Déclaration de M. Benjamin Haddad, ministre délégué, chargé de l'Europe, sur le conflit en Ukraine et la compétitivité de l'Union européenne, à Bruxelles le 24 février 2026.

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Circonstance : Arrivée au Conseil Affaires générales

Texte intégral

Benjamin HADDAD : Bonjour, je me rends aujourd'hui au Conseil Affaires Générales ici à Bruxelles le 24 février où nous sommes aujourd'hui quatre ans après le début de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine. Depuis quatre ans, les Ukrainiens se défendent avec courage pour défendre leur souveraineté, leur liberté, leur sécurité et la sécurité de tous les Européens.

Et force est de constater que quatre ans après le début de cette guerre, c'est un échec pour la Russie. C'est un échec militaire, c'est un échec politique et stratégique. Rappelons que les Russes voulaient prendre Kiev en quelques jours, pensaient renverser le Gouvernement, pensaient affaiblir et diviser les Européens et l'Alliance Atlantique. Ce que l'on voit aujourd'hui, c'est que depuis que le front s'est stabilisé en novembre 2022, les Russes n'ont récupéré que 1% du territoire ukrainien. Les Ukrainiens continuent d'ailleurs de gagner du terrain comme. C'était le cas ces derniers jours. L'Alliance s'est renforcée avec l'intégration de nouveaux membres comme la Suède et la Finlande.
Nous négocions aujourd'hui le 20ème paquet de sanctions européen, notamment contre le secteur énergétique, contre la flotte fantôme de la Russie pour faire continuer à monter la pression économique sur le régime de Vladimir POUTINE, tandis que nous travaillons au sein de la " Coalition des volontaires " pour coordonner notre soutien aux Ukrainiens et puis préparer les garanties de sécurité à l'Ukraine pour le jour d'après. Cette guerre est un échec pour Vladimir POUTINE et pour le régime russe et nous continuerons à soutenir l'Ukraine aussi longtemps que nécessaire.

Je le dis parce que bien sûr, nous devons maintenant finaliser le prêt de 90 milliards d'euros aux Ukrainiens qui permettra de donner la visibilité sur le plan économique comme sur le plan militaire. C'est une décision qui avait été prise par le Conseil européen au mois de décembre à l'unanimité et maintenant ce prêt ne doit pas être ralenti, empêché pour des raisons d'instrumentalisation de politiques intérieures par des acteurs comme la Hongrie. Donc je crois qu'il faut être extrêmement clair là-dessus, c'est une fois de plus la sécurité des Européens qui est en jeu.

Nous parlerons au Conseil Affaires générales aussi du prochain Conseil européen du 19-20 mars qui devra aussi permettre d'avancer de façon rapide et claire sur notre agenda de compétitivité dans la continuité de la retraite des chefs d'Etat et de gouvernement à Liège. On le voit bien avec les tarifs américains, la pression commerciale de la Chine, le risque de décrochage économique et industriel du continent européen et ce malgré nos opportunités, malgré nos forces, dont un marché intérieur de 450 millions d'individus, des pépites, des start-up dans le domaine de l'intelligence officielle, du quantique, du spatial. Il y a aussi la nécessité aussi de continuer le réarmement de notre continent. Cet agenda de compétitivité doit passer par plusieurs piliers. La simplification de nos règles et nos normes comme on a commencé à le faire l'an dernier avec des textes comme la CSRD ou la CS3D, l'approfondissement du marché intérieur pour pouvoir tirer profit des 450 millions d'individus, réduire la fragmentation que nous nous imposons à nous-mêmes par l'Union des marchés de capitaux, par le 28ème régime de droits des affaires qui doit permettre à nos PME, à nos start-up de se développer plus facilement en Europe en protégeant nos secteurs face à la concurrence déloyale comme nous l'avons fait ces derniers mois avec des droits de douane sur les véhicules électriques chinois, avec des clauses de sauvegarde dans les ferro-alliage ou l'acier.

Nous devons aller plus loin en imposant partout la préférence européenne, le " made in Europe " comme le font les Américains, comme le font les Chinois pour défendre des champions européens et puis bien sûr nous devons investir dans l'innovation, investir dans l'intelligence artificielle, dans le quantique, dans les green tech, dans le spatial pour donner les moyens à nos entreprises de conquérir le monde et de se retrouver en pleine position de force face à la concurrence internationale.

Ce sera bien sûr d'ailleurs l'un des enjeux du cadre financier pluriannuel dont nous parlerons dans ce CAG (Conseil Affaires générales) ainsi qu'au CAG informel la semaine prochaine à Chypre. On a besoin d'un budget ambitieux pour l'Europe pour faire face à tous nos besoins d'investissements, pour continuer aussi à soutenir les politiques traditionnelles du marché commun, la politique agricole commune, la politique de cohésion de nos territoires.

C'est la ligne que défendra la France avec la nécessité bien sûr pour faire face à ses besoins d'investissement et pour répondre à ce budget ambitieux pour l'Union européenne de se doter de ressources propres. C'est un travail que nous faisons en ce moment avec nos partenaires.


Question : France is structuring diplomatic channels to direct talks with Russia. We heard some ideas that a mandate should be given to Antonio COSTA to negotiate on behalf of the EU. Is there anything that will be put on the table in the European Council ? Do you have a clear idea about what you want the EU to do ?

Benjamin HADDAD : So let's be clear, we are today four years after the beginning of the Russian war of aggression against Ukraine and for the last four years Ukrainians have bravely defended themselves against Russian aggression and this war has proven to be a failure for Russia, a failure on a human basis, as a failure on an economic basis, on the military basis.

Russia thought that they would get back Ukrainian territory, they would seize Kiev in just a few days but what we see is that since November 2022 Russia has only seized about 1% of Ukrainian territory and Ukrainians are constantly fighting back. We continue to support Ukraine, not just because it's our values at stake but because it's our security that Ukrainians are defending and will continue to do so as long as necessary.

This is why we need to conclude the 90 billion euro aid package, the loan that was decided at the European Council in December on economic and military support, that will give Ukrainians visibility to continue to defend themselves in the next couple years. This is why we work with our partners within the Coalition of the willing, not only to coordinate the support for Ukraine but also to prepare for the day after with the security guarantees.

The truth is Russia represents a threat today to all the European security architecture, to all of European democracies but let's also be clear, Europeans need to take security into their own hands this is what we've been defending since 2017 in the Sorbonne speech on European sovereignty by President MACRON. Today we see that negotiations are undertaken with the United States and Russia. This is also our security that's at stake, this is why we said very clearly that it is important also very lucidly to have this diplomatic channel to not only also negotiate but to make sure that Europe's interests in the end of this war of aggression against Ukraine and the security architecture of Europe tomorrow after the war are taken into account.

Our goal once again is to defend our freedom, defend our security, defend the sovereignty of Ukrainians and this is why Europeans need to be at the negotiation table.

Question : You mentioned the security structure and you mentioned the security guarantees also, Europe needs security guarantees and it depends a lot on France, the nuclear umbrella. There is talks on P5, UK is involved, how far France is ready to go to share this nuclear umbrella to guarantee the EU security ?

Benjamin HADDAD : So you know France has always been constant in saying that we want Europeans to take more ownership for their own security and defence and that France will play its part precisely and Europeans taking more responsibility.

France has a nuclear deterrence and we've always said that our vital interest had a European dimension. This has been a constant line for French presidents decades from decades ago. President MACRON will address this issue in the coming weeks, as you know we've had a dialogue on these issues with European partners like Germany. This has been said at the Munich Security Conference and so President MACRON will have the opportunity to give more details on this dimension the coming weeks, thank you very much.


Source https://ue.delegfrance.org, le 9 mars 2026