Texte intégral
THOMAS SCHONHEERE
Quand avez-vous pris cette décision que vous avez annoncée, j'imagine, au premier ministre Sébastien LECORNU, comment l'a-t-il pris ?
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
C'est une décision que j'ai prise il y a déjà un bon moment, puisque je savais que mon suppléant Jean MOULLIERE allait se présenter aux élections municipales. Et j'ai continué d'y réfléchir beaucoup pendant les vacances de Noël. Et en janvier j'ai annoncé au Premier ministre et au président de la République que j'allais partir, en conséquence de l'application de la loi sur le non-cumul des mandats, de façon à ce que les choses puissent s'anticiper, se préparer, qu'il y ait un bon passage de relais qui puisse se faire.
THOMAS SCHONHEERE
Et donc ça s'est passé comme ça ? Le Premier ministre prend acte ? C'est comme ça qu'il dit, ou il y a des discussions qui se font pour savoir par qui on vous remplace ? Comment ça se passe quand on annonce une démission comme ça au Gouvernement ?
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Oui, je pense que la préoccupation du Premier ministre c'est surtout d'avoir une équipe qui soit prête à continuer le travail pour répondre à tous les enjeux auxquels le Gouvernement doit faire face. Et il avait aussi en tête le passage d'une séquence qui est celle du budget, voilà, le budget maintenant est adopté, a une autre séquence maintenant qui s'ouvre pendant laquelle il souhaite qu'il puisse y avoir un certain nombre de travaux qui aboutissent. Voilà, je pense que c'est une simple logique un peu RH managériale, comme il y en a partout.
THOMAS SCHONHEERE
On va parler de ce qui reste à faire bien évidemment dans le domaine du handicap. Mais vous l'avez précisé, votre décision est liée aux élections municipales, puisque votre suppléant Jean MOULLIERE est candidat à Templeuve-en-Pévèle. En redevenant députée, vous lui permettez éventuellement d'être élu maire. Vous faites ça pour lui, ou est-ce que ça vous va, à vous, de redevenir députée ?
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Ça me va aussi dans la mesure où, d'abord j'ai passé un an et demi au Gouvernement, auprès de Michel BARNIER, de François BAYROU et de Sébastien LECORNU.
THOMAS SCHONHEERE
Donc les trois Premiers ministres.
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Donc il y a plusieurs choses que j'ai pu faire dans le cadre de mes fonctions, et surtout parce que j'ai souhaité toujours garder le champ du handicap et de l'autonomie pour qu'il y ait une certaine continuité qui se fasse. Ce qui m'a permis d'aller au bout de la réforme de prise en charge des fauteuils roulants, notamment, qui était pour moi vraiment l'objectif phare que je m'étais fixé.
THOMAS SCHONHEERE
Qui sont remboursés désormais.
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Qui sont maintenant complètement pris en charge, c'est-à-dire qu'il n'y a même plus la nécessité pour les personnes d'avancer les fonds, ce qui est quand même extrêmement important. C'était une promesse très engageante du président de la République. Donc voilà. Et puis il y a une autre phase qui va s'ouvrir d'ici quelques mois, qui est la phase de la campagne présidentielle. Et moi, je souhaite aussi pouvoir m'engager pleinement dans cette étape. Je vais pouvoir contribuer au projet d'Édouard PHILIPPE.
THOMAS SCHONHEERE
Puisque vous êtes au sein de son parti. Vous êtes chez Horizons.
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Je suis au sein d'Horizons. Et donc je souhaite à la fois contribuer au projet, et puis contribuer à la campagne présidentielle, qui sera un temps politique très fort. Donc c'est vrai que sortir du Gouvernement me permet aussi de retrouver une certaine liberté de parole qui sera nécessaire.
PASCAL TOTH
Ici Nord, il est 7h46, et nous sommes en direct avec Charlotte PARMENTIER-LECOCQ, ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées.
THOMAS SCHONHEERE
Charlotte PARMENTIER-LECOCQ, en même temps que votre départ du Gouvernement, votre cabinet a annoncé le report du plan Grand âge. Un plan dont les mesures sont censées financer dans les années à venir la prise en charge des personnes âgées en perte d'autonomie. Ce plan est reporté parce que vous partez, ou parce qu'il n'était pas prêt, et qu'il va se faire dans les prochains mois ?
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Alors sur le champ du Grand âge, ce qui est important, c'est que d'ores et déjà, dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, j'ai pu porter avec l'ensemble du Gouvernement des mesures nouvelles pour préparer justement ce vieillissement de la population, qui va être extrêmement important. Je porte un amendement pour qu'on crée une nouvelle contribution pour financer l'autonomie, parce qu'on sait qu'on va avoir une forme de mur démographique avec un vieillissement très fort, surtout à partir de 2030. Cet amendement a été adopté à l'unanimité, donc on voit bien qu'au Parlement, il y a une volonté, qu'on s'y prépare. Donc des mesures nouvelles vont arriver dès 2026. On va créer de l'habitat partagé, on va créer aussi de nouveaux postes en EHPAD. Et moi, j'ai lancé aussi certains travaux de prospective.
THOMAS SCHONHEERE
Vous avez notamment demandé aux agences régionales de santé de lister les besoins région par région.
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Exactement. Et département par département, parce qu'on sait que d'un département à un autre, on va avoir des impacts très différents, et qu'il faut vraiment s'y préparer. Moi, je crois que le grand combat qui est devant nous, et le grand enjeu, c'est vraiment celui des métiers. Les métiers du grand âge, et de façon plus large, les métiers du travail social, du médico-social, puisqu'on va avoir des besoins extrêmement importants. Et aussi, on a des besoins qui, aujourd'hui, ne sont pas encore satisfaits sur le champ du handicap, sur le champ de la protection de l'enfance. Pour moi, c'est vraiment le nerf de la guerre que celui des métiers. Tout ça est complètement porté et repris par le Gouvernement par Stéphane RIST auprès de laquelle je suis toujours, et auprès de laquelle je continue mon travail.
THOMAS SCHONHEERE
Le grand âge et le handicap, ce seront des thèmes qui seront portés lors de la campagne pour l'élection présidentielle. Vous dites que vous voulez vous engager dans la campagne d'Édouard PHILIPPE qui, a priori, sera candidat en 2027. Ce seront des thèmes que vous porterez, qui seront moteurs lors de cette campagne ? Ce sont parfois des thèmes qui arrivent, dont on traite au fil de l'eau, mais qui ne sont pas forcément moteurs dans des campagnes présidentielles.
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Pour moi, ils doivent l'être. Sur le champ du handicap, nous sommes engagés, en France, depuis 1975, depuis 2005, depuis 2015 aussi, avec la Convention des droits des personnes en situation de handicap de l'ONU, dans une logique d'une société inclusive. C'est-à-dire que chacun doit avoir ses droits de citoyen pleinement respectés. Moi, je crois vraiment à cette société-là.
THOMAS SCHONHEERE
Et en même temps, la Cour des comptes, il y a deux semaines, a publié un rapport qui est très critique sur la politique qui est menée pour l'emploi des personnes handicapées. C'est encore un chantier, ça qui reste ?
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
C'est encore un chantier, mais beaucoup de choses ont évolué. Le chômage des personnes en situation de handicap a reculé. Les droits des personnes en situation de handicap qui travaillent ont progressé. Mais il faut continuer effectivement le combat, la mobilisation. C'est ce que fait France Travail. C'est ce que font l'Agefiph et le Fiphfp au quotidien. C'est ce que fait l'État et c'est ce que fait le Gouvernement. Donc ça, ça reste évidemment un fer de lance. Et puis, je crois que dans la campagne, ce sera vraiment la question du vieillissement de la population. Notre population, elle va changer intrinsèquement, très fortement. Et tout ça va avoir un impact aussi sur tout notre système de protection sociale. Il faut que les Français en aient conscience et il faut qu'on puisse mettre au débat la manière dont on va faire évoluer notre système, notre solidarité. Parce qu'on doit à la fois prendre en compte ce vieillissement de la population, mais aussi prendre en compte les enjeux pour notre jeunesse. Les jeunes, il faut qu'ils puissent avoir des perspectives. Aujourd'hui, c'est compliqué de se projeter, d'avoir un logement, d'avoir un emploi parfois. Donc toutes ces questions, elles devront vraiment être au cœur du débat présidentiel. Et je m'y emploierai pleinement.
THOMAS SCHONHEERE
Parce qu'effectivement, l'autonomie, ce ne sont pas seulement les personnes âgées, c'est aussi l'autonomie des personnes en situation de handicap plus jeunes. Votre départ du Gouvernement, Charlotte PARMENTIER-LECOCQ, va entraîner mécaniquement un remaniement. Rachida DATI doit également être remplacée puisqu'elle est candidate à Paris. Vous savez quand aura lieu ce remaniement ? Le Premier ministre a dit d'ici le 22 février a priori.
CHARLOTTE PARMENTIER-LECOCQ
Oui, c'est ce que m'a indiqué le Premier ministre, d'ici le 22 février. C'est la période de réserve qui s'ouvre pour les élections municipales. Je crois que c'est le bon moment aussi pour que de nouveaux ministres puissent prendre en main leurs nouveaux portefeuilles. On va avoir une période aussi de suspension des travaux de l'Assemblée nationale. Donc tout ça offre un moment de bon travail et de bonne transition, je crois.
THOMAS SCHONHEERE
Et après cela, vous redeviendrez donc députée de la 6e circonscription du Nord, députée qui recoupe la Pévèle et une partie de la métropole lilloise. Merci beaucoup Charlotte PARMENTIER-LECOCQ d'avoir accepté notre invitation ce matin.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 février 2026