Tribune de M. Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie, dans "Europe et Territoires" de janvier - février 2003, sur la commémoration du Traité de l'Elysée et l'importance de la coopération franco-allemande pour la construction européenne.

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Circonstance : 40è anniversaire du Traîté de l'Elysée scellant la réconciliation entre la France et l'Allemagne

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Texte intégral

La France et l'Allemagne ensemble au service de l'Europe
Le Traité de l'Elysée, signé voici quarante ans entre la France et la République fédérale d'Allemagne par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, a scellé la réconciliation entre nos deux nations et posé les fondements d'une paix durable sur le continent. Il a inauguré une ère de coopération sans précédent entre les deux pays et donné une impulsion décisive à la construction européenne. Dans les domaines de l'économie, de la recherche, de la culture et de l'éducation, notre dialogue étroit et notre coopération quotidienne favorisent des échanges de plus en plus intenses entre nos sociétés.
Le Traité a permis la mise en place de mécanismes de coordination et de structures de dialogue qui ont fait leurs preuves : hier les sommets semestriels, aujourd'hui les rencontres informelles selon le processus dit "de Blaesheim". Il également donné naissance à des institutions uniques en leur genre, tels l'Office franco-allemand pour la jeunesse, le Haut Conseil culturel franco-allemand, la chaîne de télévision culturelle Arte et l'université franco-allemande.
Ainsi, l'OFAJ a permis depuis 1963 à 7 millions de jeunes Français et Allemands de se rencontrer. 150.000 d'entre eux continuent de prendre part, chaque année, aux programmes de l'Office, qui s'est, entre-temps, ouvert à nos partenaires européens. Un rapprochement de cette ampleur entre les jeunes de deux pays est sans précédent et a valeur d'exemple bien au-delà des frontières de l'Europe.
L'anniversaire du Traité a été l'occasion de réaffirmer le rôle moteur que la France et l'Allemagne entendent continuer à jouer au sein de l'Union européenne, notamment dans le contexte de son élargissement. Car, comme l'a déclaré le président de la République lors du Sommet de Nantes en novembre 2001, lorsque le moteur franco-allemand fonctionne, l'Europe progresse, alors qu'elle stagne lorsque la relation entre la France et l'Allemagne marque le pas.
C'est dans cet esprit que le président de la République et le chancelier ont fait part, lors du Sommet franco-allemand de Schwerin le 30 juillet dernier, de leur détermination à parvenir à des positions communes lors des prochaines grandes échéances européennes. Ainsi, l'accord trouvé le 24 octobre dernier en marge du Conseil européen de Bruxelles sur le financement de la Politique agricole commune a-t-il ouvert la voie au Conseil européen historique de Copenhague des 12 et 13 décembre qui a conclu les négociations d'adhésion avec les dix pays candidats d'Europe centrale, orientale et méditerranéenne qui rejoindront l'Union le 1er mai 2004.
De même, la France et l'Allemagne ont transmis à la Convention sur l'avenir de l'Union, au cours des derniers mois, des contributions communes sur la Politique européenne de sécurité et de défense, sur les questions de justice et des affaires intérieures et sur la gouvernance économique.
A l'occasion du 40ème anniversaire du Traité de l'Elysée, nos deux pays ont adopté une proposition commune sur les institutions de l'Union. C'est une contribution importante à la convention qui témoigne du renouveau de la relation franco-allemande, si nécessaire à la dynamique de la construction européenne. Elle confirme le rôle moteur de nos deux pays et devrait rencontrer, nous l'espérons, un accueil favorable au sein de la convention.
Alors que la fin de la guerre froide et l'unification allemande ont engagé le mouvement de réunification de l'Europe, l'acquis de quarante ans de coopération augure bien de la capacité de nos deux pays à relever les défis de la mondialisation et à poursuivre leur action commune au service de la construction européenne. Le 22 janvier 2003 marque ainsi le point de départ d'une nouvelle étape du rapprochement entre nos deux pays, ensemble au service de l'Europe.
(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 février 2003)