Texte intégral
Madame la Haute-Commissaire,
Chère Sarah, merci pour ton invitation à venir intervenir aujourd'hui,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d'abord de vous adresser, à toutes et tous, mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.
Lorsque je suis arrivée, il y a bientôt 3 mois, à la tête de ce ministère, j'ai formulé un engagement simple : je veux que chaque jour ici soit un jour concrètement utile pour les Français.
Et dès le premier jour, malgré l'examen du budget de la sécurité sociale, j'ai voulu m'impliquer pleinement sur les politiques concernant l'Enfance et les Familles.
Tout simplement car l'attention portée à nos enfants et à nos jeunes doit être le socle de notre société.
Une société fidèle à ses promesses d'égalité des chances,
une société qui se projette dans son avenir.
Il était donc pour moi important de m'adresser à vous aujourd'hui.
À vous acteurs de terrain, professionnels, associations.
À celles et ceux qui, chaque jour, faites des politiques familiales et de l'enfance une réalité concrète : une réalité qui inquiète parfois, qui peut décourager face à l'immensité de la tâche, mais aussi qui répare, qui soutient et qui rend possible.
C'est dans cet esprit que j'ai demandé à mes équipes que l'année 2026 soit une grande année d'engagement et d'action pour nos enfants et nos familles.
Avant d'en venir plus directement au soutien à la parentalité, qui nous anime aujourd'hui, je veux évoquer deux chantiers qui m'apparaissent majeurs.
Le premier, c'est celui de la refondation de notre politique de protection de l'enfance.
Les évènements médiatisés ces dernières semaines nous l'ont rappelé avec force : face aux enfances les plus fragiles, c'est la République qui est mise à l'épreuve.
L'État, les Départements et l'ensemble des parties prenantes ne peuvent ni se dérober, ni se raconter des histoires. L'État sera au rendez-vous de ses compétences. Cela suppose des choix clairs et des moyens adaptés.
D'abord, en prévenant et en luttant mieux contre toutes les formes de violences faites aux enfants : en renforçant les contrôles, en structurant mieux le repérage et l'accompagnement des victimes, en modernisant nos outils, du 119 à la lutte contre les réseaux criminels, en améliorant la connaissance des phénomènes pour agir en prévention, et plus précocement.
Ensuite en assurant la prise en soin des enfants et des jeunes en protection, dès leur entrée dans l'Aide sociale à l'enfance. C'est pourquoi, sur la base des expérimentations Pegase et Santé protégée, j'ai demandé que soit élaboré un parcours coordonné renforcé de soins dédié à l'enfance protégée.
Ensuite, en portant avec le Garde des Sceaux, un projet de loi Aide sociale à l'enfance, avec une boussole simple : l'intérêt de l'enfant avant tout.
Protéger les enfants ne doit pas seulement consister à les mettre à l'abri.
Cela doit permettre de leur donner un avenir.
Le deuxième chantier, c'est celui de la prévention et de la petite enfance.
Je vais enfoncer une porte ouverte, notamment depuis les résultats des travaux sur les 1000 premiers jours, mais intervenir tôt est toujours plus efficace que réparer tard.
Repérer les fragilités, accompagner avant les difficultés ne s'aggravent, éviter les ruptures de parcours : la prévention est un levier décisif pour réduire les inégalités et sécuriser les trajectoires des enfants.
Concrètement, nous agirons sur trois champs prioritaires :
- continuer à mieux reconnaître et accompagner les professionnels de la petite enfance. Le budget de la sécurité sociale permettra déjà de lutter contre les impayés des assistantes maternelles.
- consolider le service public de la petite enfance, en lien avec les élus partout sur le territoire ;
- et soutenir profondément la prévention en santé, notamment via la PMI qui joue un rôle essentiel à la frontière entre le social et le sanitaire.
J'en viens au cœur de notre rendez-vous d'aujourd'hui : le soutien à la parentalité.
Il n'y a pas de politique de l'enfance efficace sans une politique ambitieuse en direction des parents.
Être parent aujourd'hui est devenu plus complexe, parfois plus isolant et éprouvant.
Soutenir la parentalité, c'est reconnaître cette réalité et proposer des réponses accessibles, concrètes et non stigmatisantes.
Je présenterai d'ici quelques mois une nouvelle Stratégie de soutien à la parentalité, qui est en cours de construction avec la Haute Commissaire.
Mais je veux d'ores et déjà citer trois priorités :
La première, c'est celle du temps. Nous prenons un tournant majeur, avec plusieurs mesures structurantes, pour permettre aux parents de concilier vie familiale et vie professionnelle.
J'évoquerai ici l'avancée majeur que constitue le congé supplémentaire de naissance, qui sera mis en œuvre dès cette année et intégré dans la 2ème feuille de route des 1000 premiers jours de l'enfant.
C'est un acte de confiance envers les familles pour leur offrir plus de choix d'organisation dans les premiers mois de l'enfant et favoriser l'égalité entre les hommes et les femmes.
La seconde priorité, c'est l'accompagnement des parents là où les fragilités s'expriment aujourd'hui, notamment face au numérique.
La nouvelle stratégie de soutien à la parentalité intégrera pleinement les usages numériques, avec une attention particulière aux familles les plus en difficulté, dans une logique de prévention et d'émancipation.
Enfin, nous devrons travailler la question de la place de la parentalité dans la société en lien avec les entreprises et les élus.
Tout ne relève pas de la politique familiale à proprement parler et il nous appartient collectivement de rendre nos modes de travail, notre urbanisme et nos représentations favorables à l'accueil de l'enfant.
Je salue à ce propos, cher Sarah, ton engagement pour des "villes à hauteur d'enfant".
Mesdames et Messieurs,
Ces trois rendez-vous — protection, prévention, soutien à la parentalité — se complètent et se renforcent mutuellement.
La réussite des politiques de l'enfance et des familles repose sur une coopération étroite entre l'État, les collectivités, les associations, les professionnels de terrain.
Aucun acteur ne peut agir seul.
Chacun a un rôle à jouer, une responsabilité à assumer, une contribution à apporter.
C'est en travaillant ensemble, dans la confiance et la coordination, que nous pourrons répondre aux besoins des enfants et soutenir les familles de manière efficace et durable.
C'est pourquoi je remercie à nouveau la Haute-Commissaire pour l'organisation de ces rendez-vous et souhaite vous assurer que je serai très attentive aux conclusions de vos échanges.
Je vous remercie.
Source https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr, le 13 janvier 2026