Interview de M. Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace, à Tendance Ouest le 6 février 2026, sur les difficultés budgétaires de l'université Rouen Normandie.

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Média : Tendance Ouest

Texte intégral

PIERRE DURAND-GRATIAN
Bonjour Philippe BAPTISTE.

PHILIPPE BAPTISTE
Bonjour.

PIERRE DURAND-GRATIAN
5 millions d'Euros de déficit en 2025, 11 millions sur le budget prévisionnel 2026. Le Président de l'université de Rouen Normandie, Franck LE DERF, tire la sonnette d'alarme, situation budgétaire inquiétante qui dure depuis plusieurs années. Et en cause, selon lui, des trop faibles dotations de l'Etat, c'est environ 80% du budget de l'université. Vous venez à sa rencontre ce matin sur le campus de Mont-Saint-Aignan. Serez-vous, monsieur le ministre, en mesure de le rassurer, ce matin ?

PHILIPPE BAPTISTE
D'abord, je veux m'adresser aux étudiants et aux futurs bacheliers. Je pense qu'il y a eu parfois des déclarations qui ont pu angoisser autour de réduction de places, etc. Et moi, je veux rassurer déjà tout le monde, dire que tout le monde trouvera de la place. Il y a de la place pour tout le monde. C'est vrai au niveau national, c'est vrai aussi à Rouen. Et c'est ça qui est important. Personne ne sera laissé de côté. Et moi, je m'y engage et c'est ça le message important.

PIERRE DURAND-GRATIAN
Parce qu'on parle de 700 places en licence supprimées à l'université de Rouen pour la prochaine rentrée.

PHILIPPE BAPTISTE
Oui, alors d'abord, il y a un profond mélange entre des places qui sont "supprimées", mais qui n'étaient pas attribuées. Donc, pardon, à la fin, ce n'est pas du tout 700 places. Et puis, de toute façon, tout récemment, nous avons un nouveau budget avec beaucoup d'argent en plus qui arrive justement à l'enseignement supérieur et à la recherche, des millions d'Euros qui vont arriver en plus à l'université. Donc, cette discussion, on va l'avoir à nouveau avec le président. Et encore une fois, ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde trouvera sa place. Je pense qu'il ne faut pas angoisser les jeunes aujourd'hui. Ce n'est pas ça l'objet. Tout le monde trouvera de la place. Vous savez, en 2025, il y avait un million de candidats sur Parcoursup et 25 000 formations. En 2026, il y a un million de candidats et 25 000 formations. Donc, tout le monde a trouvé sa place en 2025, tout le monde trouvera sa place en 2026.

PIERRE DURAND-GRATIAN
Sur les difficultés budgétaires de l'université de Rouen, qui ne datent pas d'hier, qui sont là depuis plusieurs années, et là, on nous dit 11 millions sur le budget prévisionnel 2026, 11 millions de déficit sur un budget autour de 280 millions. Je vous repose la question, est-ce que vous allez le rassurer ce matin ? Est-ce qu'il y a de l'argent en plus pour l'université de Rouen avec le budget qui a été voté ?

PHILIPPE BAPTISTE
Comme je vous l'ai dit, le budget du ministère entre 2025 et 2026 va augmenter de 350 millions d'Euros. C'est beaucoup d'argent. Et derrière, évidemment, l'université de Rouen bénéficiera d'une partie de l'augmentation de ce budget. Donc, on est en train de parler de millions d'Euros en plus qui arriveront. Et donc, évidemment, c'est un moment qui est important pour l'université, évidemment. Après, à côté de ça, évidemment, il faut regarder les difficultés spécifiques de l'université, les choix de recrutement qui ont été faits ces dernières années. Et tout ça doit se regarder. Et évidemment, on en discutera de manière ouverte et de manière directe avec le président de l'université et son équipe. Et je me réjouis d'être avec eux aujourd'hui à Rouen.

PIERRE DURAND-GRATIAN
Voilà, vous y serez dans quelques heures. Effectivement, c'est vrai que le président de l'université Rouen Normandie indique aussi que son établissement serait sous-doté par rapport à d'autres universités de taille équivalente. Sur l'université Rouen Normandie, 35 000 étudiants, 2 800 personnels. Et il dit : "15 à 60 millions de dotations en moins que les autres universités. On ne peut pas s'en sortir".

PHILIPPE BAPTISTE
Oui, alors je pense que c'est un sujet qui… Vous savez, on a lancé… J'ai lancé, il y a quelques semaines, les assises de financement des universités. Et c'est l'un des sujets qu'on doit aborder. On est effectivement sur un modèle qui est un modèle très statique de financement des établissements. Ce qui veut dire que quelque part, on est beaucoup dans la reconduction des dotations d'une année sur l'autre, sans tenir compte des évolutions, sans tenir compte des spécificités des différents établissements. Et donc, je pense qu'un des objets de ces assises de financement, c'est bien de regarder comment, justement, ensemble, avec les présidents d'universités, mais aussi en tenant compte des besoins de l'État, en tenant compte des besoins de la nation, en particulier autour des sciences, des technologies, du médical, comment est-ce qu'on fait pour, justement, financer de manière plus intelligente et plus efficace les universités.

PIERRE DURAND-GRATIAN
Et ce sera à quelle échéance les résultats de ces assises ?

PHILIPPE BAPTISTE
Premier semestre de cette année.

PIERRE DURAND-GRATIAN
Merci beaucoup, Philippe BAPTISTE, d'avoir été notre invité ce matin, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. On rappelle que vous serez justement en visite aujourd'hui sur le campus de Mont-Saint-Aignan de l'Université Rouen Normandie.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 février 2026