Texte intégral
A la lumière des nouveaux éléments survenus dans l'enquête sur l'assassinat du préfet érignac, pensez-vous toujours que Jean-Pierre Chevênement aurait dû démissionner après l'affaire des paillotes ?
Alain Madelin : Oui, bien sûr. Le succès de la police et de la justice n'excusent en rien les bavures du corps préfectoral. Si monsieur Chevènement, dont on dit qu'il a sablé le champagne à l'annonce de l'arrêstation des assassins présumés du préfet Erignac, se sent responsable de ce succès, il aurait dû se sentir d'abord responsable de l'action de son préfet. Un ministre de l'Intérieur doit contrôler ses préfets, ou démissionner. Partout en Europe de tels faits auraient entraîné une mise en cause de la responsabilité politique. On se souvient tous, il n'y a pas si longtemps, de la démission en bloc de la Commission de Bruxelles, pour des faits infiniment moins graves.
L'Union de Reims : Mais cette affaire des paillottes n'est-elle pas survenue en lien avec l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac ?
AM : Je ne vois rigoureusement aucun rapport. Personne n'a obligé la préfecture à demander aux gendarmes d'engager cette action ridicule.
L'Union de Reims : On a beaucoup parlé de François Léotard et de José Rossi qui ont ouvertement soutenu la cause des propriétaires des paillotes illégales. N'était ce pas, d'une certaine manière, aller contre la loi ?
AM : Il ne faut pas confondre l'autorité de la loi et l'autoritarisme. Tout le monde a pu voir à Cannes les concessions luxueuses du "Martinez" sur la plage. En Bretagne, vous verrez aussi des restaurants sur la plage. Il sera raisonnable de laisser un jour les Corses décider librement de leur urbanisme touristique sur leurs côtés. Ils ne pourront pas faire pire que les barres de béton autorisés par les préfets sur nos côtés.
L'Union de Reims : Vous avez à plusieurs reprises participé à des débats télévisés sur l'Europe et particulièrement sur la guerre dans les Balkans. Sur ce point essentiel vous semblez en accord avec les propositions de Cohn-Bendit...
AM : Je préfère dire que Daniel Cohn Bendit était en accord avec mes positions. Je pense à toute une génération qui en 1968 réclamait la paix au Vietnam et condamnait les bombardements américains. Je souris lorsque je les vois applaudir les bombardements des mêmes B-52 sur le territoire de l'ex-yougoslavie. Je suis heureux de cette prise de conscience d'une grande majorité des Français et des responsables politiques en faveur de l'action militaire destinée à arrêter l'épuration ethnique à laquelle se libre Milosevic. Ce qui se joue là-bas est très important pour l'avenir : c'est l'âme même de l'Europe. Tout le monde comprend que si on avait laissé se dérouler l'épuration sur le sol européen, à quelques mois de l'an 2000, cela aurait signifié que nous n'aurions rien retenu des leçons des barbaries de notre siècle, que l'Europe existerait toujours sous forme de marché unique ou de monnaie commune, mais qu'elle aurait renoncé à être elle-même. Ce qui fonde l'Europe, c'est l'idée que l'on y a forgé de l'homme et de sa dignité, de la volonté du respect intransigeant des droits de la personne humaine.
L'Union de Reims : Si aujourd'hui le parlement français devait se prononcer sur une intervention terrestre au Kosovo, quelle serait votre attitude ?
AM : Le problème ne se pose pas exactement en ces termes puisqu'une intervention terrestre devrait être co-décidée par l'ensemble des forces de l'Otan, dans la mesure où il s'agirait vraiment d'une intervention au sol, et non du déploiement d'une force d'interposition après accord.
J'ai regretté qu'on n'en ait pas évoqué la possibilité dès le début. Non pas pour en user, mais au moins pour en agiter la menace pour que Milosevic comprenne que nous étions décidés à tout faire, y compris au prix d'une intervention terrestre, pour arrêter ce qu'il faut qualifier de crime contre l'humanité.
L'Union de Reims : S'il faut définir votre positionnement européen, vous êtes simplement plus fédéraliste que souverainistes, ou totalement fédéraliste ?
AM : Fédéral est un mot équivoque que j'hésite à utiliser. S'il s'agit de constuire l'Europe à l'image des Etats-Unis, de construire un super état fédéral au-dessus de nos pays et de nos peuples, alors je suis résolument contre ce super Etat.
S'il s'agit maintenant, conformément à l'idée originelle du fédéralisme, de s'unir pour accomplir ensemble plus facilement que séparément un certain nombre de tâche limiutées, alors je suis d'accord avec ce fédéralisme là.
La frontière entre les deux s'illustre au moyen d'un exemple très simple. Si comme les socialistes qui sont partisans d'un super impôt européen, nous mettions le doigt dans cet engranage, nous prendrions le risque de dériver vers ce super Etat fédéral dont je ne veux pas.
L'Union de Reims : En vous alliant avec le RPR pour ces européennes vous allez peser sur la recomposition à droite. Démocratie libérale voudra tout autant peser sur les prochains scrutins, et prétendre gérer de nouvelles villes. Faites vous, par exemple, un enjeu de la ville de Reims ?
AM : Je ne veux pas mélanger les élections municipales, législatives, et à plus forte raison, présidentielles, avec les élections européennes. A chque jour suffit sa peine. Nous avons fait le choix de l'union : je regrette qu'elle ne soit pas plus large. Ceci m'invite à redoubler d'ardeur pour arriver à l'objectif que nous nous sommes fixé, à savoir contrebalancer la liste socialiste, et si c'est possible la coiffer au poteau.
L'Union de Reims :Vous n'avez plus de parlementaires dans la région depuis les départs de Philippe Mathot dans les Ardennes et de Renaud Dutreil dans l'Aisne...
AM : Si vous voulez me faire dire que j'ai de grandes ambitions pour les libéraux, la réponse est oui, bien sûr; Je souhaite que les prochaines élections soient l'occasion de renforcer notre implantation. Je suis convaincu que l'avenir de notre pays n'est pas celui d'une droite conservatrice, ni d'une centre molasson; il est dans l'affirmation d'idées libérales claires.
L'Union de Reims : Mais vous imaginez un partenariat RPR-DL pour ces différents scrutins ?
AM : AU lendemain des élections européennes, je souhaite, comme nous l'avons toujours fait, l'union la plus large possible. QU'à l'intérieur de cette union existent différents schémas d'organisation possible, c'est certain. Il y a quelques mois nous avons essayé avec l'Alliance pour la France. Cela n'a pas marché.Peut-être pourrions -nous prendre exemple sur l'organisation de la majorité de gauche plurielle aujourd'hui, c'est-à-dire avec des accords sur des candidats communs dès le premier tour, mais une slidarité de tous pour soutenir le mieux plaçé au second tour.
Le risque de dérive vers un super Etat
L'Union de Reims, interview mercredi 26 mai 1999
A la lumière des nouveaux éléments survenus dans l'enquête sur l'assassinat du préfet érignac, pensez-vous toujours que Jean-Pierre Chevênement aurait dû démissionner après l'affaire des paillotes ?
Alain Madelin : Oui, bien sûr. Le succès de la police et de la justice n'excusent en rien les bavures du corps préfectoral. Si monsieur Chevènement, dont on dit qu'il a sablé le champagne à l'annonce de l'arrêstation des assassins présumés du préfet Erignac, se sent responsable de ce succès, il aurait dû se sentir d'abord responsable de l'action de son préfet. Un ministre de l'Intérieur doit contrôler ses préfets, ou démissionner. Partout en Europe de tels faits auraient entraîné une mise en cause de la responsabilité politique. On se souvient tous, il n'y a pas si longtemps, de la démission en bloc de la Commission de Bruxelles, pour des faits infiniment moins graves.
L'Union de Reims : Mais cette affaire des paillottes n'est-elle pas survenue en lien avec l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac ?
AM : Je ne vois rigoureusement aucun rapport. Personne n'a obligé la préfecture à demander aux gendarmes d'engager cette action ridicule.
L'Union de Reims : On a beaucoup parlé de François Léotard et de José Rossi qui ont ouvertement soutenu la cause des propriétaires des paillotes illégales. N'était ce pas, d'une certaine manière, aller contre la loi ?
AM : Il ne faut pas confondre l'autorité de la loi et l'autoritarisme. Tout le monde a pu voir à Cannes les concessions luxueuses du "Martinez" sur la plage. En Bretagne, vous verrez aussi des restaurants sur la plage. Il sera raisonnable de laisser un jour les Corses décider librement de leur urbanisme touristique sur leurs côtés. Ils ne pourront pas faire pire que les barres de béton autorisés par les préfets sur nos côtés.
L'Union de Reims : Vous avez à plusieurs reprises participé à des débats télévisés sur l'Europe et particulièrement sur la guerre dans les Balkans. Sur ce point essentiel vous semblez en accord avec les propositions de Cohn-Bendit...
AM : Je préfère dire que Daniel Cohn Bendit était en accord avec mes positions. Je pense à toute une génération qui en 1968 réclamait la paix au Vietnam et condamnait les bombardements américains. Je souris lorsque je les vois applaudir les bombardements des mêmes B-52 sur le territoire de l'ex-yougoslavie. Je suis heureux de cette prise de conscience d'une grande majorité des Français et des responsables politiques en faveur de l'action militaire destinée à arrêter l'épuration ethnique à laquelle se libre Milosevic. Ce qui se joue là-bas est très important pour l'avenir : c'est l'âme même de l'Europe. Tout le monde comprend que si on avait laissé se dérouler l'épuration sur le sol européen, à quelques mois de l'an 2000, cela aurait signifié que nous n'aurions rien retenu des leçons des barbaries de notre siècle, que l'Europe existerait toujours sous forme de marché unique ou de monnaie commune, mais qu'elle aurait renoncé à être elle-même. Ce qui fonde l'Europe, c'est l'idée que l'on y a forgé de l'homme et de sa dignité, de la volonté du respect intransigeant des droits de la personne humaine.
L'Union de Reims : Si aujourd'hui le parlement français devait se prononcer sur une intervention terrestre au Kosovo, quelle serait votre attitude ?
AM : Le problème ne se pose pas exactement en ces termes puisqu'une intervention terrestre devrait être co-décidée par l'ensemble des forces de l'Otan, dans la mesure où il s'agirait vraiment d'une intervention au sol, et non du déploiement d'une force d'interposition après accord.
J'ai regretté qu'on n'en ait pas évoqué la possibilité dès le début. Non pas pour en user, mais au moins pour en agiter la menace pour que Milosevic comprenne que nous étions décidés à tout faire, y compris au prix d'une intervention terrestre, pour arrêter ce qu'il faut qualifier de crime contre l'humanité.
L'Union de Reims : S'il faut définir votre positionnement européen, vous êtes simplement plus fédéraliste que souverainistes, ou totalement fédéraliste ?
AM : Fédéral est un mot équivoque que j'hésite à utiliser. S'il s'agit de constuire l'Europe à l'image des Etats-Unis, de construire un super état fédéral au-dessus de nos pays et de nos peuples, alors je suis résolument contre ce super Etat.
S'il s'agit maintenant, conformément à l'idée originelle du fédéralisme, de s'unir pour accomplir ensemble plus facilement que séparément un certain nombre de tâche limiutées, alors je suis d'accord avec ce fédéralisme là.
La frontière entre les deux s'illustre au moyen d'un exemple très simple. Si comme les socialistes qui sont partisans d'un super impôt européen, nous mettions le doigt dans cet engranage, nous prendrions le risque de dériver vers ce super Etat fédéral dont je ne veux pas.
L'Union de Reims : En vous alliant avec le RPR pour ces européennes vous allez peser sur la recomposition à droite. Démocratie libérale voudra tout autant peser sur les prochains scrutins, et prétendre gérer de nouvelles villes. Faites vous, par exemple, un enjeu de la ville de Reims ?
AM : Je ne veux pas mélanger les élections municipales, législatives, et à plus forte raison, présidentielles, avec les élections européennes. A chque jour suffit sa peine. Nous avons fait le choix de l'union : je regrette qu'elle ne soit pas plus large. Ceci m'invite à redoubler d'ardeur pour arriver à l'objectif que nous nous sommes fixé, à savoir contrebalancer la liste socialiste, et si c'est possible la coiffer au poteau.
L'Union de Reims :Vous n'avez plus de parlementaires dans la région depuis les départs de Philippe Mathot dans les Ardennes et de Renaud Dutreil dans l'Aisne...
AM : Si vous voulez me faire dire que j'ai de grandes ambitions pour les libéraux, la réponse est oui, bien sûr; Je souhaite que les prochaines élections soient l'occasion de renforcer notre implantation. Je suis convaincu que l'avenir de notre pays n'est pas celui d'une droite conservatrice, ni d'une centre molasson; il est dans l'affirmation d'idées libérales claires.
L'Union de Reims : Mais vous imaginez un partenariat RPR-DL pour ces différents scrutins ?
AM : AU lendemain des élections européennes, je souhaite, comme nous l'avons toujours fait, l'union la plus large possible. QU'à l'intérieur de cette union existent différents schémas d'organisation possible, c'est certain. Il y a quelques mois nous avons essayé avec l'Alliance pour la France. Cela n'a pas marché.Peut-être pourrions -nous prendre exemple sur l'organisation de la majorité de gauche plurielle aujourd'hui, c'est-à-dire avec des accords sur des candidats communs dès le premier tour, mais une slidarité de tous pour soutenir le mieux plaçé au second tour.
(Source http://www.demlib.com, le 7 février 2001)
Alain Madelin : Oui, bien sûr. Le succès de la police et de la justice n'excusent en rien les bavures du corps préfectoral. Si monsieur Chevènement, dont on dit qu'il a sablé le champagne à l'annonce de l'arrêstation des assassins présumés du préfet Erignac, se sent responsable de ce succès, il aurait dû se sentir d'abord responsable de l'action de son préfet. Un ministre de l'Intérieur doit contrôler ses préfets, ou démissionner. Partout en Europe de tels faits auraient entraîné une mise en cause de la responsabilité politique. On se souvient tous, il n'y a pas si longtemps, de la démission en bloc de la Commission de Bruxelles, pour des faits infiniment moins graves.
L'Union de Reims : Mais cette affaire des paillottes n'est-elle pas survenue en lien avec l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac ?
AM : Je ne vois rigoureusement aucun rapport. Personne n'a obligé la préfecture à demander aux gendarmes d'engager cette action ridicule.
L'Union de Reims : On a beaucoup parlé de François Léotard et de José Rossi qui ont ouvertement soutenu la cause des propriétaires des paillotes illégales. N'était ce pas, d'une certaine manière, aller contre la loi ?
AM : Il ne faut pas confondre l'autorité de la loi et l'autoritarisme. Tout le monde a pu voir à Cannes les concessions luxueuses du "Martinez" sur la plage. En Bretagne, vous verrez aussi des restaurants sur la plage. Il sera raisonnable de laisser un jour les Corses décider librement de leur urbanisme touristique sur leurs côtés. Ils ne pourront pas faire pire que les barres de béton autorisés par les préfets sur nos côtés.
L'Union de Reims : Vous avez à plusieurs reprises participé à des débats télévisés sur l'Europe et particulièrement sur la guerre dans les Balkans. Sur ce point essentiel vous semblez en accord avec les propositions de Cohn-Bendit...
AM : Je préfère dire que Daniel Cohn Bendit était en accord avec mes positions. Je pense à toute une génération qui en 1968 réclamait la paix au Vietnam et condamnait les bombardements américains. Je souris lorsque je les vois applaudir les bombardements des mêmes B-52 sur le territoire de l'ex-yougoslavie. Je suis heureux de cette prise de conscience d'une grande majorité des Français et des responsables politiques en faveur de l'action militaire destinée à arrêter l'épuration ethnique à laquelle se libre Milosevic. Ce qui se joue là-bas est très important pour l'avenir : c'est l'âme même de l'Europe. Tout le monde comprend que si on avait laissé se dérouler l'épuration sur le sol européen, à quelques mois de l'an 2000, cela aurait signifié que nous n'aurions rien retenu des leçons des barbaries de notre siècle, que l'Europe existerait toujours sous forme de marché unique ou de monnaie commune, mais qu'elle aurait renoncé à être elle-même. Ce qui fonde l'Europe, c'est l'idée que l'on y a forgé de l'homme et de sa dignité, de la volonté du respect intransigeant des droits de la personne humaine.
L'Union de Reims : Si aujourd'hui le parlement français devait se prononcer sur une intervention terrestre au Kosovo, quelle serait votre attitude ?
AM : Le problème ne se pose pas exactement en ces termes puisqu'une intervention terrestre devrait être co-décidée par l'ensemble des forces de l'Otan, dans la mesure où il s'agirait vraiment d'une intervention au sol, et non du déploiement d'une force d'interposition après accord.
J'ai regretté qu'on n'en ait pas évoqué la possibilité dès le début. Non pas pour en user, mais au moins pour en agiter la menace pour que Milosevic comprenne que nous étions décidés à tout faire, y compris au prix d'une intervention terrestre, pour arrêter ce qu'il faut qualifier de crime contre l'humanité.
L'Union de Reims : S'il faut définir votre positionnement européen, vous êtes simplement plus fédéraliste que souverainistes, ou totalement fédéraliste ?
AM : Fédéral est un mot équivoque que j'hésite à utiliser. S'il s'agit de constuire l'Europe à l'image des Etats-Unis, de construire un super état fédéral au-dessus de nos pays et de nos peuples, alors je suis résolument contre ce super Etat.
S'il s'agit maintenant, conformément à l'idée originelle du fédéralisme, de s'unir pour accomplir ensemble plus facilement que séparément un certain nombre de tâche limiutées, alors je suis d'accord avec ce fédéralisme là.
La frontière entre les deux s'illustre au moyen d'un exemple très simple. Si comme les socialistes qui sont partisans d'un super impôt européen, nous mettions le doigt dans cet engranage, nous prendrions le risque de dériver vers ce super Etat fédéral dont je ne veux pas.
L'Union de Reims : En vous alliant avec le RPR pour ces européennes vous allez peser sur la recomposition à droite. Démocratie libérale voudra tout autant peser sur les prochains scrutins, et prétendre gérer de nouvelles villes. Faites vous, par exemple, un enjeu de la ville de Reims ?
AM : Je ne veux pas mélanger les élections municipales, législatives, et à plus forte raison, présidentielles, avec les élections européennes. A chque jour suffit sa peine. Nous avons fait le choix de l'union : je regrette qu'elle ne soit pas plus large. Ceci m'invite à redoubler d'ardeur pour arriver à l'objectif que nous nous sommes fixé, à savoir contrebalancer la liste socialiste, et si c'est possible la coiffer au poteau.
L'Union de Reims :Vous n'avez plus de parlementaires dans la région depuis les départs de Philippe Mathot dans les Ardennes et de Renaud Dutreil dans l'Aisne...
AM : Si vous voulez me faire dire que j'ai de grandes ambitions pour les libéraux, la réponse est oui, bien sûr; Je souhaite que les prochaines élections soient l'occasion de renforcer notre implantation. Je suis convaincu que l'avenir de notre pays n'est pas celui d'une droite conservatrice, ni d'une centre molasson; il est dans l'affirmation d'idées libérales claires.
L'Union de Reims : Mais vous imaginez un partenariat RPR-DL pour ces différents scrutins ?
AM : AU lendemain des élections européennes, je souhaite, comme nous l'avons toujours fait, l'union la plus large possible. QU'à l'intérieur de cette union existent différents schémas d'organisation possible, c'est certain. Il y a quelques mois nous avons essayé avec l'Alliance pour la France. Cela n'a pas marché.Peut-être pourrions -nous prendre exemple sur l'organisation de la majorité de gauche plurielle aujourd'hui, c'est-à-dire avec des accords sur des candidats communs dès le premier tour, mais une slidarité de tous pour soutenir le mieux plaçé au second tour.
Le risque de dérive vers un super Etat
L'Union de Reims, interview mercredi 26 mai 1999
A la lumière des nouveaux éléments survenus dans l'enquête sur l'assassinat du préfet érignac, pensez-vous toujours que Jean-Pierre Chevênement aurait dû démissionner après l'affaire des paillotes ?
Alain Madelin : Oui, bien sûr. Le succès de la police et de la justice n'excusent en rien les bavures du corps préfectoral. Si monsieur Chevènement, dont on dit qu'il a sablé le champagne à l'annonce de l'arrêstation des assassins présumés du préfet Erignac, se sent responsable de ce succès, il aurait dû se sentir d'abord responsable de l'action de son préfet. Un ministre de l'Intérieur doit contrôler ses préfets, ou démissionner. Partout en Europe de tels faits auraient entraîné une mise en cause de la responsabilité politique. On se souvient tous, il n'y a pas si longtemps, de la démission en bloc de la Commission de Bruxelles, pour des faits infiniment moins graves.
L'Union de Reims : Mais cette affaire des paillottes n'est-elle pas survenue en lien avec l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac ?
AM : Je ne vois rigoureusement aucun rapport. Personne n'a obligé la préfecture à demander aux gendarmes d'engager cette action ridicule.
L'Union de Reims : On a beaucoup parlé de François Léotard et de José Rossi qui ont ouvertement soutenu la cause des propriétaires des paillotes illégales. N'était ce pas, d'une certaine manière, aller contre la loi ?
AM : Il ne faut pas confondre l'autorité de la loi et l'autoritarisme. Tout le monde a pu voir à Cannes les concessions luxueuses du "Martinez" sur la plage. En Bretagne, vous verrez aussi des restaurants sur la plage. Il sera raisonnable de laisser un jour les Corses décider librement de leur urbanisme touristique sur leurs côtés. Ils ne pourront pas faire pire que les barres de béton autorisés par les préfets sur nos côtés.
L'Union de Reims : Vous avez à plusieurs reprises participé à des débats télévisés sur l'Europe et particulièrement sur la guerre dans les Balkans. Sur ce point essentiel vous semblez en accord avec les propositions de Cohn-Bendit...
AM : Je préfère dire que Daniel Cohn Bendit était en accord avec mes positions. Je pense à toute une génération qui en 1968 réclamait la paix au Vietnam et condamnait les bombardements américains. Je souris lorsque je les vois applaudir les bombardements des mêmes B-52 sur le territoire de l'ex-yougoslavie. Je suis heureux de cette prise de conscience d'une grande majorité des Français et des responsables politiques en faveur de l'action militaire destinée à arrêter l'épuration ethnique à laquelle se libre Milosevic. Ce qui se joue là-bas est très important pour l'avenir : c'est l'âme même de l'Europe. Tout le monde comprend que si on avait laissé se dérouler l'épuration sur le sol européen, à quelques mois de l'an 2000, cela aurait signifié que nous n'aurions rien retenu des leçons des barbaries de notre siècle, que l'Europe existerait toujours sous forme de marché unique ou de monnaie commune, mais qu'elle aurait renoncé à être elle-même. Ce qui fonde l'Europe, c'est l'idée que l'on y a forgé de l'homme et de sa dignité, de la volonté du respect intransigeant des droits de la personne humaine.
L'Union de Reims : Si aujourd'hui le parlement français devait se prononcer sur une intervention terrestre au Kosovo, quelle serait votre attitude ?
AM : Le problème ne se pose pas exactement en ces termes puisqu'une intervention terrestre devrait être co-décidée par l'ensemble des forces de l'Otan, dans la mesure où il s'agirait vraiment d'une intervention au sol, et non du déploiement d'une force d'interposition après accord.
J'ai regretté qu'on n'en ait pas évoqué la possibilité dès le début. Non pas pour en user, mais au moins pour en agiter la menace pour que Milosevic comprenne que nous étions décidés à tout faire, y compris au prix d'une intervention terrestre, pour arrêter ce qu'il faut qualifier de crime contre l'humanité.
L'Union de Reims : S'il faut définir votre positionnement européen, vous êtes simplement plus fédéraliste que souverainistes, ou totalement fédéraliste ?
AM : Fédéral est un mot équivoque que j'hésite à utiliser. S'il s'agit de constuire l'Europe à l'image des Etats-Unis, de construire un super état fédéral au-dessus de nos pays et de nos peuples, alors je suis résolument contre ce super Etat.
S'il s'agit maintenant, conformément à l'idée originelle du fédéralisme, de s'unir pour accomplir ensemble plus facilement que séparément un certain nombre de tâche limiutées, alors je suis d'accord avec ce fédéralisme là.
La frontière entre les deux s'illustre au moyen d'un exemple très simple. Si comme les socialistes qui sont partisans d'un super impôt européen, nous mettions le doigt dans cet engranage, nous prendrions le risque de dériver vers ce super Etat fédéral dont je ne veux pas.
L'Union de Reims : En vous alliant avec le RPR pour ces européennes vous allez peser sur la recomposition à droite. Démocratie libérale voudra tout autant peser sur les prochains scrutins, et prétendre gérer de nouvelles villes. Faites vous, par exemple, un enjeu de la ville de Reims ?
AM : Je ne veux pas mélanger les élections municipales, législatives, et à plus forte raison, présidentielles, avec les élections européennes. A chque jour suffit sa peine. Nous avons fait le choix de l'union : je regrette qu'elle ne soit pas plus large. Ceci m'invite à redoubler d'ardeur pour arriver à l'objectif que nous nous sommes fixé, à savoir contrebalancer la liste socialiste, et si c'est possible la coiffer au poteau.
L'Union de Reims :Vous n'avez plus de parlementaires dans la région depuis les départs de Philippe Mathot dans les Ardennes et de Renaud Dutreil dans l'Aisne...
AM : Si vous voulez me faire dire que j'ai de grandes ambitions pour les libéraux, la réponse est oui, bien sûr; Je souhaite que les prochaines élections soient l'occasion de renforcer notre implantation. Je suis convaincu que l'avenir de notre pays n'est pas celui d'une droite conservatrice, ni d'une centre molasson; il est dans l'affirmation d'idées libérales claires.
L'Union de Reims : Mais vous imaginez un partenariat RPR-DL pour ces différents scrutins ?
AM : AU lendemain des élections européennes, je souhaite, comme nous l'avons toujours fait, l'union la plus large possible. QU'à l'intérieur de cette union existent différents schémas d'organisation possible, c'est certain. Il y a quelques mois nous avons essayé avec l'Alliance pour la France. Cela n'a pas marché.Peut-être pourrions -nous prendre exemple sur l'organisation de la majorité de gauche plurielle aujourd'hui, c'est-à-dire avec des accords sur des candidats communs dès le premier tour, mais une slidarité de tous pour soutenir le mieux plaçé au second tour.
(Source http://www.demlib.com, le 7 février 2001)