encore une fois cette semaine avec beaucoup de souplesse pour que les choses se passent au mieux.

BASTIEN AUGEY
Vous entendez quand même la crainte des restaurateurs, beaucoup disent on va perdre du chiffre d'affaires, si jamais c'est le cas est-ce que le Gouvernement est prêt à apporter des aides supplémentaires, des aides financières aux commerçants, aux restaurateurs ?

NATHALIE ELIMAS
Alors oui bien sûr qu'on entend là la crainte des restaurateurs mais j'entends également certains restaurateurs qui vous disent que, eh bien, finalement c'est vrai que c'est une contrainte, personne ne le nie, ce sont des contraintes supplémentaires mais qu'ils préfèrent l'appliquer plutôt que de prendre le risque d'être à nouveau dans des mesures de freinage extrêmement difficiles comme on les a connues précédemment. Je rappelle ces couvre-feu, eh bien, là aussi si on avait une perte de chiffre d'affaires voire même le confinement donc vraiment, il faut raison garder.

BASTIEN AUGEY
Pardon vous allez les aider ?

NATHALIE ELIMAS
Effectivement ce sont les discussions qui devraient avoir lieu, ça a été dit notamment par Bruno LE MAIRE à la fin du mois d'août.

JULIE HAMMETT
Alors on continue à voir ces manifestations qui grossissent d'ailleurs ? 4e week-end consécutif de manifestations, 230 000 personnes rassemblées en France au coeur de l'été, est-ce que vous vous attendiez quand même à ce que ce pass braque autant une partie des Français ou divise en tout cas autant au coeur de l'été, là ça fait beaucoup quand même, ce n'est pas rien de 230 000 personnes ?

NATHALIE ELIMAS
Oui c'est vrai, c'est préoccupant, ces manifestants ils sont là maintenant chaque semaine notamment depuis 4 semaines. simplement moi je veux être dans l'apaisement, si je puis dire, j'entends parler de clivage, j'entends parler d'une France contre l'autre, moi je souhaite que l'on écoute et que l'on entende la majorité de ces manifestants parce que finalement ce sont des Françaises et des Français qui sont de bonne foi, qui viennent là parce qu'ils ont des questions, parce qu'ils n'ont peut-être pas compris correctement les choses, aussi parfois parce qu'ils sont un peu trop disons-le sur les réseaux sociaux où circulent des informations sinon douteuses et parfois complotistes et donc il faut les écouter et il faut les entendre. Et il faut les amener avec beaucoup de pédagogie à entendre l'intérêt de la vaccination et l'intérêt de ce pass sanitaire. Encore une fois ça n'est qu'un outil et surtout ce qu'il faut dire aussi et ce qu'il faut rappeler, c'est que finalement c'est borné dans le temps ça n'entre pas dans le droit commun, normalement si tout se passe bien et on croise les doigts, nous espérons que ça ira dans le bon sens, le 15 novembre le pass sanitaire ne devrait plus être en vigueur. Donc c'est ça qu'il faut le dire à ces Français-là et vraiment je mets de côté la minorité finalement, cette minorité activiste peut-être complotiste, en tout cas extrêmement violente, celle-ci bien sûr que nous la condamnons collectivement et qu'il faut le faire, mais la majorité des manifestants, eh bien, je crois en simplement besoin qu'on discute, qu'on les entende et qu'on discute encore avec eux.

BASTIEN AUGEY
Excusez-moi mais vous dites il faut apaiser en même temps est-ce qu'il n'y a pas aussi une part de responsabilité du Gouvernement ? Du président de la République qui ont eu souvent des mots très durs avec les manifestants. Olivier VERAN encore hier parlait d'un magma d'anti vax, anti science, anti-Etat, le chef de l'Etat aussi a eu des mots très durs, est-ce que votre Gouvernement n'a pas aussi un moment donné stigmatiser ceux qui ne sont pas d'accord avec le pass sanitaire ?

NATHALIE ELIMAS
Je reviens sur ce que je viens de vous dire si vous permettez ? Les discours du président de la République ou encore effectivement d'Olivier VERAN hier ne s'adressent pas aux manifestants et aux Français dans leur ensemble, ils s'adressent à celles et ceux qui ont des mots très durs, des mots très violents, des mots racistes, des mots antisémites, des actes d'une extrême violence. Je rappelle ces guillotines qui ont été installées dans les Landes, ces élus qui sont victimes d'intimidations, qui reçoivent des balles par exemple à leur domicile, ces pharmaciens qui sont traités de collabos, ces mots durs effectivement ils sont à destination de ceux-là et de ceux-là seulement, donc il faut être parfaitement clair là-dessus.

JULIE HAMMETT
Donc pareil je voulais vous faire réagir quand même à l'une des images du week-end, le parquet qui a ouvert une enquête sur cette pancarte au message manifestement antisémite, c'était lors d'une manifestation à Metz ce samedi, ça pour vous c'est marginal, ça concerne très très peu de gens cette radicalisation ou on est quand même face à un mouvement qui globalement se radicalise un petit peu avec des actes violents comme ça qui se répète ?

NATHALIE ELIMAS
Le mouvement se radicalise mais finalement ça n'est pas que ce mouvement, on l'a vu aussi malheureusement à l'occasion des manifestations notamment des gilets jaunes ou encore une fois à l'origine il y avait des Français qui venaient avec des revendications parfaitement légitimes. Et puis sont venus s'agréger des extrémistes, le mouvement aussi rappelons-le est quand même récupéré politiquement par des hommes politiques majoritairement qui se revendiquent comme étant des responsables politiques et qui n'ont rien de responsables politiques et qui au contraire sont totalement irresponsables, la preuve. Donc on voit ce genre de pancartes où on a vu des étoiles jaunes, on a vu des images de femmes et d'hommes grimés de la moustache d'Adolf HITLER et tout cela est absolument évidemment condamnable, il faut le condamner et il faut lever collectivement pour dire non évidemment à ces actes-là. Mais je pense sincèrement que ça reste minoritaire et ce que nous devons, je crois aussi pointer du doigt, eh bien ce sont ces hommes politiques qui encore une fois instrumentalisent, jettent de l'huile sur le feu et ne font qu'aggraver la situation plutôt que justement appeler au rassemblement parce que je vous rappelle que notre ennemi dans cette affaire c'est un virus, c'est un virus qui touche bon nombre de Français, qui tue. Il faut aussi penser à quelque 112 000 familles endeuillées par exemple, on n'en parle jamais.

JULIE HAMMETT
Bien sûr.

NATHALIE ELIMAS
Mais voilà je crois que c'est cela qu'il faut d'abord mettre en avant.

JULIE HAMMETT
Madame la Ministre, on va aussi parler de ce virus contre lequel il faut lutter également à l'école, la rentrée va arriver très vite, 34% des 12-17 ans ont reçu une dose donc devraient être a priori pour la rentrée totalement vaccinés, c'est finalement assez peu mais vous vous dites pas de pass sanitaire on est d'accord, ni au collège, ni au lycée, ni dans les écoles, pourtant est-ce que ça n'inciterait pas un petit peu les jeunes aussi à aller se faire vacciner ?

NATHALIE ELIMAS
Non il n'y aura pas de pass sanitaire à l'école, ça c'est extrêmement clair. Il y a aujourd'hui c'est vrai trop peu de jeunes qui sont vaccinés, je rappelle qu'ils ont été les derniers finalement à l'endroit de qui la vaccination a été ouverte, donc ça explique effectivement ce chiffre qui est encore assez faible. Néanmoins pour la rentrée il n'y aura pas en général de pass sanitaire à l'école, nous avons présenté un protocole sanitaire avec différentes hypothèses à mettre en place, selon la circulation du virus à partir de la rentrée, selon aussi la tension hospitalière parce qu'évidemment que nous regardons l'ensemble de ces données et globalement dès lors qu'en école, dans le premier degré, dès lors qu'il y a un cas, comme nous le faisions jusqu'alors, nous fermerons la classe et dans le second degré, dès lors qu'il y aura un cas et là finalement nous progressons, nous ne fermerons pas les classes, nous laisserons dans les établissements nos élèves qui sont donc vaccinés et pour les élèves qui ne sont pas vaccinés et qui sont cas contact, eh bien comme ça se faisait d'ailleurs jusqu'ici, ils seront isolés. Et pourquoi je dis que nous progressons, c'est parce que justement nous avons aujourd'hui cette arme supplémentaire, le vaccin qui nous permet de laisser les écoles ouvertes avec les élèves vaccinés…

JULIE HAMMETT
Alors quand même cette mesure justement Nathalie ELIMAS, cette mesure elle divise beaucoup, certains dénoncent justement une stigmatisation de ces enfants non vaccinés, une école à deux vitesses, vous leur répondez quoi à un mois de la rentrée ?

NATHALIE ELIMAS
Je leur dis que ce n'est pas du tout ce que nous mettons en place, pour nous l'école, c'est une priorité. Je veux quand même rappeler que nos écoles sont restées ouvertes toute cette année à l'exception de quatre semaines, dont deux semaines de congés scolaires et que nous avons tout fait pour maintenir nos écoles ouvertes. Nous n'avons cessé d'adapter nos protocoles avec beaucoup d'agilité. Vous savez l'école à deux vitesses ou plutôt la société à deux vitesses, c'est celle que nous avons connu lors du premier confinement quand nous avons fermé tous nos établissements. Là nous avions effectivement deux vitesses parce que nous avions des élèves qui étaient correctement installées, qui disposaient d'un outil informatique et d'autres qui étaient dans des situations beaucoup plus complexes. Et c'est ce que nous voulons absolument éviter, d'avoir une propagation du virus telle que nous soyons finalement obligé de refermer, donc aujourd'hui simplement ce protocole que nous proposons, eh bien il permet à la fois de maintenir nos écoles ouvertes, de protéger nos élèves et nos personnels et surtout de maintenir nos élèves en classe.

BASTIEN AUGEY
Très concrètement, Madame la Ministre, parce que vous parliez de l'époque où les cours étaient en distanciel, là, imaginons qu'une classe, la moitié des élèves sont vaccinés, l'autre non, ça veut dire qu'un professeur va devoir faire cours à la moitié de la classe en présentiel, l'autre moitié en distanciel, est-ce que vraiment ça va être possible, est-ce qu'il ne va pas y avoir un retard pour les élèves ? Parce qu'il y en aura des cas comme ça.

NATHALIE ELIMAS
Oui, il y aura des cas comme celui-ci vous le dites très justement. Après je veux apporter quand même un petit correctif. Vous savez, on a constaté, et ce n'est pas nous, adossé à des études et notamment la Société française de pédiatrie, que la contamination de nos élèves se faisait majoritairement dans le milieu intrafamilial, et donc dès lors, plus il y a de Français vaccinés, adultes, et de parents, et donc moins il y aura de contaminations chez nos élèves. Ça c'est la première chose. Ensuite, eh bien oui, dès lors qu'il y aura un cas contact et des élèves non vaccinés, en distanciel, en effet il faudra, pendant une semaine, quelques jours, faire partiellement cours à distance, et partiellement cours en présence dans la classe, avec les élèves. On a des outils pour ça, malheureusement j'ai envie de vous dire qu'on a acquis de l'expérience à travers et ces trois précédentes vagues, nous avons boosté nos outils, nous savons mieux utiliser le matériel informatique et puis différents supports…

JULIE HAMMETT
On a appris effectivement quand même, on a appris de cette année de crise sanitaire, c'est sûr. Une question quand même sur la vaccination des soignants, la vaccination obligatoire des soignants… pardon pas des soignants, des enseignants, pardon ! Elle n'est pas envisagée du tout, pourtant justement je parlais des soignants, des pompiers, il y a d'autres professions où clairement on leur dit « c'est obligatoire », pour les enseignants c'est non, ça ne sera pas le cas, on ne les obligera pas à se faire vacciner ?

NATHALIE ELIMAS
C'est non, ça ne sera pas le cas, et sincèrement je pense que ça ne sera absolument pas nécessaire, je vais vous dire pourquoi : au printemps dernier, vous savez, quand on était encore à proposer la vaccination par catégorie d'âges, de morbidité etc., et alors que le virus circulait fortement dans la société, et donc par miroir dans nos écoles, les professeurs appelaient à la vaccination. On a donc rouvert des coupe-files spécifiquement pour eux au mois d'avril dernier. Ils sont allés se faire vacciner. Aujourd'hui, d'après les études que nous avons en interne, nous estimons à environ 80 % le nombre des professeurs déjà vaccinés. Donc ça va bon train, ça va certainement continuer cet été encore, on ne sera probablement pas à 100 %, comme ce sera le cas d'ailleurs dans la population en général, puisque certains ne le veulent pas, néanmoins voilà, je crois qu'il n'y a aucune obligation à les faire vacciner, à appeler à la vaccination obligatoire de nos professeurs, puisqu'ils le font naturellement et en responsabilité, ils travaillent quotidiennement avec des enfants, de jeunes élèves, et donc ils vont spontanément vers la vaccination.

JULIE HAMMETT
Alors, vous êtes aussi en charge des Sports. Clap de fin là pour les JO de Tokyo, 33 médailles pour les Français dont 10 en or. La France qui se classe 8ème Nation des JO de Tokyo. Il va falloir redresser la barre, là, pour les JO 2024 à Paris ?

NATHALIE ELIMAS
Oui, oh c'est vrai qu'il y a quelques déceptions, enfin on a eu aussi beaucoup de moments de joie. Je souligne par exemple l'exploit, les exploits féminins. Je crois que le sport féminin a été mis à l'honneur et ce que l'on peut voir en tout cas c'est qu'il faut continuer à investir dans le sport féminin et je veux profiter de votre antenne pour saluer Clarisse AGBEGNENOU, qui est une athlète Val-d'Oisienne, chez moi. Il y a eu aussi de très belles choses qui ont été faites notamment dans le sport collectif, donc voilà. Il faudra de toute façon tirer le bilan de ces JO et puis voir comment on prépare au mieux 2024. En tout cas nous, au niveau du ministère de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, eh bien nous y travaillons également, et nous allons faire en sorte qu'il y ait davantage de sport dans nos écoles, 30 minutes quotidiennement, au bac, dès le bac, à partir de la rentrée prochaine il y aura une option EPS qui sera donc en option, proposée au baccalauréat, un bac pro sport, donc nous allons faire ensemble qu'il y ait davantage de sport quotidiennement dans l'esprit des Français, et chez nos jeunes. On l'a vu d'ailleurs, il y a les jeunes qui sont extrêmement prometteurs, sur lesquels on compte absolument pour 2024. Et puis c'est une grande fierté, parce que bon, voilà, on a se dire que finalement on n'a pas eu assez de médailles etc., et moi j'ai envie qu'on regarde le verre eh bien à moitié plein, on a fait de beaux exploits…

BASTIEN AUGEY
Justement, je me permets, Madame la Ministre…

NATHALIE ELIMAS
…pas suffisamment, mais en tout cas c'est une fierté d'accueillir les Jeux en 2024, en France.

BASTIEN AUGEY
Bien sûr. Il y a beaucoup de Français qui se projettent et qui ont hâte de pouvoir acheter leur billet, s'ils en trouvent un. Est-ce que vous vous êtes capable de nous dire aujourd'hui quand la billetterie va ouvrir pour ces Jeux ?

NATHALIE ELIMAS
Malheureusement non, je n'ai pas la réponse à votre question.

JULIE HAMMETT
Bon, et puis une dernière question quand même sur Lionel MESSI. Gros suspense à Paris, vous n'avez pas d'information vous, il devait peut-être arriver au Bourget hier soir, pas d'information sur l'arrivée de Lionel MESSI ?

NATHALIE ELIMAS
Non non. A part qu'il est attendu effectivement comme le messie, je n'ai aucune information sur ce sujet, à l'heure où on se parle.

JULIE HAMMETT
Merci beaucoup Nathalie ELIMAS d'avoir pris le temps de répondre à nos questions ce matin sur LCI.

NATHALIE ELIMAS
Merci à vous.


Source : service d'information du Gouvernement, le 10 août 2021