Déclaration de M. Benjamin Haddad, ministre délégué, chargé de l'Europe, sur le budget de l'Union européenne, à Luxembourg le 16 juin 2026.

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Circonstance : Micro-tendu de M. Benjamin Haddad en amont du Conseil Affaires générales du 16 juin 2026

Texte intégral

Benjamin HADDAD : Bonjour, je suis ici au Luxembourg aujourd'hui pour le Conseil Affaires générales. Nous allons évoquer le prochain cadre financier pluriannuel (CFP). Vous savez, nous avons besoin d'un budget ambitieux pour couvrir les besoins d'investissement de notre Union européenne et réduire nos dépendances tant au plan technologique sur les questions de défense, spatiale ou environnementale, et pour continuer à investir dans les politiques traditionnelles de l'Union européenne comme notre souveraineté alimentaire à travers la politique agricole ou la politique de cohésion.

Pour pouvoir couvrir ces besoins d'investissement, ils ne doivent pas reposer uniquement sur les contributions seules des États membres, et c'est pour ça que nous avons besoin d'avancer dans la discussion sur un paquet robuste de ressources propres. La Commission européenne a fait des premières propositions, c'est bienvenu. Le Parlement européen en a fait d'autres, ça ouvre le champ du débat. Il faudra avancer sur ces ressources propres, c'est une condition sine qua non pour l'adoption du budget par la France.

Je voudrais souligner quelques avancées fondamentales qu'on a eues. Nous nous sommes battus avec des collègues pour pouvoir avoir des avancées notamment sur la politique agricole commune (PAC), et fondamentalement en fait faire en sorte que la PAC reste une politique communautaire, que les définitions soient les mêmes d'un État à un autre. C'est la première politique intégrée du marché intérieur européen, c'est la garantie de notre souveraineté alimentaire, de la protection du revenu de nos agriculteurs, et donc je me réjouis des dernières avancées. On s'était battu pour avoir des garanties de revenus, on a aujourd'hui des définitions communes et donc on a préservé le caractère communautaire de la PAC.

Je voudrais aussi souligner l'avancée pour nos régions ultrapériphériques et nos outre-mer avec notamment deux points essentiels : la préservation du Programme d'Options Spécifiques à l'Eloignement et à l'Insularité (POSEI), c'est-à-dire le fonds agricole pour les régions ultrapériphériques. On s'était mobilisé avec ma collègue Naïma MOUTCHOU à ce sujet. Les régions ultrapériphériques (RUP) sont un atout stratégique, culturel, environnemental pour l'Union européenne, mais ils ont aussi des spécificités, des singularités liées à l'isolement géographique, lié aux conditions socio-économiques et donc il faut défendre cette spécificité dans les textes européens et donc le fait que le POSEI soit préservé est une bonne nouvelle. Vendredi, nous avions réuni nos présidents de régions ultrapériphériques avec nos collègues espagnols et portugais au sein de notre coalition pour les RUP et donc c'est une première victoire. On restera vigilant bien sûr à défendre les intérêts des RUP mais c'est une avancée importante. Je voudrais aussi souligner l'éligibilité des pays et territoire d'outre-mer (PTOM) au fonds de Global Europe. Là aussi, c'est sans précédent, c'est une avancée importante qui avait été portée aussi par la France et qui continuera de souligner vraiment le caractère stratégique de nos outre-mer pour la puissance européenne.


Question : J'ai deux questions. La première concernant la négobox, est-ce que le volume qui est proposé par la Présidence chypriote, une réduction de 2% du volume global, est-ce que ce volume convient à la France ? Et une deuxième question sur les ressources propres où le débat n'a pas particulièrement progressé, est-ce que la France va présenter des propositions d'ici le Conseil européen de cette semaine ?

Benjamin HADDAD : Au fond, si vous permettez, je vais répondre aux deux questions en même temps parce qu'elles sont liées. On a besoin d'un budget ambitieux quand on voit à la fois les besoins traditionnels, que ce soit la souveraineté alimentaire de l'Union européenne, la cohésion de nos territoires, et puis bien sûr les défis géopolitiques, technologiques auxquels nous faisons face. Il suffit de voir l'actualité avec la décision américaine sur Anthropic pour voir que nous devons investir massivement dans l'intelligence artificielle, dans le quantique, dans la défense, le spatial ou dans les technologies vertes. Mais pour pouvoir le faire, il faut effectivement que l'Union européenne dispose de ressources propres. Sur ces ressources propres, il y a eu des propositions de la Commission européenne, il y a eu d'autres propositions du Parlement européen, je pense par exemple à la taxe sur les services numériques, à des ressources sur les jeux en ligne ou les crypto-monnaies.


Source https://ue.diplomatie.gouv.fr, le 23 juin 2026