Les métropoles (4/5)

L'Actualité de la vie publique - Podcast - N° 73

Temps de lecture  9 minutes 22 secondes

Par : La Rédaction

Podcast

Qu’est-ce qu’une métropole ? Combien la France en compte-t-elle ? Pourquoi a-t-on créé cette nouvelle catégorie d’établissement intercommunal ? Quels sont les domaines de compétence des métropoles ? Comment sont-elles administrées ? Quel est le mode d’élection des conseillers métropolitains ?

Les métropoles (4/5)

9 janvier 2026   - Temps de lecture  9 min

Patrice : Bonjour à toutes et à tous, Bonjour Léa

Léa : Bonjour Patrice

Patrice : Après l’élection présidentielle, les élections municipales constituent, l’autre temps fort de la vie politique française. Le maire reste en effet l’élu préféré des Français, celui 
auquel, selon les études d’opinion, ils font le plus confiance.  Les prochaines « municipales », auront lieu les 15 et 22 mars 2026, pour mieux en comprendre les enjeux, « L’Actualité de la vie publique » vous propose une nouvelle série de 5 épisodes consacrée à ces élections.

Dans ce quatrième épisode, nous allons nous intéresser au statut des grandes aires 
urbaines que sont les métropoles.

Patrice : Première question Léa, qu’est-ce qu’une métropole ?

Léa : Revenons d’abord un court instant sur l’origine du mot « métropole ». Ce terme vient du latin : metropolis (qui vient lui-même du grec mêtêr, qui signifie « la mère » et polis « la ville »). À l’origine la métropole, c’est donc la « ville-mère ». 

Ce terme a donné en français la définition géographique de la métropole : soit « la ville la plus importante d’une région ». 

Pour ce qui est de notre série, nous allons nous intéresser à la métropole, non pas au sens géographique, mais au sens qu’on lui attribue dans le cadre de l’organisation 
administrative du territoire français. 

Patrice : Et dans ce cadre-là, de quoi parle-t-on exactement ?

Léa : Eh bien, la métropole dans ce cadre correspond à une catégorie d’établissement intercommunal : c’est un EPCI - un établissement public de coopération 
intercommunale - dont on vous a expliqué en détail le rôle dans le troisième épisode de la série. 

Sa particularité, c’est qu’il s’agit d’un EPCI de grande taille, puisqu’il regroupe plusieurs communes formant un ensemble de plus de 400 000 habitants dans le périmètre 
duquel se trouve le chef-lieu de région. 

Le code général des collectivités territoriales précise les critères qui permettent à des EPCI de devenir des métropoles : par exemple les EPCI centres d’une zone d’emploi de plus de 400 000 habitants ou bien les EPCI à fiscalité propre de plus de 250 000 
habitants ou comprenant dans leur périmètre le chef-lieu de région, centres d’une zone d’emplois de plus de 500 000 habitants. 

Patrice : Pourquoi créer une métropole ? Quel est précisément l’enjeu ?

Léa : L’enjeu de la coopération intercommunale, Patrice, c’est toujours le même en réalité, quelle que soit l’échelle - que ce soit une petite intercommunalité ou une grande comme la métropole. On cherche à créer des ensembles urbains qui 
permettent de mettre en commun les moyens et les ressources des différentes 
communes afin d’être plus efficace dans la mise en œuvre de projets de 
développement économique, d’aménagement du territoire, de mobilité, etc. 

Patrice : Aujourd’hui combien la France compte-t-elle de métropoles ? 

Léa : Aujourd’hui, en France il y a 21 métropoles : 19 métropoles de droit commun et 2 métropoles à « statut particulier » que sont la métropole du Grand Paris et la 
métropole d’Aix-Marseille-Provence. Ces deux dernières métropoles ont un statut 
dérogatoire : elles combinent un niveau métropolitain « stratégique » avec des 
structures intermédiaires : des établissements publics territoriaux pour le Grand Paris et 6 conseils de territoires pour Aix-Marseille-Provence. 

Pourquoi cela ? Eh bien c’est pour tenir compte de leur périmètre qui est très vaste, Aix-Marseille-Provence par exemple compte 92 communes et environ 1,8 millions d’habitants ; pour prendre en compte également leur complexité politique et aussi pour respecter leurs équilibres locaux.

Patrice : Et la métropole de Lyon, en revanche, ce n’est pas une métropole, 
n’est-ce pas Léa ? 

Léa : Oui c’est exact Patrice ! Bien que l’on parle également pour cette aire urbaine de métropole, celle-ci a un statut très différent. Il ne s’agit pas d’un EPCI mais d’une 
collectivité à statut particulier, c’est-à-dire selon l’article 72 de la Constitution, une 
collectivité territoriale sans être une commune, un département ou une région. La 
métropole de Lyon est issue de la fusion entre le département du Rhône et la 
communauté urbaine de Lyon, sur le territoire de 58 communes de l’agglomération lyonnaise. Elle a les compétences à la fois d’une métropole et d’un département.

Patrice : À quand remonte la création du statut de métropole ? 

Léa : C’est la loi du 16 décembre 2010 portant réforme des collectivités territoriales qui est à l’origine de la métropole comme nouveau modèle d’EPCI à fiscalité propre. Le statut de métropole a été créé pour affirmer le rôle des grandes agglomérations comme moteurs de la croissance et de l’attractivité du territoire. 

L’objectif initial du gouvernement était de doter la France de grands pôles urbains en mesure de rivaliser avec les grandes métropoles européennes, comme Milan ou Barcelone, et d’engager en parallèle la suppression du département, la métropole en aurait alors exercé les compétences. Alors cet objectif a finalement été abandonné : l’échelon départemental étant conservé et la métropole restant un EPCI.

Une deuxième loi, en 2014, a consolidé le statut des métropoles, la loi MAPTAM de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles. C’est cette deuxième loi qui a également créé la métropole de Lyon.

Patrice : Et quelle a été la première métropole ?

Léa : C’est la métropole de Nice-Côte d’Azur qui a été créée en 2010. Après la 
métropole de Nice, d’autres métropoles ont vu le jour au 1er janvier 2015 : Bordeaux, Brest, Grenoble, Lille, Montpellier, Nantes, Rennes, Rouen, Strasbourg et Toulouse. 

À partir de 2017, la loi a abaissé les seuils permettant de créer une métropole. C’est ainsi que Saint-Étienne-Métropole et la métropole Toulon Provence Méditerranée ont vu le jour, le 1er janvier 2018. 

Patrice : Intéressons-nous maintenant aux compétences. Quels sont les domaines de compétences d’une métropole ?

Léa : La métropole a été créée dans le but de valoriser l’économie du territoire sur 
lequel elle est située, d’optimiser également les réseaux de transport, de développer les ressources universitaires et la recherche, de stimuler l’innovation et de promouvoir plus facilement le territoire à l’international.

Une fois créée, la métropole va prendre en charge certaines compétences qui étaient celles de ses communes membres auparavant : le développement économique par exemple, l’aménagement de l’espace métropolitain, l’organisation de la mobilité, la politique locale de l’habitat, l’urbanisme, la protection et la mise en valeur de 
l’environnement et la politique du cadre de vie, la gestion des services d’intérêt 
collectif – comme l’assainissement des eaux usées, les cimetières, les services 
d’incendie et de secours, etc.

La métropole peut également se voir attribuer en concertation avec le département ou la région, cela se fait par convention, des compétences en matière de transports 
scolaires, d’aide sociale, de questions concernant les collèges et les lycées ou le 
développement économique au niveau régional.

La métropole enfin peut se voir confier par délégation de l’État des compétences en matière d’habitat.

Patrice : Cela fait beaucoup de domaines d’intervention et de compétences. Comment une métropole est-elle administrée concrètement ?

Léa : La métropole étant un EPCI à fiscalité propre, c’est une intercommunalité dont les principes de fonctionnement sont pour l’essentiel identiques à ceux de n’importe quelle autre intercommunalité.

Les métropoles sont organisées autour de plusieurs instances de décision et de consultation :

  • Premièrement, une assemblée d’élus qui délibèrent et votent les décisions. C’est le conseil de la métropole.
  • Deuxièmement, le président du conseil de la métropole : qui est élu par le conseil de la métropole, en son sein. Le président est le responsable de l’exécutif et de 
    l’administration de la métropole.
  • Troisièmement, la création d’une conférence des maires qui est obligatoire dans les EPCI à fiscalité propre, sauf si le bureau de l’EPCI comprend déjà l’ensemble des maires des communes membres.
  • Et enfin quatrièmement, un conseil de développement qui rassemble des 
    représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, scientifiques, 
    environnementaux et associatifs qui est consulté pour avis sur les projets 
    concernant le territoire de la métropole par exemple des projets en lien avec le 
    développement durable.

Patrice : Et comment sont élus les conseillers métropolitains ?

Léa : Pour les métropoles de droit commun par exemple Bordeaux ou Nantes, les conseillers métropolitains sont élus au suffrage universel direct à l’occasion des 
élections municipales. Donc l’électeur désigne sur le même bulletin de vote les élus de sa commune et ceux qui le représenteront au sein de l’intercommunalité, donc le conseil métropolitain. Les candidats aux sièges de conseiller métropolitain figure donc de manière distincte sur le même bulletin que la liste des candidats au conseil 
municipal.

Concernant Paris, Lyon et Marseille, une loi du 11 août 2025 a réformé le mode de scrutin des élections municipales qui était en vigueur dans ces villes depuis 1982 avec la loi dite « PLM ». En mars 2026, les conseillers métropolitains de Paris et de Marseille seront désormais élus dans les mêmes conditions que dans les communes de 1000 habitants et plus, donc au suffrage universel direct, en même temps et sur la même liste que les candidats au conseil municipal ou conseil de Paris.

Enfin, concernant la métropole de Lyon, comme il s’agit d’une collectivité à statut 
particulier, le mode d’élection des conseillers métropolitains est différent de celui des EPCI : les 150 conseillers métropolitains ne sont pas élus sur le même bulletin que les conseillers municipaux. Ils sont élus aux mêmes dates que les élections municipales mais lors d’une élection spécifique du Conseil métropolitain. 

Le changement qu’introduit la réforme de la loi « PLM » à Lyon, porte uniquement sur le mode d’élection des conseillers municipaux qui seront, en 2026, élus selon les mêmes modalités que dans les autres communes françaises, de 1000 habitants et plus.

Patrice : Un grand merci Léa pour la clarté de vos explications ! C’est la fin de cet 
épisode !

Dans le cinquième et dernier de notre série nous esquisserons le portrait-robot des maires français : Quel âge ont-ils ? Quelle est la part des femmes parmi les élus ? Quelle profession exercent-ils ? 

Nous nous demanderons également comment ils vivent leur engagement pour leur territoire ? À travers cette question devenue particulièrement sensible depuis quelques années, nous aborderons un phénomène qui semble prendre de l’ampleur, celui de la crise des vocations.

Vous pouvez réécouter gratuitement ce 4e épisode sur vos plateformes préférées et notre chaîne YouTube. N’hésitez pas à vous y abonner !

Et pour en savoir plus, RDV sur notre site internet Vie-publique.fr et nos réseaux 
sociaux.

On se retrouve très bientôt ! Au revoir « Léa », au revoir à toutes et à tous !

Léa : Au revoir !

Sources

· Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF)
https://www.amf.asso.fr/

· Code général des collectivités territoriales (2025), Légifrance, 1er janvier
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/texte_lc/LEGITEXT000006070633/2025-01-01

· Direction générale des collectivités territoriales (2025), Collectivités locales en chiffres 2025, annuaire statistique de la DGCL (mise en jour en continu depuis 2025)
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/les-collectivites-locales-en-chiffres-2025

· Direction générale des collectivités territoriales (2024), Collectivités locales en chiffres 2024, annuaire statistique de la DGCL, novembre
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/collectivites-locales-chiffres-2024

· Direction générale des collectivités territoriales (2022), La part des femmes parmi les élus locaux, Bulletin d’information statistique (BIS), n° 162, mars
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/bulletin-dinformation-statistique-bis-de-la-dgcl

· Demazière D. et Pélisse J., sous la dir. (2024), Être maire aujourd’hui. Engagés, débordés, malmenés : quels effets sur la santé, Enquête ELUSAN, novembre, SciencesPo - Centre de sociologie des organisations, CNRS, ANR, AMF, novembre

· Foucault M. (2025), Les démissions de maires : enquête sur un phénomène sans précédent, Note de recherche, Sciences Po – CEVIPOF, juin

· Foucault M. et Kerrouche E. (2025), L’état d’esprit des maires à un an du scrutin, Enquête, Sciences Po – CEVIPOF

· Lardeux L. et Lacroix I. (2024), Y a-t-il un âge en politique ? Parcours des jeunes maires de France, Rapport d’étude, Notes et Rapports, Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), 202O, janvier

· Maire Info, quotidien d’information des élus locaux, https://maire-info.com

· Ministère de l’Intérieur, « Municipales 2026 : le mode de scrutin change dans les communes de moins de 1000 habitants ».
https://www.interieur.gouv.fr/actualites/actualites-du-ministere/

· Vie publique https://www.vie-publique.fr/

 

 

 

 

 

 

Retrouvez cette série "Élections municipales 2026" sur ces plateformes :