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Q - Des difficultés aussi, des difficultés notamment économiques. Emmanuel Macron s'exprime ce matin sur la désindustrialisation et la compétitivité. Il y a une rencontre prévue entre Européens cette semaine. Il rappelle qu'il est pour la préférence européenne sur le plan industriel, des financements communs, des projets communs. Il appelle également à ce qu'on appelle des eurobonds. C'est un petit peu technique, mais en gros, c'est un grand emprunt. Pourquoi est-ce que ça changerait quelque chose ?
R - Fondamentalement, Emmanuel Macron, depuis 2017, défend l'idée d'un sursaut stratégique pour les Européens. Il voit bien qu'on a des États-Unis qui nous tournent le dos, on a maintenant la menace de la Russie et la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine à nos portes, on a un risque de décrochage économique et industriel face à la pression commerciale des États-Unis, mais aussi de la Chine. Il faut que les Européens sortent de leur naïveté et utilisent tous les atouts dont ils disposent parce que l'on a 450 millions d'individus, on a un grand marché intérieur, on a des innovateurs, des start-ups, des entrepreneurs dans tous les domaines. Maintenant, donnons-nous les moyens de réussir avec cette vision économique qu'ils portent. On a jeudi une grande réunion stratégique des chefs d'État et de gouvernement européens où on va parler de l'agenda économique européen sur la compétitivité de la prochaine année.
Q - Mais vous n'êtes pas d'accord entre vous ?
R - Il y a toujours des débats, bien sûr, au niveau européen. Ce que je constate, en revanche, c'est que certains des thèmes qui étaient très français pendant longtemps, préférence européenne, le fait de mieux se protéger avec des clauses de sauvegarde face à la concurrence déloyale, le fait d'avoir une industrie de défense européenne autonome et que l'argent du contribuable européen aille à la défense européenne. Cela, pendant longtemps, on était les seuls à le porter, aujourd'hui, ils font l'objet d'un assez grand consensus au niveau européen. Je vous donne un exemple très concret : l'an dernier, le plan SAFE sur la défense européenne, 150 milliards d'euros de la Commission pour financer les projets…
Q - Mais on voit que la France…
R - Je voudrais donner un exemple précis parce que c'est important, s'il vous plaît. 150 milliards d'euros pour financer des projets de coopération dans la défense européenne, pour la première fois, la préférence européenne. On dit cela, cela ira à des entreprises européennes qui coopèrent ensemble dans les drones, dans le cyber, dans les capacités de frappes en profondeur, pas pour acheter de l'américain ou du sud-coréen. Dans tous les domaines maintenant, on doit se protéger, on doit soutenir nos innovateurs et on doit approfondir notre marché intérieur pour être une puissance de la scène internationale.
Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 février 2026