Texte intégral
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Bonjour Françoise GATEL.
FRANÇOISE GATEL
Bonjour.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Votre prédécesseur, François REBSAMEN, était en charge du dossier Corse. Néanmoins, vous avez été nommée en octobre dernier. On ne vous a pas trop entendue sur le dossier politique majeur, l'évolution institutionnelle de la Corse. Êtes-vous toujours en charge du dossier sur l'autonomie ?
FRANÇOISE GATEL
Absolument. Et ne pas nous entendre ne veut pas dire que nous ne travaillons pas, puisque depuis que j'ai succédé à François REBSAMEN, avec qui j'ai beaucoup parlé du dossier, j'ai rencontré beaucoup de maires au moment du Congrès des maires, j'ai rencontré les parlementaires, j'ai rencontré le président de la collectivité. On a fait un travail important sur le sujet.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Néanmoins, Gilles SIMEONI, désormais ancien président de l'exécutif de Corse, a rencontré le chef du Gouvernement la semaine dernière pour évoquer l'autonomie. Il laisse entendre que c'est directement le Premier ministre Sébastien LECORNU qui pilotera le dossier Corse. Vous confirmez ?
FRANÇOISE GATEL
Alors, il y a une forte mobilisation de l'État sur le dossier Corse. Comme vous le savez, il y a eu un travail qui a été réalisé pendant quatre ans avec le Gouvernement…
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Le processus dit de Beauvau
FRANÇOISE GATEL
Le processus dit de Beauvau. Aujourd'hui, il y a une volonté très affirmée du Gouvernement de pouvoir concrétiser ce dossier, cet accord. Puisque nous savons, et ça a été décidé, je peux l'affirmer aujourd'hui, que ce protocole d'accord avec cette révision constitutionnelle seront inscrits à l'Assemblée nationale la semaine du 15 juin, dans très peu de temps. Et le Premier ministre est extrêmement impliqué, effectivement, dans ce dossier.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Mais qui est en première ligne ? Le Premier ministre Sébastien LECORNU ou vous, en tant que ministre de la Décentralisation ?
FRANÇOISE GATEL
Alors, on est tous sur la ligne de front. Un Gouvernement a un patron, c'est le Premier ministre. Donc il est très attentif et c'est important, puisque naturellement le Premier ministre a un poids politique déterminant, mais l'Élysée, c'est aussi le sujet, l'Assemblée nationale et le Sénat. Donc, je crois que tout le monde est extrêmement mobilisé et le Premier ministre y veille.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Alors, vous l'avez dit, votre visite intervient une semaine après l'annonce attendue, celle de l'inscription du projet de loi constitutionnelle à l'agenda parlementaire. Vous l'avez dit, la semaine du 15 juin. Néanmoins, une grogne des présidents de groupe au Parlement se fait entendre sur cet agenda chargé de notamment celui du puissant groupe LR au Sénat qui sonne l'alerte sur des dossiers jugés sensibles, comme celui de la Corse, mis, je cite, « de force » sur la table avant l'été et avant les élections sénatoriales. Dans ce contexte, est-ce que vous pensez que ce dossier, pour le moins clivant, a une chance de réunir le Congrès et de déboucher sur un consensus avant la fin de l'année ?
FRANÇOISE GATEL
En tout cas, il faut démarrer le match, si je puis dire. Le Gouvernement a affirmé sa volonté d'inscrire ce texte et nous allons démarrer à l'Assemblée nationale, alors qu'on aurait pu penser qu'on allait démarrer par le Sénat.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Le Sénat au mois d'octobre…
FRANÇOISE GATEL
Il y a des élections sénatoriales. Mais en tout cas, vous voyez, ça veut dire que chacun est bien conscient de l'importance du sujet. Et puis, le Gouvernement défendra le texte qui a fait l'objet d'un accord. Ensuite, il y a un chemin parlementaire. On est en démocratie. Le Parlement parlemente et discute. En tout cas, les choses sont lancées, c'est un moment déterminant et très attendu.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Revenons sur votre déplacement ces deux jours en Corse. Qu'est-ce qui va primer lors de cette visite de deux jours dans l'île ? L'aménagement du territoire ou l'évolution institutionnelle et la décentralisation ?
FRANÇOISE GATEL
Alors, il y a les deux sujets. Je rencontrerai les groupes politiques de l'Assemblée cet après-midi. Mais je pense que les élus, et j'en ai vu certains la semaine dernière qui sont venus à la journée des maires à Paris, les élus locaux attendent des choses très concrètes : qu'on leur simplifie la vie. On vient de mettre en place le statut de l'élu. La déconcentration, c'est-à-dire comment on prend des décisions au plus près des élus locaux, comment il n'y a pas cinq services de l'État ou agents qui ont des avis contradictoires, comment le préfet est le chef d'orchestre. Donc ça, ce sont des réponses très concrètes pour les élus, qui vont aussi débuter au Parlement au mois de juin. Et puis il y a la vie quotidienne qui est extrêmement importante pour tous nos concitoyens et pour tous les camps, puisqu'il y a l'annonce qui vient d'être faite par le Premier ministre de mesures pour accompagner la hausse du carburant, et on l'a élargie au-delà des métiers très sensibles comme les agriculteurs et les pêcheurs. Nous l'avons élargie au BTP, mais nous l'avons aussi élargie à ce qu'on appelle des gros rouleurs, des gens qui font des kilomètres pour aller travailler, je pense aux aides-soignantes entre autres.
PAULU-ANTONE SQUARCINI
Françoise GATEL, une toute dernière question. Vous avez participé au Congrès des maires, vous l'avez dit, de Corse-du-Sud en fin de matinée. Des maires insulaires qui attendent beaucoup du Gouvernement. On le voit ces derniers temps dans les deux grandes villes de Corse, la taxe foncière a dû être augmentée, et des maires qui se disent contraints de prendre des décisions à contrecoeur, comme la hausse de la taxe foncière, pour maintenir un budget à l'équilibre. Est-ce que, dans ce contexte, vous arrivez avec des réponses concrètes dans vos bagages ?
FRANÇOISE GATEL
En tout cas, nous y travaillons fortement. L'effort qui a été demandé aux collectivités pour participer au redressement de nos finances publiques, puisque le budget de l'État, c'est le budget de nous tous, a été ramené à deux milliards d'euros au lieu de cinq milliards. Aujourd'hui, on a l'endettement que l'on doit diminuer, parce que si on ne diminue pas cet endettement, ce sont des services pour nos concitoyens qui diminuent. Et puis on a aussi le coût de la guerre en Iran, qui est un coût très élevé. Mais le Gouvernement affirme d'abord son respect, sa reconnaissance par rapport aux élus. Il faut qu'on invente aujourd'hui des solutions et qu'on travaille ensemble, parce qu'encore une fois, le budget de l'État, c'est le budget de nos communes. Juste un chiffre : chaque année, l'État verse aux collectivités 154 milliards d'euros pour leur permettre de gérer les services qui sont les leurs, l'école, les déchets... Donc nous sommes des partenaires.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 avril 2026