Texte intégral
REGIS MAZABRAUD
Et c'est l'heure, à 7h47, de l'invité d'Ici Limousin matin, il est avec vous Alain GINESTET.
ALAIN GINESTET
Oui. Et notre invitée sera à Limoges et à Saint-Brice-sur-Vienne aujourd'hui. Il s'agit de la ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Bonjour, Aurore BERGE.
AURORE BERGE
Bonjour.
ALAIN GINESTET
Vous avez lancé il y a trois semaines maintenant le dispositif Talents de France contre les discriminations à l'emploi liées à l'âge, au genre, au lieu de résidence. Et si vous venez en Vienne aujourd'hui, c'est pour souligner aussi que ça touche les habitants des zones rurales, c'est ça ?
AURORE BERGE
Oui, parce que je pense qu'il ne faut pas opposer les Français entre ceux qui habitent des quartiers prioritaires, ceux qui habitent dans les plus grandes métropoles et ceux qui habitent en ruralité parce qu'il y a des inégalités sur la question de la mobilité, de l'accès à l'information, de l'accès aux premiers stages, par exemple. Et je regardais cette statistique qui disait que près de 7 jeunes ruraux sur 10 disent qu'ils ont déjà subi une discrimination liée à leur lieu de vie. Et donc c'est pour ça que Talents de France, ça s'adresse vraiment à tous ceux et toutes celles qui vivent dans notre pays ou qu'ils y vivent.
ALAIN GINESTET
Est-ce qu'aujourd'hui avoir une adresse dans un village reculé, donc chez nous de la Haute-Vienne ou de la Corrèze, peut-être un frein ?
AURORE BERGE
Ça ne doit pas l'être, mais vraisemblablement parfois ça résiste encore. Et donc c'est tout l'objectif de Talents de France, c'est comment déjà on fait pour mesurer. Parce qu'à partir du moment où on mesure, on n'est plus sur le ressenti des uns et des autres, on est sur quelque chose qui est objectif. Et donc ça permet aussi de mettre en place des choses pour corriger. C'est associer les entreprises, associer les associations qui font déjà différemment, pour recruter, pour aller vers ceux qui sont peut-être moins à l'aise avec l'information, ou qui ont moins accès, ou qui ont moins de mobilité, de manière à ce qu'il y ait à la fois ni gâchis humains, parce qu'on se priverait de talent, mais ni gâchis économiques, parce qu'en se privant de talent, on se prive aussi pour notre pays d'un certain nombre d'opportunités.
ALAIN GINESTET
Alors justement, pour mesurer, comme vous dites, vous avez lancé une campagne de testing. 16 000 CV, je crois, sont ou vont être envoyés en réponse à 4 000 offres d'emplois dans différents secteurs d'activité. Est-ce que les premiers résultats, ou en tout cas ceux dont vous avez connaissance, confirment ce type de discrimination ?
AURORE BERGE
Alors les résultats, ils seront au mois de juin, parce qu'envoyer 16 000 CV qui répondent à 4 000 offres d'emplois réellement existantes de la part des entreprises, et donc 20 secteurs d'activité, ça ne se fait pas en trois semaines. Et parce que justement, on veut être sûr de ce qu'on mesure. Et on mesure quatre critères. On mesure le sexe, être un homme ou être une femme, parce que vraisemblablement, il y a encore, et parfois dans certains secteurs d'activité, des choses qui persistent. On mesure le prénom aussi, parce que c'est rarement fait, et c'est important pour moi, parce qu'un prénom, il dit aussi parfois beaucoup d'une origine sociale, et c'est hors de question d'imaginer que l'origine sociale puisse, à un moment, impacter la vie professionnelle. Le nom de famille, sur aussi d'autres types d'origine, et puis l'adresse. Donc on va pouvoir le mesurer, les résultats, ils seront connus en juin, mais l'idée, ce n'était pas d'attendre les résultats pour faire, pour agir, et pour être en lien direct avec les Français, sur ce qu'on doit pouvoir mettre en œuvre, et sur ce qui existe déjà aussi souvent dans nos territoires, et qui ne sont sans doute pas assez valorisés, pas assez connus, et qui doivent pouvoir changer d'échelle aussi, pour garantir que tout le monde y accède.
ALAIN GINESTET
Justement, vous allez aussi dans des entreprises, et c'est le grand paradoxe, durant votre tour de France, des entreprises qui voudraient embaucher, notamment en milieu rural, et qui malgré tout, ne trouvent pas de candidats.
AURORE BERGE
Oui, et puis des entreprises qui du coup, essaient de mettre en place des choses un peu nouvelles. Donc moi, je visite aujourd'hui les Porcelaines de La Fabrique, qui sont, voilà, un des joyaux aussi du département. Et je pense que c'est important de mettre en valeur des entreprises. Il y a 75 salariés. Et pour recruter, il faut faire parfois différemment de la manière avec laquelle on faisait avant, pour garantir qu'il n'y ait pas de turnover, pour fidéliser ses salariés, pour leur donner accès à des opportunités, pour aller vers notamment les territoires les plus ruraux, pour faire connaître ces entreprises, et les parcours aussi qui sont possibles. Ça, c'est un enjeu majeur dans nos industries, comme on montre les parcours de vie, les carrières qui sont possibles dans le monde industriel, d'où qu'on vienne, qui qu'on soit, quel que soit son sexe ou son adresse. Et donc ça, c'est, pour moi, essentiel aussi de mettre en valeur ceux qui font, et qui font bien.
ALAIN GINESTET
Aurore BERGE, ministre déléguée chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, et de la Lutte contre les discriminations. Merci d'avoir été en ligne avec nous aujourd'hui.
AURORE BERGE
Merci à vous.
ALAIN GINESTET
Et bonne visite en limousin, à Limoges et Verneuil-sur-Vienne, où vous serez donc aujourd'hui. Merci à vous et bonne journée.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 février 2026