Interview de M. Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur, à BFM TV le 29 novembre 2021, sur l'épidémie de Covid-19 , la tension migratoire avec le Royaume-Uni et la situation en Guadeloupe .

Texte intégral

JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité, Gérald DARMANIN, ministre de l'Intérieur, bonjour.

GERALD DARMANIN
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le Covid, est-ce qu'il y a en France des cas de contamination avec ce fameux variant sud-africain, enfin, fameux, entre guillemets, variant sud-africain Omicron ?

GERALD DARMANIN
Pas à notre connaissance, vous avez vu qu'on a pris des décisions très rapides, notamment la fermeture de l'arrivée des vols de 7 pays d'Afrique qui sont concernés, mais le ministre de la Santé a fait une déclaration hier, il a dit qu'il est probable que quelques cas de ce variant soient en France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour l'instant, on ne sait pas ?

GERALD DARMANIN
Pour l'instant, les autorités sanitaires n'ont pas eu connaissance de ce variant, mais nous faisons tout pour le trouver, si jamais il existe en France, je veux dire d'ailleurs, relayer le message du ministre de la Santé, que tous ceux qui sont allés dans ces pays, notamment en Afrique du Sud, où ce variant circulait, il faut absolument qu'ils aillent faire – qu'ils soient ou non positifs, qu'ils aient ou non des symptômes – qu'ils aillent faire ce test pour qu'on puisse trouver éventuellement le patient qui l'est.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, question que tout le monde se pose, est-ce qu'il sera possible de passer les fêtes de fin d'année, et l'hiver, sans restrictions de circulation et sans confinement ?

GERALD DARMANIN
On fait tout pour, on fait tout pour, grâce à deux choses qui nous ont aidés depuis le début, malgré les grandes contestations qu'il a pu y avoir, Monsieur BOURDIN, vous vous en souvenez, la vaccination, la vaccination est une arme contre la restriction de liberté, et le pass sanitaire, et les deux combinés fait que la France aujourd'hui, aujourd'hui, est un des pays qui peut sans confinement, sans restriction, continuer à vivre, voilà, le mieux possible. Quand on regarde nos voisins, on voit que, évidemment, les choses sont différentes. Donc le président de la République a eu raison de faire le pari de la vaccination et le pari du pass sanitaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais Gérald DARMANIN, certains même demandent d'aller plus loin, et de rendre, pourquoi pas, la vaccination obligatoire, je l'entends, et dans la classe politique et chez les Français, et finalement, de soumettre les non-vaccinés à des restrictions plus strictes.

GERALD DARMANIN
Eh bien, d'abord, ce ne serait pas constitutionnel, me semble-t-il, de distinguer les Français selon qu'ils aient été ou pas vaccinés, non, mais le choix fait par le président de la République est celui de, d'abord, la pédagogie, il reste à peu près 5 millions de personnes pas vaccinées, il faut que ces personnes continuent à aller se faire vacciner, et je pense que le travail mis en place par le gouvernement, par le président de la République, c'est de la pédagogie, la vaccination, c'est la protection, et puis, il y a le pass sanitaire, le pass sanitaire, c'est à la fois : vous avez vos vaccins, vous pouvez circuler, ou vous avez des tests, aujourd'hui, on a réduit, vous le savez bien, la validité du test de 24h.

JEAN-JACQUES BOURDIN
24h, en fait…

GERALD DARMANIN
Ça respecte la liberté…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un pass vaccinal, quoi ?

GERALD DARMANIN
Ça respecte la liberté de gens qui ne veulent pas se faire vacciner et qui veulent quand même aller au restaurant, mais effectivement, ça limite les moyens, si j'ose dire, d'avoir des tests PCR à la place de la vaccination. Donc nous incitons toutes les Françaises, tous les Français, toutes les personnes qui sont sur notre territoire à se faire vacciner.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les vols à destination du Maroc ou en provenance du Maroc suspendus à partir de ce soir, 23h59, que vont faire les Français qui sont là-bas et qui veulent rentrer par exemple ?

GERALD DARMANIN
Bon, d'abord, j'ai compris que c'était pour quelques jours, que les autorités marocaines avaient pris cette décision…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, 15 jours, 2 semaines…

GERALD DARMANIN
Quelques jours, eh bien, nous avons des discussions diplomatiques avec les pays qui nous entourent, c'est pareil pour les 7 pays d'Afrique, où c'est nous qui avons mis fin aux vols, il y a aussi des Français, il y a aussi des personnes qui sont dans ces pays de ces pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, comment on fait, on rapatrie ceux qui ne sont pas encore partis ou…

GERALD DARMANIN
Eh bien, nos ambassades, nos consulats font ce travail, vous savez, ils l'ont fait de manière beaucoup plus difficile, si j'ose dire, pendant la première période du Covid, nous sommes malheureusement rompus à ce genre d'exercice, il n'y a aucun Français qui sera mis de côté.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, les migrants, le drame de la semaine dernière vous a fait réagir, mais, enfin, on va parler de la situation là-bas d'ailleurs à Grande-Synthe, à Calais ou à Dunkerque, Gérald DARMANIN, mais réunion hier avec les ministres belges, allemands et néerlandais, il n'y avait pas la ministre britannique, vous l'aviez souhaité, aujourd'hui, je crois que vous la rencontrez, tout à l'heure ?

GERALD DARMANIN
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non. Mais vous êtes en réunion avec Emmanuel MACRON tout à l'heure, à 9h30 ?

GERALD DARMANIN
Tout à fait, juste après vous.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Juste après moi, tous les deux ?

GERALD DARMANIN
Non, en conseil de défense, il y a d'autres personnes à l'invitation du président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, à l'invitation du président de la République, pour prendre des décisions ?

GERALD DARMANIN
Pour faire le point, vous savez depuis que je suis ministre de l'Intérieur, il ne se passe pas une journée où je ne m'occupe pas de Grande-Synthe, de Dunkerque et de Calais, comme tous les ministres de l'Intérieur depuis 20 ans, ça fait 20 ans que ça dure cette histoire, monsieur BOURDIN, on a progressé depuis 20 ans, je lis parfois ou j'écoute des voix qui disent : il ne se passe rien, il y a 15 fois moins, 15 fois moins de migrants aujourd'hui qu'il y a 10 ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien il y a de migrants aujourd'hui, Calais, Grande-Synthe, Dunkerque, à peu près ?

GERALD DARMANIN
Il y en a à peu près 2.000.

JEAN-JACQUES BOURDIN
2.000 migrants.

GERALD DARMANIN
Alors, les choses varient, évidemment, puisque depuis le 1er janvier, Monsieur BOURDIN, on en a relogé 12.000, l'Etat français a relogé 12.000 personnes depuis le 1er janvier, depuis le 1er janvier, les policiers et les gendarmes ont sauvé en mer 7.800 migrants, ils ont sauvé la vie à 7.800 personnes. Ça ne retire rien à l'émotion du drame des 27 personnes qui sont mortes, avec des femmes enceintes, des enfants, c'était absolument horrible et ignoble, mais on a sauvé 7.800 personnes. Tous les jours, on distribue 2.200 repas, Monsieur BOURDIN, pour répondre à votre question, gratuitement, c'est l'Etat qui les distribue ou qui paie les associations qui les distribuent, 2.200 repas. Donc il y a à peu près 2.000 migrants, mais malheureusement, vous savez, l'un des migrants qui est survivant en mer de Manche du 24 novembre, ça faisait 6 jours à peine qu'il était sur le territoire national, il est venu d'Allemagne, il est venu de Pologne et il est venu de Biélorussie, 6 jours, voilà. Donc malheureusement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et à l'origine, du Kurdistan irakien.

GERALD DARMANIN
Et à l'origine, effectivement, un vol sans doute du Kurdistan irakien, en passant sans doute par la Syrie, en allant à Minsk. Donc, ce que je veux aussi vous dire, c'est que le drame de Calais, c'est un drame international, ce qui se passe en Irak, ce qui se passe en Afghanistan, ce qui se passe en Biélorussie a évidemment une conséquence à Grande-Synthe, à Dunkerque et à Calais. Donc les solutions simplistes, vous voyez, ce n'est pas prendre les Français pour des gens…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va entrer dans le détail, Gérald DARMANIN, vous avez rencontré votre homologue britannique…

GERALD DARMANIN
Ah, on verra bien, moi, je suis tout à fait prêt à discuter avec mon partenaire britannique, madame PATEL est quelqu'un de très bien, j'ai son numéro de téléphone, on s'appelle…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, parce que, j'imagine…

GERALD DARMANIN
On s'appelle quasiment tous les jours depuis que je suis ministre de l'Intérieur, je l'ai vue de très nombreuses fois, je suis allé de nombreuses fois à Londres, et je suis tout à fait prêt à discuter avec elle, mais comme évidemment, on discute avec des amis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
A condition que la Grande-Bretagne apporte des solutions ou prenne ses responsabilités, Gérald DARMANIN, est-ce que la Grande-Bretagne prend ses responsabilités ?

GERALD DARMANIN
A condition que nous ayons un rapport normal et d'égalité d'humeur avec les Anglais.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous ne l'avons pas aujourd'hui ?

GERALD DARMANIN
Non, on ne l'a pas. C'est pour ça d'ailleurs qu'on n'a pas invité madame PATEL dimanche entre Européens, d'abord parce que c'était une réunion entre Européens, et qu'ils ont fait le choix de partir de l'Europe. Et puis, deuxièmement, parce que les discours privés, les échanges privés que nous avons ne sont pas, je parle en général, pas simplement avec la ministre britannique de l'Intérieur, ne sont pas toujours conformes aux échanges publics.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire, expliquez-nous…

GERALD DARMANIN
Eh bien, lorsqu'il y a des échanges diplomatiques sérieux, c'est des questions très complexes et très sérieuses, il y a des vies qui sont en jeu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, justement !

GERALD DARMANIN
Quand vous avez des échanges et que nous pouvons avancer sur des choses sérieuses ensemble, et que vous vous apercevez quelques dizaines de minutes plus tard qu'une lettre dont personne n'a jamais évoqué l'existence est publiée sur Twitter du Premier ministre britannique au président de la République française, avant que le président de la République l'ai reçue, c'est un peu particulier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Evidemment Emmanuel MACRON n'avait pas été prévenu ?

GERALD DARMANIN
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De cette lettre.

GERALD DARMANIN
Non, ni moi, ni monsieur le président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ni vous…

GERALD DARMANIN
Alors que nous avons eu des échanges quelques dizaines de minutes plus tôt, à tous les niveaux. Deuxièmement, lorsque dans cette lettre, les Anglais disent : les Français doivent reprendre leurs migrants, tous leurs migrants, c'est se moquer du monde. Vous savez combien il y a de demandes d'asile en France cette année, 150.000 combien il y en a eu en Grande-Bretagne, 30.000, vous savez combien d'immigrés clandestins en Grande-Bretagne, plus d'un million, et vous savez qu'en Grande-Bretagne, si les migrants veulent aller en Grande-Bretagne, c'est bien qu'il y a une raison, ils veulent y aller parce que sans carte d'identité, Monsieur BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils peuvent travailler…

GERALD DARMANIN
Et payer des impôts, parce que l'un des moteurs de la politique économique anglaise, pas tout le moteur, évidemment, c'est notamment de faire travailler des personnes clandestines, voilà, Karl MARX appelait ça l'armée de réserve, donc, nous, on dit aux Anglais : vous êtes en partie responsables, pas totalement évidemment, chacun a une part de responsabilité, vous êtes en partie responsables de l'attractivité de tous ces personnes qui veulent traverser le monde, traverser l'Europe, traverser la France, et s'ils sont à Calais par millier ou à Grande-Synthe ou à Dunkerque, c'est parce qu'ils veulent aller en Grande-Bretagne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors sur ces questions migratoires, la frontière britannique est sur les côtes françaises, après les accords du Touquet et de Sandhurst qui ont suivi ces accords, est-ce qu'il ne serait pas possible de mettre en place en France des bureaux britannique, je ne sais pas, moi, d‘immigration et d'asile ?

GERALD DARMANIN
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut que la Grande-Bretagne, et ça, c'est le sujet sérieux que nous devons discuter avec eux, ouvre la possibilité d'un accès légal de leur pays par l'immigration, comme nous en avons tous…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc on ouvre des bureaux, les Britanniques ouvrent des bureaux en France…

GERALD DARMANIN
Non, attendez, non, je n'ai pas dit ça…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon, d'accord…

GERALD DARMANIN
Je vous ai dit ce qu'il faut, c'est que l'Angleterre, qui est une île, mais qui n'est pas qu'une île, elle est dans le monde, elle est à 30 kilomètres des côtes de Calais et de Boulogne-sur-Mer, que l'Angleterre ouvre un accès légal d'immigration, parce qu'aujourd'hui, pour les personnes qui veulent aller demander l'asile en Angleterre, qui veulent demander des visas en Angleterre, ils n'ont pas d'autres moyens que de traverser la Manche, comme ils le font aujourd'hui, 60%, Monsieur BOURDIN des migrants qui sont sur les bateaux, les "small boats", ils sont éligibles à l'asile en Angleterre, et vous savez quoi, ils ne demandent pas l'asile en France, quand j'entends que la France veut s'en débarrasser, on leur demande : voulez-vous déposer une demande d'asile chez nous, ils nous répondent non. Ils veulent aller en Angleterre, donc il faut que les Anglais puissent étudier ces demandes d'asile, aujourd'hui, il n'y a pas de voie d'accès légale pour le faire. Donc on est dans une impasse. Alors maintenant, il faut étudier et savoir comment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, quelle solution, créer une voie d'accès légale ?

GERALD DARMANIN
C'est possible, on doit en discuter avec les Anglais, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ?

GERALD DARMANIN
On peut en discuter avec les Anglais, moi, je ne prends pas de décision à la place du peuple souverain britannique, mais on doit en discuter avec les Anglais, mettre un bureau de demande d'asile en France pour l'Angleterre, ce ne serait pas tout à fait la chose que nous recommanderions, parce que là, nous allons mettre encore plus de personnes à Calais et à Dunkerque qui attendent le bureau d'asile en France pour aller en Angleterre. Donc nous devons respecter la souveraineté française, on doit pouvoir parler avec tous nos pays européens, vous savez, ce survivant irakien, il était en Allemagne quand il a demandé son asile, bon, et évidemment, il doit y avoir une voie d'accès légale en Angleterre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais Gérald DARMANIN, la Grande-Bretagne a quitté l'Union européenne, Brexit, les accords du Touquet datent quelle date d'avant le Brexit ; est-ce qu'ils ne sont pas obsolètes aujourd'hui, est-ce qu'il n'y a pas matière à remettre en cause ces accords ?

GERALD DARMANIN
Alors là, moi, j'entends qu'on cite les accords du Touquet qui avaient été négociés par Nicolas SARKOZY, comme le Matra qu'il faut absolument révoquer, on peut toujours tout discuter, ça ne pose pas de problème en soi, moi, je n'ai pas de fétichisme sur les accords du Touquet. Mais les accords du Touquet, Monsieur BOURDIN, c'est un accord qui prévoit l'immigration légale, c'est où est la frontière entre l'Angleterre et la France, sachant qu'il y a la Manche, pour les touristes, pour les gens qui demandent des visas, pas pour les immigrés clandestins, pour les migrations légales, donc vous pouvez révoquer les accords du Touquet, ça ne changera rien, puisque les immigrés clandestins ne passent pas par les accords du Touquet pour aller en Angleterre ou pour les Anglais pour venir en France ; donc ça n'a rien à voir…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais les accords du Touquet prévoient une aide financière de la Grande-Bretagne, est-ce qu'elle est versée d'ailleurs ?

GERALD DARMANIN
Alors, c'est un autre accord qui n'a rien à voir avec les accords du Touquet et qui s'appelle le traité de Sandhurst, qui a été négocié en 2018, qui prévoit sur les 200 millions que ça nous coûte, grosso modo, 60 millions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce que les Anglais paient…

GERALD DARMANIN
Oui, ils le paient, après qu'on ait dû le rappeler, j'étais même sur votre plateau, Monsieur BOURDIN, lorsque j'ai dit que les Anglais s'étaient engagés, mais n'avaient pas payé. Et après plusieurs relances, ils ont effectivement versé la première par qu'ils devaient verser. Mais je veux dire, Monsieur BOURDIN, que cette question, elle est avant tout une question, il faut bien le souligner, une question anglaise c'est parce qu'il n'y a pas de voie légale pour les immigrés d'aller en Bretagne, 30.000 demandes d'asile sur 150.000 pour la France par exemple, et parce que nous travaillons sans carte d'identité en Angleterre qu'il y a cet appel d'air. Donc vous me posiez la question que faire avec les Anglais, mais qu'ils changent leur législation, qu'ils prennent leurs responsabilités, et au lieu d'être…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce que vous leur demandez, ça ?

GERALD DARMANIN
Eh bien, au lieu d'être le punching-ball de la presse britannique, par médias interposés, ou de la Chambre des communes, nous aimerions discuter sérieusement avec nos amis britanniques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un avion européen de Frontex va survoler la Manche, d'une part, les migrants, est-il vrai, parce que j'ai vu les accusations des associations, est-il vrai que certaines associations ont été empêchées de distribuer de la nourriture, est-il vrai que des tentes ont été lacérées lors d'interventions de forces de police françaises, c'est vrai ou faux ?

GERALD DARMANIN
Alors, d'abord, j'ai fait empêcher la distribution de repas en centre-ville de Calais, ça, c'est tout à fait vrai, validé par le tribunal administratif, et le Conseil d'Etat m'a donné raison, pourquoi, parce que je pense aussi aux habitants de Calais qui vivent des drames humains depuis plus de 20 ans, et moi, on peut saluer leur patience collective, personne n'accepterait de faire ce que vivent les habitants de Calais, les habitants de Dunkerque, les habitants de Grande-Synthe. Donc, oui, j'ai fait interdire les repas en centre-ville. Par contre, évidemment, on n'a pas interdit les repas tout court, et je répète que l'Etat paye 2.200 repas par jour, ça coûte 4 millions d'euros d'argent public depuis le 1er janvier, la France a sa part d'humanité. Nous avons relogé 12.000 personnes, d'ailleurs, les gens ne veulent pas être logés à Calais, vous savez, au moment où je vous parle, il y a, alors qu'il y a 1.000 migrants autour de Calais, il y a plus de 150 places vides d'hébergement pourtant chauffées, que nous proposons aux migrants, ils ne veulent pas y aller.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ne veulent pas y aller ?

GERALD DARMANIN
Ils ne veulent pas y aller, parce qu'ils veulent passer en Angleterre, ils ne veulent pas habiter en France, ils veulent aller en Angleterre. Deuxièmement, sur cette histoire de tentes, une société privée était embauchée par l'Etat une fois que les évacuations étaient faites par les policiers et les gendarmes, pour récupérer les tentes et pour les jeter, et ils les lacéraient, en effet. Il n'y avait pas de commande de l'Etat, c'est la société qui le faisait, parce qu'elle prenait les tentes et elle les mettait ensuite à la benne ; nous avons demandé d'arrêter cela, parce qu'on s'en est aperçu, notamment parce que les journalistes nous l'ont montré. Mais ce ne sont pas les policiers et les gendarmes qui prennent des cutters et qui lacèrent les tentes, c'est ce qui est devenue finalement sur les réseaux sociaux la critique des policiers et des gendarmes. Ce n'est pas les policiers et les gendarmes, une fois que les gens étaient partis, la lacération des tentes, que j'ai fait arrêter, était faite par une société privée, je veux dire, Monsieur BOURDIN, qu'aujourd'hui, les policiers et les gendarmes à Calais, ils sauvent des vies. Tous les jours, ils se jettent à l'eau littéralement, dans la Manche, au mois de novembre, pour sauver des bébés, des femmes enceintes, des vieillards, qui tombent à l'eau. Donc au lieu de critiquer les policiers et les gendarmes, on ferait mieux de leur rendre honneur tous les jours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gérald DARMANIN, sur l'immigration, ensuite je vais passer à la Guadeloupe, Martinique, et à la politique, mais sur l'immigration, est-ce qu'on a besoin d'une immigration travail en France ? Est-ce que l'immigration est une chance pour la France ?

GERALD DARMANIN
L'immigration, c'est, ni une chance, ni une malchance pour la France. Moi je suis moi-même issu de l'immigration comme beaucoup de Français, du moment…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est de la croissance l'immigration de travail.

GERALD DARMANIN
Non, mais il y a des moments où on a besoin de l'immigration, il y a des moments où on doit réguler cette immigration, on doit pouvoir intégrer les étrangers qui viennent sur notre sol…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais aujourd'hui on manque de main-d'oeuvre, par exemple…

GERALD DARMANIN
Oui, c'est vrai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On n'a pas besoin d'immigration travail ?

GERALD DARMANIN
On a en partie besoin d'immigration travail, mais moi je me refuse, peut-être que, pardon de le dire comme ça monsieur BOURDIN, c'est sans doute mon côté de gauche ou issus de milieux très populaires, je refuse de voir les gens que par rapport à l'économie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui…

GERALD DARMANIN
Non mais, vous voyez ce que je veux dire. Il y a parfois des patrons, je vais vous dire, qui tout en me disant " vous n'êtes pas assez dur sur l'immigration ", demandent des visas pour que les gens viennent travailler dans leur usine, ou dans leur exploitation agricole. Là je me dis, il y a un peu de schizophrénie. Moi je traite les hommes pour ce qu'ils sont, pas pour des outils productifs, voilà, donc je me refuse de penser immigration que parce qu'on en besoin à cause du travail. Mais on a sans doute besoin, en partie aujourd'hui, dans les exploitations agricoles, vous l'avez dit, dans certaines entreprises, d'immigration de travail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Quelques chiffres Gérald DARMANIN. Combien de demandes d'asile en France en 2021 ? On a les chiffres ?

GERALD DARMANIN
Oh, on sera à 150 000, entre 130 000 et 150 000.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et combien de déboutés ?

GERALD DARMANIN
On en accepte à peu près 30%.

JEAN-JACQUES BOURDIN
30%. Combien de reconduites à la frontière ?

GERALD DARMANIN
Aujourd'hui, entre… à peu près 20 000.

JEAN-JACQUES BOURDIN
20 000.

GERALD DARMANIN
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Insuffisant.

GERALD DARMANIN
Oui, bien sûr, c'est insuffisant.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Très insuffisant.

GERALD DARMANIN
Ça dépend. Quand on se compare, on se rassure. Les Anglais c'est 6 000, alors qu'ils ont un million et demi de clandestins. Je constate qu'on a fait 3 fois plus que les Italiens, qui ont beaucoup d'immigration, mais c'est vrai que c'est difficile, et c'est difficile pourquoi ? Parce qu'il y a le Covid. Quand le Maroc ferme son espace aérien, eh bien vous ne pouvez plus expulser d'étrangers au Maroc. C'est difficile parce qu'il y a des Etats en guerre. En général, les immigrés que vous avez sur votre sol, ce n'est pas toujours des gens qui vivent en démocratie. L'Afghanistan, la Syrie, la Libye, donc c'est difficile de renvoyer dans ces pays en guerre. On ne va pas renvoyer les étrangers chez les talibans, voyez, donc oui c'est difficile, mais ça a des raisons.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les délinquants étrangers, expulsés ?

GERALD DARMANIN
Alors, le président de la République m'avait demandé de faire une liste de 1 100 étrangers délinquants, sortant de prison dangereux, ceux qui se sont pris aux policiers, violences conjugales, trafic de stupéfiants. Aujourd'hui, pas plus tard que ce week-end, on a dépassé les 1 000, sur les 1 100 qui étaient prévus pour le 31 décembre, on a expulsé plus de 1 000 étrangers sortant de prison ou condamnés pour la justice, et qui eux sont retournés dans leur pays. C'est ce qu'on a voulu faire avec le président de la République, s'en prendre aux étrangers pour ceux qu'ils font, quand ils font des actes de délinquance, c'est dehors, mais ne pas regarder des étrangers par nature, comme étant des gens dangereux. Il y a plein de gens formidables qui quittent leur pays pour venir travailler en France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gérald DARMANIN, la Guadeloupe, la Martinique, les déclarations du ministre de l'Outre-mer, ses déclarations ont fait du bruit. Sur ce potentiel débat sur l'autonomie de la Guadeloupe, ça veut dire quoi ? Ça veut dire un statut qui ressemblerait à celui de la Polynésie française ?

GERALD DARMANIN
D'abord, je veux dire que ministre des Outre-mer, qui fait un travail difficile et courageux, discute avec les élus, tous les élus, et c'est les élus de Guadeloupe qui ont demandé ce débat sur l'autonomie, ce n'est pas le gouvernement, c'est les élus. Donc on ne peut pas à la fois dire : le gouvernement n'écoute pas les élus, et puis quand ils écoutent, dire : ah ben il écoute trop les élus. Deuxièmement, le débat sur l'autonomie ce n'est évidemment pas le débat sur l'indépendance, le ministre LECORNU a eu raison de le souligner. L'autonomie c'est à la fois la décentralisation pour l'Outre-mer et effectivement ça pourrait s'apparenter à un statut comme la Polynésie française en a aujourd'hui, qui est un territoire pleinement Français, où nous avons nos armées, où il y a bien sûr les policiers de la République…

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'Etat n'intervient que sur le régalien.

GERALD DARMANIN
En grande partie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En gros, en gros. Oui oui.

GERALD DARMANIN
Voilà, mais les compétences sociales, les compétences économiques, sont de la compétence du territoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, et de santé.

GERALD DARMANIN
Je constate d'ailleurs que la Polynésie a décidé de la vaccination, indépendamment de la décision du gouvernement français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

GERALD DARMANIN
Et c'est une responsabilité forte. Vous savez, quand les gens attaquent la proposition de Sébastien LECORNU, ils attaquent un peu aussi nos territoires ultramarins. Il y a un petit côté, allez, colonial, sans doute peut-être dans certaines propositions quand on dit : " mais ils ne sont pas capables de s'organiser ".

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les Guadeloupéens, les Martiniquais veulent plus d'Etat, dit Xavier BERTRAND, votre ami.

GERALD DARMANIN
Bon, d'abord moi je veux dire que le ministre des Outre-mer, il est aujourd'hui en Guadeloupe, donc je pense que de Paris c'est difficile de dire ce que veulent les Guadeloupéens, donc j'imagine qu'il faut être le ministre des Outre-mer, en ce moment en Guadeloupe, pour discuter avec les élus guadeloupéens, et que tous ceux qui veulent sans doute avoir une idée sur la Guadeloupe doivent aller en Guadeloupe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Parlons politique un tout petit peu, Gérald DARMANIN. Est-ce que le doigt d'honneur accompagné des mots " bien profond ", disqualifie Eric ZEMMOUR pour la présidentielle ?

GERALD DARMANIN
Je ne vais pas commenter le doigt d‘honneur de quelqu'un qui n'est pas encore candidat à l'élection présidentielle. J'essaie d'avoir un peu de dignité dans le débat public.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est qu'il risque d'être candidat dans les jours qui viennent.

GERALD DARMANIN
Vous voyez à quoi on en est réduit.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ?

GERALD DARMANIN
Eh bien on est loin du général de GAULLE.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec Eric ZEMMOUR. Le comportement…

GERALD DARMANIN
On ne va pas commenter, enfin…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, bon.

GERALD DARMANIN
Il y a des choses plus importantes me semble-t-il. Moi je n'ai rien personnellement contre telle ou telle personne, mais voilà je pense que si on pouvait rester à un niveau à peu près acceptable pour les Français, ça aiderait la politique et ça aiderait tous ceux qui regardent la télévision comme quand j'étais petit, monsieur BOURDIN, qui disaient : la politique c'est difficile, c'est plein d'honneur, c'est du courage pour son pays, c'est des débats passionnants, et je pense qu'aujourd'hui des gens qui regardent, des jeunes qui avaient 14, 15, 16 ans, qui regardent la télévision peut-être ce matin, commenter le donneurs d'Eric ZEMMOUR, ça ne donne pas très envie de faire de la politique je pense.

JEAN-JACQUES BOURDIN
LR, qui va gagner ?

GERALD DARMANIN
Je n'en sais rien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous connaissez bien la maison, même si cela a changé.

GERALD DARMANIN
Moi j'ai plein d'amis aux LR encore aujourd'hui, et qui n'ont pas fait même le même choix que moi, qui parfois attendent cette primaire pour rejoindre le président de la République, mais c'est autre chose, qui me disent qu'Eric ZEMMOUR… j'ai fait un lapsus, pardon, qu'Eric CIOTTI a de grandes chances de gagner.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils se ressemblent, non ?

GERALD DARMANIN
Non. En tout cas Eric CIOTTI est sans doute la personne la plus sincère dans ce débat. Il était déjà à la droite très dure, j'allais dire à droite extrême, il dit qu'il peut travailler que monsieur ZEMMOUR, il dit qu'il nommera Laurent WAUQUIEZ Premier ministre, madame LE PEN dit qu'il pourrait être son ministre de l'Intérieur. Eric CIOTTI est un homme intelligent, moi je le respecte personnellement en tant qu'homme, mais il est sans doute aujourd'hui celui qui correspond le plus aux LR. Et moi je ne serais pas étonné qu'Eric CIOTTI serait non seulement au second tour mais gagne l'élection primaire. C'est l'homme qui a l'air le plus sincère et le plus cohérent avec tout ce qu'il dit depuis 4 ans. Moi je peux témoigner qu'Eric CIOTTI est très cohérent dans l'attaque contre le président de la République, contre notre politique, c'est un adversaire que je respecte, mais je n'ai pas l'impression qu'il mente aux adhérents LR, donc, j'allais vous dire, en tant que commentateur, oui, les LR que je connais vont voter Eric CIOTTI.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Gérald DARMANIN, Marlène SCHIAPPA dans l'affaire Nicolas HULOT et les accusations, Marlène SCHIAPPA, ministre déléguée auprès de vous a-t-elle fauté ?

GERALD DARMANIN
Moi, je ne souhaite pas entrer dans ce débat médiatique. D'abord je voudrais dire que Marlène SCHIAPPA c'est une excellente ministre auprès de moi, et je n'ai pas à me plaindre un seul instant de son sens de l'honneur et de son goût pour l'intérêt général. Monsieur HULOT aujourd'hui, il y a une enquête judiciaire qui est ouverte, si j'ose dire tant mieux. Cette enquête judiciaire elle va établir des faits ou non, elle va pouvoir entendre des personnes. Voilà. Et moi je pense que c'est toujours mieux qu'il y ait des enquêtes judiciaires. Pour le reste je pense que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous dis ça parce qu'en 2018 elle avait affiché ouvertement son soutien à Nicolas HULOT, après la première accusation.

GERALD DARMANIN
Je pense encore une fois que c'est toujours mieux quand on ne commence pas les affaires judiciaires. C'est très difficile, parce qu'aujourd'hui évidemment tout se commente, les journalistes font leur travail, et moi je le respecte parfaitement, mais on n'est pas obligé de commenter les commentaires. Voilà. Et je pense que c'est important que chacun garde cette règle.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il ne s'agit pas de commenter des commentaires, c'est de commenter des faits ou de s'intéresser à des faits, Gérald DARMANIN.

GERALD DARMANIN
Celui qui établit les faits, c'est le juge, ou le procureur avec les services de police et de gendarmerie. Voilà. Je pense que c'est très difficile de ne pas, d'avoir un discours modéré sur ces questions, bien évidemment, parce qu'il faut que les gens puissent parler, il faut que tout le monde puisse les écouter, que les journalistes fassent leur travail, c'est tout à fait normal, mais de manière générale, quand on ne commente pas des décisions de justice ou des décisions qui pourraient ouvrir à la justice, moi j'ai eu parfois connaissance de faits qui étaient apparemment tout à fait dramatiques, criminels, ce que j'ai fait, c'est que j'ai à chaque fois pris mon stylo, mon papier à lettres, et j'ai écrit au procureur de la République. Voilà. Je pense que les Français devraient faire ça. Ils devraient écrire, c'est l'article 40, c'est notre Code de procédure pénale, écrire au président de la République, pour dire : voilà, j'ai eu connaissance de tels faits, telle personne est venue me voir dans mon bureau pour m'expliquer qu'il avait subi une agression, qu'il avait subi un crime, je pense que le mieux c'est d'écrire au procureur de la République. Il ouvre une enquête et il lui appartient qu'à lui, qu'à lui ou à elle, de décider s'il y a des poursuites ou pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un policier a été grièvement blessé dans le 13e arrondissement de Paris. Quelles sont les nouvelles ?

GERALD DARMANIN
Alors je sais qu'il était…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il était pronostic vital engagé.

GERALD DARMANIN
Oui, hier soir de ce que j'ai compris de sa compagne et à qui nous pensons tous évidemment, puisqu'elle l'accompagnait et ce drame est arrivé dans elle, et de l'hôpital, qu'il était sorti d'affaire, mais il est rentré au bloc opératoire dans la nuit. Voilà. Donc je n'ai pas eu de nouvelles ce matin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Agression au couteau.

GERALD DARMANIN
Ce policier était hors service, il n'était pas en uniforme, il a décliné sa profession de policier quand il se faisait agresser, et c'est une agression absolument inacceptable. Absolument inacceptable. C'est une tentative de meurtre, il n'y a pas d'autre mot je crois. La justice le dira, puisqu'elle a été saisie, de ce que nous en savons. Je veux dire aussi que les policiers de Paris ont été très réactifs, et en moins de 2 heures ont interpellé la personne, qui est supposée être le responsable de ce drame. La justice va passer je l'espère, et j'espère surtout que ce policier va survivre et n'aura pas de séquelles. En tout cas nous pensons bien à lui. Ce qui me conforte dans l'idée qu'il faut continuer à travailler pour la sécurité de nos concitoyens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Gérald DARMANIN d'être venu nous voir ce matin, sur RMC et BFM TV.

GERALD DARMANIN
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 novembre 2021