Texte intégral
JUSTINE CLAUX
Bonjour Amélie DE MONTCHALIN,
AMELIE DE MONTCHALIN
Bonjour à vous,
JUSTINE CLAUX
Vous serez donc, dans quelques minutes, à Marcq-en-Baroeul, pour défendre cette candidature. Candidature pour laquelle Lille est en concurrence avec neuf autres villes, Liège par exemple, Rome ou encore Varsovie. Est-ce qu'on est le meilleur candidat pour cette candidature ? Est-ce qu'on a nos chances ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Alors, on a toutes nos chances et surtout, on a un dossier français, lillois, très solide. Très solide d'abord parce que Lille est une terre douanière avec l'école des douanes à Tourcoing, avec évidemment tout ce qui se passe notamment dans tous les ports de la région. J'étais hier à Dunkerque avec nos douaniers. Ensuite, c'est une candidature solide parce que Lille est une ville qui a énormément d'atouts, une école européenne qui a évidemment des infrastructures de transport de premier plan, qui a aussi un écosystème numérique économique de pointe. Et donc, on se bat, on présente tous nos atouts à tous les Européens. Nous étions avec le président de la région, Xavier BERTRAND, la semaine dernière au Parlement Européen à Bruxelles. C'était une audition comme un grand concours des neuf villes candidates. Et je dois vous dire qu'on a eu beaucoup de questions et ça c'est bon signe. Ça veut dire que notre candidature intéresse.
JUSTINE CLAUX
Est-ce qu'on a déjà des locaux pour accueillir cette future autorité douanière si jamais on était retenu ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Tout à fait et c'est bien pour ça qu'on a une candidature solide. Le Gouvernement, la région, tout le monde s'est mobilisé. On a un bâtiment qui est tout prêt, qui est prêt à accueillir des agents. On attend 250 agents douaniers européens de pointe qui doivent coordonner l'action de toutes les douanes en Europe. Et ça ce serait une bonne nouvelle, ça voudrait dire que les contrôles se font bien partout. Ce bâtiment il est à trois minutes de la gare de Lille à pied.
JUSTINE CLAUX
La gare Lille-Flandres ?
AMELIE DE MONTCHALIN
De la gare Lille Europe. Et il a, pour lui, beaucoup d'atouts. Et quand les Européens de toute l'Europe viennent le visiter, ils voient qu'il est prêt. Et par ailleurs c'est le Gouvernement qui paiera le loyer pendant neuf ans pour que, là aussi, on se donne toutes nos chances pour que les enjeux financiers ne soient pas un frein aux choix des Européens.
JUSTINE CLAUX
Et justement si la candidature de Lille est retenue, qu'est-ce que ça va apporter à la ville, des emplois peut-être ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Alors ça apporte 250 agents et leurs familles qui sont des agents de toute l'Europe. Des agents experts, des agents du numérique, des agents des douanes. Ça apporte aussi beaucoup d'activités autour puisque cette agence sera visitée par tous les douaniers d'Europe qui vont apprendre à travailler mieux ensemble. Ça apporte aussi un rayonnement européen parce qu'il y a, en fait, peu de villes en Europe finalement qui ont des agences européennes. C'est aussi une manière d'ancrer encore plus Lille dans la métropole et l'euro-métropole dans laquelle elle est déjà bien incluse. Je dois vous dire que ce projet, moi, je suis très fière d'y participer parce qu'il a réuni autour de lui non seulement le Gouvernement, le président de région mais aussi le maire de Lille, la métropole, le président du département tous les acteurs économiques. Et vous savez que, parfois, on n'est pas tous d'accord politiquement mais sur ce sujet on a fait bloc et on fait bloc et on essaie de convaincre du fait que la France est unie sur un sujet qui est majeur et qui n'est pas un sujet juste administratif c'est vraiment le quotidien des Français. Parce que si on ne contrôle pas ce qui se trouve à nos frontières, après, quand on fait ses achats on a beaucoup parlé du Mercosur et des contrôles agricoles quand on parle aussi beaucoup des petits colis chinois et qui, parfois, nous mettent en danger quand on parle du narcotrafic tout ça, à la fin, ça repose sur les douaniers et il faut qu'on ait, dans tous les pays d'Europe, les mêmes niveaux de contrôle parce que vous voyez bien qu'entre ce qui arrive à Anvers ou ce qui arrive à Dunkerque, à la fin, ça se balade dans toute l'Europe donc, si c'est pas contrôlé pareil, à la fin on a moins confiance dans ce qui circule.
JOURNALISTE
7h47, l'invité d'ici Nord ce matin est Amélie DE MONTCHALIN ministre de l'Action et des Comptes Publics.
JUSTINE CLAUX
Amélie DE MONTCHALIN, vous parliez de la France, des agences européennes qu'elle compte, il y en a 5 quand même en France, dont 2 à Paris, à la Roumanie par exemple, elle n'a aucune agence. Est-ce que ça peut jouer en faveur de la candidature de Bucharest et en défaveur de Lille ?
AMELIE DE MONTCHALIN
Alors, ce qui est vrai c'est qu'on est un pays fondateur de l'Union Européenne et il y a, tous les jours, 700 agents européens qui travaillent en France. Si on compte aussi ceux qui travaillent pour le Parlement qui, vous savez, chaque mois se réunit à Strasbourg au total, ça fait 1 300 personnes. Quand on compare ces 1 300 personnes avec tout ce qui se passe dans d'autres pays européens, on n'est que le 8ème pays, bien derrière l'Allemagne, l'Espagne beaucoup d'autres pays qui ont plus d'agents sur leur sol et si on rapporte ces 1 300 agents à notre population, on n'est que 22ème pays en Europe sur 27. C'est pour ça qu'on n'a pas honte de dire qu'on est européen, qu'on veut l'être encore plus et qu'on doit pouvoir s'assurer qu'il y ait des biens des agents qui travaillent au service de l'Union Européenne dans tous les pays. Le choix aussi qu'on a fait, c'est de ne pas présenter la candidature de Paris mais de présenter la candidature d'une ville qui n'est pas notre capitale, qui est une capitale régionale mais qui n'est pas notre capitale, aussi pour montrer que l'Europe a la vocation à s'appliquer et à s'étendre partout.
JUSTINE CLAUX
Et Amélie DE MONTCHALIN, Lille, ce n'est pas la première fois qu'elle se porte candidate de la ville pour accueillir une institution européenne. On se souvient, après le Brexit, de l'échec pour l'agence européenne du médicament. C'était à cause du manque de place dans les écoles pour accueillir les enfants des agents. Est-ce que ça a été amélioré depuis ?
AMELIE DE MONTCHALIN
J'ai été aussi vraiment très frappée. Je veux vraiment féliciter tous les acteurs locaux qui ont beaucoup appris de cet échec qui ne sont pas effondrés de fatalité, qui se sont dit qu'ils allaient reprendre le dossier et je dois dire que la région, notamment Haute-France avec tous les partenaires de la métropole de Lille se sont beaucoup mobilisés pour créer une école européenne qui existe, qui est à Marcq-en-Baroeul, qui est l'école Jacques DELORS aussi pour activer, dans les autres parcours, dans les autres lycées, les autres collèges, toutes les filières européennes et assurer aussi que les étudiants trouvent, dans les universités qui sont présentes à Lille, tous les partenariats européens nécessaires. Aujourd'hui, je dois dire que quand je regarde les candidatures des neuf autres villes qui sont en lice, le fait que nous ayons une école européenne est un atout décisif et par ailleurs, cette école elle a encore plein de places pour accueillir des nouveaux élèves et donc, ça aussi, c'est un très grand atout et c'est pas qu'un atout pour les agents européens, c'est aussi un atout pour toutes les familles du bassin Lillois parce que c'est aussi des opportunités pour tous de pouvoir apprendre notre langue étrangère, de pouvoir faire des cursus européens et donc ça c'est très positif pour tout le monde.
JUSTINE CLAUX
Il me reste à savoir si la candidature de Lille sera retenue, on devra avoir la réponse ce mois-ci d'ici la fin du mois, le mois prochain.
AMELIE DE MONTCHALIN
On a encore beaucoup d'étapes à passer au Parlement et puis aussi entre pays européens, c'est une procédure qui est un peu compliquée mais je dois vous dire qu'hier soir, on était ici à la préfecture à Lille avec plus d'une dizaine de pays représentés et ils ont été, je crois, très marqués positivement par tout ce qu'on peut offrir ici.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 février 2026