Texte intégral
M. le Président,
M. le Ministre,
Mes chers collègues,
Le projet de loi dont nous débattons aujourd'hui répond à une louable préoccupation technique; assurer au mieux la transition du franc vers l'euro, en autorisant le Gouvernement à procéder par ordonnances pour modifier les montants en francs figurant dans la législation française. II sera nécessaire d'inscrire dans la loi un certain nombre de garde-fous afin d'éviter des majorations abusives de certains de ces montants. Mais chacun s'accordera à reconnaître que l'essentiel n'est pas ICI. II est toujours de mauvaise méthode de faire passer la technique avant la politique, car tôt ou tard, celle-ci se venge. L'essentiel, c'est évidemment l'euro lui-même.
Existe t-il, à ce jour, une monnaie véritable qui s'appelle l'euro ?
D'un point de vue strictement comptable, c'est le cas depuis le premier janvier 1999. Mais ce qui définit avant toutes choses une monnaie, c'est la confiance qu'éprouvent à son égard ses utilisateurs, présents et futurs. Et là, la réalité est éloquente. En janvier 2000, le montant total des paiements en euros ne représentait que 1,69% de l'ensemble des opérations. Cela montre bien que cela ne fonctionne pas et qu'il est encore temps d'en rester là.
En rester là, c'est adopter une monnaie commune. La France pourrait prendre cette initiative dans le cadre de sa présidence du Conseil européen. Concrètement, comment cela fonctionnerait-il ? Ce serait ne garder que les avantages sans les inconvénients. La monnaie commune serait une unité monétaire pour les transactions avec le reste du monde. Elle laisserait donc les monnaies nationales exister. Les Gouvernements élus conserveraient la maîtrise de leur politique économique et budgétaire.- La France pourrait ainsi privilégier des objectifs de croissance et d'emploi, qui sont la priorité des priorités, quand le chômage dans notre pays demeure encore si élevé. Depuis une semaine, l'euro connaît une crise majeure, battant tous les jours des records de faiblesse: Depuis le le' Janvier 1999, il a perdu 22% de sa valeur par rapport au dollar. Cette situation correspond en pratique à une formidable dévaluation. Que n'aurait-on pas entendu si le franc avait été ainsi dévalué! Ce ne sont pas les tentatives de la Banque centrale européenne pour lui rendre des couleurs qui peuvent faire quoi que ce soit. Les récentes hausses de taux risquent d'être autant de coups portés à la croissance. Elles sont impuissantes à enrayer sa chute par rapport au dollar. Le système euro est ainsi dans une situation qui ressemble de plus en plus à une non reconnaissance par les marchés financiers. Face à cette situation, il est urgent de comprendre ce qui nous a mené là.
La conception de l'euro repose sur un postulat fondamentalement faux : croire qu'une monnaie unique permettrait l'avènement d'une identité politique commune. Au contraire, tous les exemples historiques récents montrent que l'unité politique a toujours précédé la création d'une monnaie nationale. Ce fut le cas en France, en Italie, en Allemagne. Jamais l'inverse ne s'est produit. Un exemple que nous connaissons dans le passé de tentative de monnaie unique, l'Union latine au 19è` siècle, a lamentablement échoué. C'est pourquoi le fait de croire que la monnaie unique permettra, sans l'avouer franchement, d'imposer le fédéralisme en Europe, est une erreur politique, car c'est ignorer tout simplement les réalités historiques. L'euro, c'est le contresens absolu : il constitue une menace pour notre souveraineté budgétaire et fiscale, et ignore tout bonnement cette évidence : il n'y a pas de peuple européen.
Il n'est pas étonnant dans ces conditions que la confiance dans la monnaie unique fasse défaut. Ce phénomène n'est pas du tout circonscrit à notre pays. Un sondage publié en Allemagne la semaine dernière montre par exemple qu'une large majorité d'Allemands n'a que peu ou pas du tout confiance dans l'euro.
Les trois raisons principales de l'opposition du Mouvement des citoyens à la monnaie unique sont connues, mais je les rappelle : le principe d'une Banque centrale soustraite au pouvoir démocratique, la privation pour les pays membres de toute capacité d'ajustement en cas de crise, l'imposition d'une politique déflationniste où l'emploi le cède toujours à la monnaie.
La solution que nous proposons est davantage respectueuse de notre souveraineté. Elle possède l'avantage certain d'être réaliste et utile, face à l'utopie absurde de la monnaie unique. Aujourd'hui, la réalité commence à déchirer le voile dogmatique qui a si longtemps entretenu les conditions du chômage de masse. Elle rendrait au politique, c'est-à-dire au contrôle exercé par le peuple, un terrain d'influence qui lui a été confisqué ces dernières années. Voilà quels nous semblent être les véritables enjeux de l'euro.
(Source http://mdc-france.pole-republicain.org, le 13 décembre 2002)
M. le Ministre,
Mes chers collègues,
Le projet de loi dont nous débattons aujourd'hui répond à une louable préoccupation technique; assurer au mieux la transition du franc vers l'euro, en autorisant le Gouvernement à procéder par ordonnances pour modifier les montants en francs figurant dans la législation française. II sera nécessaire d'inscrire dans la loi un certain nombre de garde-fous afin d'éviter des majorations abusives de certains de ces montants. Mais chacun s'accordera à reconnaître que l'essentiel n'est pas ICI. II est toujours de mauvaise méthode de faire passer la technique avant la politique, car tôt ou tard, celle-ci se venge. L'essentiel, c'est évidemment l'euro lui-même.
Existe t-il, à ce jour, une monnaie véritable qui s'appelle l'euro ?
D'un point de vue strictement comptable, c'est le cas depuis le premier janvier 1999. Mais ce qui définit avant toutes choses une monnaie, c'est la confiance qu'éprouvent à son égard ses utilisateurs, présents et futurs. Et là, la réalité est éloquente. En janvier 2000, le montant total des paiements en euros ne représentait que 1,69% de l'ensemble des opérations. Cela montre bien que cela ne fonctionne pas et qu'il est encore temps d'en rester là.
En rester là, c'est adopter une monnaie commune. La France pourrait prendre cette initiative dans le cadre de sa présidence du Conseil européen. Concrètement, comment cela fonctionnerait-il ? Ce serait ne garder que les avantages sans les inconvénients. La monnaie commune serait une unité monétaire pour les transactions avec le reste du monde. Elle laisserait donc les monnaies nationales exister. Les Gouvernements élus conserveraient la maîtrise de leur politique économique et budgétaire.- La France pourrait ainsi privilégier des objectifs de croissance et d'emploi, qui sont la priorité des priorités, quand le chômage dans notre pays demeure encore si élevé. Depuis une semaine, l'euro connaît une crise majeure, battant tous les jours des records de faiblesse: Depuis le le' Janvier 1999, il a perdu 22% de sa valeur par rapport au dollar. Cette situation correspond en pratique à une formidable dévaluation. Que n'aurait-on pas entendu si le franc avait été ainsi dévalué! Ce ne sont pas les tentatives de la Banque centrale européenne pour lui rendre des couleurs qui peuvent faire quoi que ce soit. Les récentes hausses de taux risquent d'être autant de coups portés à la croissance. Elles sont impuissantes à enrayer sa chute par rapport au dollar. Le système euro est ainsi dans une situation qui ressemble de plus en plus à une non reconnaissance par les marchés financiers. Face à cette situation, il est urgent de comprendre ce qui nous a mené là.
La conception de l'euro repose sur un postulat fondamentalement faux : croire qu'une monnaie unique permettrait l'avènement d'une identité politique commune. Au contraire, tous les exemples historiques récents montrent que l'unité politique a toujours précédé la création d'une monnaie nationale. Ce fut le cas en France, en Italie, en Allemagne. Jamais l'inverse ne s'est produit. Un exemple que nous connaissons dans le passé de tentative de monnaie unique, l'Union latine au 19è` siècle, a lamentablement échoué. C'est pourquoi le fait de croire que la monnaie unique permettra, sans l'avouer franchement, d'imposer le fédéralisme en Europe, est une erreur politique, car c'est ignorer tout simplement les réalités historiques. L'euro, c'est le contresens absolu : il constitue une menace pour notre souveraineté budgétaire et fiscale, et ignore tout bonnement cette évidence : il n'y a pas de peuple européen.
Il n'est pas étonnant dans ces conditions que la confiance dans la monnaie unique fasse défaut. Ce phénomène n'est pas du tout circonscrit à notre pays. Un sondage publié en Allemagne la semaine dernière montre par exemple qu'une large majorité d'Allemands n'a que peu ou pas du tout confiance dans l'euro.
Les trois raisons principales de l'opposition du Mouvement des citoyens à la monnaie unique sont connues, mais je les rappelle : le principe d'une Banque centrale soustraite au pouvoir démocratique, la privation pour les pays membres de toute capacité d'ajustement en cas de crise, l'imposition d'une politique déflationniste où l'emploi le cède toujours à la monnaie.
La solution que nous proposons est davantage respectueuse de notre souveraineté. Elle possède l'avantage certain d'être réaliste et utile, face à l'utopie absurde de la monnaie unique. Aujourd'hui, la réalité commence à déchirer le voile dogmatique qui a si longtemps entretenu les conditions du chômage de masse. Elle rendrait au politique, c'est-à-dire au contrôle exercé par le peuple, un terrain d'influence qui lui a été confisqué ces dernières années. Voilà quels nous semblent être les véritables enjeux de l'euro.
(Source http://mdc-france.pole-republicain.org, le 13 décembre 2002)