Texte intégral
Nombre de nos pays ont été frappés par la brutalité des attaques terroristes. Malgré la défaite territoriale de Daech/ISIS au Levant, grâce à nos efforts conjoints au sein de la Coalition internationale, le terrorisme djihadiste évolue et reste une menace sérieuse pesant sur notre sécurité internationale. Nous le voyons chaque jour et sur chaque continent. Notre lutte contre le terrorisme djihadiste doit donc rester une priorité. Nos victoires, acquises à un prix élevé, ne doivent pas être vaines.
Outre ces actions de terrain, nous devons renforcer nos actions de prévention et contre la mauvaise utilisation des nouvelles technologies, surtout dans les secteurs financiers et de la communication. Daech et Al-Qaïda y ont de plus en plus recours pour se financer et répandre leur propagande. Les législations et les systèmes de suivi doivent donc être adaptés en ce sens.
Nous devons aussi tenir bon dans la défense des valeurs universelles indivisibles que sont les droits de l'Homme et dans le respect du droit international. Toute action qui irait contre ces droits et libertés ferait le jeu de l'adversaire que nous combattons. C'est le sens de l'engagement du G20 d'Osaka en 2019 et de l'appel de Christchurch contre le terrorisme et l'extrémisme violent en ligne.
Parmi nos autres défis, je souhaite souligner que nous devons aussi renforcer la cyber-sécurité. Les cyberattaques augmentent de manière exponentielle et sont de plus en plus dangereuses et sophistiquées. Elles visent quotidiennement de nombreux pays ou acteurs économiques. Nous devons donc à la fois établir un cadre normatif pour garantir une attitude responsable des Etats dans l'espace numérique et travailler étroitement avec le secteur privé et la société civile. C'est le sens de l'appel de Paris de novembre 2018, qui rassemble Etats, entreprises et ONG. Nous vous encourageons à utiliser cette initiative pour renforcer la confiance et la sécurité dans ce domaine.
Monsieur le Président, je vous remercie d'avoir mis l'aide humanitaire à l'ordre du jour, au moment où la guerre russe a dramatiquement aggravé la situation, en Ukraine mais aussi bien au-delà.
Et je souhaite au nom de la France présenter nos condoléances aux populations et aux familles endeuillées par le terrible séisme qui a frappé la Turquie et la Syrie. Nous avons immédiatement déployé une aide d'urgence pour secourir les personnes touchées et prodiguer des soins, et apporter une aide financière aux organisations qui travaillent directement auprès des populations.
La faim, la soif, les maladies représentent dans trop de pays une menace quotidienne mais aussi croissante. Les populations n'ont en effet jamais eu autant besoin d'aide humanitaire. Les chiffres le montrent : une personne sur 23 ne peut survivre sans cette aide ; c'est plus du double du chiffre d'il y a quatre ans. Face à cette tragique augmentation, nous devons collectivement renforcer notre aide humanitaire (c'est ce qu'a fait la France de manière significative ces dernières années) mais aussi mieux la coordonner. Nous devons tous y contribuer et rationaliser notre action.
Comme beaucoup d'entre nous, aux Nations unies, j'étais à Genève lundi et ai pu échanger avec les acteurs humanitaires. J'ai entendu leur cri d'alarme. Leur espace se réduit, ils travaillent sous une constante menace. Nous avons tous ici une responsabilité collective d'exercer notre influence politique pour qu'ils puissent travailler en sécurité et venir en aide aux populations qui en ont tant besoin.
Je vous remercie.
Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 mars 2023