Texte intégral
Général Mizon, gouverneur militaire de Paris,
Général Bellon,
Chef Thierry Marx,
Monsieur le préfet, cher Olivier Jacob,
Monsieur le conseiller, cher Laurent Lenoble
Mesdames et Messieurs les cadres et les formateurs,
Chères volontaires,
Le Service militaire adapté porte une conviction forte : aucun jeune ne doit rester au bord du chemin lorsque la République sait lui donner un cadre, une exigence et une confiance.
Depuis 1961 et l’ouverture du SMA en Martinique/Guadeloupe sous le commandement du Général Némo, plus de 150 000 jeunes ont bénéficié de ce dispositif. Aujourd’hui encore, près de 6 000 volontaires s’engagent chaque année avec plus d’un tiers de jeunes femmes. Je tiens à le souligner.
Ces chiffres ne sont pas anodins.
Ils correspondent à des trajectoires de vie et des vocations révélées. Les régiments du SMA ne sont pas des centres de formation comme les autres. Ils permettent un cadre structurant pour la jeunesse avec une discipline, une exigence, un rythme.
Les débouchés sont multiples avec 90 filières réparties dans 12 familles de métiers : le bâtiment, la logistique, l’automobile, les espaces verts et la restauration.
Je salue d’ailleurs la présence et le travail remarquable des jeunes autour du chef Thierry Marx. Je sais votre engagement pour l’insertion des jeunes, la réussite de vos restaurants d’application "Cuisine Mode d’Emploi(s)" en témoignent.
Dans les Outre-mer, la cuisine porte des mélanges et elle exprime des héritages mieux qu’un discours ne saurait le faire. Elle rassemble, sans effacer les singularités, des mémoires et des générations entières. Le livre de recettes réalisé en témoigne avec force. Tout comme le concours de cuisine que vous avez présidé et dont les prix seront remis dans quelques instants.
Mais au-delà des compétences techniques, tous ces jeunes se rassemblent autour de valeurs fondamentales telles que la solidarité, le respect et le goût de l’effort.
Le SMA est l’un des exemples les plus concrets de l’engagement de l’État envers la jeunesse. Et je veux vous dire toute la reconnaissance, la confiance et le soutien que l’État vous porte en cette année de 65ème anniversaire. Le Président de la République a annoncé en novembre l’instauration du "service national volontaire et militaire", d’une durée de dix mois, qui répond à un contexte stratégique plus dur et aux nouveaux besoins de nos armées. Il montera en puissance par étapes : 3 000 jeunes la première année, 10 000 par an en 2030, puis 42 500 en 2035.
Quant au SMA, fort de ces 65 années d’expérience, il continuera de tenir une place de choix et poursuivra sa mission. À ce titre, Général Bellon, je vous adresse mes remerciements les plus sincères pour votre action au service de nos armées et notre jeunesse. Je formule par la même occasion tous mes voeux de réussite au Général Bos, votre successeur.
La richesse humaine des territoires d’outre-mer — avec leurs cultures et leurs histoires — exige que nous agissions avec audace et détermination.
Bien que le chômage des jeunes demeure élevé, notre plan d’action ne doit pas se réduire à la seule question de l’insertion vers l’emploi.
C’est un enjeu d’éducation, de formation et d’orientation. Alors que le taux d’illettrisme reste plus élevé que la moyenne nationale, la solution réside dans notre capacité à accompagner chacun dès le plus jeune âge et partout sur le territoire. En Guyane par exemple, 14% des volontaires du SMA sont d’origine amérindienne et bushinenguée.
Il nous faut poursuivre notre lutte contre la marginalisation et l’exclusion.
Depuis mon arrivée au ministère des Outre-mer je n’ai qu’un seul mot d’ordre : AGIR
Agir tôt. Agir concrètement. Agir sur le long terme.
C’est la raison pour laquelle, je présenterai dans quelques semaines une feuille de route avec des leviers d’action ambitieux et adaptés. Parce qu’un territoire qui n’offre pas d’avenir à sa jeunesse se fragilise durablement.
Cela signifie renforcer les parcours de réussite dès l’école. Mieux articuler formation et insertion avec les besoins économiques locaux, en lien direct avec les employeurs. C’est tout le rôle des conseils de perfectionnement : adapter les filières, faire évoluer les contenus de formation, identifier les compétences attendues et rapprocher davantage les jeunes des débouchés réels. C’est l’un des facteurs clés de l’insertion.
Cela signifie aussi, tenir compte des réalités géographiques et sociales propres à chaque territoire. C’est dans cet esprit que nous ouvrirons – grâce au Pacte de refondation économique – une nouvelle compagnie du SMA dans le Grand Nouméa l’année prochaine. Il en va de même pour Mayotte d’ici trois ans.
L’action du SMA doit se déployer là où les besoins sont les plus forts, au plus près des jeunes et des bassins d’emploi.
Le SMA est, et restera, l’un des piliers de notre action. Avec un taux d’insertion professionnelle de 80 % en 2025, il prouve que l’égalité des chances n’est pas un principe abstrait.
C’est une politique de terrain qui permet à la jeunesse d’outre-mer de déployer tout son potentiel à travers le territoire. J’insiste sur ce point. Pour la Guyane, que je citais tout à l’heure en exemple, 75 à 80% des bénéficiaires restent sur le territoire après leur formation. Partout lors de mes déplacements, j’ai vu l’envie de se projeter, le talent et l’ambition. J’aurai d’ailleurs l’occasion de me rendre dans les prochaines semaines aux Antilles et en Polynésie Française. Le SMA est donc un outil stratégique pour la République.
Enfin, avec le plan IMPACT, nous avons fait le choix de le moderniser :
- En renforçant la maîtrise des fondamentaux en écriture, lecture et dans le numérique
- En développant les filières d’alternance et les projets pilotes comme "Tremplin pour l’emploi"
- En prévenant le décrochage scolaire par l’accueil de jeunes cadets dès l’âge de 16 ans
À horizon 2030, déployer et pérenniser les réussites du plan SMA 2025 sur l’ensemble des territoires ultramarins nous paraît indispensable.
Nous faisons donc le choix de consolider ce qui fonctionne.
Car la jeunesse d’outre-mer n’est pas une variable d’ajustement. Elle est la richesse de la France des trois océans.
Une jeunesse engagée c’est une résilience nationale renforcée. C’est pourquoi je veux saluer chacune et chacun d’entre vous – Général Bellon, Mesdames et Messieurs les colonels, officiers, cadres, encadrants, volontaires – pour tout ce que vous avez accompli.
L’unité que vous portez ne consiste pas à effacer les différences, mais à les rassembler autour d’un projet commun. C’est ce qui me touche tout particulièrement lorsque je nous vois tous ensemble réunis.
Pour terminer, je veux vous redire que ma détermination est totale. Elle s’exprime ici, avec vous. Elle se déploie dans les territoires d’outre-mer, à Paris, dans les ministères et au Parlement. Elle s’inscrit dans une vision plus large : celle des outre-mer qui comptent, qui agissent et qui font avancer la République.
C’est aussi le sens de cette cérémonie républicaine. Une manière de rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont œuvré à faire du SMA : une belle et grande famille.
Joyeux 65e anniversaire !
Longue vie au SMA !
Vive les Outre-mer,
Vive la République,
Vive la France.
Source https://www.outre-mer.gouv.fr, le 10 juin 2026