Interview de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse à LCI le 4 mars 2022, sur la fin du masque à l'école à partir du 14 mars, la campagne électorale présidentielle et la rémunération des enseignants.

Texte intégral

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Jean-Michel BLANQUER.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bonjour Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes le ministre de l'Education nationale. Tous les matins, on est saisi d'effroi en écoutant les informations. Comment vous avez réagi à la nouvelle de cet incendie dans une centrale nucléaire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien, avec inquiétude et vigilance bien sûr. C'est toujours très grave ce type d'événement. On sait bien qu'une guerre comme celle-ci peut générer des choses de ce type, et donc aujourd'hui tout le monde est en train de travailler pour regarder, pour mieux analyser d'abord, parce que les informations sont encore parcellaires. A ce stade, il semble qu'il n'y ait pas de, disons de … vital atteint.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour ce que l'on peut en savoir, incendie maîtrisé, donc pas d'incident nucléaire…

JEAN-MICHEL BLANQUER
C'est ça, pour l'instant, pas d'incident nucléaire à ce stade, mais, bien sûr, ça réclame une analyse et puis surtout de regarder ce qui va se passer maintenant que les forces russes sont là. Et donc on peut évidemment espérer que la raison va quand même l'emporter, même si…

JEAN-MICHEL APHATIE
Certains en doutent.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Certaines choses peuvent parfois nous en faire douter.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, absolument. Pour l'instant les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN sont réunis à Bruxelles, il est possible que Jean-Yves LE DRIAN, à la sortie de la réunion, prenne la parole et donc bien entendu s'il le faisait nous retransmettrions ses propos sur LCI. Nous allons parler de la campagne présidentielle, Jean-Michel BLANQUER, avec la déclaration de la candidature d'Emmanuel MACRON. Peut-être avant, le Premier ministre a annoncé hier sur TF1 qu'on ne porterait plus de masque dans les endroits publics et notamment à l'école à partir du 14 mars. Alors, comment ça va se passer pour l'école ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Eh bien il a annoncé, en fait, le fait que c'était la norme en population générale, et comme depuis le début nous avons une cohérence entre ce qui se passe en population générale et ce qui se passe à l'école, avec des adaptations, la suite logique c'est évidemment que les enfants et les adolescents, les écoliers, collégiens, lycéens, ne porteront plus le masque à partir du lundi 14 mars en classe. C'est évidemment une bonne nouvelle…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça concerne les enseignants aussi.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça concerne les enseignants, tout le monde en fait, et donc c'est évidemment une bonne nouvelle. Ça fait longtemps qu'on le souhaitait tous, ça n'était pas possible pour des raisons évidentes, ça le devient. Après, il y a d'autres détails dans lesquels il faut rentrer, d'évolution du protocole, et pour l'instant il est trop tôt pour le dire…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah, d'accord.

JEAN-MICHEL BLANQUER
On a une instance, vous savez, de coordination avec les organisations syndicales et les autorités de santé, elle aura lieu le 9 mars prochain, donc mercredi de la semaine prochaine, et là on pourra atterrir sur des mesures qui s'appliqueront au 14 mars, avec donc une évolution des protocoles. Vous savez, on a depuis le début une série de catégories de mesures, c'est tout ce qui a trait au brassage, tout ce qui a trait aux mesures aussi que les collectivités locales prennent pour nettoyer, tout ce qui a trait à la vie à la cantine, aux activités sportives. Par définition, les choses vont aller dans le sens de l'allégement, donc d'une vie quotidienne qui sera quand même plus agréable pour tout le monde, simplement il faut voir où on met le curseur, et c'est ce sur quoi nous nous travaillons actuellement.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais le masque disparaît dans tous les cas de figures, c'est-à-dire dans les salles de classe et aussi à la cantine par exemple, il n'y a plus de masque.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, c'est ce que nous préciserons dans le cadre du protocole, mais a priori la réponse est plutôt oui. Mais voyons, nous devons encore consulter un certain nombre d'autorités.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez noté que sans être alarmiste des épidémiologistes disent : n'allons quand même pas trop vite, le virus est toujours là, il y a des populations fragiles. Est-ce que ce n'est pas un peu tôt ? Vous notez tout cela…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les décisions sont prises malgré tout.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, une partie des décisions est prise, et puis il reste des choses à préciser, précisément en consultant les spécialistes, les épidémiologistes, ce que nous venons depuis le début. Depuis le début nous sommes sur une ligne de crête, entre des préconisations des épidémiologistes, aussi d'autres aspects de santé publique, nous savons bien que par exemple les aspects psychologiques sont très importants et que depuis le début si nous avons prôné à ce point-là l'école ouverte, c'est parce qu'on a eu, on avait je dirais la perspective large, c'est-à-dire, non seulement le fait que les enfants évidemment soient le moins contaminés possible, mais aussi qu'ils aient une vie la plus normale possible, qu'ils aillent en plein air. Par exemple, le sujet de l'activité sportive, c'est essentiel.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, bien sûr.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Vous savez, j'ai beaucoup poussé le 30 minutes d'activité physique par jour à l'école primaire, ça par exemple le fait que ce soit possible sans masque tous les jours, c'est quelque chose de très important pour la santé, la santé n'est pas que le Covid, et donc bien se nourrir aussi, par exemple c'est un point important. Donc tous ces sujets-là nous les voyons dans leur globalité, et c'est comme ça que nous avons avancé toujours par étapes, et là c'est une étape supplémentaire, pas la dernière, il y aura encore évidemment des mesures d'encadrement, et donc nous essayons de faire les choses de la manière la plus progressive et rationnelle possible. 

JEAN-MICHEL APHATIE
Avez-vous perçu depuis hier les annonces du Premier ministre, une inquiétude ou pas chez les syndicats d'enseignants, est-ce qu'ils répercutent quelque chose de la part des enseignants qui relèverait de ce sentiment ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Comme tout le monde ils ont la double vision, c'est-à-dire à la fois la vigilance par rapport au fait de pas aller trop vite, et en même temps le soulagement de voir que ceci va nous permettre d'avoir une meilleure vie quotidienne. Donc maintenant c'est encore une fois une question de savoir poser le curseur au bon endroit, et j'ai vu qu'il y avait des positions un petit peu différentes, mais c'est comme ça depuis le début de la crise, donc c'est normal.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous y êtes habitué.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Un peu, c'est mon métier.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et donc le 9 mars on aura le détail du protocole sanitaire qui sera appliqué à l'école, à partir du lundi 14 mars.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Exactement.

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord. Campagne électorale présidentielle, parce que voilà, ça existe, la vie continue…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr.

JEAN-MICHEL APHATIE
… malgré ce qui peut se passer, et quelquefois peut nous angoisser. Le président de la République est candidat à un nouveau mandat, ça ne vous a pas échappé…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Ça n'a échappé à personne, oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez eu l'occasion, parce que vous êtes ministre de l'Education depuis 5 ans, vous avez eu l'occasion dans la dernière année, les derniers mois, de parler avec lui, « je me présente, je ne me présente pas, j'hésite », vous avez eu ce type de discussion avec lui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Honnêtement peu ou pas, enfin, c'est peut-être de manière implicite, mais je pense que ce type de décision c'est surtout de soi, avec soi donc, après, par contre parler du futur, oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Oui, la décision, oui, mais…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, ce qui est certain c'est qu'on a énormément parlé de l'avenir, donc par définition on se projetait dans le futur, et ce qui est important pour la France, de ne pas être dans le court-termisme, mais vraiment je pense particulièrement à France 2030, voyez, qui est d'ailleurs un peu évoqué dans la lettre, c'est-à-dire les grands investissements d'avenir à l'horizon 2030, ce qui fait que la France va se réindustrialiser, se former toujours mieux, ce qui est évidemment au coeur de mon sujet. Pour moi, vous savez, le projet macronien depuis 2017, c'est comment permettre que chacun maîtrise son destin et comment permettre que la France maîtrise son destin, destin personnel, destin collectif. Ça résume à mon avis ce qui est à faire, et ça passe d'abord et avant tout par l'éducation, et puis évidemment par les sujets de souveraineté à l'échelle de la France, à l'échelle de l'Europe, on le voit bien aujourd'hui sur les sujets de défense, mais c'est vrai aussi sur des sujets d'industrie ou d'agriculture. Le Salon de l'agriculture l'a d'ailleurs bien montré ces derniers temps. Regardez ce qui va se passer avec les ou le blé ukrainien et le blé russe, qui va manquer sur les marchés mondiaux. Tout ceci a des conséquences en chaîne, et nous devons être un pays fort, capable de faire face à cette nouvelle situation.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes heureux de sa décision de se représenter ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr je pense que c'est une bonne chose pour la France.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous allez voter pour lui ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, il n'y a aucun doute là-dessus. Je pense que c'est une bonne décision pour la France, on a besoin des qualités dont il a fait montre. Vous savez, je pense que dans une élection présidentielle il y a, à la fois, le sujet de l'homme ou de la femme, l'être humain qui se présente, la personne qui se présente, et puis après son programme politique. Les deux évidemment sont fondamentaux, et je pense que s'agissant du premier point, c'est-à-dire qui est Emmanuel MACRON, sa capacité à diriger, sa capacité aussi à avoir une vision, je pense que beaucoup de Français aujourd'hui ont vu que, au pied du mur il a il a su montrer des qualités qui sont celles d'un chef d'Etat. C'est très important. Et puis sur le programme, il a affiché maintenant les grandes tendances, et bien sûr on va en parle et bien sûr on va préciser, nous sommes là aussi pour cela.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez lu la lettre bien sûr, vous l'avez lue ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr.

JEAN-MICHEL APHATIE
Si je peux me permettre, vous prenez cher dans la lettre, vous, Jean-Michel BLANQUER, ministre de l'Education.

JEAN-MICHEL BLANQUER
J'espère surtout que ça va…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous voyez ce que je veux dire ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, je comprends, mais je comprends l'inverse.

JEAN-MICHEL APHATIE
Parce qu'il y a deux lignes sur l'Education, et il dit que pour le prochain mandat il souhaite des enseignants plus libres, plus respectés, et mieux rémunérés, en creux ça dessine un bilan qui n'est pas très bon.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, ça dessine la prolongation de ce que nous avons commencé à faire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qu'est-ce que ça veut dire plus libres ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Plus libres ça veut dire leur donner un grand pouvoir d'initiatives, notamment l'autonomie des établissements plus forte. Prenez par exemple le cas du lycée, la réforme du lycée que nous avons faite, c'est déjà un peu plus d'autonomie puisque vous pouvez choisir par exemple de créer un enseignement de spécialité, ou pas, dans un établissement…

JEAN-MICHEL APHATIE
En quoi ça sera plus libre maintenant, après ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Alors, c'est ce qui va être précisé au cours des prochains temps, le Président va s'exprimer sur l'Education.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous savez ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Evidemment j'ai quelques idées, mais c'est sur l'idée tout simplement de permettre, là encore à la fois sur le plan personnel, que chaque professeur puisse aussi avoir sur le plan de la carrière, ce sont des choses que j'ai commencé à faire d'ailleurs, permettre qu'un professeur puisse aller sur un poste à profil, permettre d'avoir des entretiens de carrière plus fréquents, avoir une gestion des ressources humaines beaucoup moins anonyme, autant de choses qu'on a commencé à faire et qui évidemment ont vocation à s'accentuer…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça veut dire qu'un directeur d'établissement puisse recruter lui-même ses professeurs ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Par exemple c'est ce que nous faisons avec les postes à profil ou avec l'expérimentation à Marseille, que des choses de ce type puissent se produire, au bénéfice de tous, pour que les professeurs soient heureux d'être chacun là où il est, et donc que les choses soient plus humaines tout simplement.

JEAN-MICHEL APHATIE
Plus libres.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Plus libres et donc plus humaines, c'est ce que nous… mais ce n'est pas parce qu'on ne l'aurait pas fait pendant cinq ans, c'est parce qu'il faut aller plus loin maintenant pendant les cinq prochaines années.

JEAN-MICHEL APHATIE
Plus respectées.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Même chose, nous avons fait beaucoup sur cette question, vous le savez bien, on a…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est pas une formulation curieuse quand même dans l'ensemble, parce que c'est une manière de dire… en plus c'est le seul secteur où il est un peu précis, enfin du moins…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Parce que ce sera la grande priorité, je suis très heureux de ça moi.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais vous ne l'avez pas mal pris comme formulation, cette formulation ne vous a pas surpris ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, de toute façon je participe de cette logique. Vous savez, il faut 10 ans pour transformer un système éducatif, notre bilan en matière éducative il est extrêmement intéressant aujourd'hui. L'école primaire a connu une réforme très profonde, le dédoublement des classes touche 350.000 élèves par an, le niveau, pour la première fois depuis longtemps, remonte en français et en mathématiques, nos évaluations, qui sont elles aussi des nouveaux éléments, en CP, en CE1, en 6e, nous ont montré le début d'un progrès, malgré la crise Covid, nous avons été un des pays qui a le plus ouvert l'école dans la crise, ce qui évidemment nous fait un atout comparatif par rapport au reste du monde, ça c'est des éléments de bilan très forts. Nous avons réformé le baccalauréat là où depuis 30 ans on disait qu'il était à bout de souffle, et maintenant les élèves peuvent beaucoup plus choisir, sont plus libres, ils approfondissent davantage, c'est un bilan dont on peut être très fier, simplement il faut 10 ans pour transformer le système éducatif, et donc c'est normal qu'on ait encore de l'ambition pour la suite.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mieux rémunérés, on s'est moqué d'Anne HIDALGO il y a quelques semaines quand elle disait « il faut payer beaucoup plus les professeurs », et puis voilà qu'Emmanuel MACRON dit…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, non, elle avait dit « il faut doubler », doubler ce n'est peut-être pas raisonnable.

JEAN-MICHEL APHATIE
Doubler dans le quinquennat, pour être honnête…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais doubler, je pense que même les professions concernées…

JEAN-MICHEL APHATIE
Dans le quinquennat non, mais dans le prochain quinquennat ça ne pourra pas…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, mais on a commencé déjà, par exemple les professeurs les plus jeunes, ils le voient sur leurs feuilles de salaire des derniers temps, en deux années ils ont eu autour de 180 euros en plus par mois, grâce au Grenelle de l'Education…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Bien sûr, j'ai été le premier à le dire très fortement, donc c'est pour ça que je suis très heureux de ce qui est écrit dans la lettre, parce que c'est une perspective qui se prolonge en quelque sorte, c'est très important, les professeurs doivent être mieux payés, c'est évident, je n'ai cessé de le répéter.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous dites il faut 10 ans pour faire toutes ces évolutions…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Et on est à mi-chemin.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ça veut dire, si Emmanuel MACRON est réélu, ça c'est les Français qui décideront, on ne va pas anticiper, ça veut dire que vous allez poursuivre votre tâche au ministère de l'Education ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, ça c'est… enfin, je n'en sais rien.

JEAN-MICHEL APHATIE
Qu'est-ce que vous voulez d'ailleurs ? Il y a cinq ans que vous êtes… on peut parler de vous ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Si vous voulez, ce n'est pas le sujet le plus intéressant…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais on va terminer par là si vous le voulez bien, c'est très sympathique. Vous êtes ministre de l'Education depuis cinq ans, c'est une forme de record…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, c'est le record.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est le record, vous avez envie de continuer ou pas, ou vous êtes fatigué ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Non, je ne suis pas fatigué, j'espère que ça se voit, je suis passionné par l'éducation, c'est un sujet…

JEAN-MICHEL APHATIE
On peut le faire ailleurs ça.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Comment ?

JEAN-MICHEL APHATIE
On peut le faire ailleurs que ministre.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, bien sûr, ce n'est pas pour autant que j'ai vocation à être… un jour je cesserai d'être ministre de l'Education…

JEAN-MICHEL APHATIE
Un jour vous serez ancien ministre.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Un jour je serai ancien ministre, ça arrivera forcément vous le savez, mais ce qui est certain c'est que ma passion pour l'éducation, elle est là. Si je suis devenu ministre de l'Education c'est parce que je pense que c'est le sujet fondamental et parce qu'il y a des choses à faire, il faut que notre pays soit uni autour de son école, et la campagne permet cela, elle doit permettre du débat, c'est évident, mais elle doit aussi permettre après de l'unité dans l'action, et que chacun sente, les parents d'élèves, les professeurs, l'ensemble de notre pays, que, oui, notre école va de l'avant, et encore une fois…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais vous aimeriez continuer ?

JEAN-MICHEL BLANQUER
Je suis prêt à servir mon pays d'une manière ou d'une autre, et peut-être que c'est là que je peux être utile…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est à la fois sincère et de la langue de bois, parce que ça ne peut pas être…

JEAN-MICHEL BLANQUER
Oui, mais enfin, je ne vais pas, pour ne pas faire de langue de bois, ne pas vous dire quelque chose de sincère, sincèrement j'aime l'éducation et j'aime la France, voilà, après vous pouvez trouver que c'est de la langue de bois, mais c'est la réalité.

JEAN-MICHEL APHATIE
Eh bien voilà, nous allons terminer là-dessus, merci Jean-Michel BLANQUER d'avoir accepté l'invitation de LCI.

JEAN-MICHEL BLANQUER
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 mars 2022