La sécurité maritime 20 ans après le naufrage de l'Erika

Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika sombrait au large des côtes du Finistère Sud provoquant une marée noire aux graves conséquences écologiques, la plus meurtrière pour l'avifaune marine en France. À la suite de ce naufrage, un nouvel encadrement des activités maritimes a été mis en place.

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Oiseau marin pris dans le pétrole qui s'écoule d'un pétrolier échoué
La marée noire provoquée par l'Erika a été particulèrement meurtrière pour les oiseaux marins © pict rider. Stock.adobe.com

Toutes les leçons ont-elles été tirées de cette catastrophe ? L’accident de l'Erika a montré les défaillances de la sécurité maritime. Un document du ministère de la transition écologique et solidaire rappelle les nouvelles règles pour la surveillance des navires et de leurs opérateurs qui ont été adoptées. Cette évolution vers plus de sécurité maritime n’avait rien d’évident car de tout temps, la mer a été considérée comme un espace de liberté de navigation où les États n’avaient pas à intervenir.

La prévention des risques maritimes après l'Erika

Le naufrage de l'Erika a constitué le moment de bascule dans la construction d'un système de prévention des accidents maritimes. L'Union européenne s'est saisie de la question en adoptant trois paquets législatifs successifs :

  • Erika 1 en 2000 : il instaure, entre autres, les contrôles des navires par l’État du port, notamment en fonction de l’âge du navire, il créé une banque européenne de données (EQUASIS), il impose une double coque aux navires qui transportent des matières dangereuses ou du pétrole ;
  • Erika 2 en 2002 : il met en place, entre autres, une agence européenne de contrôle (AESM, Agence européenne pour la sécurité maritime, à Lisbonne) pour recueillir tous les constats effectués dans les visites au port ;
  • Erika 3 en 2005 : il renforce encore les contrôles et met en place l'obligation d'assurance pour les propriétaires des navires couvrant de possibles créances maritimes.

85% des accidents de mer étant considérés directement ou indirectement lié au facteur humain, la Convention sur les normes de formation des gens de mer (2010) et celle sur le travail maritime (2006) ont intégré un code de travail maritime et des dispositions portant sur la qualification des personnels à bord.

Quelle sécurité maritime aujourd'hui ?

La nouvelle législation a conduit à un renouvellement de la flotte mondiale. Les statistiques montrent une amélioration de la sécurité en ce qui concerne les déversements accidentels d'hydrocarbures alors que le trafic maritime a continué d'augmenter. 

On dénombre à présent deux grandes marées noires par an contre 25 dans les années 1980. Sur les 5,7 millions de tonnes d'hydrocarbures déversées depuis 1970 dans le monde, 96% l'ont été sur la période 1970-1999, 4% sur la période 2000-2016. 11 000 navires français sont inspectés tous les ans et 1000 navires étrangers sont contrôlés dans les ports français. 

Des sujets d'inquiétude demeurent cependant : gigantisme des navires, recrudescence des incendies et des explosions sur les rouliers et les porte-conteneurs, dégazages illégaux, etc.