Interview de M. Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement, à Sud Radio le 27 avril 2026, sur un plan contre la crise du logement et la vie politique.

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Média : Sud Radio

Texte intégral

PATRICK ROGER
Jean-François ACHILLI, l'invité politique ce matin de SUD RADIO, c'est Vincent JEANBRUN, qui est le ministre en charge, en fait, de la Ville et du Logement.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Bonjour Vincent JEANBRUN.

VINCENT JEANBRUN
Bonjour.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Alors vous lancez un plan choc contre la crise du logement : les passoires thermiques, nouveau plan de rénovation urbaine, incitations fiscales... On va un peu détailler. À un an de l'élection présidentielle, la loi sera votée... quoi ? Au mieux, quand la campagne aura démarré, si elle est votée, mais pourquoi avoir attendu si tard pour prendre des décisions si lourdes qui, Vincent JEANBRUN, ne seront peut-être pas les choix de celui ou celle qui va succéder à Emmanuel MACRON ?

VINCENT JEANBRUN
Vous savez, je pense que tous ceux qui se présentent à l'élection présidentielle doivent prendre en compte cette crise du logement qui frappe durement tous nos concitoyens. Et tout ce qu'on met là en place, à travers ce plan logement, cette stratégie de relance, c'est un projet de loi très complexe…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Oui, mais qui arrive à la dernière minute du deuxième quinquennat. Vous êtes d'accord avec ça quand même ?

VINCENT JEANBRUN
J'ai eu l'honneur d'être nommé il y a six mois et, avec le Premier ministre, on a décidé de faire face à cette crise et de proposer un projet de loi complet, à 360 degrés, qui permet de répondre au maximum aux enjeux. Produire mieux, plus, faire en sorte de ne pas enlever du marché les passoires thermiques, mais au contraire d'accélérer leur rénovation, et penser aussi sur le long terme avec de la rénovation urbaine. Parce qu'en fait, quand on parle du logement, on parle, pardon, Jean-François ACHILLI, mais on parle des gens. Certains disent : " C'est un ministère très technique, le logement. " En fait, on ne parle pas d'urbain, on parle d'humain. Ce sont des Français qui ont du mal à se loger, voire qui ne se logent pas du tout, voire qui sont dans des conditions précaires. Et donc, c'est à ça qu'on s'attaque avec le Premier ministre à travers les annonces qui ont été faites.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Sébastien LECORNU a annoncé - c'était à Marseille - un troisième volet de l'ANRU, c'est la rénovation urbaine, c'est sur les quartiers, la lutte contre les trafics et l'adaptation au changement climatique. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

VINCENT JEANBRUN
Ça veut dire que, vous savez, il y a déjà eu deux volets, déjà, de ce grand programme.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
On dit qu'on a dépensé trop de milliards dans les quartiers.

VINCENT JEANBRUN
Alors ça, c'est quelque chose que je voudrais battre en brèche. D'abord, on se souvient, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine, c'est Jean-Louis BORLOO qui est visionnaire, qui comprend que ces grands ensembles construits dans l'après-guerre, il va falloir à un moment donné les transformer et, bien souvent, les démolir pour les reconstruire. L'ANRU, il faut déjà que tous vos auditeurs l'aient bien en tête, c'est payé à très faible partie directement par l'État. Tout le reste…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Quoi ? 10% ?

VINCENT JEANBRUN
10% historiquement. Le reste, ce sont les bailleurs sociaux eux-mêmes et surtout, très important, Action Logement…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Qui est le 1% patronal.

VINCENT JEANBRUN
C'est ce qu'on a appelé le " 1% patronal " à l'époque, dans lequel vous avez le patronat et les représentants des salariés. Et ça veut dire que si ce sont eux les plus gros financeurs, en plus de la Caisse des dépôts, à financer ça, c'est bien parce qu'il y a un intérêt à bien loger les familles françaises pour que, justement, le marché de l'emploi se porte bien. Quand on dit que ça coûte cher la rénovation urbaine, c'est le premier programme entre dix et douze milliards, le deuxième programme entre dix et douze milliards, puis il y a le troisième qui vient d'être annoncé... C'est beaucoup d'argent, mais concrètement - et là je vous parle, j'ai eu la chance d'être maire pendant dix ans, on a eu des programmes de rénovation urbaine - ça transforme vraiment la vie des gens et c'est ça qui est intéressant là-dedans. Par contre, on doit adapter l'outil. Et la première fois, je le disais, Jean-Louis BORLOO a dit : " On casse les grands ensembles d'après-guerre ". Le deuxième programme, on s'est dit qu'il allait falloir peut-être aussi avoir des plans pour s'intéresser un peu plus au développement économique, et puis aux équipements publics. Et là, ce qu'a annoncé le Premier ministre, c'est de dire qu'on ne peut pas faire comme s'il n'y avait pas un problème très grave de sécurité, de narcotrafic…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous qui avez connu les émeutes chez vous…

VINCENT JEANBRUN
Exactement, et donc l'ANRU doit aussi servir à ça quand on vient faire de la rénovation urbaine.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Ça veut dire quoi ? Quand on construit pour casser le narcotrafic, ça veut dire quoi ?

VINCENT JEANBRUN
Ça veut dire que, dans l'ADN, quand on vient démolir des bâtiments, historiquement, l'ANRU regardait l'état du bâtiment en disant : " Est-ce que le bâtiment est en bon état, pas en bon état ? ". C'était ça le critère pour mettre de l'argent pour le démolir. Aujourd'hui, l'idée, c'est de dire : " Non, peut-être qu'on va démolir ce bâtiment parce qu'il crée une impasse, parce qu'il crée des goulots d'étranglement, des zones d'insécurité que ça favorise le narcotrafic. "

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
L'ANRU est étendue aux villes moyennes, aux sous-préfectures également…

VINCENT JEANBRUN
Exactement, l'idée, c'est qu'avec ce soir, on termine les grands ensembles, ces grands ensembles d'après-guerre de logements sociaux, mais on ouvre tout de suite le programme aux villes moyennes, à la France des sous-préfectures, pour les accompagner dans la revitalisation de leur centre-ville comme de leurs quartiers. Mais peut-être juste un mot, Jean-François ACHILLI, pourquoi est-ce qu'à chaque fois qu'on amène les grues qui viennent justement démolir les quartiers en ANRU actuellement, les voyous, les narcotrafiquants viennent brûler les engins de chantier ? Parce que ce sont les premiers à être dérangés. C'est bien la preuve que cette rénovation urbaine a un impact considérable sur la vie des gens et sur leur sécurité.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc finalement, Vincent JEANBRUN, dans ce que vous dites, il y a une dimension sécuritaire et, quelque part, Bruno RETAILLEAU n'avait pas tout à fait tort de la souligner, cette dimension. Vous qui avez dit, vous l'avez accusé, c'était le 4 mai, vendredi, de vouloir envoyer les chars dans la ville... Le président des Républicains, il flirte avec le Rassemblement National, à vos yeux, sur ce sujet-là ?

VINCENT JEANBRUN
Soyons très clairs. Vous l'avez rappelé, moi j'ai connu des émeutes terribles dans ma commune. La sécurité pour tous les citoyens, et particulièrement dans ces quartiers, elle est fondamentale. Et qu'on mette tous les moyens nécessaires pour lutter contre le narcotrafic, il faut évidemment le faire. Mais il faut aussi être loin des caricatures. Et vous savez, ça me rappelle quand, pendant le débat avec Nicolas SARKOZY, Ségolène ROYAL avait dit : " Je vais mettre un policier derrière chaque femme qui rentre seule chez elle le soir. " Alors c'est sûr que là, on sécurise tout le monde. Mais est-ce que c'est crédible ? Non. Pour sécuriser ces quartiers, il faut mettre des moyens et des forces de l'ordre, c'est certain. Il faut que la justice soit plus puissante et fonctionne. Mais sur le long terme…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, là-dessus, Bruno RETAILLEAU a raison.

VINCENT JEANBRUN
Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas opposer les solutions court terme, où il faut effectivement, comme ça a été mis en place par Gérald DARMANIN avec, vous savez, ces opérations XXL pour nettoyer les zones gangrenées par le narcotrafic, ça c'est très bien. Et derrière, il faut une vision long terme. Quand les équipes de Monsieur RETAILLEAU écrivent sur Twitter que " Ça va deux minutes de financer des médiathèques et des logements haute qualité environnementale dans les quartiers, et que ce n'est pas ça qui apportera une solution ", je pense qu'ils font fausse route. Que bien sûr, il faut des opérations coup de poing très fortes…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous êtes en désaccord avec votre président des Républicains ?

VINCENT JEANBRUN
Non, je dis simplement qu'il ne faut pas mentir aux gens. D'ailleurs, les opérations Place nette, les XXL, ça fait du bien pendant quelques mois et puis on voit bien qu'ensuite, ça revient. Et donc il faut des solutions long terme. La rénovation urbaine, venir casser les quartiers ghettos, c'est quelque chose d'essentiel. Et c'est essentiel pour les cinq à six millions de Français qui vivent dans ces quartiers, qui sont des honnêtes gens et qui doivent être protégés.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
C'est une démarche sociale, finalement, du problème. Vous ne regrettez pas votre propos sur Bruno RETAILLEAU ?

VINCENT JEANBRUN
C'est-à-dire ?

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Quand vous dites qu'il a eu tort de vouloir envoyer des chars.

VINCENT JEANBRUN
Non, je n'ai pas dit qu'il avait tort. J'ai dit que j'étais inquiet de voir résumée une politique, sur le fond, à : " On envoie l'armée dans les quartiers ". Ça, je l'ai dit, je ne le regrette pas. Maintenant, mon sujet n'est pas de dire qu'il faut être angélique. Évidemment, ce n'est pas à moi après ce que j'ai pu connaître dans mes quartiers. Moi, j'ai toujours eu une politique très forte et très sécuritaire. Mais simplement, ce que je veux dire, c'est que si on veut ramener de la prospérité, de la République, dans les quartiers, il faut marcher sur les deux jambes : de l'ordre, mais aussi de l'espoir. Et on donne de l'espoir aux gens en leur disant : " On va transformer votre quartier, on va transformer votre environnement ".

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vincent JEANBRUN, sur le logement social, le maire va pouvoir choisir en partie l'attribution des logements sociaux qui est dévolue au préfet, d'habitude. Est-ce que c'est un retour... Vous savez, certains disent que c'est du clientélisme.

VINCENT JEANBRUN
Il faut évidemment éviter le clientélisme, mais il faut aussi inciter les maires à avoir envie d'apporter du logement social dans leur commune et augmenter l'acceptabilité des concitoyens. On a pas mal d'exemples en tête où des maires disent : « Nous, on a fait le pari du logement social…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et après, ils vont devoir trier finalement…

VINCENT JEANBRUN
Un bâtiment sort de terre, j'y viens, mais on sort un bâtiment de logements sociaux dans la commune, et puis finalement, il n'y a pas un habitant de la commune qui a pu habiter dedans ". C'est dommage. Le maire a des entrepreneurs qui lui disent : " Moi, j'ai besoin de loger mon apprenti boulanger ou mon infirmière qui vient travailler à l'EHPAD ", et hop, aucun moyen d'agir là-dessus. Donc l'idée, c'est effectivement que le maire ne soit pas dans une situation où il choisit « Madame Untel dans l'appartement 12B », mais qu'il vienne critériser, il vient produire une liste. C'est ce que j'appelle le choc de confiance entre les élus et les bailleurs sociaux.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Sur les passoires thermiques que vous avez évoquées, c'est le retour en arrière. On pourra maintenant louer du F ou du G, c'est le classement DPE. C'est la négation de ce qui a été voté auparavant ?

VINCENT JEANBRUN
C'est du pragmatisme.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc vous êtes d'accord qu'on revient en arrière ?

VINCENT JEANBRUN
Si on prend le contexte, on a annoncé un plan ambitieux avec le Premier ministre de production de deux millions de logements d'ici 2030. Si, d'une main, vous produisez deux millions de logements, et que vous en enlevez 700 000 du marché en même temps, ce n'est pas comme ça qu'on résout la crise du logement. Par rapport au fait de pouvoir avoir un toit sur la tête, on a un enjeu là-dessus de continuer à louer ces logements. En revanche, on ne renonce pas à l'ambition écologique puisque l'idée c'est, au contraire, d'avoir un contrat avec le propriétaire, un contrat de confiance qui dit : " Oui vous pouvez continuer à louer. En revanche, vous avez l'obligation de faire les travaux ".

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Qui va contrôler tout ça ? Il y a combien de logements concernés ? 700 000 ?

VINCENT JEANBRUN
Entre 650 et 700 000.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Qui va contrôler 700 000 travaux dans ces logements-là ?

VINCENT JEANBRUN
En fait, pour signer un bail avec votre locataire, vous avez de toute façon l'obligation de produire le diagnostic environnemental énergétique, le fameux DPE, et donc il y a une lettre. Cette lettre, elle est F ou G, on la connaît déjà sinon on ne serait pas en train d'en parler. L'idée c'est que sous trois ans pour les habitats individuels et sous cinq ans pour les habitats collectifs, c'est toujours un peu plus long dans un immeuble de faire les travaux, il y a une lettre conforme à la législation. Ces lettres, elles sont avec l'ADEME, l'agence l'ADEME a toutes les lettres et en l'occurrence on peut avoir ce contrôle.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc c'est un assouplissement de ce qui était décidé de façon un peu verticale auparavant.

VINCENT JEANBRUN
Ce que doivent comprendre ceux qui pourraient se dire : " Oui c'est un recul, etc ". Non, c'est de manière pragmatique, donner les moyens aux propriétaires de le faire. Vous avez beaucoup de propriétaires, notamment ceux qui n'ont pas encore fait les travaux, qui sont plutôt âgés dans leur profil et qui n'ont pas un recours facile à l'emprunt bancaire. Si vous allez voir le banquier à 75 ans passé et que vous dites : " Mes revenus viennent de diminuer drastiquement parce que j'ai plus de locataires, c'est compliqué ". Donc on a besoin de leur donner les moyens de rénover.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Cette décision-là qui est très importante, 700 000 logements, ce serait une mise en route immédiate après un éventuel vote de la loi. Vous le prévoyez pour quand ce vote ?

VINCENT JEANBRUN
Le texte va être présenté avant l'été au Sénat, peut-être si le calendrier le permet à l'Assemblée dans la foulée. Mais donc plus tard à l'automne, on doit avoir voté ce dispositif pour que tout ça s'applique au 1er janvier 2027. C'est évidemment l'ambition que nous portons aujourd'hui avec le Premier ministre.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous avez décrété, quand je dis vous, c'est avec le Gouvernement avec Sébastien LECORNU, une Notre-Dame de la construction. Donc ça serait très rapide à la rentrée. Vous vous affranchissez de certains règlements essentiellement. Les normes, elles sont ce qu'elles sont, mais ce sont surtout les règlements qui contraignent la construction aujourd'hui.

VINCENT JEANBRUN
Exactement, Notre-Dame de la construction, Jeux olympiques du logement. En gros, faire aussi bien d'un point de vue performance énergétique en termes de sécurité, mais beaucoup plus vite en termes de normes. Les Jeux olympiques, on les réussit parce qu'en fait, on écrase les procédures administratives. Aujourd'hui en France, la plupart des projets en moyenne prennent 8 à 10 ans. Mais construire le bâtiment physiquement, c'est entre 2 et 2 ans et demi. Tout le reste, c'est de la procédure administrative. Il faut simplifier. On propose des opérations d'intérêt local. Le maire fait la demande, présente son dossier au préfet. Le préfet justifie l'intérêt général. Et là, procédure accélérée. On gagne 2, peut-être 4 ans sur certaines opérations. Ça permet d'aller beaucoup plus vite sur les changements de réglementation, le plan local d'urbanisme. Et puis, ça limite aussi les recours abusifs. Tout ça va nous faire gagner du temps, produire plus vite et mieux du logement pour répondre à cette crise qui est une urgence.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Et en fin de quinquennat, ou en tout cas pendant la campagne présidentielle qui arrive, Vincent JEANBRUN, vous allez faire la campagne de Bruno RETAILLEAU, parce que vous êtes toujours membre des Républicains, même si vous êtes suspendu.

VINCENT JEANBRUN
Suspendu. Et puis, on n'a pas vraiment la possibilité de réadhérer. Moi, je n'ai pas changé de valeur. Je n'ai pas changé de conviction politique. Mais en l'occurrence, le parti nous ferme un petit peu la porte au nez, dont acte. Mais au-delà de ça, non, moi, je suis…

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Vous allez faire sa campagne ou pas, Bruno RETAILLEAU ?

VINCENT JEANBRUN
Non, au sens où je ferai la campagne de ceux qui veulent faire gagner le Bloc central et donc se rassembler. La candidature de Monsieur RETAILLEAU, elle est légitime. Il est président du parti. Il fait sa candidature. D'autres candidatures voient le jour. Et moi, simplement, je ferai partie de ceux qui disent : «=" Il faut vous parler, il faut vous rassembler ". Parce que si on ne fait pas une candidature de rassemblement, alors on sait très bien à quoi va ressembler le second tour. Ce sera MELENCHON-BARDELLA. Et moi, ce n'est pas le scénario que je vise. Et donc, je souhaite rassembler. C'est pour ça qu'avec d'autres collègues ministres, avec Maud BREGEON en particulier, on a fédéré plusieurs parlementaires, ministres, dans une tribune qu'on appelle la tribune des 90, pour rappeler à ce rassemblement. Et je continuerai à m'investir dans ces initiatives.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Donc, pour vous, Bruno RETAILLEAU, qui est légitime, vous le dites, pour être le candidat des Républicains, n'est pas votre candidat, spécifiquement. C'est une forme de rupture pour vous, quand même, vous êtes quand même LR.

VINCENT JEANBRUN
Je vous le dis très calmement. Le candidat que je soutiendrai, c'est celui qui est capable de nous faire gagner. Et aujourd'hui, d'abord, c'est trop tôt pour arrêter les compteurs. C'est normal que chacun se jauge, se pèse dans l'opinion. Et puis ensuite, on verra qui se rassemble. Mais moi, je veux simplement dire à chacun : " Vos candidatures sont légitimes. L'ambition, ce n'est pas moi qui voudrais dire le contraire, vous avez le droit d'avoir l'ambition. Simplement, qu'elle ne vous aveugle pas ". Parce que les aventures individuelles risquent d'être l'échec collectif. Et moi, je me refuse à cet échec collectif.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Aventures individuelles, ce qui serait possible pour le président des Républicains qui s'est fait, on va dire, désigné candidat avec son seul parti. Pour vous, ça ne suffit pas, à droite. C'est ça que vous dites ce matin.

VINCENT JEANBRUN
En fait, les valeurs qui sont les nôtres, et celles d'une droite de rassemblement et de Gouvernement, aujourd'hui, c'est ça, ma candidature, mon candidat, c'est ça que j'ai envie de défendre.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Tout dernier mot, Vincent JEANBRUN, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, le rapport ALLONCLE, il y a ce vote qui arrive aujourd'hui. Pour vous, ce rapport doit être rendu public ?

VINCENT JEANBRUN
Bien sûr, il y a une obligation de transparence dans cette affaire-là. J'aurais été député, j'aurais voté pour sa publication, même si j'avais été contre certaines des propositions. Je ne l'ai pas lue en détail, mais ce que je veux dire, c'est que la commission a travaillé. En général, on ne publie pas quand il y a des enjeux de confidentialité stratégique ou pour ne pas mettre en avant des cas très individuels ou particuliers. On peut regretter la façon dont s'est déroulée cette audition qui n'a pas toujours donné une très bonne image du débat parlementaire, mais en l'occurrence, bien sûr, il y a une transparence à avoir.

JEAN-FRANÇOIS ACHILLI
Merci Vincent JEANBRUN.

PATRICK ROGER
Merci, et je me permets d'ajouter une petite question, parce qu'on a évoqué juste avant votre interview l'édito politique avec Françoise DEGOIS, ce qu'il se passe en Seine-Saint-Denis, le conflit entre Karim BOUAMRAME et LFI, au sujet de l'implantation d'une enseigne de poulets. Je ne sais pas si vous avez vu cette histoire, mais qui fait beaucoup causer, à la fois en Seine-Saint-Denis, mais également dans d'autres villes. Est-ce que vous, puisque vous êtes ministre de la Ville, vous prenez position sur ce dossier par rapport à l'implantation de cette enseigne ou pas ?

VINCENT JEANBRUN
Je n'ai pas assez le dossier en tête pour vous répondre, mais pour connaître le maire de Saint-Ouen, en général, il y a des positions plutôt ouvertes, donc je pense que ce serait intéressant de regarder ça.

PATRICK ROGER
Bon, ben voilà, évidemment, parce que ça concerne de plus en plus de villes, il y a des associations de commerçants qui ont manifesté l'autre jour à Boulogne-Billancourt, à Nyer, etc., sur l'implantation, donc, de ces enseignes de poulets, enseignes, effectivement, de consommation rapide, de malbouffe, évidemment, qui posent des problèmes dans les centres-villes, on y reviendra. Merci, Vincent JEANBRUN, on pourra l'évoquer dans un instant aussi, on va revenir sur la politique du logement qui a été évoquée, évidemment, à l'instant, ainsi que sur le rapport sur la commission de l'audiovisuel public.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 avril 2026