Déclaration de Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État chargée de la biodiversité, en réponse à des questions sur le pacte de Glasgow et le bilan de la COP 26, à l'Assemblée nationale le 16 novembre 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Questions au gouvernement posées par Mme Aude Luquet, députée (MoDem) de Seine-et-Marne, et Mme Danièle Obono, députée (LFI) de Paris, à l'Assemblée nationale le 16 novembre 2021

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Texte intégral

La COP26 vient de s'achever : Barbara Pompili y a activement participé et j'ai moi-même pu prendre part au Nature Day et aux travaux portant sur les liens entre climat et biodiversité. Cette conférence se conclut par un accord, ce qui est déjà une bonne nouvelle car nous avions à un moment des doutes sur une telle issue. Elle a également vu les Etats-Unis rentrer dans les débats, ce qui est également un signal positif. Ce retour des Américains dans l'Accord de Paris laisse en effet envisager des compromis entre des exigences de nature très différente.

Citons parmi les avancées de cette COP la création d'un marché carbone mondial, la mise en place d'outils destinés à vérifier la réalité des engagements, la possibilité de décliner de manière concrète et opérationnelle l'Accord de Paris, les engagements de plusieurs pays à réduire leurs émissions de méthane de 30% d'ici à 2030 et de vingt-trois nouveaux pays à éliminer progressivement le charbon entre 2030 et 2040. Même si nous ne cachons pas notre déception de constater qu'il s'agit d'une diminution de la part du charbon plutôt que d'une sortie, ces efforts sont tout de même à porter au crédit de cette COP, qui a permis de faire un pas supplémentaire dans les engagements internationaux.

Vous parliez, Madame, des pays en développement. Vous savez que nous déployons 6 milliards d'euros chaque année pour les aider à allier transition écologique et développement social juste.

La COP26 a été l'occasion de rappeler le lien entre transition environnementale et acceptabilité sociale. Nous déclinons nos actions de l'international au local, en passant par le national, en toute cohérence, notamment en travaillant avec les collectivités locales, afin de faire accepter cette transition. Si nous demandons des changements de comportements, nous devons aussi donner des moyens pour qu'ils soient possibles.


S'agissant des questions énergétiques, les enjeux diffèrent suivant les pays. Tous ne peuvent pas embrasser les mêmes objectifs au même rythme, avec les mêmes moyens. Notre responsabilité est de les accompagner dans leurs engagements.

Ces engagements, ce pacte de Glasgow les inscrit dans le dur. C'est une avancée que vous ne pouvez pas nier.

Nous partageons ces ambitions, conscients de la nécessité de l'adaptation et de la recherche d'un équilibre. Nous nous mobilisons autour du suivi des engagements. Tous les pays concernés par ce pacte sont dans cette situation. Nous mesurerons concrètement les efforts de chacun dans les mois qui viennent grâce à une feuille de route clairement établie.

Un chemin se dessine, avec des engagements concrets et une date de révision avancée à 2022 alors qu'elle était initialement fixée à 2025. C'est une des autres avancées notables de cette COP.

Sortir d'une addiction aux énergies fossiles qui dure depuis plus de deux cents ans ne se fait pas sur une simple déclaration ou par un claquement de doigts. Nous avons besoin de trajectoires concrètes, de feuilles de route, d'accompagnement pour les pays en développement. C'est le choix de cette COP et je crois que nous pouvons tous nous en féliciter.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 novembre 2021