Déclaration de Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État chargée de la biodiversité, sur la lutte contre la pollution plastique et l'objectif global de 30% de protection des terres et des mers d'ici 2030, Nairobi, 28 février 2022.

Intervenant(s) :

Circonstance : Ouverture de la 5e session de l'Assemblée des Nations Unies pour l'Environnement (ANUE-5), Nairobi (Kenya) 28 février 2022

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Président de l'ANUE-5, Cher Espen Barth,
Madame la Directrice Exécutive du PNUE, Chère Inger Andersen,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les Ministres de l'environnement,
Mesdames et Messieurs les Ambassadrices et Ambassadeurs,
Chers amis,

Le cadre de cette Assemblée est sobre, pourtant les enjeux sont immenses, sans précédents.

Nous devons agir. Nous devons agir maintenant.

La France croit au multilatéralisme. Aujourd'hui, nous voulons montrer notre engagement à participer à la construction d'un ordre environnemental global guidé par des principes partagés. L'actualité malheureusement nous rappelle que ces priorités ne sont pas partout acquises, ni admises.

Au moment où nous nous réunissons, l'agression de l'Ukraine constitue, comme l'a affirmé le Secrétaire Général des Nation Unies, une violation de la Charte des Nations Unies d'une exceptionnelle gravité. Nous la condamnons avec la plus grande fermeté. Nous souhaitons que la communauté internationale soit unie pour soutenir l'Ukraine et faire respecter le droit, et nous nous tenons aux côtés du peuple ukrainien.

L'urgence est partout, sur terre comme en mer, et certains engagements ne peuvent être remis à plus tard. La lutte contre la pollution plastique, l'adoption d'un accord mondial juridiquement contraignant, couvrant l'ensemble du cycle de vie des plastiques, c'est une urgence pour l'océan, mais également pour tous les écosystèmes terrestres et marins de notre planète, et pour les communautés locales qui en dépendent. L'ANUE-5 doit donc fixer un nouveau cap et engager résolument l'ensemble de la communauté internationale dans la lutte contre cette pollution.

Progresser sur la question des pollutions et produits chimiques est également devenu incontournable. Il nous faut pour cela, à l'image de ce qui existe déjà pour le climat avec le GIEC ou la biodiversité avec l'IPBES, se doter sans attendre d'un panel science-politique pour que nous disposions de l'éclairage scientifique nécessaire à des décisions fortes.

Enfin, de la COP26 sur le climat à la COP15 sur la biodiversité, l'ANUE-5 est l'instance qui doit, plus que jamais, dans un esprit de solidarité et une vision holistique, révéler et renforcer les synergies entre enjeux climatiques et enjeux de protection de la biodiversité.

A ce titre, le déploiement des solutions fondées sur la nature et la gestion durable de l'eau, comme enjeu majeur de santé et de stabilité géopolitique, sont autant de leviers qui doivent être déployés grâce aux travaux de l'ANUE.

L'adoption d'un objectif global de 30% de protection des terres et des mers d'ici 2030, appelée de nos vœux à l'échelle de la planète, présentera des bénéfices tant pour la biodiversité que pour le climat. Cet objectif, 86 États au sein de la Coalition de la Haute Ambition pour la nature et les peuples sont déjà prêts à le relever. Nous devrons, lors de la prochaine COP15 biodiversité, en dessiner les modalités de mise en œuvre, et avec la même ambition, fixer un cap clair sur la restauration des écosystèmes.

Aujourd'hui, nous n'avons pas seulement l'opportunité, nous avons la responsabilité et même l'obligation d'AGIR ! Ces décisions sont à notre portée, et il ne tient qu'à nous de prendre les engagements qui s'imposent pour garantir les conditions de vie, de santé, de sécurité de l'humanité et simplement du vivant, sur notre si belle planète !

Merci !

Source https://www.ecologie.gouv.fr, le 1er mars 2022