Interview de M. Marc Fesneau, ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne, à Public Sénat le 10 janvier 2022, sur le passe vaccinal au Parlement et dans le débat public.

Intervenant(s) :

  • Marc Fesneau - Ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne

Prononcé le

Texte intégral

ORIANE MANCINI
Et notre premier invité politique de l’année, c’est donc vous Marc FESNEAU. Bonjour.

MARC FESNEAU
Bonjour.

ORIANE MANCINI
Merci beaucoup d’être avec nous ce matin, ministre chargé des Relations avec le Parlement et de la Participation citoyenne. Et on est ensemble pendant 20 minutes, pour une interview en partenariat avec la Presse quotidienne régionale, représentée par Fabrice VEYSSEYRE-REDON. Bonjour Fabrice.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Bonjour Oriane, bonjour Marc FESNEAU.

ORIANE MANCINI
Fabrice, du groupe EBRA, les journaux régionaux de l’Est de la France. On va bien sûr longuement parler avec vous, Marc FESNEAU, de ce texte sur le Pass vaccinal. Et d’abord, un mot sur le climat dans lequel ce texte arrive au Sénat. Contexte un peu tendu, on a vu ce week-end une augmentation du nombre de manifestants anti-pass, plus de 100 000 selon le ministère de l’Intérieur. Et puis il y a quelques heures, à Saint-Pierre-et-Miquelon, un député La République en Marche, Stéphane CLAIREAUX, a été violemment agressé devant son domicile, par des manifestants anti-pass. Qu’est-ce que vous avez pensé à la vue de ces images ?

MARC FESNEAU
J’ai trouvé ces images, au fond assez effrayantes, parce que de voir un homme seul, dont on voit bien qu’il est chez lui d’abord, et que 2 il cherche plutôt le dialogue, se faire jeter toutes sortes d’objets ou de choses devant son domicile, avec la véhémence d’une foule un peu déchaînée, il y a quelque chose d’assez effrayant de ce qu’est devenu le débat politique où le débat public. C’est un, je l’ai dit hier par voie de tweet d’ailleurs, c’est un degré supplémentaire dans la violence qui est faite aux élus. C’est l’occasion de rendre hommage à tous les élus, d’ailleurs de tous horizons politiques, parce qu’il ne suffit pas d’être dans la majorité pour être menacé, et on est parfois, parce qu’on est dans la majorité, mais parfois aussi parce que dans l’opposition on fait le choix de telle ou telle mesure. Et ça n’est pas acceptable en démocratie.

ORIANE MANCINI
Est-ce qu’ils peuvent encore travailler sereinement aujourd’hui ?

MARC FESNEAU
Justement, c’est ce que j’allais dire, ça n’est pas supportable en démocratie, qu’au fond des élus soient dans toutes les décisions et tous les actes de la vie d’un élu, qui est une… La vie d’un élu, c’est une vie de réflexion et c’est une vie de prise de décisions, qu’on soit un élu national d’ailleurs, ou qu’on soit un élu local. Si à chaque moment, à chaque fois que vous devez prendre une décision, vous vous posez la question de savoir quelles vont être les conséquences, non pas politiques, mais les conséquences physiques, de menaces qui vont porter sur vous, et plus grave encore sur votre famille, et dans les deux cas c’est grave, je pense que vous voyez bien la pression que vous mettez, et au fond vous faites peser sur l’élu, l’idée qu’il ne peut pas prendre sa décision en toute liberté. Et moi je pense que c’est une chose extrêmement grave, le devoir de l’ensemble des responsables publics, c’est de condamner sans aucune objection, sans aucune "oui mais" et "oui si", sans aucune objection, il faut condamner ces actes-là, parce que ça, au bout, au bout c’est le totalitarisme. Au bout, quand vous mettez des élus nationaux ou locaux, à la pression physique, ça veut dire que c’est la loi du plus fort qui s’impose. Et la loi du plus fort qui s’impose, c’est le totalitarisme. Et ça, ça n’est pas acceptable en démocratie. Je vois beaucoup d’élus, encore la semaine dernière d’ailleurs à l’Assemblée nationale, qui se sentent en permanence, alors, peut-être à tort d’ailleurs, mais en tout cas c’est quelque chose, épiés, menacés, regardés, avec le sentiment qu’ici, sur un bord de route, là au pied de leur domicile, ici à la sortie des hémicycles, ils peuvent être menacés par un individu. Et donc, à toutes fins, en permanence, il faut qu’on soit les uns et les autres, solidaires non pas entre nous, mais solidaires de la démocratie. La démocratie, elle exige du débat, de la confrontation, mais elle exige aussi la non-violence. Avec la violence, ce n’est plus la démocratie qui s’impose, c’est autre chose, et moi je serai le premier, et vous savez que depuis très longtemps je mets en garde les responsables publics qui jettent à la vindicte populaire en disant "allez chez eux, allez à leur domicile, allez manifester devant l’Assemblée nationale", parce qu’en faisait cela, ça n’est pas les élus seulement qu’on menace, c’est les règles de vie démocratique qui sont les nôtres. Et donc je pense qu’on a tous une responsabilité, voyez les mots avec lesquels je le fais, on a tous une responsabilité, c’est de faire vivre le débat démocratique. On a le droit de ne pas être d’accord avec le pass sanitaire ou de pass vaccinal, mais on n’a pas le droit de menacer quelqu’un, à raison de ses opinions.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Marc FESNEAU, vous avez le sentiment qu’on a franchi un nouveau palier, en termes de violence, en termes de radicalité ?

MARC FESNEAU
Eh bien, ce que j’ai vu hier, les images que j’ai vues hier venant de Saint-Pierre-et-Miquelon, et Saint-Pierre-et-Miquelon c’est 6 000 habitants, c’est une petite commune française, à échelle, que des gens viennent se permettre de faire ça, je trouve qu’on a franchi un échelon, et il y a tout ce qu’on ne voit pas, c’est-à-dire tous les élus qui parfois au gré, dans leur permanence, avec leurs collaborateurs, auxquels je pense aussi, qui eux aussi se sentent menacés, sont en permanence sous la contrainte. Et donc, là on a franchi, en tout cas visiblement, puisque les images parlent d’elles-mêmes, un degré, qui est un degré insupportable. Je sais que la procédure…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
La réponse ?

MARC FESNEAU
Eh bien, le ministre de l’Intérieur et les éléments de la justice seront en cours, vont se mettre en route, et je j’espère qu’on retrouvera les auteurs de ces faits, qui sont inqualifiables.

ORIANE MANCINI
Il va y avoir un renforcement de la protection des élus ?

MARC FESNEAU
Eh bien c’est ce que font le garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur. Eric DUPOND-MORETTI et Gérald DARMANIN ont indiqué à plusieurs reprises, auprès d’ailleurs du président de l’Assemblée nationale, en particulier, mais nous en parlions la semaine dernière avec le président LARCHER, je crois qu’on partage, les deux assemblées partagent avec le gouvernement cette exigence et cette préoccupation, c’est le renforcement auprès des personnes qui peuvent être menacées, c’est toutes les menaces qui traînent sur Internet, et où il faut aller chercher, dès qu’on peut, les gens et les auteurs de ces menaces.

ORIANE MANCINI
Est-ce que les propos d’Emmanuel MACRON, sur le fait de vouloir "emmerder les non vaccinés", n’ont pas aussi jeté de l’huile sur le feu ?

MARC FESNEAU
Non non, rien, enfin honnêtement, rien à voir, on ne vient pas de découvrir les faits de violence, on les a découverts au moment de la crise des Gilets jaunes. Donc, ne faisons pas des corollaires ou des… Le président de la République a dit au fond ce que beaucoup de Français disent eux-mêmes, si vous n’avez pas entendu ces propos-là, et voire plus forts à l’endroit de ceux qui n’étaient pas vaccinés, je ne crois pas que ce soit ça qui soit lié. Le président de la République il a rappelé qu’elle était notre stratégie, avec ses mots, avec les mots aussi de l’inquiétude d’un responsable public, du président de la République au premier chef, pour la santé d’un certain nombre…

ORIANE MANCINI
Est-ce que dans le contexte actuel, c’était responsable de tenir ces propos, de la manière dont il les a tenus ?

MARC FESNEAU
Mais moi je pense que la responsabilité première d’un président de la République, c’est de protéger les Français, et le risque principal des Français, c’est le risque des non vaccinés, d’abord pour eux, et ensuite pour l’ensemble de la société, parce que ça fait peser un risque lourd sur le système de santé. Et donc je pense que c’est ça. Le premier élément de responsabilité c’est de protéger la vie des gens.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Il n’est pas allé trop loin, selon vous.

MARC FESNEAU
Mais il l’a dit avec ses mots, et moi ça ne…

ORIANE MANCINI
Ça aurait pu être les vôtres ?

MARC FESNEAU
Peut-être pas, mais peu importe, ce n’est pas le sujet. Je pense que le président de la République, il est dans son rôle…

ORIANE MANCINI
C’est quand même un peu les deux, le sujet c’est le mot, c’est le mot "emmerder".

MARC FESNEAU
Non, le président de la République, il est dans son rôle, qui est celui de protéger les Français. S’il n’avait pas dit ce qu’il avait dit au mois de juillet, première étape qui était le Pass sanitaire, on lui avait déjà reproché à l’époque d’y aller un peu fort, je trouve qu’il dit et il traduit au fond la pensée de beaucoup de Français. Et quand on est président de la République, c’est aussi ça le sujet. J’étais encore ce week-end, en fin de week-end dans mon département, je vous prie de croire que ce que j’ai entendu, c’est plutôt des gens qui trouvaient qu’effectivement il fallait que chacun prenne ses responsabilités.

ORIANE MANCINI
Le texte sur le Pass vaccinal qui arrive donc au Sénat aujourd’hui, est-ce que ces propos du président de la République, dont parlent beaucoup de parlementaires, il n’y a pas que les Français qui en parlent, les parlementaires aussi en parlent, est-ce que ça complique l’examen du texte ? On entend des parlementaires dire : eh bien, je ne sais plus très bien, du coup, les propos du président de la République…

MARC FESNEAU
Oui, moi j’ai beaucoup de respect pour l’ensemble des parlementaires, vous le savez, c’est consubstantiel…

ORIANE MANCINI
Est-ce que ça … ?

MARC FESNEAU
Attendez… Non, la vérité c’est non. Ceux qui veulent voter pour, voteront pour, et que ceux qui veulent voter contre ne se cachent pas derrière des arguments qui n’en sont pas. Moi je respecte les positions de chacun, par nature, et à l’Assemblée nationale comme au Sénat. Je pense qu’on a réussi avec le Sénat et l’Assemblée nationale, à trouver un calendrier qui permet de débattre dans des conditions, qui sont des conditions satisfaisantes, je n’ai pas dit parfaites…

ORIANE MANCINI
Donc vous approuvez le calendrier choisi par le Sénat, parce que Jean CASTEX voulait une solution rapide, le Sénat souhaitait prendre un petit peu son temps, est-ce que vous êtes d’accord avec le Sénat ?

MARC FESNEAU
Jean CASTEX a eu raison de rappeler que, au final, la lecture s’étant un peu accélérée à l’Assemblée nationale, pouvait se poser la question de voir s’il n’y avait pas une possibilité d’accélérer au Sénat. Le Sénat avait pris un certain nombre de dispositions, on est resté sur le schéma initial, très bien, enfin il n’y a aucune difficulté avec ça. Enfin, moi je ne suis pas de ceux qui pensent qu’il faut accélérer les processus pour les accélérer. Le Premier ministre a juste rappelé qu’effectivement, manifestement on pensait finir plus tôt jeudi dans la journée, on a fini jeudi matin très tôt, et que peut-être ça permettait. Mais au fond, le Premier ministre il est très soucieux aussi du bon travail parlementaire, il en a dialogué avec le président du Sénat, comme j’en avais dialogué moi-même, aujourd’hui en commission, demain et après-demain en séance, ça permet de regarder le texte dans des conditions qui soient satisfaisantes pour les sénateurs, je crois, je n’ai pas entendu pour le coup qu’il y ait de difficultés de ce point de vue là, ça permettra un débat serein, apaisé, et un débat qui aille au fond et … la forme.

ORIANE MANCINI
Vous pensez qu’il sera serein et apaisé ? Il n’y aura pas les remous qu’à l’Assemblée nationale selon vous ?

MARC FESNEAU
En tout cas, les conditions sont posées pour qu’ils soient… Je ne suis pas sénateur…

ORIANE MANCINI
Mais vous les connaissez bien, vous leur parlez.

MARC FESNEAU
Oui, mais je ne les connais… pas mal, mais je ne prétends pas parler en leur nom, et donc on verra dans quelles mesure les débats permettront, au fond, parce que c’est ça qu’il faut regarder, c’est le fond du texte, de doter le gouvernement, de doter la puissance publique, d’un certain nombre d’outils, qui permettront là encore de travailler sur, comment dirais-je, sur la régulation de cette pandémie. Je rappelle d’ailleurs que le Sénat, sur le Pass sanitaire, pour le coup, contrairement à l’Assemblée nationale, pour ce qui est des LR, le Sénat s’était prononcé favorablement, dans sa grande majeure. Pourquoi ? Parce qu’il estimait que c’était… Donc je fais confiance aux sénateurs et au Sénat, et à la majorité sénatoriale, parce que je sais qu’ils savent être au rendez-vous de l’esprit de responsabilité. Je n’’ai pas de doute là-dessus, voyez ce que je veux dire.

ORIANE MANCINI
Ça veut dire que …

MARC FESNEAU
On a bien vu qu’à l’Assemblée nationale…

ORIANE MANCINI
… le texte sera voté. Pour vous il n’y a aucun doute, le texte sera voté au Sénat.

MARC FESNEAU
Non mais on verra. Je ne présage pas, je ferais offense aux sénateurs. Mais après il y aura une commission mixte, parce que le Sénat va faire des modifications. On verra tout ça, mais je sais que le Sénat dans ces cas-là, était à la hauteur de ses responsabilités, j’ai vu le vote à l’Assemblée nationale qui était un peu confondant, côté LR. Un tiers, un tiers, un tiers, heureusement que…

ORIANE MANCINI
Vous l’analysez comment ?

MARC FESNEAU
Eh bien, comme une absence de ligne. La vérité c’est que quand on n’a pas ligne, voilà ce que ça produit. Ça veut dire d’ailleurs ils seraient en situation de majorité, ils n’auraient pas fait voter le Pass sanitaire ou le Pass vaccinal, parce qu’ils n’ont pas de majorité pour le faire. C’est quand même un sujet pour des gens qui veulent gouverner, d’être à ce point divisés, sur un sujet qui est un sujet éminent d’urgence sanitaire, et donc je trouve que de ce point de vue-là il y a une petite interrogation qui peut naître dans les esprits de nos concitoyens.

ORIANE MANCINI
Sur le fond justement du texte, et vous dites, le Sénat peut apporter quelques modifications, notamment sur le fait de rendre caduque ce Pass vaccinal si la situation sanitaire s’améliore, il y a aussi des questions sur le contrôle de se Pass vaccinal, est-ce que vous êtes prêts à suivre que les recommandations, les propositions du Sénat ?

MARC FESNEAU
On verra quelles seront les recommandations. La Commission se réunit aujourd’hui, elle va examiner les amendements, il y aura une séance demain et après-demain. Laissez-nous regarder ce que seront les amendements. Je rappelle que dans 75% des cas, le Sénat et l’Assemblée nationale trouvent les voies d’un compromis au travers des commissions mixtes paritaires. Donc c’est des choses qui arrivent, ça n’est pas des exceptions, c’est plutôt la règle.

ORIANE MANCINI
Mais le gouvernement n’est pas fermé aux modifications du Sénat ?

MARC FESNEAU
La preuve que non, le gouvernement, puisqu’on est sur ces dispositions-là, et qu’après il appartient à l’Assemblée nationale et au Sénat de se mettre d’accord ou non, on n’a jamais été fermé à des modifications, on l’a fait d’ailleurs à l’Assemblée nationale, je le rappelle, sur la question du Pass vaccinal pour les mineurs, pour les moins de 16 ans, donc on n’est pas fermé au débat, c’est l’intérêt du débat parlementaire, c’est pour ça qu’il faut lui donner du temps, en même temps on a quand même quelques éléments qui nécessitent qu’on aille aussi vite que possible, et donc je pense qu’on peut, on verra sur ces questions-là et sur d’autres, s’il y a moyen de trouver un terrain de compromis, on verra comment se passe la Commission.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Justement, en matière de temps, Gabriel ATTAL parlait du 17 janvier, c’est-à-dire c’est la semaine prochaine, pour la mise en œuvre du Pass vaccinal. C’est jouable ?

MARC FESNEAU
C’est jouable. Je ne peux pas vous en dire plus. Oui, c’est jouable.

ORIANE MANCINI
C’est jouable s’il y a un accord Assemblée/Sénat, et c’est jouable s’il n’y a pas d’accord entre députés et sénateurs…

MARC FESNEAU
C’est jouable, mais il y a plein de conditions pour que ce soit jouable, parque même s’il n’y a pas un accord, il y a une nouvelle lecture qui peut se faire dans la semaine. Est-ce qu’il y aura un recours au Conseil constitutionnel… enfin bref, tout ça fait que ça reste jouable et qu’on sera dans les horizons qui avaient été fixés. Je rappelle qu’au démarrage on était plutôt sur fin janvier, début février, et qu’on reste dans les horizons de la mi-janvier, en tout cas on fait…

ORIANE MANCINI
Mais ça n’est pas garanti, puisque certains parlementaires parlent déjà d’un recours.

MARC FESNEAU
Mais très bien. Je vais vous dire, chacun va prendre ses responsabilités, je pense que les Français nous regardent. Que parfois les exercices qui sont faits dans les médias, ne sont pas des exercices de gens qui sont très responsables. Ce que j’ai vu à l’Assemblée nationale ne m’a pas forcément rassuré de ce point de vue-là. Mais vous savez qu’il y a des gens qui nous regardent, il y a des gens qui s’intéressent au débat parlementaire, et qui ont le sentiment que tandis que nous nous époumonons en vaines querelles, le virus monte et un certain nombre de gens qui ne sont pas vaccinés ne sont pas protégés ou ne protègent pas les autres et le système de santé. Donc chacun prendra les responsabilités qu’il a à prendre, nous, nous prenons les nôtres, je crois qu’on peut reconnaître, et que les Français reconnaissent que nous ayons à chaque fois pris nos responsabilités, quand souvent et trop souvent malheureusement, les oppositions n’aient pas pris leurs responsabilités. Quand vous regardez ce qui se passe en Allemagne, en Italie ou ailleurs, souvent quand même les majorités et oppositions ont réussi à trouver un terrain d’entente. Pourquoi, parce qu’ils avaient un esprit de responsabilité, et moi j’appelle à la responsabilité.

ORIANE MANCINI
En Italie justement, il y a eu la mise en place de la vaccination obligatoire pour les plus de 50 ans. Pourquoi ne pas être allé au bout de ce que vous jugez être le bon chemin, et mettre en place cette vaccination obligatoire, plutôt que de faire cette lecture …

MARC FESNEAU
Pour une raison simple qui a été très bien rappelée par le président de la République, une fois vous mettez en place l’obligation vaccinale, comment vous la mettez en œuvre ? Vous allez chercher les gens chez eux, vous les emprisonnez, vous les embastillez jusqu’à ce qu’on ait trouvé un moment pour les…

ORIANE MANCINI
Mais pourquoi ce qui serait possible en Italie, n’est pas possible chez nous ?

MARC FESNEAU
En Italie, ils démarrent. Rendez-vous dans quelques semaines. Par ailleurs, manifestement, étant le pays du monde, je ne crois pas dire de bêtises, ou l’un des pays du monde où le taux de vaccination est le plus élevé, manifestement notre stratégie n’est pas si mauvaise, contrairement à ce qu’on avait entendu.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Le Pass vaccinal, c’est pour éviter de mettre des gens en prison ?

MARC FESNEAU
Non, mais, vous voyez bien… Mais vous voyez bien que ceux qui disent qu’il faut faire l’obligation vaccinale, c’est l’impuissance publique qu’on prépare. C’est, une fois qu’on a dit ça, comment on fait ? On va chercher devant des gendarmes et on les amène à un centre de vaccination ?

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Il y a des vaccins qui sont obligatoire en France.

MARC FESNEAU
Elles sont obligatoires, mais ça ne veut pas dire que le taux de vaccination est à 100%. On est à 92%. La vaccination est obligatoire pour les enfants, les 9 vaccins dont on avait… enfin, elle est obligatoire. Tous les enfants ne sont pas vaccinés. Donc ce n’est pas parce qu’elle est obligatoire, qu’elle est appliquée. La question ce n’est pas qu’elle soit obligatoire, la question c’est qu’elle soit le plus largement répandue. Et la vaccination obligatoire ne rend pas tous les enfants vaccinés. Donc il faut arrêter de dire ça. Donc il faut arrêter de… Quand on est un responsable public, ça peut être séduisant la vaccination obligatoire, mais je répète, vous allez chercher les entre 2 gendarmes, vous les amenez dans les centres de vaccination, vous donner à des gens qui gagnent à peine le smic, une amende de 1 500 € ? Mais il faut être sérieux, ce n’est pas comme ça qu’on gouverne un pays. Donc, effectivement on a fait le choix de pousser sur l’orientation vaccinale, en faisant peser la charge effectivement sur ceux qui n’étaient pas vaccinés, mais sinon on est inopérant. D’ailleurs, le ce territoire de la République, qui a rendu la vaccination obligatoire, c’est la Nouvelle-Calédonie, puisqu’ils ont des prérogatives de santé, et le résultat n’est pas là non plus. Parce que c’est comme ça que ça se passe, la réalité humaine n’est pas celle-là, en tout cas dans une démocratie. Quand on n’est pas dans un régime démocratique, c’est facile de rendre la vaccination obligatoire. Ce n’est pas le choix que l’on fait.

ORIANE MANCINI
Parmi les arguments des opposants, il y a l’atteinte aux libertés, surtout dans une période où le Parlement n’est plus sensé siéger, puisqu’entre fin février et fin juin le Parlement n’est pas sensé siéger pour cause de campagne électorale…

MARC FESNEAU
Il peut toujours siéger.

ORIANE MANCINI
C’est la question que j’allais vous poser. Est-ce qu’il pourrait être convoqué à…

MARC FESNEAU
Mais juridiquement, il peut siéger…

ORIANE MANCINI
Est-ce qu’il pourra être convoqué en mars, avril, mai, est-ce que vous l’envisagez ?

MARC FESNEAU
Mais on ne l’envisage pas, mais il peut siéger. La question n’est pas… Est-ce que c’est possible, oui, est-ce que c’est envisagé, non. Mais c’est possible.

ORIANE MANCINI
C’était la question : est-ce que le gouvernement l’envisage ?

MARC FESNEAU
Mais il faudrait avoir un événement qui justifierait de le faire. Est-ce que vous avez ça sous les yeux aujourd’hui ? La réponse est non. Mais en tout cas, le Parlement… Les parlementaires restent parlementaires, je parle en tout cas, les sénateurs évidemment, puisqu’ils n’ont pas de processus électoral, mais les députés restent députés jusqu’au dernier jour de leur élection.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Alors, est-ce que dans ce plan et notamment ce vote, vous avez intégré le fait que les choses pourraient aller mieux dans les prochaines semaines ?

MARC FESNEAU
Oui, alors on a déjà eu ce débat d’ailleurs, je le rappelle, au moment de la prolongation du Pass sanitaire et des dispositifs d’état d’urgence au mois d’octobre ou novembre, le texte juste avant celui-ci. On nous avait expliqué qu’il fallait même arrêter e Pass sanitaire parce qu’on était en train de sortir de la crise. Alors, je vais vous dire quelque chose, cette crise elle nous apprend à être modeste et prudent, et donc on est modeste et prudent. Et donc, j’entends tous ceux qui disent "y’a qu’à, on va être sorti", tous les épidémiologistes de comptoir, nous sommes tous un peu sélectionneur de foot et épidémiologiste désormais, mais moi je considère que c’est des choses sérieuses, et que donc il faut qu’on ait des outils qui nous permettent, de rapidement réagir, et donc c’est dans cette disposition-là qu’on est. Heureusement qu’on n’avait pas supprimé les dispositions état d’urgence ou préparant l’état d’urgence, sinon on serait dans des situations où on n’aurait pas pu agir sur un certain nombre de lieux, même si c’est malheureux, sur les discothèques par exemple.

ORIANE MANCINI
Et du coup, la présidentielle se déroulera sous Covid. Les sénateurs, notamment centristes, ils veulent des dispositions pour encadrer le scrutin sur le plan sanitaire. Est-ce que ça manque dans le texte actuel ? Est-ce que le gouvernement néglige trop le contexte sanitaire ?

MARC FESNEAU
Mais ce n’est pas une affaire de texte principalement, le Premier ministre réunira demain, si j’ai bonne mémoire, l’ensemble des forces politiques, avec la méthode que vous lui connaissez, il réunit, il prévient, il dialogue, on prend des dispositions. Il réunira avec le ministre de l’Intérieur Gérald DARMANIN, et je sais qu’on trouvera des voies et moyens pour trouver la manière de faire campagne. Il n’y a pas de raison qu’on n’y arrive pas, on y est arrivé, même si c’était compliqué, parce que là on était dans une phase épidémique nouvelle, aux municipales, on y est arrivé aux régionales et aux départementales…

ORIANE MANCINI
Et sur le scrutin, est-ce qu’on peut relancer le débat sur la double procuration, ça a été le cas aux élections précédentes, sur le vote par correspondance ?

MARC FESNEAU
On va, alors, sur ces sujets-là, il y a ce qui est possible, et ce qui est possible dans le délai. Donc on va regarder, et il faut aussi qu’il y ait un consensus des forces politiques, me semble-t-il, au moins un consensus aussi large que possible. Donc on va regarder quelles seront les propositions. Je ne vais pas préempter un débat qui va commencer demain, sur ces sujets-là, et qui avait déjà eu lieu…

ORIANE MANCINI
Mais vous ne fermez pas la porte, y compris au vote par correspondance.

MARC FESNEAU
Mais on va regarder, enfin, moi je n’ai pas d’avis. Il faut, en tout cas dans cette affaire-là, on est à 3 mois du scrutin, que ces dispositions ou les dispositions ou les ajustements, c’est les ajustements, qu’on pourrait faire, soient acceptés par ceux qui vont concourir. Vous voyez bien dans la situation dans laquelle on est nous, de gouverner, on ne va pas venir imposer contre l’ensemble des forces politiques, des choses.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Marc FESNEAU, est-ce que vous craignez une faiblesse de la participation ? Vous évoquiez les régionales et les municipales, ça a été quand même le principal fléau…

MARC FESNEAU
C’est vrai.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Est-ce que vous le craignez pour cette élection…

MARC FESNEAU
Oui oui, donc il faut à la fois qu’on regarde. Je pense qu’il y a deux, il y a ceux qui peuvent craindre d’aller dans les bureaux de vote, encore que ce n’est pas les lieux qui soient les lieux les plus à risque, objectivement, pour avoir tenu moi-même un bureau de vote dans ma commune de Marchenoir, donc je vous à peu près de quoi il est question, et la distanciation, et les règles de prudence s’appliquent au fond assez facilement dans un bureau de vote, même si ça complique la vie des élus, et je voudrais saluer le travail qu’ils font pour essayer de faire les choses dans les meilleures conditions possibles, donc il y a un premier risque, c’est celui-là, et puis il y a un risque de démobilisation générale. Donc, sur le premier, c’est d’essayer de rassurer et de mettre en place des protocoles qui soient rassurants pour les gens, peut-être d’avoir des mesures d’assouplissement, et puis sur le 2e c’est à nous de faire une campagne qui intéresse les gens.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Donc il y a nécessité d’une vraie campagne.

MARC FESNEAU
Ah oui, il y a nécessité d’une vraie campagne. Alors, est-ce que c’est, on voit bien que, est-ce que les formats meetings permanents, d’ailleurs, objectivement depuis des années, on voit bien qu’il y a les très très grands meetings et que le reste s’est un peu amenuisé, on va dire ça comme ça. La campagne ne se fait plus pareil, l’émergence des réseaux sociaux, des chaînes d’info continues, en particulier pour une présidentielle, crée des conditions qui sont particulières. Donc ce n’est pas tout à fait de toute façon les mêmes campagnes qu’il y a 20 ou 30 ans. Voilà. Donc on va regarder, on va ajuster, et les partis politiques eux-mêmes ajusteront d’ailleurs.

ORIANE MANCINI
Plusieurs candidats disent ne pas avoir leurs parrainages, dont Jean-Luc MELENCHON, dont Eric ZEMMOUR. Vous qui êtes ministre de la Participation citoyenne, est-ce qu’il faut changer les règles de parrainages et remplacer des parrainages d’élus par des parrainages de citoyens ?

MARC FESNEAU
Ecoutez, on ne va pas changer les règles à 3 mois d’un scrutin. Bon, alors après que la question se pose, mais au bout du bout, à date et j’espère que ça restaura ainsi, citez-moi un candidat significatif qui n’ait pas pu être candidat ces 20 dernières années ?

ORIANE MANCINI
Ça veut dire qu’il y a une part de bluff de la part Jean-Luc MELENCHON et Eric ZEMMOUR ?

MARC FESNEAU
Je ne sais pas s’il y a du bluff. Au bout, à la fin, globalement les candidats qui pesaient quelque chose dans le débat public, ils ont été présents, et parfois des candidats qui ne pesaient pas grand-chose.

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Donc pour vous, la règle actuelle fonctionne, il ne faut pas y toucher et…

MARC FESNEAU
Mais moi, comme disait…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Et autre question, Marc FESNEAU, est-ce qu’il faut revenir sur la question de l’anonymat, en tout cas de la non publicité de parrainages ?

MARC FESNEAU
Alors, c’est la question… Oui, alors, moi j’ai connu la règle… La règle qui s’applique aujourd’hui c’était la règle de 2002, c’est-à-dire qu’on rendait, au fur et à mesure publics les parrainages. Puis on avait complètement anonymisé, puis on avait… Bon bref. Est-ce que c’est un frein ? Je ne sais pas. Les maires ils exercent… D’abord, je rappelle une chose, parce que je vois beaucoup de collègues maires qui disent – je parle comme un ancien élu, ou un élu que je suis, pardon de le dire comme ça – qui disent : "Je vais consulter mon conseil municipal". Au fond, ce n’est pas une nécessité, puisque c’est le parrainage n’est pas une caution du candidat, le parrainage c’est : je veux que cette personne participe du débat démocratique. Il y a des gens qui ont parrainé parfois, et les gens qui n’étaient pas dans le champ et dans le registre. Ça se comprend et ça s’explique. Donc il y a plutôt ça à expliquer dans l’opinion, et y compris dans l’opinion municipale, c’est-à-dire que quand un maire parraine tel ou tel candidat, ce n’est pas pour autant qu’il en est un soutien et un premier défenseur, mais je pense que ça, ça a disparu dans l’état d’esprit. En gros, vous parrainez et vous soutenez. Donc il y a quelque chose à casser de cet ordre-là. Est-ce que l’anonymat, mais en même temps l’idée qu’on se cacherait de soutenir tel ou tel candidat, me gêne. Je vois bien que ça peut être un frein pour certains, mais l’idée que dans une démocratie, ça revient à ce qu’on disait tout à l’heure sur les élus qui sont menacés, on menacerait un élu à raison de son parrainage à tel ou tel candidat, on est quand même dans un drôle de système. C’est quoi cette démocratie de l’anonymat ? Est-ce qu’il faudrait…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
On vous sent partagé sur le sujet.

MARC FESNEAU
Non non, mais j’assume tout à fait. Mais ça facilite sans doute le fait qu’on donne son parrainage, mais ça me gêne qu’on ne puisse pas assumer publiquement un parrainage à un candidat. Oui. Donc on se sent partagé. Mais moi je dis juste que les faits sont têtus. Je demande à voir quel est le candidat aujourd’hui qui, significativement présent dans l’opinion, n’a pas pu être candidat. Je n’en vois pas. Donc je pense que monsieur MELENCHON, et au fond c’est heureux, et monsieur ZEMMOUR pareil, seront candidats, ils auront leurs parrainages. Après je connais d’exercice de ceux qui font monter un peu les choses, je ne parle pas de ces deux personnalités-là, mais en soi, et retenez-moi ou ça fait très peur, retenez-moi ou je ne vais pas être candidat ; il faut être prudent avec cet exercice.

ORIANE MANCINI
Un mot sur l’actualité de la campagne présidentielle de ces dernières heures, et Guillaume PELTIER qui a donc annoncé son soutien à Eric ZEMMOUR. Vous le connaissez, il est élu Guillaume PELTIER, du même département que vous. Il reproche notamment à Valérie PECRESSE de faire le jeu d’Emmanuel MACRON. Qu’en pensez-vous ?

MARC FESNEAU
Ecoutez, de Guillaume PELTIER est un aventurier de la politique, infidèle politique et un infidèle territorial. Il a été candidat à Epernay, il a été candidat Tour, il nous a expliqué ses racines solognotes, il nous a dit combien il aimait le mandat de municipal, il est resté 2 ans, comment il aimait le mandat régional, il n’est pas retourné au combat régional. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? La vie politique est traversée de personnalités comme ça. Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas du talent d’ailleurs, mais elle traversée de personnalités qui sont à leur compte total, aventuriers totaux, donc ça discrédite l’ensemble de ses propos. Il a fait à peu près toutes les boutiques, il a été éphémèrement centriste en 2015, au moment des régionales pour pouvoir travailler avec nous et avec Philippe VIGIER à l’époque, on ne peut pas dire que ce soit la force des convictions qui soit sa caractéristique première. Mais à partir de là, moi qui n’ai pas changé de famille politique, je le regarde comme un être un peu étranger à ma façon de faire de la politique, et avec pas plus d’intérêt que ça figurez-vous, parce qu’il y a des gens à LR qui ont des convictions, ils ont le droit les avoir. Donc voilà, pour ce qui est de Guillaume PELTIER…

ORIANE MANCINI
Pour vous, ce n’est pas du tout un tournant dans la campagne …

MARC FESNEAU
Non, mais enfin, on ne fait pas des tournants, avec des gens qui font des zigzags. Enfin je veux dire, pardon, ce n’est pas un tournant dans la campagne, c’est un zigzagueur, c’est une bécasse, au sens du vol de la bécasse, si vous voulez…

FABRICE VEYSSEYRE-REDON
Pour revenir sur la proximité de PECRESSE/MACRON…

MARC FESNEAU
Laissez-moi finir. En revanche, ça pose une question aussi aux LR, c’est qu’ils ont accepté dans leurs rangs, monsieur PELTIER, qui a, hors une petite interruption, toujours été sur une ligne très à droite, et à force d’avoir couru derrière monsieur ZEMMOUR, et d’avoir la rhétorique de monsieur ZEMMOUR, les gens préfèrent l’original à la copie, partent chez ZEMMOUR, donc il faut que LR, je n’’ai pas de conseils à leur donner, ce sont des adversaires politiques, mais en même temps, dans le débat démocratique, moi je ne cherche pas l’humiliation des adversaires. Je pense qu’on a besoin d’une gauche, vous en avez parlé un peu tout à l’heure…

ORIANE MANCINI
Qu’est-ce que vous voulez dire, qu’il faut une clarification, qu’il faut…

MARC FESNEAU
Attendez, on a besoin d’une droite, mais à force de ne pas choisir entre la ligne ZEMMOUR et la ligne plutôt Les Républicains, qu’on a connue version CHIRAC, c’est assez original de voir monsieur PELTIER défendre le RPR, qu’il a pilonné quand il était chez monsieur LE PEN, parce que c’était monsieur à l’époque, et chez monsieur DE VILLIERS. Donc il faut quand même, toute honte bue, peu importe. Mais le RPR de Jacques CHIRAC, ça n’était pas un RPR qui courait derrière Monsieur ZEMMOUR. Voilà. Et donc je pense que cette confusion des esprits chez les LR, ils sont en train de la payer, et le départ de monsieur PELTIER, qui est anecdotique pour ce qui est de la personnalité, il est symptomatique d’une formation politique qui n’a pas fait ses choix.

ORIANE MANCINI
Merci beaucoup.

MARC FESNEAU
Merci à vous.


Source : Service d’information du Gouvernement, le 11 janvier 2022