Texte intégral
ADRIEN GINDRE
Bonjour Maud BREGEON.
MAUD BREGEON
Bonjour à tous les deux.
ADRIEN GINDRE
D'abord la tempête Nils, ses conséquences ce matin : 25 départements sont encore en vigilance, au total 450 000 foyers toujours privés d'électricité. Quelles sont les dernières informations dont vous disposez ? Est-ce qu'on peut d'ores et déjà faire un bilan de cette tempête ?
MAUD BREGEON
Alors, la vigilance reste évidemment pleine et entière. Nous déplorons, à l'heure où je vous parle, deux décès. Un premier décès hier, vous l'avez vu, dans les Landes, et un deuxième ces dernières heures dans le Tarn-et-Garonne. Un monsieur sorti dans son jardin, c'est évidemment toujours un drame. Donc je vous le dis, la vigilance reste entière : 4 500 interventions, plus de 2 200 sapeurs-pompiers mobilisés, et bien sûr le ministre de l'Intérieur, Laurent NUNEZ, qui suit la situation heure par heure avec ses équipes et en lien avec les préfets.
ADRIEN GINDRE
Vous nous dites donc qu'il y a eu un nouveau décès ces dernières heures. Est-ce que vous savez exactement dans quelles circonstances ça s'est produit ?
MAUD BREGEON
Non, et je laisserai les autorités compétentes apporter ces précisions. Et je le redis, c'est évidemment toujours un drame que de faire ce genre d'annonce en matinale chez vous le vendredi matin. Je peux vous dire que c'est une personne, encore une fois, dans le Tarn-et-Garonne, qui était de toute évidence dans son jardin, probablement montée sur une échelle.
ADRIEN GINDRE
Vous savez si ce bilan est désormais définitif, ou s'il peut encore évoluer ?
MAUD BREGEON
Vous l'avez dit, 25 départements sont encore en vigilance accrue, et donc la tempête n'est pas derrière nous, c'est donc à l'issue de cette tempête, et lorsqu'on pourra y mettre un point final, qu'un bilan définitif sera évidemment dressé.
ADRIEN GINDRE
Et effectivement, on sait d'ores et déjà que pour demain, la vigilance rouge, notamment, est maintenue pour crues, en effet, en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, notamment. On va revenir à l'actualité politique, Maud BREGEON, puisqu'hier soir, sur TF1, Bruno RETAILLEAU a déclaré sa candidature à la présidentielle. Il affirme d'ailleurs le faire non pas par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir. Qu'est-ce que vous lui dites ? Vous lui adressez vos voeux de succès ?
MAUD BREGEON
Écoutez, les ambitions des uns et des autres sont libres et légitimes. Vous connaissez ma position. J'ai toujours dit une chose simple : au sein de cet arc qui unit la droite et le centre, nous devons toutes et tous travailler à l'unité, et les échappées solitaires ne mèneront qu'à des échecs collectifs.
ADRIEN GINDRE
Sur une primaire, lui, il dit "on verra". Il ne s'engage pas.
MAUD BREGEON
Je vous redis ma position, qui est encore une fois ma position personnelle.
ADRIEN GINDRE
Ce serait irresponsable de refuser un mécanisme comme une primaire ?
MAUD BREGEON
Si on veut éviter un second tour entre Madame LE PEN ou Monsieur BARDELLA, et probablement Monsieur MÉLENCHON, il va falloir que les candidats déclarés, putatifs, ils sont nombreux, se mettent dans une même pièce, se parlent, discutent de leur programme, et de comment est-ce qu'ensemble ils peuvent créer une dynamique, un collectif, et de l'unité. Et d'ici là, il y a quatorze mois. Et moi, je dis à tous ceux qui sont aujourd'hui tentés par la présidentielle : attention. Les Français nous attendent aujourd'hui sur les urgences qui les concernent, sur leur pouvoir d'achat, sur l'agriculture, sur l'énergie, on en parlera, sur des réponses solides et robustes face aux grands défis internationaux. Pendant que le monde va à 100 à l'heure, on ne peut pas se permettre de mettre la France en pause en attendant l'élection présidentielle.
ADRIEN GINDRE
Cela dit, Bruno RETAILLEAU, certes, se déclare maintenant, mais il a aussi parlé du fond de ce qu'il pensait devoir modifier en France s'il était élu. Il dit notamment qu'il faut modifier la Constitution par référendum pour pouvoir faire des référendums sur des sujets comme l'immigration, la justice pénale. Il a eu cette phrase chez nos confrères d'LCI hier soir : "Quand les Français décideront par référendum, le Conseil constitutionnel n'aura plus voix au chapitre." Écoutez ce qu'il en disait sur TF1 dans le 20 h.
BRUNO RETAILLEAU, PRÉSIDENT DU PARTI LES RÉPUBLICAINS, CANDIDAT À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2027
Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est pas le peuple qui gouverne. Trop souvent, ce sont des juges qui nous imposent leurs décisions et ce ne sont pas les gens.
ADRIEN GINDRE
"Ce n'est pas le peuple qui gouverne." Vous êtes d'accord avec ça ? Vous pourriez soutenir ça dans une campagne ?
MAUD BREGEON
Je ne suis absolument pas d'accord avec cette affirmation pour une raison simple. Les juges appliquent la loi. La loi est votée par le représentant du peuple élu lors des élections législatives. Nous en avons encore eu en 2024. Et donc, ensuite, la question qui se pose, c'est : est-ce qu'on doit faire évoluer la loi ? En matière de sécurité, en matière de reprise de contrôle sur l'immigration…
ADRIEN GINDRE
Vous pourriez le soutenir malgré tout quand vous n'aurez qu'un seul candidat.
MAUD BREGEON
Ce sera de toute évidence un sujet majeur de l'élection présidentielle. Il faudra y répondre avec sérieux. En revanche, attention, le Conseil constitutionnel, par exemple, lorsqu'il prend une décision, lorsqu'il censure une partie des dispositions d'une loi, il applique les textes, encore une fois, il applique le cadre qui a été décidé par les législateurs.
ADRIEN GINDRE
Vous parliez d'énergie. Parlons donc de l'énergie puisque tôt ce matin, le Gouvernement a publié le décret qui prévoit la Programmation pluriannuelle de l'énergie. Pour le dire simplement, c'est la stratégie de la France en la matière pour les dix ans à venir. La part de réacteurs nucléaires, d'énergie renouvelable. D'abord, un point, j'ai vu que le député RN Jean-Philippe TANGUY vous proposait un débat, vous contre lui, sur ce sujet. Est-ce que vous y êtes prête ? Est-ce que vous acceptez la proposition de débat ?
MAUD BREGEON
Moi, je suis toujours ouverte au débat et nous avons eu l'occasion avec le député Jean-Philippe TANGUY de débattre à de nombreuses reprises, que ce soit sur les plateaux télé ou dans l'hémicycle, et précisément du sujet de l'énergie, de la place des renouvelables et de la place du nucléaire. La question qui se pose, elle est assez simple.
ADRIEN GINDRE
Pour le RN, c'est que ça coûte des milliards dit-il.
MAUD BREGEON
Est-ce que l'on veut rester dépendant aux énergies fossiles importées qui représentent 60 % de notre consommation ? Est-ce qu'on veut rester dépendant du gaz algérien, du GNL américain ? En proposant de censurer le Gouvernement sur la publication de cette programmation pluriannuelle de l'énergie, le Rassemblement national répond oui à cette question. Et donc, moi, je dis une chose simple : si Madame LE PEN et Monsieur TANGUY préfèrent importer du gaz depuis la Russie, depuis l'Algérie ou depuis les États-Unis, qu'ils le disent. Quant au chiffrage de Monsieur TANGUY, 300…
ADRIEN GINDRE
Alors, pardon, Maud BREGEON, je précise parce que vous les accusez. Ils ne disent pas "Il faut importer de l'étranger". Ils disent : "Il faut un débat au Parlement, pas un décret". Je rappelle, un décret c'est le Gouvernement qui en décide. Eux, ils voulaient que les députés soient saisis. Ils disent : "C'est une faute démocratique de ne pas passer devant les députés".
MAUD BREGEON
D'abord, il y a deux choses. Ils refusent catégoriquement de développer les énergies renouvelables. Or, on sait qu'on ne pourra pas avoir un mix uniquement composé de nucléaire. Tout le monde le dit. Toutes les études scientifiques et techniques…
ADRIEN GINDRE
Pardon, j'insiste, reconnaissez que si c'était si simple, vous pouvez aller au Parlement avoir un débat démocratique transparent devant tout le monde. Le Gouvernement fait le choix de ne pas le faire.
MAUD BREGEON
Nous avons eu des semaines et des semaines de débats. Nous avons voté une loi d'accélération sur les énergies renouvelables qui a été, encore une fois, débattue et votée ; sur l'énergie nucléaire, débattue et votée. Nous avons passé des jours entiers à discuter de la programmation pluriannuelle de l'énergie. Et la programmation qui a été présentée hier par le Premier ministre tient compte des débats qui ont eu lieu au Parlement comme elle tient compte des dernières études de RTE sur l'évolution de la consommation et les trajectoires qu'il faut envisager. Je voudrais quand même dire une chose sur le chiffrage du Rassemblement national.
ADRIEN GINDRE
D'un mot pour conclure.
MAUD BREGEON
Qu'ils évaluent à 300 milliards. Ce chiffrage est bidon. Il inclut environ 200 milliards de travaux sur des réseaux de rénovation, d'adaptation au changement climatique qu'il faudra de toute façon faire. Et 100 milliards sur les énergies renouvelables dont on ne sait pas bien d'où ils sortent parce que tout ça dépend des structures de prix, de l'évolution du coût du marché. Donc tout ça n'est pas très sérieux.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 février 2026