Interview de M. Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des transports, à Europe 1 le 3 novembre 2021, sur le contentieux de la pêche franco-britannique, l'électrification du parc automobile et le transport aérien.

Texte intégral

DIMITRI PAVLENKO
Bonjour Jean-Baptiste DJEBBARI.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bonjour à vous.

DIMITRI PAVLENKO
Ministre délégué aux Transports. La France négocie en ce moment même avec le Royaume-Uni pour régler, tenter de trouver une solution au contentieux sur les licences de pêche. Discussions jusqu'à jeudi au moins. Pire, Boris JOHNSON a indiqué que malgré la menace française de sanctions, sa position ne changerait pas. Est-ce que ça sert encore de négocier avec les Britanniques ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord il y a un sujet qui est simple. Il y a un accord qui a été signé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, notamment sur la pêche, qui prévoit que les pêcheurs français qui pêchaient habituellement dans les eaux britanniques, notamment autour de Jersey, puissent le faire et ça suppose que les Britanniques délivrent des licences de pêche.

DIMITRI PAVLENKO
Ils disent 98% de licences délivrées…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Au total sur l'Union européenne, nous c'est à peu près une sur deux, donc on progresse. Il y au lundi je crois, avant-hier, 49 licences en plus qui ont été délivrées et donc il y a une négociation jusqu'à jeudi sur ces sujets et sur d'autres pour voir comment on peut avancer. La négociation est en cours, et j'ai eu l'occasion de parler avec mon homologue britannique il y a deux soirs je peux dire que l'état d'esprit est constructif sur le sujet.

DIMITRI PAVLENKO
Les britanniques ne sont-ils pas en train de nous endormir ? Quand on dit – je lis – "jusqu'à jeudi au moins", on sent que ça risque de se prolonger. On voit qu'ils sont intraitables également les Britanniques sur le dossier des migrants à Calais On a là un négociateur retors face à nous.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Oui mais vous savez, la politique c'est de diplomatie, c'est la négociation et c'est l'exercice du rapport de force. Moi je le dis simplement et sans menaces, mais les Britanniques ont beaucoup plus à perdre à ne pas appliquer l'accord du Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni que l'inverse. Sur les droits de douane, sur les accords commerciaux et d'ailleurs, je crois qu'ils sont extrêmement clairs sur le sujet. Donc il y a, nous dit-on, des engorgements administratifs sur l'octroi des licences. Il y a des pêcheurs qui doivent fournir des documents additionnels. Tout ceci est fait et je crois que chacun négocie de ce point de vue-là de bonne foi, donc je propose d'arrêter de palabrer et d'avancer sur le fond.

DIMITRI PAVLENKO
Ce n'est pas du tout un appel aux sanctions, mais est-ce que la main de l'État va trembler au moment de sévir si les Britanniques maintiennent leur position ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je vous le dis, et ça c'est assez constant dans l'histoire desÉtats et de la géopolitique. La géopolitique c'est la négociation, la diplomatie et l'exercice du rapport de force. Pas l'annonce du rapport de force, l'exercice du rapport de force.

DIMITRI PAVLENKO
Je pensais que c'était le multilatéralisme, le dialogue constant entre les uns et les autres dans un joyeux aller-retour.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est évidemment souhaitable. On voit bien d'ailleurs que sur beaucoup de sujets, le multilatéralisme est la solution. Le sujet du climat, personne n'y arrivera tout seul. Donc le mieux, c'est de se mettre d'accord à plusieurs.

DIMITRI PAVLENKO
Mais là, c'est bilatéral. Pardonnez-moi mais la France sur ce dossier de la pêche, comme sur d'autres, en appelle à l'Union européenne et à chaque fois la France se retrouve toute seule. Sur l'affaire des sous-marins également, on l'a vu.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non. L'affaire des sous-marins c'était bilatéral. C'était un accord, un contrat signé entre la France et l'Australie. Sur le sujet de la pêche, c'est un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni qui engage le Royaume-Uni pour l'ensemble de sesÉtats membres.

DIMITRI PAVLENKO
Oui. Et on se retrouve à discuter en tête-à-tête avec eux sur ce sujet européen.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Parce qu'on est les plus concernés, parce qu'on a le plus de pêcheurs en volume qui pêchent dans les eaux anglaises et parce qu'on est les voisins les plus proches. La géographie demeure en quelque sorte, même après le Brexit, donc on va continuer de discuter avec eux de bonne foi et essayer d'avancer d'ici à jeudi.

DIMITRI PAVLENKO
C'est la COP 26 également, Jean-Baptiste DJEBBARI. Les transports, je donnais le chiffre tout à l'heure, ils commencent à être connus : c'est 33% de la consommation d'énergie, 30 à 40% des émissions de CO2. Je vois que les estimations varient selon qu'on regarde l'ADEME ou d'autres instituts, et on voit que ces 30 à 40% d'émissions de CO2, 80% c'est la route. Les camions, ce sont les voitures. Question très directe, Jean-Baptiste DJEBBARI, est-ce qu'il faut se mettre en tête qu'à un moment il faudra arrêter le transport routier ? Les voitures, les camions ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Ce qu'il faut se mettre en tête, c'est qu'on veut transformer la façon dont on roule. Je prends un exemple - vous disiez très bien les chiffres - on a un tiers des émissions en France qui sont dues aux transports et la moitié des émissions, ce sont les véhicules particuliers. Donc ce qu'il faut faire, c'est électrifier les transports et électrifier les véhicules particuliers qui produisent, qui émettent quatre fois moins de CO2 qu'un véhicule thermique. Et avec en plus un mix en France énergétique, une production d'énergie électrique qui, comme vous le savez, est bas carbone avec le nucléaire et les renouvelables. C'est ça qu'il faut faire, ça a commencé. On a aujourd'hui un parc d'environ 600 000 véhicules électrifiés, ce sera 3 millions en 2025 donc ça va vite : 3 millions en 2025. 10 millions en 2030. Et pour que la transition se fasse bien, d'abord il faut qu'on produise des véhicules chez nous. Ça, c'est-ce qu'on n'a pas su faire dans les dernières décennies. On a beaucoup, en général, délocalisé notre industrie et singulièrement l'industrie automobile donc il faut produire chez nous. Il faut déployer des bornes partout. On a aujourd'hui plus de 750 000 bornes électriques. L'effort qu'on fait aujourd'hui essentiellement, c'est de le déployer sur les longues distances - en tout cas sur les grands axes.

DIMITRI PAVLENKO
Les autoroutes notamment.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Les autoroutes, les routes nationales. Et puis bien sûr d'ouvrir les bornes au public dans les centres commerciaux, les stations-service. On aura un million de bornes d'ici à la fin de l'année. On aura couvert l'intégralité de toutes les aires de services des grands axes d'ici à la fin de l'année prochaine.

DIMITRI PAVLENKO
Mais vous dites que ça sera 10 millions de véhicules électriques en France à l'horizon 2030. Actuellement il y a 52 millions de véhicules en circulation en France, ça veut dire qu'il n'y aura qu'une voiture sur 5 qui sera carbone neutre…

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non, il n'y a pas 52 millions de véhicules qui roulent mais ce qui est sûr, c'est que les projections qu'on a actuellement, qui sont d'ailleurs les projections qu'on observe partout dans les pays industrialisés, des pays notamment d'Europe de l'Ouest, c'est qu'on aura donc 3 millions de véhicules en 2025, 10 millions en 2030, 21 millions en 2035. Donc ça va très vite, c'est exponentiel.

DIMITRI PAVLENKO
Oui. Que vont devenir pendant 15 ans - quel sort attend ceux qui n'auront pas forcément les moyens d'acheter un véhicule électrique malgré les aides publiques qui sont prolongées ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je prends un exemple. Aujourd'hui, d'abord vous avez un marché de l'occasion qui commence à naître - vous savez, des véhicules qui ont une dizaine d'années, dont les batteries sont en bon état. C'est la fameuse génération des ZOE et que vous trouvez sur le marché de l'occasion autour de 8- 9 000 euros. Donc on a mis aussi les prix pour l'accès au marché de l'occasion. Par ailleurs, le fait de produire beaucoup de véhicules ça va faire baisser le coût des véhicules. Ça on le sait, on le voit, on l'anticipe. Et puis nous avons mis en place des aides. Je prends un exemple : vous êtes dans la métropole du Grand Paris et vous avez des conditions de ressources modestes, vous pouvez bénéficier, si vous mettez votre véhicule à la casse, d'une prime à la conversion, vous pouvez bénéficier des aides, du bonus électrique, des aides. Ça, au total, l'ensemble des aides cumulées, c'est 18 000 euros dans la métropole du Grand Paris.

DIMITRI PAVLENKO
Oui, mais sous conditions de revenus, vous le savez très bien.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Sous conditions de revenus, avec d'autres mécanismes complémentaires : des microcrédits, des prêts à taux 0. Donc tout ça est disponible. Je ne dis pas que c'est toujours simple, en tout cas c'est disponible.

DIMITRI PAVLENKO
C'est ce que j'allais vous dire. Ça demande une stratégie d'investissement, c'est quand même compliqué. Mais la question que je me posais, c'est que là vous mettez en avant la carotte pour passer à l'électrique mais qu'en est-il du bâton qui a été rangé en 2018 après les Gilets jaunes ? On voit que le gouvernement, dans le domaine des transports particulièrement, hésite à le brandir à nouveau. On l'a vu par exemple dans la suspension du contrôle technique pour les deux-roues cet été. On le voit dans l'application de l'obligation du pneu hiver dans certains départements. Est-ce qu'une politique fiscale dure attend les automobilistes qui ne feront pas ce choix du véhicule électrique dans les années à venir, Jean-Baptiste DJEBBARI ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Tel que vous le décrivez, c'est la norme. Vous savez que d'abord, la France et l'Europe s'est choisie en quelque sorte le destin du véhicule électrique. On a un paquet climat qui s'appelle Fit for 55, qui prévoit une baisse des émissions de 55 %. Et parmi les grands outils, il y a effectivement la transition vers le véhicule électrique, encore une fois très rapide pour l'ensemble des pays européens. Et donc l'outil qui va en quelque sorte driver tous les investissements, et qui d'ailleurs se traduit déjà dans les annonces des constructeurs : tous les constructeurs automobiles sérieux du monde ont annoncé la transition extrêmement rapide vers le véhicule à batterie électrique…

DIMITRI PAVLENKO
Oui, ils n'ont pas le choix en même temps. C'est la norme.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous parliez en quelque sorte de l'incitation pour ne pas dire le bâton. L'incitation, elle est extrêmement forte pour les constructeurs et il faut - et vous avez raison - que la transition se fasse de façon juste et adapté et c'est évidemment tout l'argent que nous consacrons de manière inédite à la transition vers le véhicule électrique.

DIMITRI PAVLENKO
Alors ce qui est intéressant quand on regarde aussi les chiffres des émissions carbone et notamment du transport, c'est qu'on observe que l'avion, finalement, est un petit émetteur comparé à la voiture.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est 2,5 %, presque 3 %.

DIMITRI PAVLENKO
Voilà. Alors pourquoi un tel acharnement sur l'avion ? Pourquoi interdire les liaisons en moins de 2 heures 30 quand c'est possible à faire en train ? Pourquoi cet avion bashing, Jean-Baptiste DJEBBARI ? Est-ce que cette politique vous dites : "j'ai été poussé à la mener sous la pression de l'opinion publique et des ONG" ou bien aujourd'hui vous avez un doute ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Non. Je pense que d'abord la décarbonation, c'est pour tous les secteurs des transports. Il se trouve que dans l'aviation, il y a quelque chose qui nous différencie d'avec les autres secteurs : c'est qu'on a des acteurs d'envergure mondiale. On a AIRBUS, on a SAFRAN pour les moteurs, on a THALES, on a DASSAULT.

DIMITRI PAVLENKO
On a une grande compagnie nationale.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Une grande compagnie nationale donc en quelque sorte, pas nous tous seuls mais nous avec quelques acteurs européens, on peut quasiment faire une différence à l'échelle du monde. Donc engager la décarbonation pour avoir des kérosènes, en tout cas des carburants qui ne soient plus du kérosène et qui soient des carburants non fossiles, ça a un intérêt objectif aussi pour la filière française pour se recréer ou préserver des avantages comparatifs. Donc on fait ça mais c'est évident que - et je renvoie chacun à sa responsabilité - on a certaines ONG qui ont choisi de faire de l'avion bashing l'alpha et l'oméga de leur politique environnementale. Ce qui sur le plan de la science est effectivement erroné.

DIMITRI PAVLENKO
Parce qu'il est devenu, cet avion, le symbole du progrès dont on devrait se repentir quand même. Est-ce que vous dites : "vive l'avion !", Jean-Baptiste DJEBBARI ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je dis d'abord vive la liberté. Les Français comme les citoyens du monde doivent pouvoir se déplacer. Moi je pense que prendre l'avion, se déplacer d'une manière générale, ça participe aussi de la compréhension et de la pacification des peuples. J'en suis absolument persuadé. Et je dis que le secteur de l'aviation, pour des intérêts objectifs environnementaux et industriels, est celui qu'on a intérêt à accompagner dans sa décarbonation. Mais je reconnais que les tenants de la décroissance et ceux qui ont fait de l'avion bashing, encore une fois, l'alpha et l'omega de leur politique, se trouvent détrompés par les faits, par la science.

DIMITRI PAVLENKO
AIR FRANCE, la compagnie AIR FRANCE dont on a parlé, notre champion national, notons que ça va mieux. Le groupe a présenté ses résultats du troisième trimestre : on voit que ça repasse dans le vert et il y a un retour à la rentabilité espéré de la compagnie d'ici la fin de l'année. Ceci dit AIR FRANCE, comme d'autres compagnies – CORSAIR, AIR CARAÏBES, FRENCH BEE - ont uni leurs voix la semaine dernière pour demander une prolongation des aides déjà accordées. Elles ne sont pas tirées d'affaire. Que répond Jean-Baptiste DJEBBARI, le ministre des Transports, aux compagnies aériennes ce matin ? Est-ce que vous allez les aider à nouveau ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
D'abord à l'échelle du monde, on voit effectivement que les compagnies aériennes repartent. Ça repart plus vite notamment en Afrique du Nord, sur les vols domestiques, et on sait qu'avec la réouverture desÉtats-Unis et du Canada à compter du 8 novembre, ça va être aussi là une bulle d'oxygène, ou en tout cas un redémarrage concret pour les compagnies aériennes françaises et européennes. Sur les aides, nous avons fait plusieurs choses. Il y a eu les dispositifs de droit commun, les fameux prêts garantis par l'Etat, les prêts directs notamment à AIR FRANCE-KLM…

DIMITRI PAVLENKO
La montée au capital aussi.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
La montée au capital. Nous avons fait des aides directes aux compagnies en fonction de leurs spécificités et de leurs situations spécifiques et nous avons dit que nous continuerons d'être présents de façon ciblée auprès des opérateurs du transport aérien qui en auraient besoin.

DIMITRI PAVLENKO
Donc vous étudiez le dossier si j'ai bien compris.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Tous les dossiers que nous avons quand ils nous arrivent, nous les étudions avec beaucoup de précision et nous tentons d'y apporter les réponses les plus ciblées possibles.

DIMITRI PAVLENKO
Vous avez répondu tout à l'heure à la question de l'instrumentalisation de l'avion dans la bouche de certains écologistes. Il se trouve qu'on a à peu près le même sujet en symétrie sur le train. Le maire de Bordeaux, Pierre HURMIC, a estimé urgent d'arrêter, je le cite : "le projet insensé de la LGV Sud-ouest Bordeaux-Toulouse" projet à 15 milliards d'euros. Il dit que ce sera 5 000 hectares de terres agricoles et de forêts concernés par ce chantier. ll dit : "Développons à la place les trains du quotidien." Faut-il remettre en question la LGV Bordeaux-Toulouse, Jean-Baptiste DJEBBARI ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Bon d'abord ceux qui ont investi massivement sur le train du quotidien, c'est nous depuis 2017, on a même fait une pause sur les grands projets après l'ouverture de la LGV entre Paris et Bordeaux pour mettre le paquet sur les trains du quotidien. Donc de ce point de vue-là le travail est fait. Ensuite monsieur HURMIC comme d'autres maires écologistes, je constate qu'il n'aime pas le Tour de France, il n'aime pas les sapins de Noël, il n'aime pas le TGV, il n'aime pas autant de symboles qui sont des identités positives pour le peuple français. Donc ça pose déjà peut-être un sujet politique. Monsieur HURMIC, il a bénéficié pour la LGV Paris-Bordeaux de financement de la part des Occitans, puisqu'en fait il y a toujours eu ce projet de prolonger la ligne Paris-Bordeaux.

DIMITRI PAVLENKO
…c'est-à-dire les Toulousains.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Exactement mais pour 280 millions d'euros, donc d'abord il y a eu une solidarité des Occitans dans l'idée que le projet Paris-Bordeaux se poursuivrait vers Toulouse, donc il faut qu'il nous explique comment il a pu bénéficier d'argent d'autres et qu'aujourd'hui il déclare cesser en quelque sorte l'esprit de solidarité qui prévalait jusqu'alors et puis par ailleurs sur le fond des arguments je ne vais pas rentrer en détail ici, mais sur le report modal puisque l'argument principal notamment de la maire de Poitiers et du maire de Bordeaux c'est que quand on met en place une ligne à grande vitesse il n'y a pas de report modal par rapport à l'avion. Or c'est faux, on a mis en place en juillet 2017 la LGV entre Paris et Bordeaux, 60% des clients de l'avion sont reportés sur le train pour faire Paris-Bordeaux. Donc sur tous ces sujets, ce qui est insensé c'est l'incohérence de leur argumentation en quelque sorte.

DIMITRI PAVLENKO
Jean-Baptiste DJEBBARI, j'ai découvert que vous étiez une star sur Tik Tok, vous avez 500000 followers, beaucoup de jeunes, des 16-25 ans qui adorent vos vidéos, il y a vraiment le ton qu'on peut retrouver chez, sur Tik Tok d'ailleurs j'invite les auditeurs à aller regarder, vous êtes, comment dire le ministre des jeunes également, on sait que Emmanuel MACRON y est très sensible, on a vu hier la présentation de ce contrat d'engagement jeune. Vous êtes la voix du gouvernement auprès des jeunes ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je pense que ce qui compte dans la politique d'une manière générale et dans la communication, c'est d'être sincère, c'est de communiquer comme on est.

DIMITRI PAVLENKO
Elles sont drôles vos vidéos objectivement.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Moi je prends beaucoup de plaisir à les faire en tout cas, donc tant mieux si elles sont drôles.

DIMITRI PAVLENKO
On n'attend pas un ministre ceci dit dans ce type de vidéo même si ça change.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Vous voyez, moi ce qui me satisfait, c'est que j'ai beaucoup de commentaires sur ces vidéos et j'ai beaucoup de gens qui découvrent des jeunes, mais les gens de manière générale qui découvrent d'abord qu'il y a un nouveau transport, que par ailleurs il travaille, qu'il y a des politiques environnementales, j'ai beaucoup de commentaires là-dessus et ça me fait très plaisir. Et j'ai même des gens qui ne demandent qu'elles sont les études à faire pour devenir ministre, donc je me dis que ça participe en quelque sorte aussi de montrer…

DIMITRI PAVLENKO
Ça va les faire voter ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Je ne suis pas du tout sûr, par ailleurs, ce sont souvent des jeunes, voire des très jeunes qui ne votent pas.

DIMITRI PAVLENKO
Mais est-ce que vous soutenez le droit de vote à 16 ans, c'est porté la proposition par un député de La République En Marche ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Sincèrement je N'ai pas encore forgé d'opinion sur le sujet. Je crois qu'aujourd'hui, on a un équilibre à 18 ans. C'est un sujet à porter au débat. Moi je n'ai pas de conviction particulière là-dessus.

DIMITRI PAVLENKO
Il faut poser la question à vos 500000 followers peut être.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
C'est ça peut-être.

DIMITRI PAVLENKO
Merci Jean-Baptiste DJEBBARI, le ministre délégué aux Transports était l'invité d'Europe Matin, merci à vous bonne journée.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 novembre 2021