Déclaration télévisée de M. François Mitterrand, Président de la République, annonçant le décret de dissolution de l'Assemblée nationale et la date des prochaines élections législatives, Paris, Palais de l'Elysée, samedi 14 mai 1988.

Texte intégral

Françaises,
- Français,
- Fort de la confiance que vous m'avez accordée dimanche dernier, 8 mai, et comme je m'y étais engagé devant vous, j'ai voulu assurer sans délai le fonctionnement normal de nos institutions.
- Dès mardi, j'ai nommé un nouveau Premier ministre, M. Michel Rocard, qui a reçu pour mission de former le gouvernement en recherchant l'ouverture politique qui permettra aux Français de s'unir autour des valeurs permanentes, des valeurs essentielles de la démocratie.
- Hier, vendredi, le gouvernement de la République dûment constitué s'est mis au travail. Ainsi, en moins d'une semaine, la continuité de l'Etat a-t-elle été réaffirmée.
- Mais le Premier ministre m'a fait savoir que, faute des concours nécessaires, et malgré ses efforts, il ne s'estimait pas en mesure de réunir la majorité parlementaire solide et stable dont tout gouvernement a besoin pour mener à bien son action.
- Je constate, pour le déplorer, que l'ouverture que j'appelle de mes voeux n'a pu se réaliser jusqu'ici aussi largement que je l'avais souhaitée.
- J'ai donc le devoir d'en tirer les conséquences. Conformément à l'article 12 de la Constitution et après avoir procédé aux consultations qu'il prévoit, j'ai signé, voici quelques instants, le décret prononçant la dissolution de l'Assemblée nationale.
- La France cependant ne saurait s'enliser indéfiniment dans des débats électoraux. Il faut aller vite. Aussi, ai-je également décidé, en accord avec le Premier ministre, de fixer les élections législatives aux 5 et 12 juin prochain, c'est-à-dire aussi rapidement que m'y autorise la Constitution.
- Mes chers compatriotes, dans la situation présente, je ne connais qu'une réponse : que le peuple décide et tranche. C'est celle que j'ai choisie sans changer en rien ma détermination pour aujourd'hui et pour demain d'unir la France et de rassembler les Français.
- Je vous vous invite, quelle que soit votre famille de pensée, vous qui avez soutenu mon projet le 8 mai et vous qui voulez nous rejoindre, à élire la majorité parlementaire qui nous aidera à faire avancer le pays et à préserver ces biens communs que sont pour nous la République et la démocratie, je veux dire le respect des lois et le respect des autres.
- Vive la République !
- Vive la France !
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