Entretien de M. Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, avec BFM Business le 18 janvier 2022, sur la présidence française du Conseil de l'Union européenne, l'économie numérique, la taxe carbone aux frontières, l'énergie nucléaire, le pacte de stabilité et un nouveau vaccin contre le coronavirus.

Texte intégral

Q - Bonsoir, Clément Beaune. Merci d'être là parce qu'il y a une actualité européenne, le moins qu'on puisse dire, très chargée. Cet après-midi Bruno Le Maire dirigeait, présidait son premier ECOFIN et puis demain, c'est la grande adresse du Président Macron devant le Parlement européen pour planter un peu le décor de la présidence française. Il aura des réponses ; j'imagine que ça ne sera pas complètement déconnecté des priorités françaises, et de ses priorités ?

R - Non l'idée, ce n'est pas de changer de priorités. Il les a présentées début décembre. Il les explicitera devant les députés européens.

Q - J'ai une question, je ne sais pas si vous avez vu. Regardez, Microsoft qui voudrait racheter Activision pour 70 milliards de dollars. Activision qui était Vivendi Games, qui appartenait à la France ; donc, quelle erreur cela était vendu, en plus avec des valorisations évidemment qui n'ont plus rien à voir. Mais on se dit, on regarde les GAFAM qu'on essaye de bloquer, de contourner et on voit elles prennent une place de plus en plus importante. Où est l'Europe là-dedans ?

R - Je crois qu'on l'a vu cette semaine d'ailleurs avec les licornes même si c'est parfois l'étape d'avant...

Q - C'est 1 milliard. Là, on est dans les 70 milliards...

R - Bien sûr mais il faut commencer par ça. Les licornes c'est souvent une première étape et certaines sont en train de développer des valorisations parfois de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Où est l'Europe ? Je crois qu'elle a rattrapé un retard important dans son système de financement. Pourquoi il y a aujourd'hui 25 ou 26 selon la façon dont on compte, licornes...

Q - La 26ème, elle arrive derrière vous, ici sur ce plateau...

R - Exactement. Et donc, des licornes qui sont reconnues et des licornes européennes plus largement, c'est parce qu'on a depuis quelques années, avec la French Tech, avec un environnement d'attractivité fiscal aussi - qu'on nous a parfois reproché, mais je le vois qui porte ses fruits - en France et en Europe, rattrapé les Américains. On voit aussi qu'il y a des entreprises françaises ou qui ont pu être françaises ou européennes qui, justement, se sont développées et attirent l'appétit d'investisseurs plus grands. C'est vrai que si on regarde honnêtement les choses, la première vague, en quelque sorte, de cette énorme révolution numérique - ceux qu'on appelle parfois les GAFAM, Google, Apple etc., sont américains. Parfois, malheureusement, certains sont aujourd'hui chinois. On ne va pas rattraper ce qu'on n'a pas fait il y a vingt ans.

En revanche, pour la vague qui arrive aujourd'hui, il ne faut pas courir après, il faut que la nouvelle vague d'innovations soit la nôtre. On voit que nous avons avec OVH, avec un certain nombre de leaders qui ont été encore célébrés depuis le début de l'année, quatre licornes françaises, on a des grandes entreprises européennes qui arrivent.

Et puis, il faut aussi être offensif et financer notre écosystème d'innovation et parfois ne pas être naïfs et être un peu défensifs. Cela veut dire réguler ces grandes plateformes numériques, ces moteurs de recherche, ces places de marché qui possèdent nos données, qui parfois tuent la concurrence...

Q - Ça, ce sera jeudi, c'est dans le calendrier européen...

R - Mais c'est très important parce qu'elles ont accumulé, aussi, et c'est pour cela qu'il y a parfois ces acquisitions, des sommes considérables, parfois en étouffant la concurrence, et avoir ce qu'on appelle un peu techniquement le DSA ou le DMA, ces textes européens qui vont réguler les grandes plateformes. C'est aussi un droit de la concurrence adapté pour ne pas avoir des situations, parfois c'est 96 ou 97% de parts de marché pour les moteurs de recherche américains en Europe...

Q - C'est vrai que c'est très important, le DMA, le DSA, on y reviendra Clément Beaune, vous avez raison. Mais cela dit, on voit que là elles sont déjà parties dans le métavers, ils sont déjà ailleurs, ces GAFAM. Il y a une espèce de course et comme on court derrière, mais nous, on n'a pas...

R - Non, je crois, encore une fois, les GAFAM, celles qu'on connaît bien, nos moteurs de recherches, nos réseaux sociaux, ce sont souvent des géants américains. On ne va pas...

Q - C'était français en plus, vous vous rendez compte !

R - Cela dépend des cas, ces grands-là, non, mais ils sont américains, c'est un succès américain. Maintenant, ils prennent une place telle, dans nos vies de citoyens, parfois dans la vie politique, dans la liberté d'expression, mais aussi dans la maîtrise de la concurrence et son étouffement, comme je le disais, qu'on doit les réguler. Et puis, sur les nouveaux, on le voit bien dans le domaine du cloud, dans le domaine du stockage de données, dans le domaine des FinTech, comme on dit, on a des entreprises européennes qui fonctionnent très bien et qui, peut-être, demain, seront les nouvelles GAFAM et auront un grand succès.

Q - Espérons, et surtout c'est important qu'elles restent françaises ou au moins européennes.

R - Bien sûr.

Q - Mais lorsqu'on voit déjà un peu le bras de fer que se livrent même l'Allemagne et la France. On voit que ce soit sur Tesla, l'implantation d'une mega factory, que ce soit même sur le dossier Intel, on voit qu'au sein de l'Europe, on n'est pas une Europe unie.

R - Là aussi, je ne veux pas être naïf, mais je crois qu'on progresse. Regardez, on peut avoir une politique d'attractivité française, c'est ce qu'on appelle "Choose France", ces sommets qui ont fait de la France le premier pays d'attraction, d'attractivité des investissements étrangers. On défend d'abord nos intérêts, soyons tout à fait honnêtes, c'est parfaitement légitime. On me reproche parfois de ne pas assez défendre l'intérêt français, je le défends pleinement. Et j'ai rencontré hier beaucoup de grands patrons qui ont choisi la France, Qualcomm et d'autres.

Et puis, on a une stratégie européenne parce que le but c'est de ne pas s'affaiblir. Et c'est ce qu'on fait, par exemple, sur les batteries électriques. Vous preniez un exemple, il peut y avoir de la concurrence saine mais regardez, on a créé un projet avec des aides publiques autorisées par l'Union européenne pour construire en franco-allemand avec notamment Stellantis, avec des constructeurs automobiles allemands, pour produire une usine en France, une usine en Allemagne, de batteries électriques avec un soutien européen pour que dans ces secteurs stratégiques on ne se fasse pas la guerre entre nous. Idem pour le spatial où sur les lanceurs on a beaucoup divisé notre industrie entre la France et l'Allemagne, on converge de nouveau pour créer des champions européens.

Q - Ça, c'est un point important, les champions européens. Clément Beaune, là, une séquence très importante pour l'Union européenne, et puis, pour les Français : sur quoi va insister le Président de la République ?

R - D'abord, il y a un point que je voudrais souligner, parce que je crois que cet exercice n'est pas très connu : le Président de la République va aller au Parlement européen parler devant plus de 700 élus européens, dont près de 80 élus français...

Q - Qui vont lui apporter la contradiction, dont notamment Yannick Jadot.

R - Oui, pas que Yannick Jadot. Je sais qu'il aime bien le répéter depuis quelques jours, mais il y aura Yannick Jadot...

Q - Manon Aubry...

R - ...des députés français d'autres partis, peut-être Mme Manon Aubry, M. Bardella, et puis d'autres nationalités. Ce n'est pas un parlement français.

Mais surtout, on va voir une démocratie européenne vivante ; un Président de la République qui va débattre, répondre à des questions, expliquer nos priorités devant des députés de toutes sensibilités, toutes nationalités...

Q - Mais qu'est-ce qu'il faut retenir ici ? On va parler du pouvoir d'achat, on va parler de l'Europe ?

R - Pour moi, il y a deux choses qui sont très importantes. Je ne vais pas parler à la place du Président de la République, mais il va, je crois, insister sur notre modèle européen, notre identité européenne. C'est le lieu de la démocratie européenne, on a beaucoup de questions sur l'Etat de droit, sur les valeurs européennes qui s'importent parfois dans la campagne présidentielle française. Il faut défendre un modèle européen qui est humain, qui est humaniste, et qui sur les questions de l'Etat de droit, des libertés, ne lâche rien quand il y a des atteintes, y compris parfois au sein de l'Union européenne.

Et puis après, être très concret. La présidence française, moi, j'y insiste beaucoup, c'est par exemple la taxe carbone aux frontières de l'Europe.

Q - Vous avez vu, les Allemands qui sont en train de la planter, pardonnez-moi cette expression un peu triviale...

R - Non, je ne crois pas.

Q - Eux, ils n'en veulent pas de la taxe carbone aux frontières.

R - Ils n'en voulaient pas, mais on a commencé une négociation avec eux, depuis l'automne dernier, avant même que le nouveau gouvernement ne s'installe...

Q - Ils ont évolué ?

R - Et regardez l'accord de coalition allemand, il est maintenant très ouvert à ce mécanisme européen. Un pays comme les Pays-Bas, qui n'en voulaient pas, par principe, acceptent aujourd'hui ce principe-là...

Q - Les pays exportateurs n'en veulent pas.

R - Ils sont prudents, parce qu'ils ne veulent pas que cela crée des tensions commerciales avec les autres. Mais on est prêt à faire ce que suggèrent les Allemands, je pense que c'est une bonne idée, c'est-à-dire de lancer en même temps une négociation internationale avec les Américains, avec d'autres, pour qu'on travaille avec tous ceux qui ont envie d'avoir des exigences climatiques et environnementales au même niveau que l'Europe. Mais il faut être cohérent. Vous parliez de géants étrangers, parfois, qui rachètent des entreprises européennes. Comment expliquer à Renault, à Stellantis, à BMW, à nos grands constructeurs automobiles européens, qui font des efforts énormes, qui ont parfois un coût social, pour s'adapter aux voitures électriques etc...

Q - Pour être compétitif, etc...

R - Et le faire, parce que c'est une énorme transformation qui nécessite des investissements, de la formation, etc. On ne peut pas leur demander de faire cet effort qui a un coût et dire : le constructeur coréen, chinois, américain, brésilien, il exporte sur le marché européen et n'a pas de prix à payer, n'a pas de contrainte environnementale. Ça, ce n'est pas possible. Cela s'appelle la taxe carbone aux frontières, parce que cela veut dire que demain, dans certains secteurs, l'automobile, l'acier, le ciment, qui sont des secteurs très exposés à cette concurrence internationale, ceux qui veulent continuer à vendre sur le marché européen, venant de l'extérieur, peuvent le faire, mais ils paient le même prix, les mêmes contraintes, que nos propres industriels.

Là, il y a un intérêt à le faire au niveau européen, parce qu'au niveau français, ce n'est pas suffisant. Et cela protège, tout en gardant une concurrence internationale.

Q - Mais ça, ça devrait déboucher... ça devrait être une aussi longue négociation que la taxe sur les GAFAM ? Ou sur les multinationales ?

R - D'abord la taxe sur les GAFAM, en vérité, on l'a fait en trois ans, alors c'est long, mais c'est, je crois, historiquement court à l'échelle internationale...

Q - C'est long à l'aune de l'économie, parce que vous savez que nous avons un agenda qui est assez rapide.

R - On se bat et rien n'est acquis, mais la taxe carbone aux frontières, je pense qu'on peut avoir un accord politique des Etats membres pendant le semestre de présidence française. Idem sur ce que vous évoquiez, le DSA et le DMA, les textes de régulation des grandes plates-formes numériques, c'est très concret : c'est la protection des données, c'est avoir de la concurrence sur nos moteurs de recherche, nos places de marché sur lesquelles on achète tous, comme consommateurs, des produits, eh bien, cela peut aussi déboucher, je suis même très confiant, d'ici le mois de mars ou le mois d'avril, sous présidence française de l'Union européenne.

Q - Donc cela fait quand même deux gros dossiers dont vous espérez avoir les fruits à l'aune de cette présidence.

R - Sur le texte numérique que j'évoquais, la négociation a commencé la semaine dernière avec mon collègue Cédric O, et on va j'espère conclure d'ici la fin du mois de mars...

Q - Et le commissaire européen Thierry Breton...

R - ...qui est très engagé aussi.

Q - Donc, cela fait deux très gros dossiers. La taxonomie, pour nous, qui est un autre gros dossier, parce que lorsqu'on voit en plus les difficultés que peut rencontrer EDF par ailleurs, suite à des décisions du gouvernement, est-ce que c'est une vraie victoire pour le nucléaire et la France ? Parce que quand on lit en France, on se dit : oui, c'est une victoire. Lorsqu'on regarde un peu la presse étrangère, on se dit : non, ce n'est pas une victoire.

Clément Beaune, vous êtes en général assez franc et direct, comment faut-il interpréter cette décision, en tous les cas ?

R - Mais oui, c'est très positif pour l'industrie nucléaire, française et européenne, parce que je rappelle qu'il y a une majorité, presque vingt Etats membres qui demandaient à ce que l'énergie nucléaire - pour être très concret sur cette taxonomie, derrière ce mot un peu barbare - qu'est-ce que ça veut dire ? C'est la liste des investissements qui sont reconnus, je simplifie, comme "verts", pouvant contribuer à la transition écologique.

Q - Et qui pourra permettre éventuellement à EDF de construire ses nouveaux EPR ou ses SMR.

R - Oui, il y avait deux sujets sensibles : un qui n'intéressait pas vraiment la France mais qui était important pour l'Allemagne et d'autres pays, et je peux le comprendre, même si écologiquement cela pose des questions, c'est le gaz. Et en gros, la taxonomie qui est proposée par la Commission européenne permet que le gaz soit labellisé comme contribuant à la transition écologique s'il remplace des énergies plus polluantes d'aujourd'hui comme le charbon. Et le nucléaire, c'était très important parce que le nucléaire, à la différence du gaz, c'est bas carbone, et c'est une énergie de souveraineté...

Q - Oui, mais c'est une décision, il y a un calendrier qui est très serré, 2045, ce sera en fait 2040, lorsque vous écoutez les experts, Louis Gallois, ici-même, est venu nous expliquer qu'il avait lu les 36 pages ou les 41 pages...

R - Louis Gallois est très sérieux sur ce sujet, mais je dois vous dire : soit vous faites une taxonomie tout seuls, et alors vous avez un marché assez restreint, parce que le but est d'avoir des investissements, y compris des investissements étrangers, pour financer votre transition écologique. Soit vous avez une taxonomie européenne. Vous avez évidemment toujours des compromis, il faut le reconnaître, si on l'avait écrit nous-mêmes, on n'aurait pas écrit exactement la même chose. Mais je crois que nos intérêts fondamentaux sont préservés par ce projet de taxonomie. J'étais en Allemagne la semaine dernière, je peux vous dire que les réactions en Allemagne sont toutes du type : "les Français ont obtenu ça, c'est beaucoup trop, le nucléaire est très bien protégé, etc...". Et donc, concrètement, les investissements du renouvellement du parc actuel, les investissements dans des nouveaux réacteurs, des nouvelles énergies nucléaires, on a le temps. C'est jusqu'en 2045 pour les projets, pas la construction, mais les permis de construire, cela laisse quand même du temps. Et puis, il y aura des clauses de rendez-vous. Donc, je crois que cela donne un signal clair que l'énergie nucléaire peut contribuer à ce bouquet énergétique de décarbonation de l'économie.

Q - Autre gros dossier, et il faut dire qu'il y a des dossiers, que ça bouge, et que ça avance ; le pacte de stabilité, vous avez entendu la déclaration de Bruno Le Maire à la sortie justement de cet ECOFIN, est-ce qu'à un moment, le " quoi qui l'en coûte " aura ses limites, au niveau européen ?

R - Oui bien sûr, mais le quoi qui l'en coûte était une arme essentielle de la crise ; on voit que de temps en temps...

Q - On y est encore un petit peu...

R - ...on a besoin de soutiens budgétaires parce qu'il y a de nouvelles vagues, parce qu'il y a des secteurs à aider. Ce n'est pas le quoi qu'il en coûte généralisé qu'on a pu connaître, heureusement, parce que la reprise économique est très solide, notamment en France. Mais le quoi qu'il en coûte, ce n'est pas une politique de toute éternité. Ce serait évidemment souhaitable ni sur le plan sanitaire, ni sur le plan économique...

Q - On est d'accord, mais on voit bien qu'il y a quand même malgré les déclarations de Bruno Lemaire des divergences un peu entre les Allemands et nous sur : est-ce qu'il faut modifier les règles budgétaires.

R - Bien sûr. Il y a des différences, qui sont plus aujourd'hui des nuances, et avant c'était des vrais conflits. Quand vous regardez aussi l'accord de coalition allemand, il y a une ouverture à la révision des règles budgétaires. Plus intéressant encore, vous regardez l'accord de coalition des Pays-Bas, le pays frugal par excellence, ils sont ouverts à une révision. Donc, le débat européen a beaucoup changé. Et nous, d'ailleurs, en France, je crois qu'on doit dire clairement : il faut des règles budgétaires. Bruno Le Maire l'a redit...

Q - Il faut les respecter, il y en a, mais il faut les respecter.

R - Il faudra un moment, après la crise, sinon on ne peut pas faire face aux nouvelles crises, où on réduit notre dette et on fait attention à nos finances publiques. Mais on va le faire avec des règles budgétaires qui ne cassent pas l'investissement. Après, il y a une discussion politique et technique ; ce qu'a dit Bruno Le Maire avec le ministre allemand Christian Lindner, c'est que cette négociation commençait. Le franco-allemand, si vous étiez d'accord le premier jour, ce ne serait pas drôle, et ce ne serait pas efficace. Parce que le principe, c'était vrai sur le plan de relance, c'est qu'on est au départ un peu éloignés, parfois plus éloignés, et puis on trouve un compromis qui est bon pour tout le monde, et je crois que l'Allemagne a beaucoup bougé. Quand vous voyez que l'Allemagne a accepté un plan de relance, 750 milliards d'euros, dette commune, on est dans un autre monde. Et donc, je suis confiant que dans les mois qui viennent, on va avoir un pacte de croissance qui sera plus fort.

Q - Un mot, un tout dernier mot sur Novavax, vous savez, les premières livraisons sont donc attendues. C'est une commande qui a été le dernier vaccin qui est ni un vaccin classique, ni l'ARN-messager. C'est une négociation au niveau européen qui a été conduite ?

R - Oui. Là aussi, je crois que ça montre bien l'intérêt de ce cadre européen, on avait négocié à l'avance sur le plan industriel un contrat européen de 200 millions de doses. 200 millions de doses, ça veut dire à peu près 30 millions de doses pour la France, donc c'est important, qui est une autre technologie, mais qui est reconnue par la Haute autorité de santé, notamment, qui a reçu son autorisation en fin de semaine dernière. Maintenant, l'autorisation sanitaire est donnée, le contrat pourra donner lieu à des livraisons, sans doute dans les prochaines semaines, probablement dans le cours du mois de février.

Q - Cela devait être début février, en fait, ce sera fin février, d'après ce que...

R - Je n'ai pas la date exacte, ce sera dans le cours du mois de février, probablement.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 janvier 2022