Texte intégral
PAUL LARROUTUROU
Bonjour madame. Bonjour à tous.
AGATHE LAMBRET
Le budget 2026 a été adopté hier soir, après un ultime 49.3 et le rejet de deux ultimes motions de censure. Un budget qui ne satisfait pas grand monde. Même dans votre propre camp, ça grince. On écoute Gabriel ATTAL, à votre place, il y a quelques jours.
JOURNALISTE
Vous avez dit : " C'est la fin du quinquennat ".
GABRIEL ATTAL, PRESIDENT DU GROUPE EPR A L'ASSEMBLEE
Ce budget ne prépare rien.
JOURNALISTE
Vous l'avez dit ou pas ?
GABRIEL ATTAL
Oui, je viens de dire que... J'avais prononcé cette phrase, moi, j'assume ce que je dis. Le principal mérite de ce budget, c'est d'avoir un budget. Maintenant, c'est vrai que ce budget ne prépare pas l'avenir. Il ne prépare pas grand-chose.
AGATHE LAMBRET
Amélie DE MONTCHALIN, est-ce un budget pour rien ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Non, c'est un budget pour avoir de la stabilité. Et on a eu des débats très longs, parfois très frustrants pour beaucoup de participants politiques, parce qu'effectivement, ce n'est pas un budget qui est celui qui aurait été fait si nous avions eu, si certains même avaient eu, d'autres que nous, une majorité absolue.
AGATHE LAMBRET
C'est son seul mérite, la stabilité, comme le dit Gabriel ATTAL ?
AMELIE DE MONCHALIN
Moi, je pense que, vous voyez, dans le monde qui est le nôtre, avec les pressions internationales, avec l'enjeu de la souveraineté européenne, avec cette année qu'on doit acter, qui est une année de transition politique. Il y a eu des élections législatives en 2024 qui n'ont pas permis de dégager une majorité absolue. Il y aura une élection présidentielle en 2027. La question, c'est : comment on s'occupe des Français aujourd'hui ?
PAUL LARROUTUROU
Et vous qui avez fait…
AMELIE DE MONTCHALIN
Et vous avez un certain nombre de partis du Gouvernement, de droite, de gauche, qui sont des opposants politiques, qui iront, de manière, évidemment, différente aux élections, qui se sont dit, et je pense que c'était à leur honneur, qu'il fallait que nous arrivions à faire " tourner le pays en 2026 ". Que les Français qui se sont réveillés le 1er janvier 2026, ils avaient des besoins en termes de logement. Ils avaient des besoins en termes d'emprise, quand ils étaient petits patrons et qu'ils voulaient embaucher, investir, qu'ils avaient des besoins en tant que jeunes.
AGATHE LAMBRET
Mais ce n'est pas ce que disent certains au sein de votre propre camp.
AMELIE DE MONTCHALIN
Et donc, moi, j'assume de vous dire, ce budget, ce n'est pas celui qu'on a proposé. C'est même peut- être celui que personne n'aurait imaginé écrire.
PAUL LARROUTUROU
Et vous avez passé, physiquement, 400 heures sur le même banc, entre l'Assemblée et le Sénat. C'est un record sous la 5ème République. Vous ne vous dites pas au fond de vous, quand même : « Tout ça pour ça ? », par rapport à votre ambition initiale ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Moi, je dois vous dire que tout ça, pourquoi ? Pour, déjà, réduire le déficit. Ce n'était pas gagné. Tout ça pour éviter des aventures qui auraient été très dangereuses pour l'économie. On a eu des débats. Vous savez que la France Insoumise et le Rassemblement National, à un moment donné, ont voté main dans la main 34 milliards de hausses d'impôts qui auraient mis à plat l'économie française. Nous avons un budget qui permet de réduire le déficit, moitié par les efforts en économie, moitié par une hausse modérée de la fiscalité. Les impôts en 2026 seront les mêmes qu'en 2025 pour les entreprises, pour les ménages. Il n'y a pas de changements qui doivent inquiéter nos concitoyens. Et à la fin, si on regarde tout le budget de la Sécurité Sociale et de l'État, on a moins d'impôts dans le PIB qu'en 2019, avant le Covid.
PAUL LARROUTUROU
Est-ce que vous n'avez pas creusé la dette publique pour reprendre le modèle Marc FESNEAU ? Qui résume le budget : " Nous avons fait ce que nous savons faire le mieux dans ce pays : de la dépense publique à l'aveugle ".
AMELIE DE MONTCHALIN
Je n'ai aucun doute. Je suis ministre des Comptes publics. J'ai passé des mois, depuis un an, à dire à quel point revenir à un déficit autour ou sous 3%, c'est quand même un objectif qui n'est pas un objectif comptable, c'est un objectif de puissance, de souveraineté.
PAUL LARROUTUROU
On est tellement loin. On est à plus de 5, là.
AMELIE DE MONTCHALIN
Oui, mais moi, je suis arrivée, vous voyez, dans un bâtiment à Bercy il y a plus d'un an. Le déficit constaté à ce moment-là, c'était 5,8%. On a eu un débat, un compromis en janvier 2025. Ça a permis d'avoir un budget pour 2025. Bilan : on a eu 0,9% de croissance, plus que tous les autres pays européens. Bilan : on a réduit à 5,4% le déficit. Et j'insiste sur ce point. On a aussi, on voit aujourd'hui, beaucoup de doutes, de certains qui vous disent : " Ah, voilà. Il y a écrit 5%, mais ils ne le feront jamais... "
AGATHE LAMBRET
Et le déficit 2025, en attendant, juste, Amélie DE MONTCHALIN, il sera à combien ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Avec les informations dont je dispose, nous avions dit 5,4. Nous avons tout à fait aujourd'hui la capacité de faire 5,4. Il est possible, peut-être, que certaines bonnes nouvelles en fin d'année amènent à ce que ce soit un petit peu meilleur. On verra.
AGATHE LAMBRET
Et c'est-à-dire ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Moi, je suis sur les arrondis. Est-ce que c'est 5,3 ? Est-ce que c'est 5,4 ? On est sur ce niveau-là. C'est beaucoup trop.
PAUL LARROUTUROU
Vous tablez que les recettes nettes de l'État pourraient être de 311 milliards en 2025. C'est bien cela ?
AMELIE DE MONTCHALIN
On a annoncé des chiffres. À la fin, pour ceux qui nous écoutent, qu'est-ce qu'il faut qu'ils entendent ? Que la méthode que nous avons mise en place depuis un an, qui consistait à mettre tout sur la table, à rendre tout transparent, à montrer que quoi qu'il arrive, on devait tenir nos objectifs, pas parce qu'on est des comptables obsédés, parce qu'à la fin, c'est une question de confiance avec nos concitoyens qui payent des impôts, qu'ils soient entreprises ou ménages. Cette méthode, elle fonctionne. Et elle doit pouvoir recréer une forme de confiance. Oui, un jour, il faut qu'on soit à 3% de déficit, ou moins.
AGATHE LAMBRET
Un jour, c'est quoi ? C'est 2029 ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Ça doit être au plus tard 2029. Ça veut dire que tout…
AGATHE LAMBRET
Vraiment, c'est réaliste ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Bien sûr que c'est réaliste.
AGATHE LAMBRET
Parce qu'ici, on dit, on n'atteindra pas 3% en 2029.
AMELIE DE MONTCHALIN
Aujourd'hui, on fait, vous voyez, 0,4 points de réduction, quand nous n'avons ni majorité, ni consensus, je veux dire, politique. Et nous le constatons sur les budgets de compromis. En 2027, j'espère, qu'émergera une capacité à gouverner de manière plus claire, une coalition, où certains imaginent une majorité absolue, moi, je ne suis pas sûre qu'elle existe. Mais à minima, une coalition, pour travailler efficacement. Et donc, il faudra continuer. Qu'est-ce que je veux dire derrière ?
AGATHE LAMBRET
On passe à autre chose, justement, et qu'on parle du fonds de budget, vous allez nous dire pourquoi vous le défendez. Vous nous dites que peut-être que les chiffres sont un peu meilleurs que prévus pour 2025. En termes de milliards, ça rapporterait combien ?
AMELIE DE MONTCHALIN
La différence, c'est entre 3 et 5 milliards. Donc, vous voyez, la dépense publique, et ça peut, d'ailleurs, effrayer certains de nos concitoyens, c'est 1 700 milliards d'euros : 400 milliards pour les retraites, 350 milliards pour la santé. La défense, vous voyez, c'est 60 milliards. Donc, si on compare, on met à peu près 60 milliards pour la défense, on met plus de 600 milliards d'euros pour notre Sécurité Sociale et notre crise sociale. Donc, que les gens comprennent un peu les ampleurs. À la fin de l'année, vous voyez, quand on fait les comptes, les plus et les moins, qu'on ait un écart de 2, 3, 4 milliards, bon, sur 1 700 milliards, ça ne veut pas dire qu'on s'est trompé. Ça veut simplement dire que dans un pays comme le nôtre, il y a effectivement des choses qu'à la fin, il faut arrêter les comptes. Et on l'arrêtera. De toute façon, l'INSEE le fera au mois de mars.
AGATHE LAMBRET
Vous dites vous-même, pardon, le chiffre des retraites. Gabriel ATTAL disait : " Ce budget ne prépare pas l'avenir. Dans ce budget, rien sur les retraités ". Finalement, ils sont épargnés. Pas de gel des pensions, pas de suppression de l'abattement de 10%. Est-ce que ça prépare l'avenir, ça ? Est-ce que c'est réaliste ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Il y a deux choses. Il y a eu un budget de la Sécurité sociale très protecteur pour les retraités. Un certain nombre de propositions que le Gouvernement a pu faire, notamment sur la revalorisation des retraites, n'ont pas été suivies. Le choix qu'on a fait et le compromis qui s'est dégagé dans le budget de l'État et des collectivités, c'est que nous avons fait résolument un choix pour la jeunesse. Considérant qu'on ne pouvait pas avoir dans notre pays, et c'est un débat beaucoup plus profond, vous voyez, une iniquité entre les générations. On ne peut pas dire, à un moment donné : on ne protège que les retraités ou on fait tout payer par ceux qui travaillent. Ça ne peut pas marcher, parce que dans ce cas-là, c'est la société qui se divise. Et vous voyez, de ces près de 400 heures que j'ai passées au Parlement, moi, j'en retiens une chose. Et c'est un sujet sur lequel je veux travailler personnellement dans les prochains mois. Les Français qui travaillent, les gens qui ont, en gros, mon âge, ma génération, la vôtre, les gens qui ont entre 25 et 55 ans, qui portent le pays, qui ont des enfants, qui s'inquiètent aussi pour leurs parents, qui payent beaucoup d'impôts, à un moment donné, quelle est la solution économique, personnelle, fiscale, sociale, qu'on redonne à notre génération ? Comment ceux qui portent le pays aujourd'hui croient encore que notre pays a un avenir ? Et moi, je souhaite relancer des débats. Ça ne veut pas dire des propositions de loi. Ça ne veut pas dire tout de suite. Mais c'est-à-dire, comment on peut refaire société autour de l'idée que si ceux qui travaillent ne s'y retrouvent pas, eh bien, notre pays n'a pas d'avenir évidemment solide devant lui. Pour revenir au budget, dites, est-ce que je défends le budget ? D'abord, je défends qu'il y ait eu compromis. Je défends que les objectifs qui ont été fixés ont été tenus. Et je défends surtout la vérité de ce qu'il y a dedans. Moi, aujourd'hui…
AGATHE LAMBRET
Par exemple, les repas à un euro pour tous les étudiants.
AMELIE DE MONTCHALIN
Oui.
AGATHE LAMBRET
Marc FESNEAU, qui est le patron des Députés MoDem, lui-même dit : " C'est absurde, on ne distingue pas selon les revenus de ses étudiants ". Ça, c'est une bonne dépense ?
AMELIE DE MONTCHALIN
À un moment donné, vous avez une réalité. Les étudiants qui vont dans les restaurants universitaires sont plutôt ceux qui sont d'origine très modeste ou de classe moyenne. Les étudiants qui ont plus de moyens, en fait, ils vont souvent ailleurs qu'aux restaurants universitaires pour déjeuner. Deuxième chose, il y a une précarité étudiante effective. Troisième chose, ça coûte 40 millions d'euros. Par rapport au budget d'État, c'est un effort qu'on peut se dire qu'on peut faire. J'en reviens à une chose, parce que sur les repas à 1 euro, il y a beaucoup d'autres sujets. C'est un autre débat.
PAUL LARROUTUROU
Juste sur les repas à 1 euro, j'insiste, parce que la présidente du CROUS met en garde contre le risque déceptif, en disant qu'il y aura énormément de monde qui vont venir forcément, parce que ça coûte moins cher et que vous n'avez pas les moyens financiers d'accueillir tous les étudiants. C'est important, ça.
AMELIE DE MONTCHALIN
On va mettre les moyens. On va faire les choses de manière organisée,
PAUL LARROUTUROU
Vous êtes sûr ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Évidemment. Mais si à un moment donné, on fait compromis, il faut qu'on soit de bonne foi. Je pense que ce que les Français ont vu depuis le début, c'est que Sébastien LECORNU, moi-même, tout les membres du Gouvernement, on est de bonne foi.
PAUL LARROUTUROU
Compromis avec les socialistes.
AMELIE DE MONTCHALIN
On n'est pas candidats à la présidentielle. On est là pour s'occuper du pays. On est là pour s'occuper, quand on vote quelque chose, que ça fonctionne. Mais vous voyez, le coeur de ce qui se discute actuellement dans le débat public, c'est, au fond, de savoir si on est d'accord ou pas d'accord avec ce qu'il y a dans le budget. Et je comprends que ça puisse être compliqué, parce qu'il y a eu beaucoup de versions. Mais vous avez aussi toute une partie de la classe politique, je pense au Rassemblement national et aux Insoumis, en particulier, qui sont dans une forme de création d'une réalité alternative, de fake news.
AGATHE LAMBRET
Alors, expliquez-nous. C'est-à-dire ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Je vous donne un exemple. Le Rassemblement national passe ses journées à dire : les entreprises, les entrepreneurs vont payer plus d'impôts. C'est faux. Il n'y a pas de hausse de charges sur le travail dans le budget. Il n'y a pas de hausse d'impôts pour les TPE. Il n'y a pas de hausse d'impôts pour les PME. Il n'y a pas de hausse d'impôts pour les artisans.
AGATHE LAMBRET
Mais il y a une surtaxe sur les grandes entreprises, alors que vous avez promis que cette surtaxe ne serait pas prolongée. Ses patrons ne sont pas contents.
AMELIE DE MONTCHALIN
Bien sûr. Je suis venue, je pense, même ici, vous dire que ce n'est pas le choix que je propose. Dans l'élément du compromis, la réalité sur les grandes entreprises, c'est qu'elles paieront, en 2026, exactement le même impôt que ce qu'elles ont payé en 2025.
PAUL LARROUTUROU
Et il y a aussi une nouvelle taxe sur les biens somptuaires logés dans les holdings patrimoniaux, qui ne plaisent pas à certains.
AMELIE DE MONTCHALIN
J'assume tout à fait que c'est vrai qu'on a créé deux impôts. La taxe sur les petits colis chinois, parce qu'on voit bien que c'est à la fois très dangereux et pour les consommateurs et pour l'économie. Et effectivement, j'assume aussi de vous dire que nous avons remis au carré un certain nombre de dispositifs qui créent de la suroptimisation fiscale.
PAUL LARROUTUROU
Donc, c'est taxer les yachts, les bijoux, les chevaux de course ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Et qu'on considère que le patrimoine personnel, comme on dit, des biens somptuaires, du dirigeant d'entreprise n'ont pas à bénéficier de la fiscalité qui est favorable à son entreprise. Que d'un côté, il y a ce qui est professionnel, qu'on doit soutenir, parce qu'on veut la croissance, on veut l'investissement, et de l'autre, il y a ce qui est personnel.
AGATHE LAMBRET
Mais vous dites quand même que le Rassemblement national, et que LFI mentent.
AMELIE DE MONTCHALIN
Moi, je dis qu'ils ont créé depuis 15 jours, mais déjà, dans le débat, mais depuis 15 jours, de manière très forte, une forme de fake news, de réalité alternative. En fait, à la fin, pour faire quoi ? Pour faire peur aux Français. Vous avez des insoumis qui disent : " Voilà, vos employeurs ne pourront plus prendre en charge votre pass Navigo, votre forfait de transport en commun. "
AGATHE LAMBRET
Et ça, ce n'est pas vrai ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Fake news. Nous avons maintenu jusqu'en 2030 l'exonération qui permet à l'employeur de prendre jusqu'à 75% du coût du transport en commun. Autre exemple, ils font peur à tous les étudiants : les APL vont être supprimés pour tous les étudiants à compter, là, si on les écoute, du mois de mars. Fake news. Ce qu'on a mis dans le texte, c'est qu'effectivement, pour les étudiants étrangers, non européens, non boursiers, nous voulions faire évoluer les APL. Par exemple, les étudiants américains, canadiens, japonais, nous, les Français, qu'on va étudier dans ces pays, on n'a pas les APL. Ça n'existe pas. Autre exemple de fake news, vous avez des insoumis qui disent " La prime de Noël va être supprimée. " Fake news.
PAUL LARROUTUROU
Vous y avez réfléchi quand même ?
AMELIE DE MONTCHALIN
D'accord. Mais à un moment donné, il y a ce qui a été proposé, il y a eu les débats, et il y a ce qui est décidé et ce sur quoi le Gouvernement s'engage. Pourquoi je vous parle de ça avec un peu de conviction ? Parce que dans une démocratie, qu'on ait des désaccords, qu'on puisse dire qu'on est pour ou contre, c'est normal, c'est légitime, c'est sain. Maintenant, si dans une démocratie, dans le débat, vous avez des mensonges et que cohabitent des faits et des mensonges, les citoyens ne s'y retrouvent pas, vous créez de l'anxiété. Et en fait, vous créez le carburant de ce que cherche le Rassemble national et les Insoumis, c'est-à-dire la crise. On voit bien ce que cherchent les Insoumis et le Rassemblement national, c'est de créer une situation tellement délétère, tellement anxiogène, tellement paralysée, tellement instable, qu'on puisse se dire : " Ah, le miracle arrive. Heureusement, nous avons besoin d'eux ". Moi, je ne souhaite pas que dans notre démocratie, certains puissent se faire la cerise, gagner des élections en créant eux-mêmes des crises et de l'instabilité. C'est pour ça que ce budget qui crée de la stabilité, c'est son premier mérite, et je pense que c'est nécessaire à notre pays, qu'à un moment donné, on puisse avancer.
AGATHE LAMBRET
Oui, mais dans une démocratie, il y a aussi besoin de transparence. Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement, ce matin, combien a coûté la loi spéciale aux Français ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Alors, je peux vous dire qu'elle n'a pas du tout coûté le prix de l'année dernière.
AGATHE LAMBRET
12 milliards d'euros.
AMELIE DE MONTCHALIN
Pourquoi 12 milliards en 2025 ? Un, parce qu'il n'y avait pas de budget de la sécurité sociale. Cette année, nous en avons un. Et vous savez que le seul fait d'avoir un budget de la sécurité sociale nous a fait gagner près de 10 milliards d'euros d'économies ou, en tout cas, de non-dépenses, qui, sinon, seraient devenues. Deuxième chose, l'année dernière, ça nous avait coûté très cher, parce que la croissance économique avait calé.
AGATHE LAMBRET
Et donc, cette année ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Cette année, pour l'instant, la croissance économique n'a pas calé. Et pour l'instant, on a toujours un budget de la sécurité sociale qui a été voté, je le rappelle, ce qui est quand même inédit dans une République qui n'avait ni majorité absolue ni 49.3. Le coût, ça va être peut-être quelques milliards.
AGATHE LAMBRET
C'est-à-dire 3,4 ,5,6 ?
AMELIE DE MONTCHALIN
En fait on pourra faire les comptes après.
AGATHE LAMBRET
Mais vous avez un ordre de grandeur ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Le principal coût, c'est le coût de l'incertitude. C'est est-ce que ça a pesé sur l'investissement des entreprises ? Est-ce que ça aura pesé sur la consommation des ménages ? On le verra au mois de mars.
PAUL LARROUTUROU
On est combien à peu près quand même ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Probablement quelques milliards d'Euros de croissance perdus, de recettes perdues. En termes de gestion de l'Etat, aujourd'hui, on n'a pas de phénomène majeur comme on l'avait l'année dernière en 2025. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que vous savez qu'on a beaucoup insisté avec le Premier ministre sur le caractère vital d'avoir un budget de la sécurité sociale voté dans les temps, que ce soit pour les hôpitaux, les soignants, mais aussi pour les finances publiques. Et que, heureusement, en 2026, nous avons, entre guillemets, réussi ça. Ce qui, pour moi, est aussi une victoire de changement de culture politique. Nous avons réussi à faire travailler des gens qui ne sont pas d'accord, qui iront aux élections de manière, évidemment, séparée. Mais quand vous avez des écologistes, des communistes qui se sont abstenus pour laisser passer un budget de la sécurité sociale, et que les soignants, les hôpitaux, les retraités, les structures qui accueillent des personnes en situation de handicap, les EHPAD puissent avoir des budgets augmentés quand il y avait des besoins augmentés, je pense que c'est aussi…
AGATHE LAMBRET
Ça ne résout pas le coût de la Sécurité sociale.
AMELIE DE MONTCHALIN
Non, ça ne le résout pas. Mais si nous n'avions pas eu de budget, au lieu d'avoir 20 milliards de déficit, on en aurait eu 30. Moi, je voulais qu'il y en ait moins, évidemment. Mais il y a un moment donné, il faut être réaliste. Soit on avance, on trouve un compromis et on donne un budget au pays, soit on constate les désaccords, le blocage, et à la fin, on fait gagner les extrêmes qui n'attendent que ça, se faire la cerise sur un pays paralysé.
PAUL LARROUTUROU
Vous aimez bien cette expression, se faire la cerise.
AMELIE DE MONTCHALIN
Oui, il faut bien imager ce qu'on dit.
AGATHE LAMBRET
Dans un instant, Amélie DE MONTCHALIN, une suggestion des patrons qui fait polémique et on va parler de vos alliés. Si vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord sur un budget, arriveriez-vous à vous mettre d'accord sur un candidat ? Mais tout de suite il est 8h48 et c'est l'info en une minute avec Maureen SUIGNARD.
(…)
AGATHE LAMBRET
Avec Amélie DE MONTCHALIN, ministre de l'Action et des Comptes publics. On parle d'une suggestion du MEDEF, Paul.
PAUL LARROUTUROU
Oui. Matignon a dit non mais les patrons proposent un CDI jeune, un contrat à durée pas si indéterminé, qui pourrait être rompu sans motif les premières années. Le porte-parole du MEDEF était au 20h de France 2, hier soir.
CHARLEZ ZNATY, PORTE-PAROLE DU MEDEF
Oui, c'est un sujet sensible. On s'en empare, on en discute, on trouve des solutions, on continue de dire : " Non, il ne faut pas y toucher ", on ne fait rien du tout. Et ces 1,4 millions de jeunes vont un peu rester dans la situation qui est la leur.
PAUL LARROUTUROU
Sujet sensible, dit le porte-parole du MEDEF. On pense évidemment au spectre du CPE. Pourquoi, madame la ministre de l'Action et des Comptes Publics, ça n'est pas une bonne idée selon vous pour relancer l'emploi des jeunes ?
AMELIE DE MONTCHALIN
D'abord, il y a un combat collectif. C'est comment on a moins de jeunes qui, à l'âge de 20-22 ans, se retrouvent sans formation, sans emploi, sans situation stable et sans perspective d'insertion professionnelle ? C'est un fléau. Ça concerne beaucoup les jeunes hommes, d'ailleurs, plus que les jeunes femmes. Et c'est un sujet qu'on doit prendre très activement.
AGATHE LAMBRET
Il y en a 1,3 - 1,4 million…
AMELIE DE MONTCHALIN
Depuis 2017, on a fait beaucoup. Vous savez, il y avait eu le plan 1 jeune 1 solution. On a quand même réussi à multiplier l'apprentissage par plus de 2. On a presque 1 million de jeunes aujourd'hui qui se forment de manière aussi pratique pour apprendre un métier. On voit bien qu'on doit aussi mieux ajuster les formations avec les besoins du marché du travail et surtout professionnaliser les formations parce que si on a des jeunes qui apprennent des choses théoriques, pour les entreprises, quand on les voit arriver, ils ne sont pas très embauchables.
PAUL LARROUTUROU
Mais depuis le Covid, on voit qu'il y a un problème avec l'emploi des jeunes.
AMELIE DE MONTCHALIN
Ce qu'on voit, c'est que dans tous les pays occidentaux, un certain nombre de jeunes ne sont plus qualifiés par rapport aux besoins du marché du travail. L'enjeu de l'intelligence artificielle, des nouvelles technologies montre qu'il nous faut, comme on dit, changer la carte des formations à la fois qui on forme, où on les forme et à quoi on les forme. Donc ça, ça reste une priorité du Gouvernement. Ce qu'on pense avec mes collègues ministres et le Premier ministre, c'est qu'il ne nous semble pas que le sujet majeur bloquant, ce soit le type de contrat. Vous savez qu'avec les CDI aujourd'hui, vous pouvez avoir des ruptures conventionnelles, d'ailleurs parfois qui font l'objet d'abus, mais on voit bien qu'aujourd'hui, on n'a pas un manque. Ce n'est pas ce qui nous ressort à priori, surtout pour les jeunes, ce serait un manque de flexibilité d'embauche. Ce qui nous manque, c'est…
PAUL LARROUTUROU
Alors pourquoi il demande ça, le MEDEF ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Je dois vous dire que nous, ce qui est un peu étonnant c'est que c'est une proposition qui vient un peu dans un moment où, oui, il nous faut une mobilisation générale sur l'emploi des jeunes. Il nous semble que ce n'est pas l'option qui est la plus efficace. En revanche, il nous semble que c'est très important de donner mandat aux partenaires sociaux, aux syndicats, aux patronats, de voir qu'est-ce qui peut être fait pour qu'effectivement, nous évitions d'avoir un chômage des jeunes en France.
AGATHE LAMBRET
Trois fois plus élevé qu'en Allemagne.
AMELIE DE MONTCHALIN
Exactement, j'allais vous dire qui est trois fois plus élevé qu'en Allemagne. Et ça, ça doit quand même nous dire…
AGATHE LAMBRET
On ne peut pas s'en satisfaire.
AMELIE DE MONTCHALIN
Qu'il n'y a pas de recette magique chez les autres. Enfin, il y a peut-être des choses qu'on peut apprendre, qu'on peut importer. L'apprentissage était une des premières solutions. Nous, on a essayé depuis, vous voyez, aussi de soutenir les missions locales. On a remis d'ailleurs dans le budget des moyens pour accompagner les jeunes par un accompagnement très personnalisé. Il faut qu'on aille plus loin, mais je ne pense pas que le sujet aujourd'hui soit le type de contrat. On voit bien que c'est beaucoup plus l'adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Et donc c'est plus un sujet aussi que porte notre collègue Philippe BAPTISTE, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, adapter la carte des formations.
AGATHE LAMBRET
Et sur les patrons, par exemple, Amélie DE MONTCHALIN, comment vous calmez la colère des patrons ? Parce que tout à l'heure, on l'a évoqué, ils sont furieux. Ils ont l'impression d'être les dindons de la farce, que tous les efforts pèsent sur eux.
AMELIE DE MONTCHALIN
Moi, je veux redire, restons dans la réalité de ce qu'il y a dans le budget. Je crois que Michel-Édouard LECLERC était sur une autre chaîne ce matin.
PAUL LARROUTUROU
Sur France Inter.
AMELIE DE MONTCHALIN
Et il disait : " Entre ce qu'il y a dans le texte et ce qu'on dit qu'il y a dans le texte, il y a quand même un gouffre ". J'en ai parlé assez longuement avec vous avant. Moi, je veux rassurer nos chefs d'entreprise. D'abord, je veux les remercier. Parce qu'en 2025, dans un monde où il y avait de l'instabilité, où il y avait les droits de douane de TRUMP, où il y avait d'abord une année aussi en 2025 qui a commencé sans budget, à la fin, ce sont les entreprises qui ont investi, qui ont embauché, qui ont fait qu'on a 0,9% de croissance en 2025. Ce n'est pas le Gouvernement qui décrète la croissance, ce sont les entreprises qui la créent avec leurs salariés, avec les Français. Et ça, c'est une bonne nouvelle.
AGATHE LAMBRET
Et c'est comme ça que vous les remerciez ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Et la manière de les remercier et peut-être que je vais le dire avec des mots très sincères, nous avons fait un choix de stabilité. C'est vrai qu'il n'y a pas de baisse de charge que certains auraient voulu, et que j'aurais pu, moi, vouloir accompagner sur un certain nombre de points, notamment les impôts de production. J'aurais voulu, effectivement, on les a même proposés dans le texte initial du Gouvernement, de les baisser.
PAUL LARROUTUROU
Vous avez fait un compromis avec les Socialistes, donc vous les retirez.
AMELIE DE MONTCHALIN
Non, il y a eu un compromis avec, en fait, les forces centrales qui ont dit : " Nous, ce qu'on veut, c'est zéro changement sur les charges sur le travail et du coup, zéro changement sur les impôts de production et stabilité fiscale ". Je le redis, 99,9% des entreprises n'auront aucun changement d'impôt. Les plus grandes paieront en 2026 comme en 2025. Et il y aura même des entreprises qui paieront moins d'impôts, ce sont les entreprises de taille intermédiaire industrielle parce qu'il nous a semblé qu'elles étaient le coeur de notre pays et donc, elles ne sont plus soumises à la surtaxe de l'impôt sur la société. Après, avec les patrons, qu'est-ce qu'on fait ? On fait bloc. Là, vous voyez, il y a eu un très grand changement.
PAUL LARROUTUROU
Et vous ne faites pas bloc dans le Bloc central. Pardon, je vous interromps parce qu'il faut qu'on avance... excusez-moi de vous interrompre.
AMELIE DE MONTCHALIN
La préférence européenne au niveau européen, ça, c'est un combat que la France a mené, ça fait 20 ans. Hier, c'est devenu une proposition à la Commission européenne. C'est comme ça qu'on va aussi faire bloc, avancer, conquérir les marchés, trouver la croissance. Et ça, ça doit pouvoir nous réunir.
PAUL LARROUTUROU
On en parlait avec Agathe tout à l'heure, on vous a diffusé le son de Gabriel ATTAL qui considère que votre budget ne prépare au rien. Vous n'arrivez pas à vous accorder entre alliés sur le budget. Là, vous y êtes arrivés laborieusement. Est-ce que vous arriverez à un moment à vous accorder sur un candidat pour 2027 ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Moi, là-dessus, je vais vous le dire aussi avec beaucoup de sincérité. Soit on considère que, vous voyez, l'union des droites est déjà faite, que Jordan BARDELLA, Marine LE PEN et tous ses amis, Éric CIOTTI et les autres ont déjà le pouvoir et on laisse tout le reste du champ politique se diviser, chacun part tout seul aux élections, fait 10 % à raison tout seul et n'aura rien offert au pays comme solution. Soit on considère que tous ceux qui ne prennent pas cette union des droites comme une fatalité ou comme un résultat déjà donné se rassemblent.
AGATHE LAMBRET
Donc vous dites une alliance du centre à la droite. Vous voulez, par exemple, une grande primaire avec des LR ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Non. Moi, je dis primaire ouverte.
PAUL LARROUTUROU
Jusqu'où ?
AGATHE LAMBRET
Avec Bruno RETAILLEAU par exemple ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Ce sont ceux, à mon avis, qui considèrent que l'union des droites n'est pas possible.
PAUL LARROUTUROU
Donc pas Sarah KNAFO par exemple ?
AGATHE LAMBRET
Donc pas Bruno RETAILLEAU ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Non, mais ceux qui considèrent qu'on peut s'allier au Rassemblement national pour gouverner, c'est leur histoire, c'est leur affaire, ce n'est pas la mienne.
AGATHE LAMBRET
C'est le cas de Bruno RETAILLEAU ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Je ne sais pas ce que dit Bruno RETAILLEAU sur le sujet. Donc ça permet à chacun, non pas à moi, de décider qui doit être dedans ou pas, c'est à chacun de se poser en conscience est-ce que l'objectif, c'est de savoir gouverner un pays par, effectivement, une logique de rassemblement qui va devoir perdurer, puisqu'on voit bien qu'aucun des candidats, naturellement, n'aura, à mon avis, une majorité absolue. Ça veut dire que ce qu'on a fait sur le budget, savoir se mettre d'accord, se mettre d'accord sur les essentiels, choisir peut-être quatre ou cinq grandes réformes qu'on veut faire, considérer que celles-là, on les fera à fond, ensemble, et que sur le reste, comme en Allemagne, les majorités se feront ou se déferont. Pour faire ça, je pense que primaire ouverte, c'est une bonne idée. Deuxièmement, il va falloir qu'on se rassemble. Troisièmement, je le dis avec des mots très crus, les gens qui m'expliquent qu'ils ont raison tout seul, qu'ils ont le programme miracle et qu'ils vont savoir tout faire avec 10% du corps électoral et 10% des députés, c'est sympathique à écouter, ça ne marche pas.
AGATHE LAMBRET
OK. On vous entend, aucun des candidats ne s'impose, petit message adressé aussi à vos collègues qui sont déjà candidats.
AMELIE DE MONTCHALIN
Non. Et moi, j'entends que Gérald DARMANIN dit des choses assez similaires. J'entends que Gérald LARCHER appelle à ouvrir les débats.
AGATHE LAMBRET
Amélie DE MONTCHALIN, pardon, il faut qu'on avance.
AMELIE DE MONTCHALIN
Donc on a les talents, mettons-nous d'accord.
On vous entend. On a appris que Caroline LANG, la fille de Jack LANG, a entretenu des relations d'affaires avec le sulfureux Jeffrey EPSTEIN. Rien à voir avec les accusations de crimes sexuels. Une société offshore en commun entre la fille de Jack LANG et le milliardaire. Allez-vous saisir la justice pour enquêter sur d'éventuelles irrégularités ?
PAUL LARROUTUROU
En quelques mots.
AMELIE DE MONTCHALIN
Trois choses à vous dire. Un, d'abord, une immense pensée pour les victimes de ce qui a été un trafic humain ignoble. Deux, il faut que la justice puisse faire son travail de manière sereine. Et donc si la justice doit être saisie, elle le sera. Ce n'est pas la ministre des Comptes publics qui saisit la justice. Troisième élément, je dis juste qu'il faut toujours qu'on fasse attention dans notre système médiatique aux poisons du soupçon et de la rumeur et qu'on laisse les choses se faire sur la base de faits. Je crois que je vous en ai parlé sur des sujets qui n'avaient rien à voir avec cette affaire. Mais voilà, gardons un peu de méthode et surtout, rappelons d'où nous venons dans ce sujet. D'abord et avant tout, une pensée pour les victimes de ce qui a été un système ignoble et qui doit d'abord nous rappeler qu'on doit être extrêmement vigilants sur ces relations de pouvoir et ce qui, malheureusement, met des femmes en très grand danger.
PAUL LARROUTUROU
8h58 sur France Info, l'heure de la question qui. Et aujourd'hui la question qui fait le bilan. On apprend dans un portrait des Echos que Gérald DARMANIN vous a conseillés pour vos plus de 400 heures sur le banc du Gouvernement de ne pas boire une goutte d'alcool pendant tout le budget que vous a surnommé ChatGPT ou même Hermione GRANGER en référence à Harry POTTER. Quel est votre meilleur souvenir pendant ce budget tumultueux ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Mon meilleur souvenir, c'est le vote du budget de la Sécurité sociale. Ça s'est fait à quelques voix, mais j'étais fière pour mon pays. Je me suis dit : " Gen voilà, là, on montre ce que la politique peut faire peut-être de meilleur ". Peut-être le texte, au fond, c'est celui de personne. Mais à ce moment-là, je me suis dit, les Français quand même, à un moment donné, on a pensé à eux. Et j'étais donc, voilà, heureuse d'avoir pu contribuer à un moment où les hommes et les femmes politiques élus par les Français avaient su créer une majorité. Après, cette histoire sur l'alcool ou pas l'alcool, ça remonte aux années où j'étais une très jeune députée où j'avais déjà, en tant que députée, mené des heures et des heures sur les budgets. Moi, je bois du thé vert et il paraît que ça rend calme et patient et je pense que notre politique, notre vie politique, elle a besoin de plus de calme, elle a besoin de plus d'écoute, elle a besoin de se rappeler pourquoi on est dans les responsabilités qui sont les nôtres et qu'on fasse honneur aux Français. Je pense que c'est ça qui doit nous guider.
AGATHE LAMBRET
Merci beaucoup Amélie DE MONTCHALIN, ministre du Budget qui carbure au thé vert donc.
AMELIE DE MONTCHALIN
Exactement.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 février 2026