Texte intégral
Madame la ministre, chère Amélie,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le président de la CPME, cher Amir [REZA-TOFIGHI],
Mesdames et messieurs les chefs d'entreprise,
Chers amis,
Je tenais tout d'abord à vous remercier de m'avoir convié à cet événement, et de m'honorer doublement, en choisissant d'organiser cette soirée à la Gaîté Lyrique qui se trouve…rue Papin !
La gaîté, une qualité qui, je crois, me caractérise bien. Même un 21 janvier, jour anniversaire de la mort du roi – j'ai entendu ça ce matin sur CNews. Certains pourraient être tentés de jouer les croque-morts, surtout en cette période budgétaire où l'on a parfois vite fait de prononcer la fin du gouvernement…
Mais rassurez-vous, je ne suis pas venu pour cela. Je préfère vous parler d'un autre 21 janvier – je ne parle pas non plus de la mort de Lénine, mais du jour où un explorateur, Dumont d'Urville, découvrait une partie de l'Antarctique. Et, à bien y regarder, je trouve que le parallèle avec notre situation actuelle est plutôt éclairant.
Pourquoi ? Parce que lors de cette expédition, les bateaux ont connu de longs mois d'immobilisation au niveau du détroit de Magellan, bloqués par les brumes de l'Atlantique, dans des eaux complexes et dangereuses. Eh bien, reconnaissons-le : nous avons nous aussi été immobilisés bien longtemps dans le brouillard.
Mais aujourd'hui, nous en sortons, car les discussions avancent sur le budget 2026. Chère Amélie, chapeau bas, car tu as vraiment mouillé le maillot sur le sujet.
Ce budget n'est sans doute ni le vôtre, ni le mien, si nous avions pu l'écrire seuls, de A à Z. Mais il existe. Et surtout, il nous donne enfin de la visibilité, ce dont a besoin tout chef d'entreprise.
Je veux d'ailleurs remercier chaleureusement la CPME. Cher Amir, tout au long du débat budgétaire, vous avez été un partenaire fiable, exigeant et responsable. Vous avez été au rendez-vous du moment politique.
La CPME a défendu avec force les TPE et les PME. Et ce message a été entendu. Dans les arbitrages finaux, un choix clair a été fait : préserver le coût du travail. Il a été renoncé à toute économie sur les allègements de charges, quitte à différer la baisse de la CVAE qui figurait dans le texte initial. Le signal est clair : le coût du travail ne sera pas alourdi.
Mon prédécesseur, le président de système U, me disait souvent : il n'y a pas de vérité, il n'y a que des choix. Et une fois que ces choix sont faits, il faut y aller de bon coeur, même si ces choix sont imparfaits.
Alors maintenant que nous sortons de la brume, une question se pose : où allons-nous ? Si le brouillard se dissipe, la navigation reste exigeante. Il y a des dangers à éviter. Et surtout, des territoires à explorer.
Des dangers, j'en vois deux sortes.
- Il y a ceux qui viennent de l'extérieur : c'est la menace que fait peser sur nos TPE-PME la concurrence chinoise, une concurrence déloyale exercée par des plateformes comme Shein. Le bras de fer, je l'ai engagé à la fin de l'année dernière. Et je veux être très clair devant vous : je ne lâcherai rien. Ceux qui ne respectent pas nos règles doivent être sanctionnés, et le cas échéant interdits.
La mise en place d'une taxe sur les petits colis s'inscrit pleinement dans cette logique : viser ces plateformes et rétablir une concurrence équitable.
C'est aussi la menace des droits de douane imposés par les Etats-Unis. Un chantage inédit, car c'est un pays allié qui menace l'intégrité territoriale d'un autre pays de l'OTAN. Notre diplomatie est à l'oeuvre, mais je tiens à dire une chose : Trump n'a pas le monopole du Trump. L'Europe, premier marché du monde, doit prendre des mesures pour défendre ses intérêts.
- Les autres dangers, eux, viennent de l'intérieur :
* Je pense notamment aux retards de paiement, qui sont impliqués dans un quart des défaillances d'entreprises. Là aussi, nous pouvons agir. Et nous allons agir. Une proposition de loi sur ce sujet sera prochainement examinée au Parlement.
* La défense des PME est aussi au coeur de mon action, y compris dans les négociations commerciales. Ces négociations sont encore en cours, mais, vous le savez, j'avais réuni en décembre dernier les fournisseurs et les distributeurs, qui se sont engagés dans une charte à avancer la fin des négociations concernant les PME, afin de mieux prendre en compte leur spécificité. Un bilan complet devra être tiré de cette édition.
* Se pose également aujourd'hui de façon urgente l'enjeu de la simplification, que vous appelez de vos voeux depuis longtemps. J'attends le vote du projet de loi, un vote compliqué vous le savez. Je vous l'assure : si c'est compliqué au niveau législatif, j'agirai au niveau réglementaire pour que ce sujet avance.
* Et je n'oublie pas, bien sûr, l'enjeu de la transmission, avec les discussions autour du pacte Dutreil, qui conditionnent l'avenir de milliers d'entreprises.
Venons-en maintenant aux territoires à explorer. Ce qui fait votre force, c'est que vous êtes les explorateurs du quotidien. Les explorateurs du proche. De cette économie de proximité que je veux défendre à la tête de mon ministère. Vous êtes les poumons de notre économie : grâce à vous, la France est l'un des pays d'Europe qui compte le plus grand nombre de PME.
Mais je constate, dans mes échanges, dans les enquêtes que j'ai demandé à mes services de mener, que le manque de fonds propres vous empêche d'aller plus loin, vous limite dans votre capacité à investir, à innover, à être compétitifs.
Notre objectif doit dès lors être clair : partir à la conquête du marché de masse en France, pour rendre le made in France toujours plus accessible. Et dans ce combat-là, je serai à vos côtés.
Ce combat passe par une chose essentielle : être proches des Français, en étant proches des salariés. C'est tout le sens des politiques de partage de la valeur, comme le déblocage anticipé de l'épargne salariale que j'ai proposé en ce début d'année : cette mesure doit permettre aux salariés de consommer, pour que cette consommation bénéficie directement aux entreprises. C'est une mesure de liberté.
Chers amis,
Pour cette année 2026, je nous souhaite de continuer à avancer ensemble avec l'audace et la confiance des explorateurs.
A tous, je souhaite une excellente année 2026.
source https://www.economie.gouv.fr, le 23 janvier 2026