Interview de Mme Sarah El Haïry, chargée de la jeunesse et de l'engagement, à BSmart le 1er février 2022, sur la baisse du chômage, le contrat engagement jeune, le wokisme et la lutte contre l'abstention.

Texte intégral

ARNAUD ARDOIN
Le Cercle RH, un grand entretien aujourd'hui avec Sarah El HAÏRY. Bonjour Sarah.

SARAH EL HAÏRY
Bonjour.

ARNAUD ARDOIN
Merci de nous rendre visite, pour la deuxième fois, c'est un vrai plaisir de vous accueillir. Secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, auprès du ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. On va parler évidemment de tous les sujets qui concernent la jeunesse. Les chiffres du chômage, on va les commenter, parce qu'ils sont bons sur le plan général, mais bons aussi sur les jeunes…

SARAH EL HAÏRY
Les jeunes, en particulier.

ARNAUD ARDOIN
Le service civique, bien entendu, le Contrat engagement jeune, ça sera le 1er mars et c'est un sujet très important. Et puis on parlera aussi, il faut en parler, du rapport des jeunes à la politique, qui sembleraient – ces jeunes – être plus proches de l'entrepreneuriat, que du bulletin de vote. On va en parler avec vous dans quelques instants. D'abord, les chiffres du chômage, commençons par l'actualité, parce que ils ont baissé considérablement, bien au-delà d'ailleurs des chiffres d'avant Covid, des chiffres excellents. Et avec des chiffres, on va les découvrir, où le niveau des jeunes a baissé de - 8… - 1,8,2 % (?) selon les chiffres de la DARES. (A l'écran : - 8,5 %) Qu'est-ce que ça vous inspire ? Vous allez me dire, bon on est en campagne, « - virgule 5 » au 4e trimestre 2021, selon les chiffres DARES. Ça vous inspire quoi ? Vous dites : notre politique est la bonne ?

SARAH EL HAÏRY
Quand on assume que c'est l'emploi, le travail qui émancipe, et que l'on a le président qui a fait la politique la plus ambitieuse envers les entreprises et les jeunes, alors oui ça paie. Et ça paie de plusieurs manières. Aujourd'hui, quand on voit le Plan « Un jeune, une solution », c'est 9 milliards d'euros injectés, mais ce n'est pas 9 milliards, juste simplement d'euros, c'est 4 millions de jeunes qui ont bénéficié de contrats d'alternance, de formation.

ARNAUD ARDOIN
Ça c'est la nouveauté, l'alternance qui a cartonné.

SARAH EL HAÏRY
Mais parce que, pour une fois on change en fait le regard sur l'alternance. On dit aux entreprises : faites leur confiance. La meilleure des formations, c'est celle qui sera à vos côtés. Et en plus de ça on vous aide financièrement sur cette première prise de risque. On dit aux jeunes : vous savez, l'alternance c'est une voie d'excellence. Arrêtez parfois de vous imposer des méthodologies d'apprentissage qui ne sont pas faites pour vous. On peut avoir des magnifiques parcours pour l'alternance, avec l'alternance, et quel que soit d'ailleurs le diplôme, du CAP au master, l'alternance est pour tous. Résultat des courses, on bat tous les records.

ARNAUD ARDOIN
C'est important de le dire, au master, et ce ne sont pas, parce qu'il y avait un vrai débat sur les métiers manuels, c'est aussi de l'alternance dans tous les secteurs du tertiaire.

SARAH EL HAÏRY
Mais bien sûr ! On peut devenir…

ARNAUD ARDOIN
L'immobilier…

SARAH EL HAÏRY
On peut devenir commercial, on peut venir ingénieur, on peut faire des études de communication. Aujourd'hui toutes les formations sont quasiment ouvertes à l'alternance. Pourquoi, parce que c'est finalement une méthodologie où tu apprends la théorie, et tu la pratiques. Et la meilleure manière aussi d'avoir finalement de l'expérience. La première question qu'on te pose, quand tu arrives à un recrutement, on te dit : est-ce que vous avez de l'expérience ? Mais si on ne t'a jamais donné la chance d'avoir une expérience, c'est quand même un cercle vicieux cette histoire.

ARNAUD ARDOIN
Ça nous est tous arrivé ça.

SARAH EL HAÏRY
Eh oui.

ARNAUD ARDOIN
On se mord la queue, hein.

SARAH EL HAÏRY
Je parle quasiment en connaissance de cause. Et donc pour casser ça, tu as deux choses : soit effectivement tu as l'occasion, l'opportunité d'avoir eu un stage, sauf que l'on sait que les stages c'est très compliqué, parce qu'il y a une histoire de réseaux, et pour rompre cette inégalité d'accès au réseau, ce n'est quand même pas le plus simple. L'alternance, ça te permet de réduire le coût de ta formation, quand c'est une formation en plus dans une école par exemple…

ARNAUD ARDOIN
Et puis d'apprendre, concrètement.

SARAH EL HAÏRY
Et d'apprendre en faisant, et d'avoir un réseau professionnel, et surtout d'avoir une expérience qui devient fondamentale.

ARNAUD ARDOIN
Deux chiffres : - 17.8 sur un an, c'est 87 400 inscrits en moins en France métropolitaine, ça c'est le chiffre, mais, mais il y a toujours ce mais, et je sais que la bataille est rude, le taux est toujours de 19,2 % de demandeurs d'emploi, qui est supérieur évidemment au niveau moyen de l'ensemble des demandeurs d'emploi, même si le nombre de chômeurs a baissé considérablement. Il y a encore du travail.

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr qu'il y a encore du travail. Il y a du travail et on a pour le coup, c'est vrai, le taux de chômage le plus bas, on n'a pas eu les conséquences de la crise à l'époque qu'on a eue sur l'emploi des jeunes, on a des entreprises qui font confiance aux jeunes, beaucoup plus, parce que on a des entreprises qui s'engagent et qui voient à quel point un jeune dans une entreprise, il transforme parfois sa manière de penser, il la rend plus agile. Notre job aujourd'hui c'est de faire qu'on reconnaisse plus les compétences acquises, les soft skills, qui sont acquises en dehors du parcours universitaire ou scolaire. De donner aussi le goût de l'entreprenariat, parce qu'il y a plusieurs voies pour réussir. Il faut que chaque jeune, et pour le coup on n'a aucune doxa, nous sur le sujet, on pense juste que chacun a sa place dans notre pays, quel que soit son parcours.

ARNAUD ARDOIN
Oui, ça c'est la philosophie.

SARAH EL HAÏRY
Totale ! La liberté par le travail.

ARNAUD ARDOIN
Il reste encore un peu de chemin, puisque ces chiffres sont supérieurs à la moyenne européenne…

SARAH EL HAÏRY
Tout à fait.

ARNAUD ARDOIN
Donc effectivement il faut continuer cette politique…

SARAH EL HAÏRY
Juste, peut-être, parce que cette politique elle est aussi le fruit de transformations qui ont commencé dès 2017, je pense à la réforme du marché du travail qui avait été portée par Muriel PENICAUD, et ensuite par Elisabeth BORNE. C'est bien le fruit de transformations aussi très structurelles, qui je suis sûre nous amèneront à gagner cette bataille du chômage, et en particulier du chômage des jeunes.

ARNAUD ARDOIN
Juste un mot, parce que vous vous êtes exprimée sur le wokisme, le communautarisme, sur les antennes de France Culture, je voudrais le relier avec la thématique de notre émission. Vous dites : ça c'est un vrai danger, ça pose un énorme problème, notamment chez les jeunes, évidemment. Je me suis laissé dire que ces jeunes, porteurs de cette forme de combat, de militance, cancel culture, wokisme, communautarisme, ne déposaient par leur militance à la porte de l'entreprise, et qu'ils l'a transportaient dans l'entreprise. Est-ce que vous pensez que c'est le ferment d'une forme de délitement dans l'entreprise, ce type de façon de militer ?

SARAH EL HAÏRY
Moi, je crois que c'est dangereux pour l'unité aujourd'hui au sein de l'entreprise. Faire entreprise, vivre sa culture d'entreprise, c'est aussi porter un message universaliste. Moi je crois que le plus important, c'est que si aujourd'hui on combat les idées, qui sont des idées communautaristes ou séparatistes, c'est pour garder une sorte d'unité, de lutter contre les discriminations à l'embauche, les discriminations quand tu veux louer un appartement, mais sans faire de ces combats là des combats de communauté. Pourquoi ? Parce que ça serait finalement trahir l'idéal français. L'idéal français c'est quoi ? C'est le mérite, l'émancipation, on ne te regarde pas par ton prénom, on ne te regarde pas par ton lieu de naissance, mais au contraire, par tes actions. Ça c'est le principe même de l'universalisme français, ça c'est le mien.

ARNAUD ARDOIN
D'accord, mais dans la réalité, c'est plus compliqué…

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr.

ARNAUD ARDOIN
On voit des jeunes qui nous disent : mais moi, j'ai tout fait bien, mais je suis d'un quartier populaire, ou d'une banlieue, je n'ai pas le bon prénom, je n'ai pas le bon nom de famille, j'ai les bons diplômes mais je ne peux pas accéder. Ça pose quand même une question autour de la discrimination.

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr ça pose une question absolument fondamentale, la discrimination à l'embauche elle est condamnée, et elle a vocation à être encore plus lourdement condamnée, c'est pour ça qu'on multiplie les contrôles. Mais, au-delà de ça, moi je n'ai pas envie de laisser, finalement, un truc s'installer dans notre pays, c'est ce que l'on appelle le discours victimaire, c'est dire à ces jeunes, parce que vous portez ce prénom, ou parce que vous venez de ce quartier-là, eh bien c'est foutu d'avance pour vous. Pas du tout, au contraire. Oui il y a des situations de discrimination, et c'est une réalité, il faut lutter contre, et d'ailleurs, on a tous des amis autour de soi qui ont vécu ces moments-là ou on les a vécus soi-même. Mais ce sont des combats de société et donc je dis à ces jeunes…

ARNAUD ARDOIN
Ne sois pas victime, mais sois acteur.

SARAH EL HAÏRY
Jamais, jamais. N'accepte jamais que l'autre te définisse comme une victime ou une victime potentielle. Par contre, dénonce à chaque fois que tu es victime d'une situation, ne l'accepte pas, ne la laisse pas surtout briser tes rêves. Au contraire, prend le contre-pied, entreprends, créons des réseaux, finalement, d'engagés et d'engagement, qui permettent, soit d'entreprendre, soit finalement de transformer les RH en intérieur. Quand on voit à quel point aujourd'hui les entreprises galèrent à recruter des jeunes, avec des talents, parce que parfois…

ARNAUD ARDOIN
Les fameux talents.

SARAH EL HAÏRY
Eh bien oui. Mais je crois que notre pays est rempli de talents. On ne les regarde peut-être pas suffisamment. On ne regarde pas à quel point ce sont des talents potentiels. Alors moi, je dis quoi aux grandes entreprises ? Ouvrez vos portes, bon sang ! Faites confiance ! Parce qu'ils vont s'épanouir à l'intérieur, et ne tombez pas dans les idées finalement très traditionnelles, du diplôme qui finalement reconnaît des compétences. Moi je crois au contraire aux théories et aux techniques aujourd'hui de recrutement alternatif, par le jeu vidéo, par la compétence, par l'expérience.

ARNAUD ARDOIN
Parfois contestées, d'ailleurs ces techniques.

SARAH EL HAÏRY
Exactement, parfois contestées, mais moi je crois que c'est une voie parallèle qui permet à des jeunes qui aujourd'hui trouvent plus d'ailleurs d'offres d'emploi sur LeBonCoin ou sur les réseaux sociaux, que par certaines grandes organisations qu'on connaît, l'idée elle est simple, c'est : ne vous fermez aucune voix et faites confiance. Ce sont des entrepreneurs dans leur esprit.

ARNAUD ARDOIN
En tout cas vous dites : ne soyez pas des victimes de ce système qui existe, mais devenaient des acteurs de votre construction.

SARAH EL HAÏRY
Moi, je considère que ce sont des comportements déviants. Quand il y a une situation discriminante dans une entreprise, il y en a, l'Etat, notre pays a vocation à les condamner et à les sanctionner lourdement, parce qu'il trahit…

ARNAUD ARDOIN
Mais inversement, qui port la culture wokiste ou qui les aide à la faire vivre en entreprise, qu'est-ce qu'on fait ?

SARAH EL HAÏRY
Moi je combats. Je combats cette culture wokiste au sein de l'entreprise, parce que je pense qu'elle fragmente, comme elle fragmente au sein de notre société. Elle crée finalement des communautés, de la séparation, alors même que lutter contre les discriminations, qu'elles soient racistes, homophobes, antisémites, en fait elles touchent tout le monde, donc c'est un combat de société. On ne va pas commencer à se regarder en fonction de finalement un héritage, et se dire : moi mon combat soit se résumer là. Pas du tout. Je crois qu'au contraire Les Lumières nous ont fait, nous ont donné cette grande liberté de dire : moi je me livrerai à chaque fois qu'il y aura une discrimination dans notre pays et on ne les laissera pas s'installer.

ARNAUD ARDOIN
2022, année européenne de la Jeunesse, c'est évidemment la présidence du Conseil de l'Europe par la France. On en a beaucoup parlé dans les médias, avec une rencontre des jeunes européens à Strasbourg, alors évidemment en présence de Jean-Michel BLANQUER, le ministre de l'Education nationale. Vous étiez présente bien entendu. Les jeunes ont évoqué quoi, l'idée de mettre, de faire des quotas de jeunes ?

SARAH EL HAÏRY
Effectivement.

ARNAUD ARDOIN
On arrive à l'idée de, alors, pas des quotas en entreprise, là, ils réclament des quotas sur les listes électorales ?

SARAH EL HAÏRY
Exactement, il y a des mouvements de jeunesse aujourd'hui…

ARNAUD ARDOIN
Mais on ne va pas s'en sortir !

SARAH EL HAÏRY
Eh bien je crois que c'est absolument le mauvais prisme, c'est exactement ce qu'il ne faut pas suivre comme idée ou comme idéologie imposée. C'est les conséquences du discours wokiste, intersectionnel, qui finalement catégorise chaque citoyen. Moi je crois que les grands combats de notre société aujourd'hui, c'est comment permettre à chacun d'être un citoyen acteur de sa vie, de faire, de donner cette confiance nécessaire, de faire émerger le pouvoir d'agir de chacun, et donc de ne pas tomber dans la facilité des quotas. Moi je crois aux grandes lois qui ont fait avancer l'égalité entre les femmes et les hommes, avec effectivement des indicateurs pour pouvoir évaluer, en permettant par exemple la parité dans les listes électorales, qui sont des vraies avancées d'égalité. Mais attention, nous ne sommes pas les Etats-Unis d'Amérique, ce n'est pas notre histoire, et c'est une histoire bien anglo-saxonne qu'il faut leur laisser.

ARNAUD ARDOIN
Alors, pas de quotas sur les listes électorales, ça c'était évidemment…

SARAH EL HAÏRY
Par lutter contre l'abstention.

ARNAUD ARDOIN
Lutter contre l'abstention. Un mot, sondage IPSOS il y a quelques mois, décembre 2021 : plus d'un jeune sur deux tournait le dos au vote, en disant : « on n'ira pas voter », ce qui est quand même un signe peu encourageant. Mais au même moment, des études montrent que les jeunes consacrent plus d'intérêt à l'entreprise, et moins à l'Etat, moins aux politiques. Ça ce n'est pas possible.

SARAH EL HAÏRY
C'est…

ARNAUD ARDOIN
Vous les avez perdus les jeunes ?

SARAH EL HAÏRY
Je ne crois pas, mais aujourd'hui il y a un sujet de défiance. Pourquoi je vous dis « je ne crois pas » ? Parce qu'on a une génération qui est particulièrement engagée. On le voit dans les associations, on le voit dans le militantisme, ils sont… ce sont des acteurs publics et politiques. Mais ils te disent, droit dans les yeux : ça ne sert à rien. Voter ça ne sert à rien. Et donc à nous de recréer cette confiance. Et donc ils se retournent vers quoi ? Ou vers le monde associatif, ou vers l'entreprise. Mais moi je leur dis quoi ? Je leur dis : conjuguez les deux ! Pourquoi nous avons fait la loi PACTE, la raison d'être ? Parce qu'on croit effectivement, moi je déteste le capitalisme prédictif, je crois que c'est finalement, c'est ce qui tuera le libéralisme, alors que je suis une libérale, c'est-à-dire que je considère qu'il faut créer pour… créer de la richesse, parce que cette richesse elle est distribuée, parce qu'elle permet finalement de répondre aux grandes transitions de notre temps, à la transition environnementale, aux égalités, à l'évolution dans les salaires…

ARNAUD ARDOIN
Vous leur dites quoi à ces jeunes ? Allez poser votre bulletin ?

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr.

ARNAUD ARDOIN
C'est aussi important que de créer sa start-up ?

SARAH EL HAÏRY
C'est les deux, exactement. C'est aussi important, voire ça démultiplie la puissance de votre start-up ou de votre marche ou de votre pétition, parce que ça ne s'oppose pas, ça se conjugue. Mais pour ça, il faut aiguiser je crois une sorte de goût de l'entreprenariat politique que nous n'avons pas assez aujourd'hui dans notre pays, c'est de dire : n'attendez pas, n'écoutez pas tous ces discours déclinistes qu'on a pu avoir dans des partis plus anciens, où on vous dit : c'est le parcours du combattant ! Oui, ça l'a été.

ARNAUD ARDOIN
Ce n'est pas faux.

SARAH EL HAÏRY
Ça l'a été.

ARNAUD ARDOIN
Ce n'est pas faux pour les jeunes.

SARAH EL HAÏRY
Ça l'a été, et vous savez, j'ai 32 ans, ma 1ère élection…

ARNAUD ARDOIN
Oui, et vous êtes jeune.

SARAH EL HAÏRY
Exactement, donc je l'ai vécu. Je l'ai vécu et je peux…

ARNAUD ARDOIN
Et vous êtes une femme.

SARAH EL HAÏRY
Et je peux en témoigner. Jeune, femme, et finalement sans territoire d'héritage, je peux vous dire que je l'ai…

ARNAUD ARDOIN
Pas un nom 100 % Loire Atlantique.

SARAH EL HAÏRY
Pas exactement. Première génération, mes deux parents sont nés au Maroc, et j'ai grandi, moi je suis née dans le Loir-et-Cher, mais j'ai grandi, en plus au Maroc, donc avec cette double culture, que notre pays voit comme une richesse. Par contre…

ARNAUD ARDOIN
Quelle bataille !

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr que c'est une bataille, mais la vie est un combat de richesses, de rencontres, d'opportunités. Moi, ce que je leur dis à ces jeunes, c'est : ne vous laissez pas bercer par ces discours déclinistes ou de haine, au contraire, engagez-vous, votez, faites que ces transformations aillent plus vite. Et pour ça il y a eu une sorte de cataclysme en 2017, avec un président de la République…

ARNAUD ARDOIN
Jeune.

SARAH EL HAÏRY
Jeunes. Hyper culotté, hyper entreprenant…

ARNAUD ARDOIN
Très entreprenant et entrepreneur à sa manière.

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr ! Et qui a dit quoi ? Qui a dit quoi à notre pays, à notre vie politique ? Il nous a regardés, il nous a dit : ceux qui ont de la bonne volonté, ceux qui ont de l'énergie à y mettre, venez. Résultat des courses il a investi des profils comme moi. Je n'ai pas fait les études qui ressemblent à des études d'un ministre, je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas fait Sciences-Po, j'ai été à l'université publique. Il a donné des investitures à des profils qui sont de territoires différents. Moi je n'avais pas de mandat politique avant. Eh bien cette transformation elle est en cours, elle est même en marche, si vous me permettez l'expression, et si c'est un appel, c'est un appel à l'engagement…

ARNAUD ARDOIN
Pas encore.

SARAH EL HAÏRY
Présentez-vous.

ARNAUD ARDOIN
Il n'est pas encore candidat Emmanuel MACRON.

SARAH EL HAÏRY
Moi je dis : présentez-vous, pour une démocratie beaucoup plus forte. Vous savez, la démocratie c'est comme un muscle. Vous savez, un muscle, quand tu ne l'utilise pas trop, il s'atrophie. Eh bien il ne faut pas laisser notre démocratie s'atrophier, et si demain l'abstention est aussi importante que ce que disent aujourd'hui les sondages ou le superbe livre de Frédéric DABI d'ailleurs, « Fracture », qui est excellent…

ARNAUD ARDOIN
Et qui montre d'ailleurs le désintérêt des jeunes pour la politique…
er février 2022
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SARAH EL HAÏRY
Et la confiance dans l'entreprise.

ARNAUD ARDOIN
Et dans l'entreprise, qui est très nette.

SARAH EL HAÏRY
Parce qu'une confiance dans l'action immédiate. Et finalement, moi je leur dis : utilisez toute cette énergie pour démultiplier l'action immédiate, par des transformations en profondeur de notre vie politique. Votez, engagez-vous.

ARNAUD ARDOIN
« La fracture », livre sélectionné parmi les trois lauréats du livre politique…

SARAH EL HAÏRY
Ah ben super !

ARNAUD ARDOIN
Faut-il le préciser, le livre de Stewart et de Frédéric. Un mot sur le Service civique, parce que c'est intéressant de faire le bilan, et puis il faut qu'on prenne du temps pour parler de ce Contrat d'engagement jeune, parce qu'il dit des choses aussi d'une stratégie politique. Ce n'est plus, c'est en tout cas la théorie de l'assistanat, c'est-à-dire on ne donne pas une allocation, mais on sollicite le jeune pour qu'il puisse reprendre le chemin de l'emploi. Un mot d'abord sur le service civique. Le bilan c'est quoi ? Ça a marché ou pas ?

SARAH EL HAÏRY
Oui ça a marché, ça a même très très bien marché parce qu'on a eu une explosion de services civiques dans les collectivités. Pourquoi ? Parce qu'il fallait créer des missions de Service civique au plus proche des territoires, pour que tous les jeunes, qu'ils soient ruraux ou urbains puissent en bénéficier. On a plus de 245 000 missions très très diverses, et d'ailleurs on a même, ça a tellement bien marché, qu'on a aujourd'hui avec le président de la République, on est en train de porter le Service civique européen, qui permettra effectivement à des jeunes de vivre l'Europe au quotidien, 6 mois, partout dans les pays.

ARNAUD ARDOIN
C'est quoi ? C'est une sorte d'Erasmus du Service civique ? On va pouvoir aller en Allemagne, on va pouvoir aller dans un pays européen ?

SARAH EL HAÏRY
Exactement. C'est un peu l'idée. Vous savez qu'Erasmus, pendant longtemps ça a été réservé aux étudiants, et sauf que quand à 20 ans tu bosses ou quand à 20 ans tu es parent…

ARNAUD ARDOIN
Eh bien on n'a pas Erasmus.

SARAH EL HAÏRY
Exactement, ce n'est pas fait pour toi.

ARNAUD ARDOIN
Et là, ça donne l'opportunité de pouvoir…

SARAH EL HAÏRY
A tous les jeunes Européens, d'abord en partant d'une expérience française.

ARNAUD ARDOIN
Pas si simple, ce jeune qui sera, je ne sais pas, en préfecture au Service civique, pourra, sur une liste peut-être sur le site Un jeune une solution, pouvoir trouver un espace, un emploi ou un service civique, je ne sais pas, en Allemagne ?

SARAH EL HAÏRY
Alors, ça ne sera certainement pas un emploi, mais oui ça sera une mission. Une mission d'intérêt général en Allemagne, en Italie, en Espagne. Et d'ailleurs on l'a déjà expérimenté, alors sur des territoires frontaliers, parce que c'était plus facile, et on avait lancé la première promo à Metz il y a moins d'un an. Et donc c'est une sacrée fierté. Vous savez, on est, on fait de la politique avec beaucoup de bon sens, beaucoup d'idéal mais beaucoup de bon sens, tu expérimentes, quand ça marche tu généralises.

ARNAUD ARDOIN
Contrat engagement jeune, ça c'est ce qui va arriver dans un peu plus d'un mois maintenant, 1er mars. Alors, c'est vrai que les mauvaises langues disaient : mais pourquoi si tard, pourquoi démarrer si tard ? Parce qu'on sera à un mois du 1er tour de l'élection présidentielle, un petit peu plus d'un mois. C'est quoi la philosophie de ce Contrat d'engagement jeune ?

SARAH EL HAÏRY
La philosophie initiale c'est des devoirs et des droits. Par contre, un engagement demandé aux jeunes. Aujourd'hui, on a, et on en a parlé, un taux de chômage qui baisse, qui est encore trop important chez les jeunes…

ARNAUD ARDOIN
Qui est encore trop élevé.

SARAH EL HAÏRY
On a aujourd'hui des entreprises qui disent : je n'arrive pas à recruter, ça limite ma croissance. On sait qu'on aurait jusqu'à 2 points de croissance supplémentaire si on avait, si on n'avait pas de pénurie au recrutement dans certains secteurs d'activité. Mais face à tout ça, il y a une promesse : la France est là et sera là pour ceux qui ont envie de s'en sortir.

ARNAUD ARDOIN
Excusez-moi, pour être bien précis, vous vous adresserez au 1er mars, parce que ça va rentrer très concrètement au 1er mars, il y a déjà des expérimentations sur lesquelles, qui nous permettent évidemment d'observer, sur des populations les plus éloignées de l'emploi.

SARAH EL HAÏRY
Exactement.

ARNAUD ARDOIN
On est bien d'accord.

SARAH EL HAÏRY
On est très bien d'accord. On cible en particulier les 400 000 jeunes qui sont très très éloignés du Service civique, des service d'engagement, des CDD, des CDI qu'on a aujourd'hui avec, dans le monde de l'intérim. Ils sont très très éloignés de ces emplois, ils sont très très éloignés de ces formations. On leur dit quoi à ces jeunes ? C'est simple : tu as besoin d'aide. L'argent, la baguette magique du RSA ce n'est pas la bonne solution.

ARNAUD ARDOIN
Ce n'est pas de l'assistanat.

SARAH EL HAÏRY
Absolument pas. Pour une raison toute simple, c'est qu'un jeune, quand il est à ce point-là éloigné du marché de l'emploi, entre 16 et 25 ans ou 16 et 30 ans, et qu'il a des problématiques parfois de santé, qu'il a des problématiques, une précarité sociale, qu'il n'a pas de soutien dans sa famille…

ARNAUD ARDOIN
Des addictions parfois.

SARAH EL HAÏRY
Des addictions parfois, vous avez raison de le rappeler, des problèmes de mobilité, ce jeune il a besoin d'un accompagnement à 360°. C'est ce que nous lui offrons s'il s'engage. Aide-toi, la République t'aidera. C'est philosophiquement notre pensée, parce que l'accompagner dans une formation, l'accompagner pour lutter contre parfois tous ses démons plus internes, l'accompagner pour trouver un logement et le sortir finalement de toutes ces précarités qui sont multiples, en l'aidant financièrement, parce qu'il y a une aide financière de 500 €, jusqu'à 500 € s'il en a besoin, c'est finalement lui donner tous les outils pour avoir confiance et s'en sortir durablement. Et donc de ne pas le mettre dans une situation de : on te verse 500 et tu te débrouilles tout seul. Par contre, le contrat moral qui est posé, c'est que si tu ne t'engages pas, si tu ne respectes pas le présentiel, les formations, alors on suspend, et c'est normal, parce que je crois que le contrat c'est l'engagement réciproque l'un vis-à-vis de l'autre, et c'est ce que nous posons aujourd'hui avec le Contrat d'engagement jeune.

ARNAUD ARDOIN
Sarah El HAÏRY, la vraie question, la philosophie est très claire, on a bien compris le donnant-donnant avec ces jeunes. La vraie question c'est d'aller les chercher. C'est très compliqué de toucher ces jeunes qui souvent sont isolés, et pas uniquement d'ailleurs dans des quartiers populaires et urbains…

SARAH EL HAÏRY
Non, en territoires ruraux.

ARNAUD ARDOIN
Souvent dans les territoires ruraux, sans diplôme, ayant échoué à tous les diplômes qu'ils ont entrepris. Comment vous allez les chercher ? Comment vous leur donnez envie de s'engager ?

SARAH EL HAÏRY
On change fondamentalement de philosophie. D'habitude on a… D'abord on leur dit : venez, dans les Missions locales, venez à Pôle emploi. Mais en fait on change un peu notre braquet…

ARNAUD ARDOIN
Ils ne viennent pas spontanément à Pôle emploi.

SARAH EL HAÏRY
Ils n'y viennent pas vraiment spontanément, on en a la preuve. Là où on change de philosophie, c'est qu'on a déjà des équipes qui vont aller vers eux, ça c'est la première chose, mais surtout on va conventionner avec les associations, les structures qu'ils connaissent : les Maisons rurales, L'école de la 2e chance, les associations sportives. Et donc on va s'appuyer sur toutes les, finalement toutes les personnes…

ARNAUD ARDOIN
Au plus près du terrain.

SARAH EL HAÏRY
Exactement. Tous ces hommes et ces femmes qui aujourd'hui font vivre d'une certaine manière la solidarité, le lien social, jusqu'au plus près d'eux, en leur disant : vous avez confiance en eux, si vous avez confiance en eux, ayez confiance en nous, on fera ensemble pour s'en sortir, et on saura aider tous les besoins pour que finalement quand tu commences ton premier job, eh bien que tu sois parti pour construire ta vie et finalement reprendre le volant de ta destinée.

ARNAUD ARDOIN
Donc c'est ce qu'on appelle les NEET, puisque c'est un mot qu'on utilise beaucoup, c'est-à-dire ils n'ont rien ou ils n'ont plus rien.

SARAH EL HAÏRY
Ni emploi, ni formation, ni engagement, c'est vraiment de l'isolement et une précarité très accrue.

ARNAUD ARDOIN
Le dispositif démarrera le 1er mars, évidemment…

SARAH EL HAÏRY
Mais on croit que chaque jeune est un talent, donc fondamentalement il suffit parfois d'un tout petit déclic, un regard de confiance.

ARNAUD ARDOIN
Croire en toi.

SARAH EL HAÏRY
Bien sûr, parce que nous on croit en eux. Nous on croit que personne n'est condamné à vivre à côté de la société. Chacun a quelque chose à apporter, et c'est parce que c'est notre idée fondamentale qu'on se dit : ce jeune, il ne faut pas se débarrasser de lui comme on n'aurait pu l'entendre, en disant : mais, donne-lui le RSA, ça ne sera plus ton sujet. Bien sûr que si c'est mon sujet.

ARNAUD ARDOIN
Oui, c'est ça, en lui jetant cette somme…

SARAH EL HAÏRY
C'est finalement le condamner à ne pas s'en sortir, alors que si on investit dans son accompagnement, s'il reprend confiance en lui, si on l'aide au début, eh bien où il est parti pour reprendre les rênes de sa vie.

ARNAUD ARDOIN
Vous soulevez un sujet politique, parce que le RSA vous avait été reproché en disant que vous n'aviez pas mis en place le RSA 18/25…

SARAH EL HAÏRY
Parce qu'on a fait mieux. On a fait mieux.

ARNAUD ARDOIN
Et dans une note, Terra Nova, qui est un think tank sérieux, il évoque l'idée qu'il n'est pas exclu de pouvoir mettre un RSA, mais, mais mais qu'il faut quand même dit-il s'appuyer sur le Contrat engagement jeune, pour faire réellement une vraie prestation. C'est…

SARAH EL HAÏRY
Vous venez de dire un mot hyper important. Il ne faut pas nier la précarité de certains jeunes. Et ça c'est une réalité. Il y en a qui sont vraiment, ils se retrouvent dans leur voiture, isolés socialement. Par contre, ce qu'on a fait, comment on a construit le contrat d'engagement jeune ? On ne l'a pas construit tout seul dans un coin, dans un bureau, on a saisi, c'est même moi qui ai saisi le Conseil d'orientation de la jeunesse, toutes les organisations de jeunesse, pour nous challenger. Ensuite on a travaillé avec les assos, et finalement c'est le produit, c'est pour ça que ça a pris un peu de temps, et ça répond à votre question de tout à l'heure, c'est l'évolution d'un projet qui doit répondre à des besoins, et pas de l'affichage partisan ou politique pour dire : ben voilà nous avons une mesure démago.

ARNAUD ARDOIN
Alors, on en reparlera nous le 1er mars et à partir du 1er mars, dans l'émission évidemment, pour détailler ce Contrat d'engagement jeune. Juste deux questions qui sont des questions importantes. Vous parlez d'addictions, vous parlez de difficultés parfois médicales, de jeunes coupés des soins. Au-delà de l'accompagnement, d'une formation, est-ce que vous avez prévu aussi du côté de d'Olivier VERAN, l'idée qu'on les accompagne aussi sur le plan psychologique, psychiatrique ? Parce que c'est aussi parfois des jeunes liés aux addictions, liés à des problèmes d'alcool, qui ne sont plus en capacité de travailler.

SARAH EL HAÏRY
Vous avez tout à fait raison. Aujourd'hui on crée une sorte de bouclier de protection vis-à-vis des jeunes, et par rapport à toutes les nouvelles violences ou tous les risques d'addictions. Que ce soit les addictions qu'on connaît, un peu plus traditionnelles, drogue, alcool, qui sont des addictions classiques, des addictions liées aux jeux, on a des drames aujourd'hui liés aux jeux, les addictions aujourd'hui des jeux vidéo également, je pense aux paris sportifs mais aussi aux jeux vidéo, et finalement ce sont des nouvelles formes de violences sociales, qu'on accompagne en créant par exemple un chèque psy, qui aujourd'hui intègre l'accompagnement…

ARNAUD ARDOIN
Donc il sera aussi dans la proposition…

SARAH EL HAÏRY
Totalement.

ARNAUD ARDOIN
Parce qu'il y aura quand même un guichet, j'imagine que c'est Pôle emploi, c'est les Missions locales, parce que l'association, une fois qu'elle aura détecté ce jeune et qu'elle lui aura parlé, puisque c'est de ça dont il est question, il faudra quand même qu'à un moment donné quelqu'un, lui ou la structure, vienne et se rencontre, enfin, il faut qu'il se passe quelque chose.

SARAH EL HAÏRY
Il va se passer quelque chose, et d'ailleurs ce qu'on a souhaité, c'est, et c'est le plus important, c'est que la personne qui va l'accompagner, elle va l'accompagner du début jusqu'à la fin, quel que soit…

ARNAUD ARDOIN
Son référent.

SARAH EL HAÏRY
Son référent restera le même, parce que je crois à cette relation de confiance, et parce que c'est dur pour quelqu'un d'expliquer ses galères à plusieurs personnes. C'est dur de demander à quelqu'un de revenir sur son histoire. Alors là, eh bien ça ne sera plus le cas. Au moment de la prise en charge et de la signature du contrat, il y aura un référent. Ce référent…

ARNAUD ARDOIN
Donc il signe un contrat, il s'engage.

SARAH EL HAÏRY
Oui.

ARNAUD ARDOIN
Une sorte de charte d'engagement.

SARAH EL HAÏRY
C'est un contrat.

ARNAUD ARDOIN
C'est un contrat.

SARAH EL HAÏRY
C'est aussi pour ça que ce mot est « reste ». Il est signé, il est formalisé…

ARNAUD ARDOIN
Il est écrit ce contrat, il est formalisé ?

SARAH EL HAÏRY
Oui, avec…

ARNAUD ARDOIN
Il y a des choses précises qu'il devra remplir.

SARAH EL HAÏRY
… des engagements réciproques.

ARNAUD ARDOIN
C'est-à-dire, en un mot, il faudra que tu te lèves le matin.

SARAH EL HAÏRY
Il faut que tu viennes, il faut que tu te formes, il faut que tu sois présent aux réunions collectives, il faut que tu honores les formations qui vont être les tiennent, et en contrepartie eh bien tu auras toujours quelqu'un qui sera là pour te répondre, c'est ton conseiller, on t'aidera à lever tous les freins qu'il y a aujourd'hui dans ta vie, le logement, la mobilité, la santé, et quand tu sortiras de ce contrat, parce qu'il pourra durer un peu plus longtemps, si besoin, jusqu'à 18 mois, eh bien tu seras prêt…

ARNAUD ARDOIN
Oui, c'est maximum 18 mois.

SARAH EL HAÏRY
Mais tu seras prêt à prendre ta vie en main.

ARNAUD ARDOIN
Ça veut dire qu'à l'issue de ces 18 mois maximum, ce jeune, en tout cas est prêt à être pris en main pour basculer cette fois-ci dans une recherche d'emploi active.

SARAH EL HAÏRY
Ou déjà d'être en insertion professionnelle, d'ailleurs on s'est appuyé sur la réussite de la Garantie jeunes, qu'on a déjà beaucoup fait évoluer au fur et à mesure de ce quinquennat, et la Garantie jeunes, c'est un taux de transformation aujourd'hui, de plus de 80, quasiment 80 % d'insertion économique et sociale, et c'est en partant de quelque chose qui fonctionne, qu'on a évalué, finalement qu'on généralise et on en prend le meilleur.

ARNAUD ARDOIN
Eh bien vous reviendrez nous parler de ce Contrat d'engagement jeune…

SARAH EL HAÏRY
Avec grand plaisir.

ARNAUD ARDOIN
Je sais que les médias vont s'emparer de…

SARAH EL HAÏRY
Et d'ailleurs l'entrepreneuriat est dedans.

ARNAUD ARDOIN
Et l'entreprenariat.

SARAH EL HAÏRY
Et le BAFA.

ARNAUD ARDOIN
Et le BAFA. Oui, on ne l'a pas dit, mais c'est important, ça permet aussi…

SARAH EL HAÏRY
Toutes les voies professionnelles, tout ce qui permet de sublimer le talent de chacun de nos enfants.

ARNAUD ARDOIN
Le BAFA, c'est ce diplôme pour être animateur de colonie de vacances ou de centre aéré…

SARAH EL HAÏRY
Périscolaire.

ARNAUD ARDOIN
Périscolaire.

SARAH EL HAÏRY
50 000 emplois non pourvus l'année prochaine, c'est une vraie pénurie, quasiment autant que dans l'industrie ou la restauration, et ce sont des métiers de l'humain, qui ont énormément de sens, et qui plaisent général aux plus jeunes.

ARNAUD ARDOIN
On n'a plus le temps, mais les salaires sont trop bas, disent les assistants périscolaires.

SARAH EL HAÏRY
Trop bas, très juste. Des annonces dans quelques semaines sur d'ailleurs les salaires du monde du périscolaire, de la médiation, de la culture. On va atterrir sur 4 assises qui ont été faites du monde de l'animation, et ce sera peut-être l'occasion de vous raconter tout ça.

ARNAUD ARDOIN
Dieu sait s'ils sont importants ces animateurs périscolaires qui accompagnent vos enfants après l'école.

SARAH EL HAÏRY
Exactement.

ARNAUD ARDOIN
Merci Sarah El HAÏRY d'être venue nous rendre visite, secrétaire d'Etat en charge de la Jeunesse et de l'Engagement, avec sous le bras, mais bon, qui n'est pas encore totalement ouvert, le Contrat d'engagement jeune. Merci de nous avoir rendu visite, c'est un vrai plaisir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 février 2022